La césarienne est une intervention chirurgicale courante et généralement sûre qui permet de donner naissance à un enfant lorsque l'accouchement par les voies naturelles n'est pas possible ou est jugé risqué. Elle peut être programmée à l'avance, décidée par l'obstétricien avant ou pendant le travail, ou réalisée en urgence si la santé de la mère ou de l'enfant est en danger.
Types de Césarienne
Il existe plusieurs types de césariennes, chacune étant adaptée à la situation médicale de la patiente :
- Césarienne Programmée: Décidée à l'avance pour des raisons médicales ou par choix de la patiente.
- Césarienne Décidée Pendant le Travail: Prise lorsque des complications surviennent pendant le travail.
- Césarienne en Urgence: Effectuée rapidement en raison d'un risque immédiat pour la mère ou l'enfant.
Anesthésie
La césarienne est majoritairement réalisée sous anesthésie péridurale, une technique locorégionale qui minimise la quantité de produits utilisés. Si une péridurale n'est pas déjà en place ou si la césarienne est programmée, une rachianesthésie (anesthésie spinale) peut être utilisée. Dans certaines circonstances, une anesthésie générale peut être nécessaire.
Déroulement de la Césarienne
L'intervention se déroule dans un bloc opératoire avec des mesures d'asepsie chirurgicale. Sauf circonstances particulières, une personne peut accompagner la patiente. Une incision horizontale d’environ 12 cm est habituellement réalisée quelques centimètres au-dessus du pubis. Parfois, une incision verticale est requise du fait des antécédents ou de circonstances particulières. L’ouverture de l’utérus permet d’extraire l’enfant qui est confié à la sage-femme ou au pédiatre. Après la naissance du bébé, le chirurgien procède à l’extraction du placenta et suture l’utérus, les muscles et la peau. La suture prend environ 20 minutes. Nous utilisons des fils résorbables (ils partiront tous seuls). Un pansement est également apposé à l’emplacement de la cicatrice.
Suites Post-Opératoires
La durée d'hospitalisation est généralement de cinq à sept jours. Cette période est nécessaire pour récupérer de la fatigue et des douleurs cicatricielles. Il est conseillé de masser la cicatrice avec une huile ou un lait hydratant pour favoriser sa cicatrisation.
Lire aussi: Aide pour nouvelles mamans
- Soins Post-Césarienne :
- Gestion de la douleur : La douleur abdominale est fréquente, surtout les deux premiers jours. Un traitement antalgique compatible avec l’allaitement est systématiquement prescrit pour limiter ces douleurs post-opératoires. Il comporte des comprimés à avaler et des ampoules à boire. Il ne faut pas attendre la douleur pour les prendre.
- Alimentation: On vous proposera alors une alimentation légère (de type, tisane, bouillons, biscottes, yaourt). Les politiques des maternités peuvent différer sur ce point, certaines permettant une alimentation plus précoce que d'autres.
- Transit Gastro-intestinal: La reprise du transit gastro-intestinal se fera dans les 12h après la césarienne.
- Mobilisation: Il est important que vous bougiez, aidée par les infirmières, afin de retrouver une meilleure respiration, et un fonctionnement gastro-intestinal normal. Commencez doucement, en évitant de solliciter les muscles du ventre, à ce titre la potence de lit peut être précieuse. Parfois, vous disposez d'un lit avec télécommande, qui vous permet de vous mettre assise sans effort. Si ce n'est pas le cas, pour vous assoir, ramenez vos jambes pliées contre votre corps et roulez sur le côté pour ensuite vous aider de vos bras. N'essayez pas de vous lever seule la première fois ! Pour vous mettre debout, commencez par vous asseoir au bord du lit comme décrit ci-dessus, en soutenant votre cicatrice. Les lits d'hôpital sont souvent fort hauts : vous pouvez utiliser un marchepied (une valise peut faire l'affaire…) pour en descendre. Afin de ne pas avoir d'étourdissement, essayez de regarder droit devant vous, et non vers le sol. Vous pouvez avoir l'impression que vos intestins vont tomber :ce n'est qu'une illusion due à l'opération que vous avez subie. La position assise ou semi assise les premières 24 heures n'est pas judicieuse dans la mesure où elle rend plus difficile la circulation du sang, donc la cicatrisation. Préférez la position allongée à plat dos les premiers temps, avec éventuellement une jambe remontée, pied posé à plat sur le lit. On peut également vous proposer la position assise dans un fauteuil confortable. Une respiration lente et profonde aide à oxygéner le sang, et donc à favoriser la circulation, et la cicatrisation.
