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Chambourlette, Doudou et Mons : Histoire d'une Tradition Vivante

La ville de Mons, en Belgique, est le théâtre d'une tradition festive et rituelle profondément ancrée dans son histoire : le Doudou. Cette célébration, dont les origines remontent au XIVe siècle, est un événement majeur pour les Montois, un moment de communion et de fierté identitaire. Le Doudou, c'est bien plus qu'une simple fête ; c'est une plongée au cœur de l'histoire, des croyances et des valeurs de la cité.

Les Origines Historiques du Doudou

Les origines du Doudou sont intimement liées à la procession en l'honneur de sainte Waudru, la patronne de Mons. En 1349, alors que la ville était frappée par une épidémie, les chanoinesses, le clergé et les autorités communales décidèrent d'organiser une procession pour implorer l'intercession de la sainte. Après huit jours d'hommage, l'épidémie diminua et disparut, incitant les Montois à organiser chaque année une procession de remerciement en octobre.

Cette procession était à l'époque bien plus longue qu'aujourd'hui, jalonnée de cinq croix de pierre où étaient lus les miracles de sainte Waudru, sur un parcours d'une vingtaine de kilomètres. En 1674, les chanoinesses décidèrent de réduire le parcours, ce qui ne plut guère aux Montois. Depuis lors, la procession n'a plus quitté le centre de Mons, sauf en 1919.

Après la Révolution française, la procession reprit, mais avec moins de faste. Au cours du XIXe siècle et jusqu'en 1930, elle se déroula tant bien que mal. Durant l'occupation allemande, la sortie du Car d'Or fut même interdite. Cependant, depuis, la procession n'a cessé de se développer et de s'embellir, passant de 600 participants au début des années 1980 à plus de 1600 aujourd'hui.

Les Temps Forts de la Ducasse Rituelle

La Ducasse rituelle, dont le Doudou est le cœur battant, se déroule sur plusieurs jours, rythmée par des événements emblématiques :

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  • La Descente de la Châsse de Sainte Waudru : La veille de la procession, la châsse contenant les reliques de sainte Waudru est descendue de son emplacement et confiée par le Doyen de Mons aux autorités communales. Cette cérémonie solennelle est marquée par l'air du Doudou, entonné avec ferveur par toute l'assistance.
  • La Procession : Le dimanche matin, la châsse est placée sur le Car d'Or, un char d'apparat tiré par six chevaux de trait. Plus de 1600 participants, répartis en une soixantaine de groupes en costumes d'époque, défilent à travers le centre-ville, reconstituant les confréries et corporations qui ont fait la richesse de Mons.
  • La Montée du Car d'Or : À la fin de la procession, une foule immense se rassemble derrière le Car d'Or pour l'aider à gravir la rampe pavée qui longe la collégiale. La légende veut que le Car d'Or doive monter d'un seul élan pour éviter le malheur à la ville.
  • Le Combat du Lumeçon : Après la montée du Car d'Or, saint Georges se prépare à affronter le Dragon, ou "Biète", sur la Grand-Place. Ce combat, appelé Lumeçon, met en scène saint Georges, les Diables, les Chins-Chins, les Hommes Blancs et les Hommes de Feuilles. Saint Georges terrasse finalement le Dragon d'un coup de pistolet, symbolisant la victoire du bien sur le mal.

Les Acteurs du Doudou : Un Enchevêtrement de Symboles

Le Doudou met en scène une galerie de personnages hauts en couleur, chacun porteur d'une symbolique particulière :

  • Sainte Waudru : Fondatrice de la cité de Mons, elle est vénérée pour sa dévotion et sa protection.
  • Saint Georges : Le chevalier terrassant le Dragon, symbole de courage et de victoire.
  • Le Dragon (Biète) : Monstre d'osier revêtu de toile verte, il représente le mal et les forces obscures.
  • Les Diables : Serviteurs du Dragon, ils tentent d'empêcher saint Georges de le vaincre.
  • Les Chins-Chins : Alliés de saint Georges, ils l'aident dans son combat.
  • Les Hommes Blancs : Ils portent le Dragon et sont vêtus de blanc de la tête aux pieds.
  • Les Hommes de Feuilles : Ils soutiennent la queue du Dragon à l'aide de massues.

La Chambourlette : Un Symbole d'Hospitalité

Le terme "chambourlette" désigne les invités de la Ducasse qui ne sont pas originaires de Mons. Ce mot, autrefois "chabourlette", est un terme picard utilisé dans la région de Valenciennes-Mons. Être "chambourlette" est un signe d'hospitalité et d'intégration dans la communauté montoise.

Un couple de restaurateurs belges, Stéphane et Nathalie Leroux, ont même choisi ce nom pour leur restaurant à Narbonne, en France, en hommage à cette tradition montoise.

Le Doudou : Un Patrimoine Immatériel de l'UNESCO

La Ducasse rituelle de Mons, avec son Doudou, est reconnue par l'UNESCO comme un chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Cette reconnaissance témoigne de la valeur universelle de cette tradition, de sa richesse culturelle et de son importance pour l'identité montoise.

Le Doudou est une fête qui se vit et se transmet de génération en génération. C'est un moment de fierté, de joie et de communion pour les Montois, un témoignage vivant de leur histoire et de leurs valeurs.

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Au-delà de la Tradition : Une Fête Moderne

Si le Doudou est profondément ancré dans l'histoire, il n'en demeure pas moins une fête vivante qui évolue avec son temps. Aujourd'hui, la Ducasse rituelle est aussi l'occasion de festivités modernes, avec des concerts, des animations de rue et des attractions foraines.

La ville de Mons met tout en œuvre pour faciliter l'accès à la Ducasse, avec des parkings situés à l'extérieur de la ville et des navettes de bus gratuites. Des mesures de sécurité sont également mises en place pour garantir le bon déroulement des festivités.

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