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Fermeture de la Maternité de Bernay : Raisons et Controverse

Introduction

La fermeture de la maternité de Bernay, dans l'Eure, a suscité une vive controverse et de fortes réactions locales. Annoncée par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, cette décision a été perçue comme un coup dur pour la population locale, soulevant des inquiétudes quant à l'accès aux soins et à l'avenir de l'hôpital de Bernay.

Contexte de la Fermeture

Le lundi 18 février 2019, Agnès Buzyn s'est rendue à Bernay pour confirmer la transformation de la maternité en centre de périnatalité. Cette annonce faisait suite à un engagement pris par Emmanuel Macron lors du Grand Débat à Bourgtheroulde, dans l'Eure. La maternité de Bernay était en sursis depuis plus d'un an. La fermeture a été justifiée par la ministre par une "fragilité" des gardes et des problèmes de qualité des soins, et non par des raisons économiques ou la non-certification de l'hôpital par la Haute Autorité de Santé (HAS) en 2017.

Raisons Invoquées par la Ministre

Agnès Buzyn a insisté sur le fait que la décision de fermer la maternité était motivée par la nécessité d'améliorer la qualité des soins et la sécurité des patientes. Elle a souligné que la liste de gardes était "insuffisamment robuste" et qu'elle reposait sur un seul professionnel titulaire et des intérimaires. La ministre a également affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une "fermeture sèche", mais d'une "transformation en centre de périnatalité", où les femmes pourraient continuer à être suivies pendant et après leur grossesse. Cependant, pour accoucher, elles devraient se rendre à Évreux (à 50 minutes) ou à Lisieux (à 30 minutes).

Réactions et Manifestations

L'annonce de la fermeture a provoqué une vague de protestations à Bernay. Des manifestants se sont rassemblés devant l'hôpital, scandant des slogans tels que "Buzyn baratin" et "Buzyn assassin". Syndicats, habitants, élus et personnels de l'hôpital se sont mobilisés pour sauver la maternité, craignant la disparition de l'établissement et une détérioration de l'accès aux soins dans une région déjà éloignée de tout.

Arguments des Opposants à la Fermeture

Les opposants à la fermeture de la maternité de Bernay ont contesté les raisons invoquées par la ministre. Ils ont affirmé que la décision était en réalité motivée par des considérations financières. Ils ont souligné que la maternité dépassait le seuil minimum d'activité fixé par la loi, avec 403 naissances en 2017. Ils ont également dénoncé le manque de concertation et les propos tenus par Agnès Buzyn, qu'ils ont qualifiés de "dénigrement". Selon eux, les déclarations de la ministre risquaient d'inquiéter les femmes enceintes et de nuire à la réputation de la maternité.

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Aspects Financiers

Bien qu'Agnès Buzyn ait nié que des raisons économiques étaient à l'origine de la fermeture, il est clair que la situation financière de l'hôpital de Bernay a pesé dans la décision. L'hôpital, dont le déficit annuel s'élève à environ 4 millions d'euros, est financé en fonction de son activité. Le faible nombre d'accouchements à la maternité de Bernay entraînait des recettes insuffisantes pour couvrir les frais de personnel. L'Agence Régionale de Santé (ARS) avait d'ailleurs souligné en mars 2018 que la situation financière de l'établissement se détériorait en raison de la baisse de l'activité d'accouchement.

Transformation en Centre de Périnatalité

La ministre a insisté sur le fait que la fermeture de la maternité ne signifiait pas la fin des soins pour les femmes enceintes à Bernay. La maternité devait être transformée en centre de périnatalité, offrant un suivi pendant et après la grossesse. Un tel centre existait déjà à Pont-Audemer, à 30 km de Bernay, et était présenté comme un "vrai modèle de fonctionnement". Cependant, les femmes devant accoucher devraient se rendre dans les maternités de Lisieux ou d'Évreux, situées respectivement à 30 et 50 minutes de Bernay.

Actions en Justice

Face à la décision de fermeture, les opposants ont décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. Ils ont déposé une assignation en justice contre la directrice de l'ARS et envisagé d'assigner également la ministre de la Santé pour "dénigrement". Ils ont fait appel à un avocat, qui a estimé que la fermeture était uniquement liée à une "logique financière".

Le Rôle des Élus

Les élus locaux ont également joué un rôle important dans la contestation de la fermeture. Ils ont rencontré la ministre de la Santé pour lui faire part de leurs inquiétudes et ont demandé un sursis pour la maternité. Ils ont souligné l'importance de la maternité pour la population locale et ont mis en garde contre les conséquences de sa disparition sur l'ensemble de l'hôpital. Les opposants à la fermeture ont également compté sur l'influence de Sébastien Lecornu, élu de l'Eure nommé ministre en charge des collectivités territoriales, pour défendre le maintien de la maternité.

Mortalité infantile et rationalisation des maternités

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a reconnu que la question du maintien des petites maternités est devenue un emblème de l’accès aux services publics dans les territoires. Elle s'est dite "consciente qu’accoucher un peu plus loin de chez soi peut être source d’angoisse". Cependant, il est important de noter que la rationalisation du réseau de maternités en France a conduit à une amélioration des statistiques de santé. En vingt ans, le taux de mortalité infantile a diminué, passant de 5 à 3,7 pour 1 000.

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