- Hygiène: Profitez de ce moment pour masser votre cicatrice. Appliquez une huile ou un lait très hydratant en mouvements doux sur votre peau. En fonction de la gradation de votre teint, votre cicatrice va s’éclaircir plus ou moins rapidement au fil de temps.
- Suivi Médical: À la suite de votre arrivée, vous êtes prise en charge par une sage-femme pour un examen obstétrical. Cette consultation répertorie :Le début de vos contractions, leur fréquence, leur durée (monitoring)La rupture de la poche des eaux, la couleur du liquide amniotiqueLa mesure de la hauteur utérine et la position du bébéLes signes cliniquesLes bilans biologiquesUn examen vaginal est également effectué si nécessaire pour évaluer le degré d’effacement et de dilatation du col.A l’issue de cet examen, la sage-femme détermine s’il s’agit d’un faux travail, d’un début du travail ou d’une fausse alerte. La sage-femme va placer un monitoring pour surveiller le rythme cardiaque du bébé ainsi que la fréquence des contractions.Ensuite, la SF pourra vous proposer des moyens non médicamenteux (si vous le souhaitez) pour aider à la gestion de vos contractions utérines comme le ballon ou la possibilité de faire un bain.
- Lochies: Les lochies sont particulièrement importantes les 4 ou 5 premiers jours. Les lochies sont évacuées grâce aux tranchées, qui sont des contractions aidant l'utérus à retrouver sa taille après la naissance (il faut pour cela environ un mois), similaires aux contractions de l'accouchement. Celles-ci durent en moyenne entre 1 et 7 jours, sont plus douloureuses du fait de l'utérus fragilisé et endolori par l'intervention, et sont souvent plus désagréables au fur et à mesure des grossesses. Lors de votre séjour à la maternité, l'infirmière, la sage-femme ou l'obstétricien vérifient la capacité de votre utérus à se contracter en le palpant et parfois en appuyant dessus, ce qui facilite l'expulsion des petits caillots.
- Repos: Comme les soins se déroulent pour la plupart le matin, offrez-vous deux heures de sieste l'après-midi. Vous serez probablement très fatiguée, et vous serez souvent sollicitée pour des soins : vous aurez du mal à vraiment vous reposer. Demandez au papa d'encourager la famille à espacer les visites au maximum, et profitez de chaque instant pour vous reposer.
- Thrombose: Afin de limiter les complications de trouble de la circulation sanguine, nos équipes feront avec vous un premier lever dès que possible.Le médecin anesthésiste pourra vous prescrire un traitement anticoagulant ou des bas de contention.
Allaitement
Idéalement, la première tétée doit avoir lieu rapidement après la césarienne. Lors d’un accouchement par les voies naturelles, ce sont les contractions utérines qui stimulent la prolactine, l’hormone qui déclenche la production de lait. Dans le cas d’une césarienne programmée, vous n’aurez pas de contractions utérines.
Risques et Complications
Les complications liées à la césarienne sont rares. Les plus fréquentes sont les infections, surtout chez les femmes en surpoids ou diabétiques. Il existe aussi un faible risque de troubles de la coagulation sanguine (phlébite ou embolie pulmonaire). Le risque d’hémorragie est augmenté en cas de césarienne par rapport à un accouchement par les voies naturelles. Les lésions d’organes de voisinage de l’utérus (blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins) demeurent très rares, et nécessitent une prise en charge chirurgicale spécifique. Parfois, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peuvent survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Comme toute chirurgie, la césarienne peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou de graves séquelles. Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant l’opération.
