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Les Effets Secondaires du Cannabis Après un Avortement : Comprendre les Risques et les Bénéfices Potentiels

L'usage du cannabis, qu'il soit récréatif ou médical, est un sujet de discussion croissant à travers le monde, notamment en Europe où les législations varient considérablement. De la légalisation en Allemagne à l'interdiction totale dans d'autres pays de l'Union européenne, la possession de cannabis à des fins récréatives est régie par des lois particulièrement variées selon les États membres. L'Allemagne est le troisième État membre de l'UE à avoir légalisé le cannabis récréatif. Depuis le 1er avril 2024, les personnes majeures peuvent posséder jusqu'à 25 grammes de cannabis séché dans les lieux publics. Les consommateurs de la substance peuvent également la cultiver à domicile, jusqu'à trois plants et 50 grammes. Depuis le 1er juillet, ils peuvent aussi acheter du cannabis dans un "cannabis social club". Cette complexité juridique se double d'une complexité scientifique, en particulier lorsqu'il s'agit d'évaluer les effets du cannabis sur la santé, notamment après des interventions médicales telles qu'un avortement. Cet article se propose d'examiner les effets secondaires potentiels de la consommation de cannabis après un avortement, en tenant compte des aspects physiologiques, psychologiques et légaux.

Cadre Légal du Cannabis en Europe

Avant d'aborder les effets secondaires, il est essentiel de comprendre le contexte légal dans lequel s'inscrit la consommation de cannabis en Europe.

Avec une loi adoptée en décembre 2021, Malte est le premier pays européen à avoir légalisé la consommation récréative de cannabis. Les personnes âgées de 18 ans ou plus sont légalement autorisées à transporter sept grammes de cannabis maximum. La consommation de cannabis en public reste interdite, tout comme la consommation en présence d'un mineur. Depuis le 21 juillet 2023, le Luxembourg a suivi la voie ouverte par Malte, en autorisant les habitants à faire pousser leurs propres plants de cannabis pour un usage récréatif. Mais tout comme pour l'archipel, la législation est caractérisée par une réglementation stricte. Les consommateurs ne peuvent cultiver plus de quatre plants, qui ne doivent pas être visibles depuis l'espace public, et n'ont pas le droit de détenir plus de trois grammes de cannabis chez eux. La détention et la consommation dans l'espace public demeurent proscrites. La possession de cannabis reste majoritairement interdite dans les Etats membres de l'Union européenne. Toutefois, la sévérité des peines encourues diffère fortement d'un pays à l'autre. Ainsi, si l'infraction ne fait que l'objet d'une amende pouvant aller jusqu'à 280 euros en Lettonie, celle-ci fait encourir jusqu'à huit ans d'emprisonnement à son auteur à Chypre. Les seuils déterminant une petite quantité de cannabis, dite pour usage personnel, sont tout aussi variables en fonction des pays. Il est à noter que les peines encourues pour possession de petites quantités de cannabis mentionnées dans la carte au début de l'article correspondent aux peines maximales prévues par les lois des Etats membres. Aux Pays-Bas, par exemple, la possession de cannabis pour usage personnel n'est pas légale, contrairement à ce que laissent entendre les idées reçues sur la législation du pays, mais seulement tolérée. Selon la loi, celle-ci peut faire encourir jusqu'à un an de prison. Cependant, d'après les lignes directrices de la justice néerlandaise, la possession pour usage personnel jusqu'à 30 grammes n'est pas poursuivie. En France, où la peine maximale est d'un an de prison et de 3 750 euros, une amende forfaitaire de 200 euros a été mise en place en 2020. Celle-ci permet, mais ne garantit pas, l'absence de poursuites en cas de possession de cannabis jusqu'à 100 grammes.

