Tous les parents savent que l'âge de 3 ans est une étape délicate. Les crises de colère, les pleurs et les cris sont autant de moyens qu'un enfant utilise pour exprimer son mécontentement. Face à ces situations, de nombreux parents se sentent désemparés et ne savent plus comment réagir. Cet article vise à décrypter la logique de pensée d'un enfant de 3 ans afin d'aider les parents à mieux comprendre et gérer ces crises.
Pourquoi mon enfant de 3 ans fait-il des crises ?
L'enfant de 3 ans est confronté à une multitude de changements sur les plans physique, intellectuel et psychologique.
Les changements physiques
Sur le plan physique, son corps évolue considérablement. Il marche, court et saute sans trop de difficultés et sans avoir à se concentrer sur ses propres mouvements.
Le développement intellectuel
Sur le plan intellectuel, les enfants de 3 ans sont très bavards. Ils ont la joie de pouvoir commenter tout ce qui se passe autour d'eux.
L'aspect psychologique
Sur le plan psychologique, la troisième année de vie d'un enfant correspond à "l'âge du moi". L'enfant de 3 ans apprécie de faire semblant. Il comprend certains fondements des interactions sociales, le pouvoir des mots et des attitudes. Il ressent le besoin de se faire remarquer et aime donc beaucoup que l'on parle de lui. Il ne distingue pas encore parfaitement le réel et l'imaginaire, ce qui peut le pousser à adopter des réactions insensées ou disproportionnées.
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L'enfant de 3 ans est un être intense qui peut aimer très fort ou détester à la folie. Les phases de colère ou de tristesse peuvent rapidement devenir pesantes pour les parents.
Comment gérer les crises d'un enfant de 3 ans ?
Il est possible de canaliser les crises soudaines d'un enfant de 3 ans. Voici quelques astuces pour gérer les comportements difficiles de son enfant et apprendre à les anticiper.
L'importance de l'anticipation
En tant que parents, on pense souvent à la bonne façon d'agir, mais rarement à la bonne façon d'anticiper. Pour éviter les crises, il est préférable de miser sur la coopération. La capacité à faire preuve d'empathie, de patience et de compassion permet de désamorcer les crises d'un enfant de 3 ans.
Proposer des choix amusants
Les mots ont une importance capitale, surtout dans le monde des enfants. Pour éviter de brusquer votre enfant lorsque vous lui demandez d'aller se brosser les dents, vous pourriez associer cette tâche à un défi. Ainsi, le tranchant "Va te laver les dents !" pourrait facilement être remplacé par "Que dirais-tu d'aller te laver les dents en sautant comme un kangourou ou en rampant comme un serpent ?".
Entretenir la communication
Votre enfant est dans une phase de construction et se pose énormément de questions sur le monde qui l'entoure. Pour répondre à ses besoins profonds et maintenir une démarche de coopération, il est judicieux d'expliquer vos attentes. Par exemple, au lieu de dire "On doit faire la douche !", vous pourriez plutôt lui expliquer qu'il est "important de se doucher pour être propre et sentir bon !".
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Introduire des jeux
Les enfants raffolent des jeux ! Pour rendre les tâches du quotidien plus palpitantes, vous pouvez ainsi facilement les associer à des défis. Ainsi, plutôt que de dire à votre enfant "Ramasse tes jouets !", vous pourriez peut-être le challenger en lui disant "Es-tu capable de ranger tes jouets en moins de deux minutes ? Pour ma part, je trouve ça bien difficile !".
Comment réagir pendant une crise ?
Il est important de ne jamais basculer dans l'escalade émotionnelle. Ce court instant, où l'on semble perdu et empli d'émotions négatives, peut rapidement faire naître en nous des réactions impulsives.
Fixer des limites avec amour
Réprimander violemment son enfant ne mène à rien, si ce n'est au blocage total de la communication.
Prendre du recul
Si vous êtes au bord de l'implosion, rien ne vous empêche de prendre un peu de recul. Adopter un comportement chaleureux et compréhensif face à un enfant de 3 ans en pleine crise ne sera pas toujours une démarche facile.
L'importance de l'éducation émotionnelle
En tant que parents, nous jouons un rôle précieux dans la construction physique et psychique de notre enfant. Il est essentiel de lui offrir un environnement coloré, inclusif et bienveillant.
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Les crises de colère : une étape normale du développement
Les crises de colère font partie du développement normal de l'enfant. Elles surviennent plus fréquemment chez un enfant qui est moins à l'aise pour s'exprimer verbalement. La colère fait partie des émotions primaires et ne dure qu'une minute si on n'y prête pas attention.