- Complications possibles :
- Infections
- Troubles de la coagulation sanguine
- Hémorragie
- Lésions d'organes de voisinage
- Hématome ou infection de la cicatrice
- Problèmes de coagulation : la phlébite, l'embolie, et la thrombose veineuse sont assez bien évitées avec un traitement préventif : on administre un anticoagulant (héparine sous forme d'injection dans l'épaule, le ventre ou la cuisse) tout le long du séjour en maternité. Vous devrez parfois continuer ce traitement quelques jours après le retour à la maison. Il est possible qu'on vous conseille de porter des bas de contention afin de minimiser les risques de phlébite.
- Hémorragies tardives : Les hémorragies tardives sont dangereuses, mais extrêmement rares.
- Morbidité : Une enquête, mentionnée sur le Portail Naissance, montre que 3 mois après leur césarienne, 65% des femmes ne s'estiment pas remises de l'opération. Am J Perinatol. 2010 May;27(5):387-91. Boiron
- Mortalité : Selon les sources, on estime que la mortalité maternelle est 2 à 11 fois plus importante pour une césarienne que pour un accouchement par voie basse. La morbidité : 9 à 15% des femmes césarisées développent une pathologie liée à l'intervention, le plus souvent il s'agit d'infection de la cicatrice, d'endométriose, et d'infection urinaire.
Césarienne et Utérus Cicatriciel
La présence d'une cicatrice sur l'utérus (d'origine gynécologique ou obstétricale) nécessite une attention particulière lors des grossesses et accouchements suivants. L'accouchement par les voies naturelles est possible si certaines conditions sont réunies. Le choix du mode d’accouchement sera déterminé conjointement par vous, le médecin ou l’équipe qui vous prend en charge en fonction de différents éléments. Pendant la grossesse, vous devrez ainsi nous apporter toutes les copies de vos comptes-rendus opératoires. Ces informations sont primordiales pour décider de la voie d’accouchement (type de cicatrice sur votre utérus, complications éventuelles dans les suites opératoires). Nous nous assurerons également qu’il n’y a pas d’anomalie de la localisation placentaire (placenta recouvrant, placenta accreta). En fin de grossesse, nous vérifierons les mensurations de votre bassin par scanno-pelvimétrie (36-37 SA) et estimerons le poids de votre bébé par échographie fœtale, afin de juger des possibilités d’accouchement par voies naturelles. Si toutes les conditions sont remplies, nous vous autoriserons à accoucher par les voies naturelles. Plus de 3 fois sur 4, la tentative d’accouchement par voie basse après césarienne est couronnée de succès. Cela évite la constitution d’une seconde cicatrice, source de problèmes ultérieurs. Les suites de l’accouchement sont plus simples, la durée du séjour plus courte. Le travail sera surveillé attentivement. Une analgésie péridurale est tout à fait possible, et même recommandée. La dilatation du col devra être régulière et harmonieuse. Le déclenchement d’une patiente ayant un utérus cicatriciel est tout à fait possible. Néanmoins, on ne déclenche une patiente avec un utérus cicatriciel que sur indication médicale (dépassement de terme par exemple) et si les conditions cervicales sont favorables, c’est-à-dire un col suffisamment mature. En cas de deux cicatrices sur l’utérus suite à 2 césariennes (utérus bi-cicatriciel) une tentative d’accouchement par voie basse peut être réalisée sous certaines conditions. L’accord dépend entre autres de l’indication des deux premières césariennes. Il vous sera donc demandé, comme précédemment cité, vos comptes-rendus opératoires.