Malgré l'interdiction majoritaire du cannabis en Europe, de nombreux pays font une distinction entre cannabis récréatif et médical. Le cannabis médical est ainsi autorisé dans 21 des 27 États de l'Union européenne. Ce dernier a un intérêt thérapeutique, établi ou présumé, pour traiter de nombreuses affections ou combattre les effets secondaires de certains traitements. Parmi les 21 États qui autorisent le cannabis médical, on retrouve la Belgique, l'Allemagne, l'Italie ou encore l'Espagne. En France, où il n'est pas légal, le cannabis thérapeutique est autorisé uniquement à titre expérimental dans un cadre très contrôlé et limité à des patients souffrant de maladies graves. L'expérimentation a débuté le 26 mars 2021. 3 000 patients en ont bénéficié jusqu'en mars 2024, sous le contrôle de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Alors qu'elle devait s’achever le 31 décembre 2024, cette expérimentation a finalement été prolongée jusqu'en mars 2026. En mars dernier, le gouvernement a annoncé avoir notifié à la Commission européenne les textes définissant le cadre de production et d'autorisation du cannabis à usage médical.

Le cannabis médical ne doit pas être confondu avec le cannabidiol (CBD), une molécule constitutive du cannabis. En France, le gouvernement avait, par un arrêté interministériel du 30 décembre 2021, autorisé la vente de produits contenant du CBD d'une teneur en THC inférieure ou égale à 0,3 %, mais interdit dans le même temps la vente des fleurs et feuilles de ce même cannabis à très faible dosage de THC. Dans une décision du 29 décembre 2022, le Conseil d'État a annulé définitivement l'arrêté du gouvernement. Néanmoins, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment proposé de classer le cannabidiol comme "substance présumée toxique pour la reproduction chez l'être humain", dans un communiqué du 21 mars 2025.

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Effets Physiologiques du Cannabis

Le cannabis affecte de nombreux systèmes physiologiques différents. Les cannabinoïdes tels que le THC s’attachent à des récepteurs situés dans tout le corps, y compris dans le système nerveux central. Ce mécanisme d’action entraîne des changements physiologiques qui peuvent augmenter les risques liés à la chirurgie.

Risques liés à l'anesthésie

Parmi toutes les raisons d’informer votre médecin de votre consommation de cannabis, le dosage anesthésique est la plus importante. La quantité de cannabis que vous consommez et la fréquence à laquelle vous en consommez peuvent affecter la façon dont les anesthésiques agissent dans le corps. La weed provoque des changements dans le système nerveux central, ce qui signifie que les consommateurs de cannabis ont besoin de plus d’anesthésiques que les non-consommateurs.

Fonction pulmonaire

La réduction de la fonction pulmonaire causée par le tabagisme peut augmenter la durée pendant laquelle les patients ont besoin d’une ventilation après une anesthésie générale tout en augmentant le risque de pneumonie après une intervention chirurgicale. Les différentes méthodes de consommation exposent les poumons à des niveaux différents de substances cancérigènes. Les spliffs et les blunts qui contiennent du tabac sont plus nocifs. Les bongs et les dabs sont des options légèrement plus « propres », mais ils impliquent toujours une combustion.

Douleur

Bien que des études en cours explorent l’effet du cannabis sur les douleurs nerveuses chroniques, l’herbe semble exacerber la douleur aiguë ressentie après une opération. L’American Society of Anaesthesiologists a rendu compte d’une recherche portant sur un ensemble de patients souffrant de fractures de la jambe.

Impact sur le microbiote intestinal

Le microbiote intestinal assure des fonctions bénéfiques :

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  • fonction trophique sur la muqueuse intestinale avec développement du système immunitaire (en son absence le système immunitaire ne mature pas normalement),
  • fonctions métaboliques, telles la fermentation des résidus alimentaires, la synthèse d’acides gras, d’acides aminés indispensables, de vitamines,
  • fonction de barrière contre les bactéries pathogènes.

Le déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est associé à des conséquences néfastes pour l’hôte. Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactérienne ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier d'antibiotique. La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques. Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à Clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques,… ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.

Il est donc crucial de prendre en compte l'impact potentiel du cannabis sur le microbiote intestinal, surtout après une intervention chirurgicale comme un avortement, où le corps est déjà soumis à un stress important.

Effets Psychologiques du Cannabis

L’idée d’une opération va rarement créer de la joie. Au contraire, on se sent généralement agité et nerveux avant de passer sur le billard. Si vous êtes un consommateur régulier, fumer peut sembler être un bon moyen de mettre un terme à vos ruminations. C’est tout à fait normal de se sentir nerveux avant une opération. Bien que les chirurgiens aient des années d’entraînement rigoureux sous le coude, l’esprit ne peut s’empêcher d’imaginer les pires scénarios même s’ils sont tout à fait improbables. Il faut être particulièrement intrépide pour ne pas éprouver de la crainte, de l’anxiété et de la réticence avant de passer sous le bistouri. Mais la période précédant l’opération ne se limite pas au stress mental.