Les différents types de colère
Il est important de distinguer la "vraie colère" de la "fausse colère". Dans une vraie colère, l'enfant a un besoin d'aller au bout de ses émotions pour libérer toute cette énergie en lui. La vraie colère est non destructrice. Dans une fausse colère, l'enfant doit être contenu et son comportement doit être stoppé immédiatement. La fausse colère est destructrice et violente, il n'y a pas de larmes.
L'hypersensibilité
Certains enfants sont hypersensibles et sont souvent décrits comme des "capricieux", des enfants "maladroits" ou encore des enfants hyperactifs. La fatigue peut également jouer un rôle important dans les crises de colère.
Les troubles du comportement
Il arrive que l'attitude d'un enfant colérique s'explique par un trouble du comportement. Les symptômes d'un trouble du comportement dépendent de sa cause : manque de concentration, hyperactivité, difficulté de compréhension, difficulté à s'exprimer, etc.
Comment aider son enfant à gérer sa colère ?
Même si vous la comprenez, même si votre enfant colérique a besoin de l'exprimer, ce n'est pas une raison d'accepter un tel comportement. Il faut alors lui montrer que vous n'êtes pas d'accord avec son mode d'expression. Il peut être frustré, il a le droit de ressentir ce qu'il ressent, mais ce n'est pas une raison d'"agresser" les autres pour autant. Adaptez le temps à l'âge de l'enfant pour ne pas qu'il associe "quand je m'exprime, on m'abandonne !". Ce n'est pas toujours un caprice ou une forme de chantage. Votre enfant a besoin de vous pour accueillir ses émotions.
Faire appel à une tierce personne
Il arrive qu'on ne parvienne pas toujours à faire face à la colère de son enfant. Une personne n'ayant pas participé à la colère saura trouver le calme nécessaire pour faire redescendre la tension.
Reconnaître ses torts
Si votre enfant colérique prend conscience qu'il a eu un comportement inadapté, s'il a honte de ce qu'il a dit ou fait, inutile d'en rajouter. Savoir reconnaître ses torts, c'est aider son enfant à assumer ses responsabilités.
La disparition progressive des crises
Finalement, avec la maitrise de la parole et la possibilité d'expression chez l'enfant, les crises de colère tendent à disparaître progressivement.
Les astuces pour calmer les caprices
Ne pas céder à un caprice ne fait pas de vous un parent strict ou méchant. Veillez à toujours expliquer le motif de refus à votre enfant. Le jeu est toujours un moyen efficace de calmer une crise de colère.
Jouer sur le compromis
Les caprices chez l'enfant peuvent être un moyen d'exprimer un mal-être ou simplement d'attirer votre attention. Apprenez à différencier les deux situations lorsqu'une crise se produit. Naturellement, s'il est recommandé de toujours expliquer à son enfant pourquoi on lui dit non ou refuse quelque chose, un caprice peut vite être interrompu grâce à la méthode de la diversion ! Par exemple, si au supermarché, votre enfant veut à tout prix un jouet que vous refusez d'acheter, proposez-lui à la place de choisir la boîte de gâteaux. Même s'il ne repartira pas avec l'objet tant convoité, il aura le sentiment d'avoir pris une décision. De quoi lui provoquer de la satisfaction et mettre fin à la crise de colère !
L'inviter à dessiner ses caprices
Que ce soit en anticipation des caprices ou lorsqu'une crise de colère se produit, cette astuce est idéale pour calmer un enfant. Proposez-lui de dessiner sur une feuille de papier ce qu'il considère être un caprice et demandez-lui pourquoi. Afin de le motiver à participer à cet exercice, montrez-lui l'exemple ! Les enfants apprécient qu'on leur rappelle qu'on a été, à une époque, aussi jeunes qu'eux, et qu'on n'obtenait pas toujours ce que l'on désirait.
Choisir un objet "punching-ball"
Comme les adultes, les enfants ne parviennent pas toujours à maîtriser leurs émotions ! Ils ont besoin d'extérioriser et cela passe parfois par des excès de colère. Pourquoi ne pas confectionner ou choisir ensemble un accessoire punching-ball, sur lequel il est autorisé de se défouler ?
Anticiper les situations à risque
Vous le savez, certaines situations se terminent presque systématiquement par une crise. Autant déminer le terrain tout de suite en le préparant : "Après ce jeu, tu ranges tes affaires et tu vas au lit." Ou en posant les règles d'emblée d'un ton ferme et convaincu : "Viens, on va faire les courses. Pas de bonbons aujourd'hui."
Proposer une alternative
Pour éviter qu'il ne reste crispé sur sa frustration, l'idéal, c'est de lui proposer tout de suite autre chose. "Non, on n'achète pas de bonbons, tu reposes ce paquet. On pourra en acheter la semaine prochaine."
