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Fausse couche : Le rôle de l'ovule et du spermatozoïde

La fausse couche, définie comme l'arrêt spontané d'une grossesse avant la 20e semaine, est une épreuve difficile pour les couples. Bien qu'elle soit souvent vécue comme un échec personnel, il est crucial de comprendre que la plupart des fausses couches sont dues à des facteurs imprévisibles et souvent inévitables, liés à la qualité de l'ovule ou du spermatozoïde.

Comprendre la fausse couche

La fausse couche spontanée se définit comme la perte inattendue d’une gestation avant que le fœtus ne soit viable, c’est-à-dire avant la semaine 22 et au-dessous d’un poids de 500g. Il est important de savoir que la fausse couche concerne 20 % des grossesses. Elles sont très fréquentes lors d’une première grossesse.

Le rôle des chromosomes

Le bébé hérite de la moitié de son information génétique de l'ovule et de l'autre moitié du spermatozoïde, sous forme de chromosomes. Le caryotype, qui est la carte du matériel génétique, est composé de 46 chromosomes. Des problèmes surviennent lorsque l'un des gamètes (ovule ou spermatozoïde) apporte un nombre incorrect de chromosomes. Ces anomalies chromosomiques sont une cause majeure de fausses couches précoces.

Anomalies chromosomiques : la cause la plus fréquente

La principale cause d’une fausse-couche précoce est un déséquilibre chromosomique comme une trisomie, qui entraîne une non viabilité de la grossesse. Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation). Ces anomalies sont la plupart du temps de novo, c’est-à-dire que ce sont des accidents au moment de la formation des spermatozoïdes ou des ovocytes.

L'âge et la qualité des gamètes

La qualité des gamètes diminue avec l'âge, ce qui augmente le risque d'anomalies chromosomiques. L’âge est un facteur plus important, lié à la diminution de la fertilité et à l’augmentation du taux de fausses-couches d’origine embryonnaire. Ce qui change avec l’âge, c’est la qualité des gamètes.

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Facteur masculin : qualité du sperme et fausse couche

Bien que traditionnellement, le rôle du facteur masculin ait été sous-estimé, des recherches récentes ont mis en évidence un lien entre la qualité du sperme et les fausses couches à répétition. Des altérations dans la formation des spermatozoïdes (spermatogénèse) peuvent être à l’origine des fausses-couches à répétition.

ADN du sperme endommagé

Des chercheurs britanniques se sont aperçus que le sperme des hommes de ces couples avait tendance à présenter un ADN deux fois plus endommagé que la normale. Par contre, le sperme des hommes ayant dû affronter des fausses couches au sein de leur couple était deux fois plus endommagé que le groupe témoin.

Stress oxydatif et spermatozoïdes

En mesurant la concentration de ces molécules, les chercheurs se sont aperçus qu’elles étaient, en moyenne, quatre fois plus concentrées que chez la population témoin. Les molécules réactives à l’oxygène (ou dérivés actifs de l’oxygène : DAO) produisent, si elles sont en excès, un stress oxydatif qui joue un rôle important dans le processus des altérations des spermatozoïdes.

Autres causes de fausse couche

Outre les anomalies chromosomiques et la qualité des gamètes, d'autres facteurs peuvent contribuer aux fausses couches :

Troubles hormonaux

Le cycle menstruel est régulé par un axe hormonal précis. Toute perturbation de cet axe peut entraîner un dysfonctionnement et provoquer une fausse couche.

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Infections et maladies chroniques

Certaines infections ou maladies chroniques mal contrôlées peuvent également provoquer des fausses couches. La plus fréquente est la vaginose bactérienne, à savoir un trouble de l’équilibre de la flore bactérienne du vagin. Toxoplasme, Cytomégalovirus, Rubéole, Herpes, Urée plasmatique, Chlamydia, …les agents infectieux pouvant déboucher sur la perte de grossesse sont nombreux.

Problèmes immunologiques

Des problèmes immunologiques peuvent perturber l'équilibre "protecteur" qui permet à la mère d'accepter l'embryon et de ne pas le rejeter comme un corps étranger. Problèmes immunologiques qui cassent l’équilibre « protecteur » qui s’établit de manière physiologique de sorte que la mère accepte l’embryon et ne l’interprète pas comme un corps « étranger » et le rejette.