Anxiété et dépression

Le cannabis est souvent perçu comme un moyen de réduire l'anxiété, mais il peut également avoir l'effet inverse, surtout chez les personnes prédisposées. Après un avortement, une femme peut éprouver une gamme d'émotions complexes, y compris la tristesse, la culpabilité ou l'anxiété. La consommation de cannabis peut exacerber ces sentiments, ou interférer avec le processus de deuil et d'acceptation.

Troubles de l'humeur

Le THC, principal composant psychoactif du cannabis, peut altérer l'humeur et la perception. Chez certaines personnes, cela peut entraîner des épisodes de paranoïa, de confusion ou de dysphorie. Ces effets peuvent être particulièrement problématiques après un avortement, où la stabilité émotionnelle est cruciale pour la guérison.

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Cannabis Médical et Douleur Post-Avortement

Une étude publiée dans « Nature medecine » démontre l’efficacité du THC contre les lombalgies chroniques. Mais un nouveau travail paru lundi dans la prestigieuse revue scientifique internationale « Nature medecine » vient apporter de l’eau au moulin aux défenseurs de cette thérapie contre les douleurs. Si en France, la grande étude en cours porte sur des maladies ou des situations graves comme la sclérose en plaques ou les soins palliatifs, l’étude que les chercheurs allemands ont rendu publique cette semaine concerne potentiellement un demi-milliard de personnes dans le monde. En effet, c’est sur le mal de dos chronique que les scientifiques ont mesuré l’effet d’un extrait du cannabis : le THC ou tétrahydrocannabinol. Et ils s’y sont pris comme avec des médicaments classiques en utilisant la méthode scientifique la plus rigoureuse. « C’est la première fois qu’on a une étude avec un aussi haut niveau de preuves, en plus dans un journal réputé pour être très exigeant dans la publication des résultats scientifiques, salue Nicolas Authier, professeur de pharmacologie au CHU de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). L’évaluation a été faite sur un temps long ce qui est rare dans le domaine de la douleur ».

Cet essai a inclus 820 personnes qui souffraient de douleurs lombaires qu’elles n’arrivaient pas à soulager par des médicaments habituels. On leur a donné, au hasard, soit une dose du produit à tester, le VER-01 qui contient 2,5 milligrammes de THC soit un placébo. « C’est la substance qui a montré le plus d’impact sur les douleurs en particulier neuropathiques » précise le pharmacologue. L’étude a commencé en double aveugle pendant trois mois, ce qui signifie que ni les patients ni leurs médecins ne savaient qui avaient reçu le vrai traitement. Puis elle a été encore prolongée d’un an.

Amélioration du sommeil

Les patients devaient évaluer leur douleur sur une échelle de 1 à 10 après avoir pris le produit. Et les résultats sont au rendez-vous. Au bout de 12 semaines, ceux qui avaient pris l’extrait de cannabis ont affirmé avoir vu diminuer leur douleur de 1,9 point contre 0,6 point pour ceux qui ayant pris le placébo. Après six mois, les participants ayant pris l’extrait ont déclaré que leur douleur avait diminué de 2,9 points supplémentaires. Ils ont également rapporté une amélioration de leur sommeil, de leurs aptitudes physiques et de leur qualité de vie.

Quant aux effets secondaires signalés (vertiges passagers, une somnolence, une sécheresse buccale et quelques nausées), ils ont régressé avec le temps. Et comme pour les patients français qui ont participé à l’expérimentation, l’extrait de cannabis thérapeutique n’a pas du tout produit les effets euphorisants recherchés dans l’usage récréatif du cannabis quand il est consommé comme une drogue. « Les résultats sont cohérents avec ce que nous avons observé dans notre expérimentation, souligne le Pr Authier qui a piloté le projet. Les posologies sont très proches des produits que nous avons utilisés. Cette étude pourrait jouer un rôle de modèle dans l’évaluation du cannabis médical, c’est en tout cas une pièce que nous pouvons verser au dossier ».