Raconter une histoire
Parlez d'autre chose, de vous lorsque vous étiez petite, par exemple. "Moi aussi, un jour, j'avais fait une grosse colère parce que je ne voulais pas descendre du manège. J'avais décidé de tout essayer : le cheval, le cochon, la girafe… Mais ta mamie n'était pas du tout d'accord et elle m'a grondée." Les enfants adorent qu'on leur parle du temps où leurs parents n'étaient pas plus hauts que trois pommes et où ils faisaient des bêtises, eux aussi.
Être ferme et convaincu
Mettez-vous à sa hauteur, regardez-le en face et dites-lui calmement qu'il n'est pas question de faire ce qu'il veut. Donnez-lui vos raisons : "Je ne suis pas d'accord pour que tu manges un pain au chocolat maintenant, tu n'auras plus faim pour le dîner", ou "Je n'ai pas d'argent pour acheter ce ballon". Et soyez convaincue de ce que vous dites ! Moins vous culpabiliserez, plus votre voix et votre regard auront de la force.
L'importance de la cohérence parentale
Si maman dit non, papa ne doit pas dire oui. Ou inversement. Bien sûr, vous avez le droit de ne pas être d'accord, mais c'est à régler entre vous, dans l'intimité.
Le câlin
Il hurle, il est tout rouge, il n'arrive pas à reprendre son souffle… Il doit se calmer, mais le lui répéter dix fois ne servira à rien. Prenez-le contre vous. Des bras accueillants peuvent être la meilleure solution pour passer à autre chose.
L'isolement
S'il n'arrête pas ses cris tout de suite, vous allez le mettre à l'écart le temps que la colère se passe. Vous pouvez bien sûr l'envoyer dans sa chambre, mais si vous le préférez, vous pouvez aussi l'installer sur une chaise à quelques mètres de vous avec interdiction de se lever avant d'être calmé.
La punition
Il ne se contente pas de crier mais se roule par terre comme un beau diable et tape ? Il doit savoir que c'est un comportement inacceptable et que s'il continue, il sera puni. Appliquez ce qui a été annoncé. Encore faut-il pour cela que la punition promise soit réaliste !
Ne pas céder
Ses hurlements vous mettent les nerfs en vrille et, parfois, vous auriez envie d'accéder à sa demande juste pour retrouver un peu de tranquillité ? C'est une fausse bonne solution. D'abord, il n'est pas certain que ça le calme, et en plus, c'est déstabilisant pour lui : comment, maman avait dit non et voilà qu'elle dit oui ? Aurais-je un pouvoir sur elle si je crie suffisamment fort ?
Le réconfort
Cette crise l'a déstabilisé et fatigué, lui aussi. Quoi de mieux qu'un petit câlin s'il en a envie ?
L'avis d'une psychologue
Selon Christine Brunet, psychologue, les caprices sont l'expression d'une frustration. L'enfant n'est pas d'accord avec ce que ses parents décident, ou n'accepte pas leur refus, et il le manifeste par une colère. En général, il s'agit d'un comportement à répétition. Rares sont les enfants qui font un caprice et un seul !
L'âge des caprices
La période des caprices se situe entre 18 mois et 4 ans. Avant 1 an, on ne peut pas vraiment parler de "caprice". Un tout-petit exprime un besoin ou un malaise. Il faut entendre ses cris comme une demande et essayer d'y répondre. En revanche, quand vers 18 mois ou 2 ans, il exprime une demande qui est de l'ordre du plaisir, on peut temporiser ou même refuser.
Les caprices sont-ils normaux ?
Oui, tous les enfants en font. Cela témoigne plutôt d'un certain dynamisme et d'une bonne affirmation de soi. Un tout-petit qui ne ferait jamais de caprice serait trop conforme à ce que veulent ses parents et n'exprimerait ses propres désirs.
Comment gérer une colère en public ?
Un enfant qui fait une crise au supermarché sent bien que le regard des autres gêne ses parents, et il s'en sert pour faire pression. A vous de ne pas entrer dans son jeu et de lui montrer que c'est lui qui dérange les autres par ses cris.
Conseils concrets pour accompagner les crises de colère
À 3 ans, les enfants traversent une phase clé de leur développement : l’apprentissage de l’autonomie… et des émotions. Si votre enfant pique des colères incontrôlables, sachez que ces réactions sont fréquentes à cet âge. Voici nos conseils concrets pour prévenir, comprendre et accompagner ces tempêtes émotionnelles, tout en posant un cadre sécurisant.
Pourquoi les crises de colère sont fréquentes à 3 ans ?
