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Bruno Sulak : Une Vie Entre Braquages, Cavales et Controverse

Bruno Sulak, un nom qui résonne avec l'audace et l'énigme. Surnommé "l'Arsène Lupin des bijouteries", ce braqueur des années 1980 a marqué les esprits par son élégance, son absence de violence et son sens de l'aventure. Sa vie, aussi courte qu'intense, a inspiré un roman et un film, mais elle reste entourée de zones d'ombre et de questions sans réponse.

Une Enfance Algérienne et un Passage par la Légion Étrangère

Bruno Sulak est né le 6 novembre 1955 à Sidi Bel Abbès, en Algérie, alors sous administration française. Nous sommes dans un café à Sidi Bel Abbés, le légionnaire Stanislas Sulak rencontre Marcelle Amoyel. Coup de foudre, mariage, naissance de leur premier enfant Bruno. Son père, Stanislas Sulak, était légionnaire. Les grands-parents Sulak quittèrent leur Pologne natale au début des années 20. La France les accueillit comme ouvriers agricoles corvéables à merci. Leur fils Stanislas, né en France, se révolta contre le mépris et l'injustice dont furent victimes ses parents. Mais lui-même, comment s'insérer ? La Légion l'accueillit. Il y devint un excellent soldat. Bruno, le fils, une intelligence exceptionnelle mais un esprit d'une indépendance folle. La Légion l'accueillit, lui aussi.

À 20 ans, Bruno Sulak choisit à son tour la Légion étrangère. Mais trois ans plus tard, en mai 1978, il déserte. Un pur hasard transforme le soldat Sulak en déserteur. Bernard Suchon, son nom dans la Légion, est considéré comme déserteur. Il a désobéi. Il veut vivre libre. Etre hors des conventions et des normes ne lui suffit pas. Pour combler ce besoin d’absolu, il sera hors-la-loi.

Des Supermarchés aux Bijouteries : L'Ascension d'un Braqueur Hors Pair

Bruno Sulak entame alors une carrière de braqueur. Ses premiers faits d'armes sont des hold-up de supermarchés dans le sud de la France. Le 14 octobre 1978, il réalise son premier coup d'éclat dans un Mammouth d'Albi, empochant l'équivalent de 40 000 euros. Avec son beau-frère, Yves Carillo, il opère à visage découvert et sans arme. Sulak ira même jusqu’à abandonner un braquage lorsque la caissière fait un malaise. Un détail révélateur de son approche non violente du crime.

Il braque plusieurs supermarchés dans le sud de la France mais s’ingénie presque à chaque fois à déchirer les chèques des clients, leur “offrant” ainsi des emplettes gratuites.

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En 1979, Sulak devient père d'une petite fille, Amélie, qu'il a eue avec Patricia. Sulak le braqueur devient fin 1979, père d’une petite fille qu’il a eu avec Patricia épousée le 24 février de la même année. À peine quatre jours après leur mariage, les gendarmes viennent l’arrêter pour…désertion. Mais en fouillant sa voiture, ils découvrent beaucoup d’argent liquide et des armes qui ont servi aux hold-up des supermarchés. Premier passage par la case prison à Albi. Et première évasion.

Après une évasion spectaculaire, Sulak mène une vie mondaine à Paris, fréquentant les boîtes de nuit et se livrant à de petits larcins. Le 25 janvier 1982, il est arrêté et fait la rencontre du commissaire Georges Moréas, directeur de l’ORCB, avec lequel il noue une relation amicale. Lors de son transfert en train pour Lyon, Sulak s'échappe à nouveau grâce à des complices armés.

C’est à cette époque que Sulak rencontre Steve Jovanovic, qui deviendra son complice. Ensemble, ils passent des petits larcins aux grands casses, ciblant les bijouteries de renom. Leur premier coup d'éclat : le célèbre joaillier Cartier, avenue Montaigne, où ils s'emparent de bijoux pour une valeur de 10 millions de francs. Minutieusement préparé, il exécute ce braquage pendant que François Mitterrand et Helmut Kohl, les chefs d'État français et allemand, défilent sur les Champs-Élysées. Sulak ne manque pas de fanfaronner après l’exploit, appelant Moréas pour lui dire : « Eh, t'as vu ce que j'ai fait ? ». Moréas, fasciné, souhaite le rencontrer en personne, mais Sulak ne se montrera jamais. Lors d'un braquage mémorable, Sulak vole une bague de fiançailles mais s'aperçoit que la future mariée était en train de l'essayer. Non sans panache, il lui glisse la bague au doigt avant de s'enfuir.