Syndrome Antiphospholipide (SAF)

Le Syndrome Antiphospholipide (SAF), observé chez 10 à 15% des femmes qui souffrent de fausses-couches à répétition. Ce syndrome appartient à un groupe de situations caractérisées par l’augmentation de la coagulabilité sanguine dénommées dans l’ensemble thrombophilies. Le SAF appartient au groupe des thrombophilies acquises.

Facteurs liés au mode de vie

Une mauvaise hygiène de vie corrélée à l’ingestion d’aliments proscrits durant la grossesse peut engendrer une fausse-couche. Ne pas consommer de tabac ou d’alcool. Des études ont prouvées que la consommation de tabac durant la grossesse augmente de trois fois le risque de mort fœtale in utero en début de grossesse ainsi que le risque de naissance prématurée. Par ailleurs, l’alcool passe facilement du sang maternel au sang du fœtus au travers du placenta, ainsi le bébé sera directement exposé aux effets de l’alcool ingéré par la mère. Éviter les perturbateurs endocriniens. L’exposition à des substances toxiques, telles que les produits chimiques industriels, les pesticides, et les solvants, peut avoir des effets néfastes sur la grossesse.

Diagnostic et prise en charge

En cas de fausses couches à répétition, des examens complémentaires sont nécessaires pour identifier les causes possibles.

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Examens pour la femme

Chez la femme, cela consiste en un bilan de la réserve ovarienne, une échographie pelvienne, une exploration de la cavité utérine et des trompes de Fallope, une pelviscopie ainsi qu’une hystéroscopie.

Examens pour l'homme

Chez l’homme, cela consiste en un spermogramme pour évaluer la vitalité et le nombre de spermatozoïdes.

Bilan d'infertilité

Dans certains cas, lorsque l’on ne comprend pas d’où vient le problème, il est demandé aux deux partenaires de faire un bilan d’infertilité.

Solutions et traitements

Selon la cause identifiée, différentes solutions peuvent être envisagées :

  • Traitement hormonal pour les troubles de l'ovulation.
  • Chirurgie pour débloquer les trompes de Fallope, résoudre l'endométriose ou traiter les malformations utérines.
  • Insémination artificielle ou fécondation in vitro (FIV).

Conseils et attitudes à adopter

  • Adopter une bonne hygiène alimentaire et de vie : arrêter le tabac et l'alcool, éviter les aliments interdits pendant la grossesse, dormir suffisamment, se dépenser et éviter le stress.
  • Ne pas trop se concentrer sur le fait de tomber enceinte : cela peut avoir des conséquences négatives telles que des blocages psychologiques.
  • Connaître ses jours fertiles pour optimiser les chances de conception.

Fausse couche : idées reçues

  • Pratiquer des activités sportives augmente les risques de fausse-couche : tout dépend de l’activité. Pour une femme enceinte, la natation ou la marche n’auront pas le même effet que le trampoline !
  • Faire l’amour peut déclencher une fausse couche : aucune étude n’a mis en évidence de lien entre rapports sexuels et fausse couche. Et heureusement !
  • Une perte de sang durant la grossesse est une fausse couche : saignements pendant la grossesse ne riment pas forcément avec avortement spontané ; quoi qu’il en soit, toute métrorragie est un symptôme à prendre au sérieux et à élucider le plus rapidement possible.
  • J’ai fait une fausse couche, je vais avoir des difficultés à tomber enceinte plus tard : pas du tout, un fausse couche ponctuelle ne veut pas dire que le phénomène se reproduira.
  • J’ai stressé en début de grossesse, c’est pourquoi elle s’est interrompue : le stress n’a pas été scientifiquement prouvé comme responsable de l’interruption de grossesse. Cette idée reçue est source de culpabilité déjà trop souvent éprouvée.
  • La Norlevo® ou l’Ellaone® provoque des fausses couches : avoir pris la pilule d’urgence n’augmente en rien la survenue de fausses couches par la suite ! Il est également important de rappeler que l’action de ces pilules n’est pas de provoquer un avortement mais bien de bloquer l’ovulation.

Impact psychologique

Une fausse couche n’est pas anodine sur le plan psychologique : il est important de pouvoir en parler à des personnes de confiance autour de soi ainsi qu’à des professionnels. Chaque couple vivra différemment l’arrêt d’une grossesse. Si la fausse couche se passe dans le corps de la femme, elle se vit également dans la tête de chacun, l’homme en étant tout aussi bouleversé.

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