Gestion des Contractions
Pré-Travail
Si vous êtes en phase de pré-travail, il vous sera proposé soit un retour à domicile, soit une période de déambulation aux abords de la maternité afin d’accélérer le travail, soit une hospitalisation dans une chambre de pré-travail, le temps que le travail se mette en place. Durant cette phase de pré-travail, les contractions sont plus ou moins régulières et douloureuses, mais le col se modifie peu et sa dilatation reste inférieure à 3 cm. La pose d’une analgésie péridurale n’est pas encore recommandée à ce stade, car certaines femmes finalement ne sont pas en travail.
Pendant le Travail
Durant toute la durée du travail et de l’accouchement, l’équipe médicale sera à vos côtés pour vous surveiller, vous soutenir et vous guider. de surveiller l’évolution du travail. la phase de latence correspond à la période où la dilatation est généralement lente, jusqu’à 6 cm. La durée de cette phase varie d’une patiente à l’autre. à dilatation complète, si le monitoring fœtal ne montre aucune souffrance chez le bébé, nous lui laissons entre 1 à 4 heures pour qu’il descende le plus possible dans votre bassin. Vous pouvez demander que l’anesthésiste vienne poser une péridurale pour soulager la douleur liée à vos contractions.
Lire aussi: Gestion des vomissements après accouchement par césarienne
Accouchement en Siège et Grossesse Gémellaire
Pour un accouchement en siège, la pose d’une analgésie péridurale est très fortement recommandée car elle permet d’optimiser la coopération avec l’équipe médicale. L’accouchement se déroule en présence de l’équipe médicale complète (anesthésistes, obstétriciens, sages-femmes et pédiatres). L’obstétricien pourra dans certains cas entreprendre des manœuvres pour faciliter l’accouchement. En cas de grossesse gémellaire, un accouchement par les voies naturelles est tout à fait possible et la césarienne n’est pas systématique. Votre gynécologue-obstétricien évaluera avec vous si l’accouchement par les voies naturelles est possible. En général, un déclenchement est effectué entre 37 et 39 SA si l’accouchement n’a pas eu lieu avant. L’accouchement du premier jumeau est semblable à un accouchement standard. Pour le deuxième jumeau, l’accouchement peut avoir lieu comme un accouchement normal s’il se présente tête en bas et qu’il descend facilement dans votre bassin. Si l’accouchement a lieu après 36 SA, le plus souvent vos bébés pourront rester auprès de vous après la naissance.
Gestion Non Médicamenteuse de la Douleur
La sage-femme va placer un monitoring pour surveiller le rythme cardiaque du bébé ainsi que la fréquence des contractions. Ensuite, la SF pourra vous proposer des moyens non médicamenteux (si vous le souhaitez) pour aider à la gestion de vos contractions utérines comme le ballon ou la possibilité de faire un bain. d’une baignoire dans laquelle vous pourrez prendre un bain afin de mieux supporter vos contractions. Si vous souhaitez accoucher en Salle Nature il est important d’en informer le médecin ou la sage-femme qui assure le suivi de votre grossesse. Le suivi de la grossesse est le même que pour les autres grossesses. En l’absence de contre-indication, une version par manœuvre externe (VME) vous sera proposée entre 36 SA et 37 SA. Elle sera réalisée par un des médecins séniors du service. Après un premier monitoring et un repérage échographique, le médecin poussera votre bébé avec ses mains sur votre ventre pour l’inciter à se retourner. si un accouchement par les voies naturelles est envisagé, vous serez suivie de façon régulière par une sage-femme au Centre d’explorations fonctionnelles à partir de 40 SA. Le travail est surveillé comme tous les accouchements en contrôlant le rythme cardiaque du fœtus par monitoring et en appréciant la dilatation du col.