CBD et Inflammation

Bien sûr, ce cannabinoïde dispose à sa place avant la chirurgie, non ? Pas si vite. Certains chirurgiens conseillent à leurs patients d’arrêter de consommer du CBD plusieurs jours avant et après la chirurgie tandis que les chercheurs continuent d’essayer de savoir si il exerce ou non des effets anticoagulants. Le CBD interagit également avec une foule de médicaments.

Consommation de Cannabis et Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI)

Les maladies inflammatoires cryptogénétiques de l’intestin (MICI) atteignent souvent des personnes jeunes, aussi les questions sur l’interférence éventuelle entre ces maladies ou leur traitement et la procréation sont-elles fréquentes. Nous résumons ici les connaissances permettant au thérapeute d’informer la malade et de lui proposer le traitement le plus adapté pour sa MICI en cas de désir de grossesse, de grossesse en cours ou de lactation. La fertilité des femmes souffrant de MICI non sélectionnées est habituellement normale [1]. Un risque accru de stérilité est observé chez les femmes atteintes de maladie de Crohn (MC) active. Une stérilité tubaire peut être observée chez des femmes atteintes de MC et présentant des adhérences intra abdominales notamment postopératoires. Plusieurs études ont montré que la colectomie totale avec anastomose iléo-anale réduisait fortement (jusqu’à 80%) la fertilité [1]. Ce risque semble nettement moindre après anastomose iléo-rectale. Les avortements semblent plus fréquents chez les femmes atteintes de MICI, tout particulièrement quand la maladie est active (jusqu’à 35% des conceptions) [1, 3] (niveau de preuve bas). Le risque de mort fœtale (au-delà de la 16e semaine) est d’environ 1% dans la population générale et 2% en cas de MC active [1]. Malgré les progrès des traitements, un risque accru de prématurité et d’hypotrophie est toujours observé au cours de la MC et de la RCH [1, 3]. Un suivi attentif, notamment pendant le 3e trimestre, et l’arrêt du tabagisme doivent être conseillés [2].

Une étude [3] basée sur la confrontation des registres danois de sujets atteints de MICI et des naissances a montré que le risque de prématurité (< 37e semaine) était significativement augmenté au cours de la MC (OR 1,6; intervalle de confiance 95%-IC- 1,1-2,3). Le risque d’hypotrophie également (OR 2,4; IC1,6-3,7). L’ensemble des publications disponibles à ce jour ne montre aucune augmentation significative de l’incidence des malformations (dont la prévalence dans la population générale en France est de 3,2%) [1, 4]. L’activité de la MICI au moment de la conception augmente le risque d’activité persistante pendant la grossesse [1]. Ainsi, le risque de rechute au cours de la grossesse est d’environ 20-25% si la RCH ou la MC sont inactives au moment de la conception, mais d’au moins 50% si la maladie est active au moment de la conception [1]. Les femmes atteintes de MICI doivent donc être informées d’éviter si possible une conception pendant une phase active de leur maladie. L’arrêt du tabac explique probablement certaines améliorations de MC [5]. Il est habituellement considéré que la grossesse n’influence pas de manière significative l’histoire naturelle des MICI. Trois études ouvertes et limitées (niveau de preuve bas) ont cependant suggéré que la grossesse pourrait diminuer l’activité ultérieure des MICI [7-9].

Pratiquement tous les médicaments utilisés pour traiter les MICI traversent le placenta. Les informations sur la sécurité d’emploi des médicaments usuels sont résumées sur le tableau I et pour beaucoup sur le site internet du centre de renseignement sur les agents tératogènes (CRAT) www.lecrat.org. Cette base de données indépendante de l’industrie pharmaceutique est destinée aux professionnels de santé et renseigne sur les risques en cours de grossesse des médicaments, vaccins, radiations et autres…. La prednisone et la prednisolone peuvent être utilisées sans restriction particulière pour traiter les MICI chez la femme enceinte [1, 10]. On ne considère pour l’instant pas qu’ils augmentent le risque de malformations bien que de fortes doses de corticostéroïdes puissent induire des fentes palatines chez les rongeurs et qu’une méta-analyse de mauvaise qualité méthodologique, suggérait qu’il puisse en être de même chez l’humain [1]. La 11-béta-hydroxygénase placentaire métabolise la prednisone et la prednisolone, aussi le fœtus n’est-il exposé qu’à environ 10% de la dose maternelle en cas de traitement par ces deux stéroïdes [1]. En revanche, la bétaméthasone et la déxaméthasone traversent largement le placenta. La sulfasalazine et le 5-ASA administrés à des doses inférieures à 3 g/j n’ont aucun effet indésirable spécifique au cours de la grossesse [1, 10]. La sulfasalazine majore le risque de déficit en folates. Compte tenu des besoins accrus en folates au cours de la grossesse et du risque d’anomalie du tube neural en cas de déficit en folates, une supplémentation en acide folique (1 mg x 2/j) est nécessaire chez les femmes traitées par sulfasalazine désireuses d’avoir un enfant et pendant la grossesse.