Par la suite, le duo de malfrats se déplace à Cannes. Sur la Croisette alors bien animée, Sulak fait plusieurs repérages dans la boutique Cartier, gagnant la confiance du personnel présent. Lors du jour J, Sulak et Jovanovic se déguisent en joueurs de tennis, se faisant passer pour de riches joueurs. Parmi les objets volés figure le célèbre briquet panthère, dont il n'existe que quatre exemplaires dans le monde. Le butin final s’élève à l’équivalent de 40 millions de francs, inscrivant encore une fois Sulak et son acolyte dans la légende des braquages.

Le hors-la-loi a désormais un faible pour les bijouteries. Il s’en prend d’abord à Van Gold, rue Caumartin à Paris, puis Cartier, par deux fois. La première dans la capitale, la seconde sur la Croisette à Cannes où il débarque en tenue de tennis avec une raquette, accompagné de deux complices. À une cliente qui essayait une bague, il la lui glisse au doigt au lieu de l’emporter avec le reste de son colossal butin : 40 millions de francs.

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L'Ennemi Public Numéro Un : Cavale, Arrestation et Décès

En 1984, Bruno Sulak devient officiellement l'ennemi public numéro un. Son visage fait la une de tous les journaux. Mais malgré sa condition de braqueur, il continue d'attirer la sympathie du public. Son code d'honneur et son charisme y sont pour beaucoup.

Pourtant, l’affaire de la prise d’otages de Thionville le secoue profondément. Peu après cet épisode, Sulak s'envole pour le Brésil, cherchant à fuir la pression policière. Cependant, son besoin de rester en France, près de sa famille, le ramène rapidement sur le territoire, sous une fausse identité. Arrêté en Espagne pour faux papiers, les autorités locales découvrent rapidement qu’il s'agit du fameux Bruno Sulak. Il est transféré à la maison d'arrêt de Draguignan, près de Bordeaux.

Steve Jovanovic, son complice de toujours, met alors au point un plan d’évasion spectaculaire. Sous prétexte de vouloir réaliser des prises de vues aériennes, il loue un hélicoptère dont le plan de vol passe au-dessus de la prison. Malheureusement, les forces de l’ordre interceptent l’opération, et Steve est tué sur le coup. Cet événement plonge Bruno Sulak dans un profond désespoir.

Les policiers, conscients que l'état mental de Sulak ets fragile, s’inquiètent pour la suite, d’autant que son procès pour le braquage du Mammouth d'Albi approche à grands pas. Malgré tout, Sulak se présente devant la justice et assume l’entière responsabilité du casse. Il est condamné à neuf ans de réclusion criminelle, une peine d’un an plus longue que ce qui avait été requis, marquant un tournant dans sa vie déjà plutôt chaotique.

En prison, pour des raisons de sécurité, Sulak change régulièrement de bâtiment et de cellule. Il aurait dû faire le tour de France des tribunaux pour répondre de ses multiples braquages, mais la justice a finalement confié toutes ses affaires à un seul juge, le juge Corneloup. Avec le temps, une relation s'installe entre eux, et ils passent de longs moments à discuter.

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Pour occuper son temps dans la prison de Fleury-Mérogis, Sulak se met à écrire. Il publie des chroniques pour L'Autre journal, qui rencontrent un certain succès. Malgré cette évasion par l'écriture, Sulak n’abandonne pas son désir de s’échapper, physiquement. Avec l'aide d'un maton et du sous-directeur de la prison, Thierry Sniter, une tentative d’évasion est organisée dans la nuit du 17 au 18 mars 1985. Il dispose alors de nombreuses clés de portes et d'explosifs. Tout est prêt, mais une porte qui devait être ouverte ne l’est pas. Coincé par deux policiers dans une salle au deuxième étage, Sulak se retrouve sans issue. Thierry Sniter, fasciné par Sulak, attendait dans sa voiture pour l’aider à s'évader. Il sera condamné à huit années de réclusion.

La version officielle indique que les policiers ont tenté de l'arrêter, mais qu'il a sauté par la fenêtre. Sa famille conteste cette version, affirmant que Sulak aurait été poussé. Il tombe dans le coma et, après plusieurs opérations, meurt le 28 mai 1985 à l'âge de 29 ans. Sa famille n'a pas été autorisée à le voir pendant ses jours d'agonie. L'enterrement de Sulak a eu lieu le 5 avril 1985, avec sa famille entourée de photographes et de policiers en civil. Il est enterré au cimetière de Thiais, dans une partie réservée à l'administration pénitentiaire.

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