Entre deux et trois ans, votre enfant entre dans une étape clé de son développement, souvent appelée "terrible two". Cette période, bien que normale, peut être marquée par une intensité émotionnelle surprenante. Vers 3 ans, ces manifestations prennent parfois la forme de colères incontrôlables, où l’enfant crie, tape ou se jette au sol. Si ces épisodes sont épuisants pour les parents, ils sont avant tout le reflet de ce que traverse l’enfant intérieurement.
À cet âge, votre tout-petit apprend à se percevoir comme un individu à part entière, avec ses envies, ses opinions… et sa volonté. Il découvre qu’il peut dire "non", mais ne maîtrise pas encore les outils pour gérer la frustration qui en découle. Sur le plan neurologique, son cerveau émotionnel est très actif, tandis que les zones de régulation (comme le cortex préfrontal) sont encore immatures. Résultat il peut littéralement être submergé par ses émotions, sans comprendre ce qui lui arrive.
Ces crises ne sont donc pas des caprices, mais une forme d’expression. Votre enfant ne cherche pas à manipuler : il communique, à sa manière, un trop-plein intérieur. En gardant cela en tête, vous serez mieux armé pour accompagner ces tempêtes avec calme et confiance.
Comment prévenir les colères incontrôlables chez l’enfant ?
Bien qu’inévitables à certains moments, les crises de colère et d’opposition ne surgissent pas de nulle part. En instaurant des repères clairs et un environnement apaisant, il est possible de réduire leur fréquence et leur intensité. Voici quelques leviers simples pour prévenir les colères de votre enfant de 3 ans :
- Proposez un cadre rassurant et constant : des règles simples, expliquées avec des mots adaptés à son âge, aident l’enfant à comprendre ce qu’on attend de lui
- Anticipez les situations à risque : fatigue, faim, transitions mal préparées… Ces moments fragiles peuvent déclencher des frustrations explosives
- Limitez les interdits inutiles : il vaut mieux dire "oui" le plus souvent possible, et réserver les "non" pour les vrais enjeux. Cela renforce l’efficacité des limites posées
- Formulez vos consignes de façon positive : préférez "on marche doucement à l’intérieur" plutôt que "ne cours pas", ou encore "on garde les mains sur la table" plutôt que "ne touche pas à ça". Ces tournures aident l’enfant à se concentrer sur ce qu’il peut faire, plutôt que sur l’interdit
- Offrez-lui des choix : donner deux options (“Tu veux mettre ton manteau rouge ou bleu ?”) permet à l’enfant de sentir qu’il a du pouvoir sur son quotidien, ce qui diminue les tensions
- Favorisez l’expression des émotions : mettez des mots sur ce qu’il ressent et encouragez-le à exprimer sa colère autrement, par le dessin, le jeu ou des objets symboliques
Ces petites actions du quotidien renforcent la sécurité affective de l’enfant et l’aident à apprivoiser, peu à peu, ce qu’il vit à l’intérieur de lui.
Que faire pendant une crise de colère incontrôlable ?
Quand la colère explose, l’enfant perd totalement le contrôle de lui-même. Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’une décharge émotionnelle. Votre rôle, en tant que parent, est de rester un repère solide pendant cette tempête. Voici quelques réflexes essentiels à adopter :
- Gardez votre calme, même si c’est difficile, votre attitude influence celle de votre enfant. Plus vous restez serein, plus vous l’aidez à retrouver son apaisement
- Validez ses émotions sans justifier : des phrases comme « tu as le droit d’être en colère » ou « je vois que c’est dur pour toi » montrent que vous accueillez son ressenti
- Ne tentez pas de raisonner ou de négocier : en pleine crise, l’enfant n’est pas réceptif. Mieux vaut attendre qu’il se calme pour expliquer
- Assurez sa sécurité (et celle des autres) : éloignez les objets dangereux, empêchez les gestes violents, mais sans crier ni punir
- Restez proche, sans envahir : certains enfants ont besoin d’un câlin, d’autres de pouvoir se défouler seuls dans un espace sécurisé. Respectez son besoin
Plus votre posture est stable et empathique, plus votre enfant apprendra, au fil du temps, à gérer ses émotions par mimétisme et confiance.
Aider son enfant à mieux gérer sa colère au quotidien
En dehors des crises, le quotidien offre de nombreuses occasions pour aider votre enfant à apprivoiser ses émotions. À 3 ans, il a besoin d’outils concrets pour apprendre à exprimer autrement sa colère.
Les livres sur les émotions sont très utiles : ils permettent à l’enfant de s’identifier à un personnage, de mettre des mots sur ce qu’il ressent et de comprendre qu’il existe d’autres manières de réagir. Le jeu peut aussi être un bon support : créer un coin calme ou une boîte à colère, proposer un coussin pour se défouler… Autant de petites stratégies qui, répétées, l’aident à s’autoréguler.
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