Accompagnement Psychologique
La survenue de la césarienne comme voie de naissance et d’accouchement constitue toujours l’inattendu (même lorsque celle-ci est programmée voire choisie), dans ce sens où ce n’est pas ce à quoi l’on s’attend à l’issue d’une grossesse, ni ce que l’on espère. Cet événement constitue une rupture dans le processus d’accouchement. Face à cette intervention médicale, chirurgicale, les femmes vivent fréquemment un sentiment de perte de contrôle de leur corps, et s’en remettent à un tiers pour faire naître leur enfant. L’angoisse suscitée par la situation trouve parfois un chemin d’expression dans un processus de dissociation psychique qui rompt les liens entre l’expérience corporelle et la représentation psychique de celle-ci (pensées, émotions). La femme peut alors vivre un sentiment de dépersonnalisation, l’impression de ne plus tout à fait habiter son corps, de devenir spectatrice extérieure des évènements. Une telle expérience vient perturber le sentiment de continuité entre son état de grossesse et l’arrivée d’un nouveau né. La naissance n’a pour ainsi dire pas eu lieu ou s’est déroulée en dehors de la présence maternelle. La relation au corps médical et paramédical est elle aussi modifiée lors de l’expérience de la césarienne. Avant tout pensés comme des accompagnants, lors d’un accouchement physiologique, les professionnels deviennent des intervenants techniciens, lorsqu’il s’agit d’extraire l’enfant (on retrouve également cela dans les accouchement instrumentalisés - ventouse, forceps). La femme s’en remet alors à un tiers compétent (vécu comme plus compétent qu’elle), pour un acte dont elle pensait jusque là pouvoir être l’actrice principale.
Préparation Psychologique
Il s’agit d’une décision médicale concertée qui permet d’anticiper et de prévoir la naissance de l’enfant par césarienne. Cette décision peut être prise à différents moments de la grossesse et parfois même avant la conception. Cela offre la possibilité aux femmes et aux couples d’anticiper et de se préparer (avec un délai plus ou moins long) au déroulement de cet accouchement. Lorsque la décision est prise assez tôt, il est possible de s’informer précisément et d’interroger les équipes sur tout ce qui peut questionner, inquiéter. Le travail de renoncement à l’accouchement idéal peut donc s’inscrire dans une temporalité qui précède le moment de l’accouchement réel, pour qu’une nouvelle création imaginaire puisse s’instaurer autour de la césarienne “idéale”.
Soutien Affectif
Le second élément, et sans doute le plus important à mobiliser, concerne l’ensemble des dispositions permettant d’assurer la sécurité affective de la mère. Il est primordial que quelqu’un soit disponible auprès d’elle pour lui tenir la main, la rassurer, la soutenir et valider sa compétence maternelle. Le conjoint est bien sûr la première personne susceptible de tenir cette place. Et il me semble que sa présence devrait être possible dès l’entrée au bloc opératoire, durant tout le temps de préparation, et pas seulement lors de l’extraction de l’enfant. Car c’est dans cet entre-deux de la décision (pour les césariennes d’urgence) et de la première incision que s’installent les angoisses et le sentiment de dépersonnalisation décrit dans un précédent paragraphe. C’est à ce moment là, plus que jamais, que la femme a besoin d’avoir quelqu’un à ses côtés qui lui fasse vivre un sentiment de continuité, qui accueille puis apaise toutes les angoisses qui s’expriment. La femme, si elle y a été préparée, peut également se mobiliser de manière active dans la naissance de son bébé pour se réapproprier son accouchement et lutter contre un vécu dissociatif. Les préparations à la naissance de type haptonomie et sophrologie peuvent aider au travail de communication affective avec son enfant pour le guider et accompagner en pensées son cheminement de l’intra à l’extra utérin, une disposition psychique propre à apaiser la mère comme le bébé. Les équipes peuvent aussi favoriser la pleine participation de la mère en partageant oralement leur vécu de l’accouchement, les gestes qu’ils pratiquent, ce qu’ils voient ou perçoivent du bébé (“là je sors sa tête, son dos, ses pieds…quel joli bébé”, etc.).
Lire aussi: Quand utiliser une gaine après une césarienne ?