En 1994, Colombel et al. rapportaient un cas de néphropathie fœtale sévère chez un nouveau né dont la mère avait reçu 4 g de mésalazine pendant la période de néphrogenèse fœtale [11]. Aucun autre cas n’a été rapporté mais peu de femmes ont reçu de telles doses pendant la grossesse. Les quinolones, notamment la ciprofloxacine, sont contre-indiquées au cours de la grossesse du fait de leur arthropathogénicité chez l’animal [1]. L’azathioprine et la 6-mercaptopurine (6-MP) sont responsables de lésions chromosomiques et de malformations et pertes fœtales chez l’animal. Ces risques n’ont pas été confirmés chez la femme; aussi l’azathioprine est-il largement utilisé chez les femmes enceintes transplantées ou atteintes de lupus érythémateux disséminé ou de MICI. A partir de 700 cas, Roubennof et coll. [14] ont calculé que le taux de malformations congénitales était de 4,3% (intervalle de confiance à 95% 2,7-6,6%). La plus grande série de la littérature portant sur analogues des purines - grossesse et MICI [13] concernait 79 femmes et 76 hommes. Aucune augmentation des risques d’avortement, malformations ou infections n’était observée [13]. L’azathioprine et la 6-MP peuvent exceptionnellement entraîner une immuno-suppression chez le nouveau-né et notamment quelques cas d’infection néo-natale à cytomégalovirus ont été rapportés. Dans une courte série, une leucopénie maternelle à la 32e semaine de grossesse était bien corrélée avec la survenue d’une leucopénie chez le nouveau né au moment de la naissance. Au total, quand cela est possible (par exemple après 4 ans de rémission), il est idéal d’éviter la 6-MP et l’azathioprine chez les femmes désireuses de grossesse et de les stopper dans la mesure du possible 3 mois avant la conception. Les risques iatrogènes sont néanmoins faibles (imperceptibles par les tests statistiques) et ils doivent être mis en balance avec ceux pour la mère et son fœtus de rechute de la MICI pendant la grossesse. Si une grossesse se déclare chez une femme traitée pour une indication légitime, ce médicament peut (cf. Le méthotrexate est tératogène et responsable d’anomalies chromosomiques et d’avortements [1, 10]. Des malformations sévères ont été rapportées chez des nouveaux nés exposés pendant le 1er trimestre de grossesse; cependant, des grossesses normales ont également été rapportées. Il y a un consensus pour contre-indiquer formellement le méthotrexate au cours de la grossesse et discuter un avortement eugénique si une grossesse se déclare chez une femme recevant ce médicament. Les femmes traitées par méthotrexate doivent être informées de la nécessité d’utiliser une contraception efficace. La ciclosporine n’est pas tératogène mais elle expose à un risque de néphropathie tubulaire chez le fœtus comme chez la mère [10]. Chez la souris, l’analogue murin de l’anticorps anti-TNF-α ne présente ni toxicité maternelle, ni embryo-toxicité, ni tératogénicité. Environ 200 cas de grossesse chez des femmes traitées par infliximab ont été rapportés et leur devenir ne montrait pas de risque particulier. Une étude chez 96 femmes enceintes (82 avec MC) exposées à l’infliximab dans les 3 mois précédant la conception et/ou pendant le premier trimestre concluait à l’absence de toxicité du produit avec un taux de naissance de 66%, un taux d’avortement spontané de 14% et un taux d’arrêt thérapeutique de 19% (comparables à ceux attendus dans la population générale et dans la population atteinte de MICI). Cinq complications à la naissance étaient décrites sans argument pour une toxicité directe du produit ictère avec détresse respiratoire, naissance prématurée à 24 semaines, une tétralogie de Fallot, une mal rotation intestinale et un retard au développement avec hypothyroïdie chez un jumeau [17]. La thalidomide (utilisée de manière très exceptionnelle et très surveillée au cours des MICI) entraîne très fréquemment des malformations sévères.

