Introduction
L'étude des biberons de maternité antiques offre une perspective fascinante sur les pratiques de soins infantiles dans le monde romain. La découverte de vases mutilés à Amboise et à Tours, en France, a permis d'éclairer les connaissances médicales et les rites magiques associés à la petite enfance.
Découvertes archéologiques
En 2018, un flacon mutilé du 1er siècle après J.-C. a été découvert dans une citerne à Amboise. Ce flacon, portant des graffiti et des mutilations intentionnelles, contenait une préparation complexe de type « pharmacopée ». Une recette similaire est relatée par Pline l'Ancien, qui la destine au traitement d'une infection cutanée. Le graffito gravé sur le flacon, apparenté à la lettre « A », figure également sur un gobelet du 2ème-3ème siècle après J.-C. découvert à Tours. Ce gobelet, orné d'une étoile à huit branches et du début d'un abécédaire grec, témoigne de l'utilisation de charaktêres, similaires à ceux présents sur des amulettes magiques, pour renforcer l'efficacité des préparations médicinales.
Le flacon d'Amboise, en pâte brune ligérienne à engobe blanc, est typique des productions régionales du 1er siècle. Sa capacité est de 2,05 litres. Les mutilations qu'il a subies, réalisées à l'aide de différents outils, suggèrent un acte intentionnel.
Le gobelet de Tours, biconique à lèvre évasée, est caractéristique du répertoire turon du 2ème-3ème siècle. Sa partie haute est noircie, et la surface interne présente un dépôt carboné. Deux perforations de la panse semblent volontaires. Les graffiti, gravés post cocturam et avant calcination, comprennent un signe identique à celui du flacon d'Amboise, une étoile à 8 rayons et trois caractères.
Analyse organique
L'analyse organique du flacon d'Amboise révèle la présence de poix de conifère, d'un corps gras d'animal non-ruminant, de raisin noir ayant subi une faible fermentation, de cires de Brassicaceae (probablement des feuilles de radis) et de soufre minéral. Cette composition suggère une préparation thérapeutique complexe.
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L'analyse du gobelet de Tours indique qu'il était imperméabilisé avec de la poix de sapin et qu'il a contenu du vin rouge. La forte présence de poix suggère que le vin était aromatisé. L'utilisation de ces breuvages dans un contexte ritualisé est probable, bien que leur destination précise reste incertaine. La calcination partielle et les perforations du gobelet suggèrent une utilisation plus complexe qu'une simple libation ou offrande.
Le vin en thérapeutique
Le vin occupait une place primordiale dans la pensée des médecins depuis l'époque hippocratique. Galien, au 2ème siècle, soulignait son importance pour soigner l'âme et le corps. Le vin noir était considéré comme un fortifiant, associé au sang et utilisé pour redonner des forces aux malades. Il était également employé pour laver les plaies et les lésions, grâce à ses propriétés astringentes et antiseptiques. L'association du vin avec la poix de conifère pouvait renforcer ses propriétés.
Interprétation des graffiti
Les deux vases portent des signes similaires gravés post cocturam. Certains vases présentent un signe analogue, notamment des pots à lèvre éversée produits à Angers à la fin du 1er siècle. Cependant, cette marque est généralement imprimée avant la cuisson et assimilée à une signature ou une marque de tâcheron.
La recherche de comparaisons a conduit à inventorier différents artéfacts porteurs de ce signe, tels que des amulettes et des phylactères datés du 1er-3ème et 4ème siècles. Ces objets étaient destinés à soigner, à protéger ou à attirer l'être aimé. Le signe apparaît seul ou intercalé entre des mots incompréhensibles, qualifiés de charaktêres.
Ces charaktêres imitent les puissances divines et sont censés éloigner les démons. Leur signification précise n'a de sens que pour les initiés. Sur certaines gemmes, le charaktêr est associé à des figures divines telles que Chnoubis ou Phrê.
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Les nourrices dans l'Antiquité romaine
L'alimentation des nourrissons dans l'Antiquité romaine était un sujet de préoccupation majeur. Les mères étaient encouragées à allaiter leurs enfants, mais le recours aux nourrices était fréquent, en particulier dans les familles aisées.
Le rôle des nourrices
Les nourrices étaient responsables de l'alimentation et des soins des nourrissons. Elles étaient choisies avec soin, en fonction de leur santé, de leur tempérament et de la qualité de leur lait. Soranos d'Éphèse, un médecin grec du 2ème siècle, recommandait de choisir des nourrices âgées de 20 à 40 ans, ayant déjà eu des enfants et menant une vie saine.
L'allaitement : pratiques et recommandations
L'allaitement était considéré comme le mode d'alimentation idéal pour les nourrissons. Le lait maternel était perçu comme un aliment complet, adapté aux besoins des enfants. Les médecins recommandaient aux mères et aux nourrices de suivre un régime alimentaire équilibré, afin de garantir la qualité du lait.
Soranos conseillait de donner le sein au nourrisson dès la naissance, en veillant à ce qu'il tète dans une position confortable. Il recommandait également de masser les seins de la nourrice pour favoriser la production de lait.
Le sevrage
Le sevrage était une étape délicate, qui devait être réalisée progressivement. Soranos recommandait de commencer à diversifier l'alimentation du nourrisson vers l'âge de 6 mois, en lui proposant des bouillies de céréales ou de légumes. Le sevrage complet était généralement achevé vers l'âge de 18 à 24 mois.
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Les biberons
Bien que l'allaitement maternel fût privilégié, les biberons étaient utilisés en dernier recours, lorsque la mère ou la nourrice ne pouvait pas allaiter. Les biberons étaient généralement fabriqués en terre cuite ou en verre, et leur forme variait selon les époques et les régions.
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