Premiers Liens Mère-Bébé
Le quatrième élément favorisant un meilleur vécu de la césarienne concerne la mise en place des premiers liens mère-bébé. Il est essentiel que soit proposée le plus tôt possible la rencontre entre la mère et son enfant. S’il est maintenant répandu de “présenter” le nouveau né à la mère, il s’agit en général d’un moment très furtif ne laissant pas la place à une véritable rencontre. Et pourtant, les premiers regards, les caresses et le partage des odeurs dès les premiers instants de vie conditionnent la qualité de la relation entre un bébé et sa mère. Pourquoi leur imposer une séparation immédiate (et prolongée) et la perte de repères qu’elle impose au tout petit déjà tant éprouvé par la perte de son milieu d’origine ? Il semble au contraire opportun de permettre autant que possible un peau à peau immédiat (ou presque) et prolongé, tel qu’il est pratiqué pour les accouchements physiologiques, favorisant également la première tétée pour les femmes ayant choisi l’allaitement maternel.
Suivi Post-Natal
En dernier lieu, il apparaît nécessaire de rester à l’écoute des mères sur leur ressentis et leur besoins en suites de couches. Un accouchement par césarienne (et tous les autres également) devrait faire l’objet systématique d’un entretien post-natal, offrant à la mère la possibilité de s’exprimer sur son vécu autour de cette naissance. Durant tout le temps d’hospitalisation de la jeune parturiente, il sera essentiel de rester disponible à ses demandes et ne pas préjuger de ses besoins. Certaines auront besoin de beaucoup d’aide et de repos, d’autres auront le souhait d’investir au maximum tous les soins à leur bébé et vivront moins bien la présence soutenue des professionnels ou les propositions de relais. Quels qu’en soient les motifs, si vous vous sentez mal après votre accouchement, que vous ne parvenez pas à vous apaiser et que cela altère vos relations, vous pouvez solliciter l’aide d’un psychologue.
La Césarienne Naturelle
La césarienne naturelle permet d’accoucher différemment et de favoriser les premiers liens mère-enfant.
Soins à la Maison après une Césarienne
Cinq jours environ après la césarienne, il est temps de revenir à la maison avec son bébé. Au-delà de 4 kilos, il faut se faire aider pour porter les courses. Dix jours après la césarienne, la maman peut porter son bébé avec une écharpe de portage. Il est également nécessaire de recommencer une activité physique modérée et marcher tous les jours. Attention, il faut éviter le sport qui mobilise les abdominaux et penser à la rééducation périnéale un mois et demi après la césarienne. On continue à prendre soin de son transit en buvant de l’eau et en mangeant fruits et légumes.
Homéopathie et Césarienne
L’homéopathie peut contribuer à apaiser l’anxiété avant le jour J, calmer la douleur, favoriser la cicatrisation et faciliter la récupération après une césarienne. Les médicaments homéopathiques peuvent être prescrits une semaine avant la date de l’intervention, ou ponctuellement en cas d’inquiétude et même le jour J. Le papa peut également y avoir recours. Après l’arrivée du bébé et le retour du bloc, il faut gérer les suites de la césarienne, ce qui commence par la cicatrisation. Les traitements homéopathiques vont différer en fonction de la cicatrice, selon qu’elle sera grosse et liée à une césarienne précédente ou douloureuse quand on appuie dessus, par exemple. Sans oublier les douleurs de l’utérus qui se rétracte pour retrouver sa place. Les contractions post-partum sont plus intenses qu’après un accouchement naturel, notamment chez les femmes sveltes avec une sangle abdominale forte. Il existe des médicaments homéopathiques avec un effet antalgique qu’on peut prendre quatre à cinq fois par jour jusqu’à l’amélioration des symptômes, sans risque de surdosage. L’homéopathie a aussi un rôle à jouer selon, par exemple, si la maman est en colère parce qu’elle a subi une césarienne d’urgence, ou si elle est triste ou enfin si elle se sent seule. Après l’intervention, l’homéopathie peut faciliter la récupération et aider à la reprise d’un bon transit. Elle peut aussi endiguer une petite anémie et éviter la constipation causée par les compléments à base de fer.
tags: #cesarienne #programmee #et #contractions #gestion