L’épisiotomie peut être dangereuse chez des patientes atteintes de MC, exposant particulièrement au risque de fistule recto-vaginale. La présence de lésions ano-périnéales de MC actives au moment de l’accouchement est une indication à un accouchement par césarienne. Par contre, pour les femmes sans antécédents de lésions périnéales ou avec une atteinte périnéale quiescente, le risque de rechute périnéale et l’indication d’une césarienne préventive sont controversés. Une équipe new-yorkaise a réalisé une étude par questionnaire adressé à 80 femmes atteinte de MC sans atteinte périnéale préexistante et qui avaient eu 179 grossesses [1]. Le taux de lésions périnéales après accouchement par voie basse (généralement associé à une épisiotomie) était de 18%. Une autre série étudiait la voie d’accouchement et ses conséquences pour 64 grossesses chez des patientes atteintes de MICI et dans la population générale entre 1985 et 1995 au Manitoba [1]. Quinze des 54 accouchements par voie basse étaient précédés d’une atteinte péri-anale et les symptômes péri-anaux s’étaient alors aggravés dans tous les cas. A l’opposé, parmi les 11 femmes avec une maladie périnéale inactive au cours de la grossesse, il n’y avait aucune rechute au cours de l’année suivant l’accouchement. Un accouchement par les voies naturelles est possible mais compte tenu des conséquences d’un accouchement par voie basse sur la physiologie ano-rectale, certains recommandent une césarienne systématique. La présence d’un chirurgien digestif est nécessaire car ces césariennes peuvent être plus complexes du fait des interventions antérieures. Presque tous les médicaments utilisés pour traiter les MICI sont sécrétés dans le lait maternel. La décision d’autoriser l’allaitement maternel ou de conseiller un allaitement artificiel dépend de risques spécifiques. Les recommandations générales (qui reflètent habituellement l’opinion d’experts mais n’ont que très rarement été établies à partir de séries cliniques) sont indiquées sur le tableau II. Les corticostéroïdes peuvent être utilisés mais certains recommandent que les mères attendent 4 heures entre la prise du médicament et l’allaitement [1]. Les traitements immunosuppresseurs doivent inciter à un allaitement artificiel du fait du risque d’immunosuppression chez le nourrisson [1]. Les quinolones contre-indiquent l’allaitement maternel du fait de leur arthropathogénicité chez l’animal immature [1].

Durée de l'abstinence

S’abstenir de consommer du cannabis avant une opération chirurgicale réduit clairement les risques associés et peut contribuer à atténuer la douleur ressentie par la suite. Mais combien de temps devez-vous garder vos pots scellés ? En raison du manque de recherche, il n’y a pas de réponse définitive.

Recommandations

Il est recommandé de s’abstenir de consommer du cannabis si vous avez une opération prévue. Si vous décidez de le faire, n’oubliez pas que votre choix de consommer du cannabis pourrait avoir un impact sur votre intervention. Vous pourriez être tenté d’allumer un joint le jour de votre opération, mais les médecins le déconseillent fortement. Fumer quelques heures avant l’opération peut augmenter le risque d’obstruction des voies respiratoires. Une étude de cas publiée dans la revue Heliyon décrit ce phénomène survenu chez un patient qui a fumé du cannabis quatre heures avant une intervention.

Conclusion

La consommation de cannabis après un avortement est une question complexe qui nécessite une évaluation individuelle. Bien que le cannabis puisse offrir un soulagement temporaire de la douleur et de l'anxiété, il peut également entraîner des effets secondaires indésirables, en particulier en ce qui concerne l'anesthésie, la fonction pulmonaire, la douleur aiguë et le microbiote intestinal. Il est essentiel de discuter ouvertement de votre consommation de cannabis avec votre médecin avant et après un avortement afin de prendre des décisions éclairées et de minimiser les risques potentiels.

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