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Bronchite à Mycoplasma pneumoniae chez le nourrisson : comprendre, diagnostiquer et traiter

Les infections à Mycoplasma pneumoniae (Mp) sont en recrudescence et suscitent l'inquiétude, particulièrement chez les enfants. Cet article a pour but d'informer sur cette bactérie, ses manifestations chez le nourrisson, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.

Qu'est-ce que Mycoplasma pneumoniae ?

Mycoplasma pneumoniae (Mp) est une très petite bactérie, de forme variable (pléomorphe), qui affecte exclusivement l'humain. Elle se distingue par l'absence de paroi cellulaire, ce qui la rend invisible à la coloration de Gram et résistante aux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines. Cette bactérie est étroitement liée aux cellules de l'organisme.

La transmission de Mp se fait par des gouttelettes respiratoires, lors de contacts étroits avec des personnes infectées, le plus souvent symptomatiques. La période d'incubation varie de une à quatre semaines. Il est important de noter que le portage asymptomatique, avant ou après l'infection, peut durer plusieurs semaines, voire des mois, ce qui explique la fréquence des PCR positives chez les enfants sans symptômes (jusqu'à 20% dans certaines études). L'immunité acquise après une infection n'est pas durable.

Épidémiologie et transmission

Les infections à Mp surviennent dans le monde entier, en toute saison et dans tous les environnements géographiques, sur un mode endémo-épidémique. La transmission se fait par voie interhumaine, via les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou d'éternuements, nécessitant un contact étroit et prolongé, ce qui explique une contagiosité relativement faible. La bactérie peut persister dans les voies respiratoires pendant plusieurs semaines après l'infection, et l'immunité induite est de courte durée, favorisant les réinfections fréquentes.

Il est intéressant de noter que les mesures barrières mises en place pendant la pandémie de COVID-19 ont entraîné un effondrement des pathologies liées à Mp. Cependant, depuis la levée de ces mesures, une recrudescence des infections à Mycoplasma pneumoniae a été observée, avec une augmentation des pneumonies liées à cette bactérie. Cette recrudescence pourrait être due à la conjonction d'un cycle épidémique naturel et de la levée des mesures de contrôle post-COVID-19.

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Prévalence et groupes à risque

L'incidence des infections à Mp est la plus élevée chez les enfants âgés de 5 à 15 ans, ainsi qu'à la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte, lorsque les infections respiratoires dues à d'autres causes sont moins fréquentes. Les infections à Mp sont rares chez les moins de 4 ans et les plus de 60 ans. Chez les nourrissons, la protection conférée par les anticorps maternels pendant les premiers mois de vie pourrait expliquer cette faible prévalence. Cependant, les scientifiques ne comprennent pas encore pourquoi les infections à mycoplasma pneumoniae ne touchent pas plus les enfants de 1 à 5 ans.

Symptômes chez le nourrisson

Chez le nourrisson, les symptômes d'une infection à Mycoplasma pneumoniae peuvent être variables et souvent non spécifiques, ce qui rend le diagnostic difficile. Les symptômes les plus courants comprennent :

  • Toux : Initialement non productive, elle peut devenir productive et persister pendant 3 à 4 semaines.
  • Malaise général
  • Fièvre, souvent peu élevée
  • Occasionnellement, des maux de tête

Il est important de noter que les infections à Mp peuvent également être associées à des exacerbations de l'asthme. Dans de rares cas, une pneumonie sévère avec épanchement pleural peut survenir, en particulier chez les patients atteints de drépanocytose, de trisomie 21, d'immunodéficiences et de maladies cardiorespiratoires chroniques.

Certains signes doivent inciter les parents à consulter rapidement un médecin :

  • Détresse respiratoire : respiration plus rapide qu'à l'accoutumée, difficulté apparente à respirer, narines qui semblent grandes ouvertes à l'inspiration, thorax creusé.
  • Difficultés alimentaires : si l'enfant consomme moins de 50% de sa ration alimentaire habituelle pendant 24 heures.

Bien que les bébés soient généralement épargnés, il est crucial de surveiller attentivement tout symptôme respiratoire et de consulter un médecin en cas de doute.

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Diagnostic

Le diagnostic d'infection à Mycoplasma pneumoniae repose sur plusieurs éléments :

  1. Tableau clinique : Les signes cliniques sont souvent non spécifiques et peuvent être confondus avec d'autres infections respiratoires. Cependant, certains éléments peuvent orienter le diagnostic, tels qu'un début progressif, des signes respiratoires discrets à l'examen clinique et, dans certains cas, des signes extra-respiratoires (dermatologiques, neurologiques, etc.).
  2. Radiographie thoracique : Elle est indiquée en cas de suspicion de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae pour confirmer le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire, dépister une complication (épanchement pleural, abcès pulmonaire) et rechercher un diagnostic différentiel. Cependant, elle ne doit pas retarder le début de l'antibiothérapie, car un retard radiologique d'environ 72 heures est possible par rapport au début des symptômes. Les anomalies radiographiques sont variables et non spécifiques : opacités infiltratives mal ou non systématisées, unies ou bilatérales, plus rarement : opacité systématisée, segmentaire ou lobaire de densité homogène, bien limitée.
  3. PCR sur prélèvement respiratoire (pharyngé ou nasopharyngé) : La PCR est une méthode sensible et spécifique qui permet de détecter l'ADN de la bactérie dans les voies respiratoires. Elle permet un diagnostic précoce des pneumonies à Mycoplasma pneumoniae. Toutefois, une PCR positive ne permet pas de différencier un simple portage d'une infection en cours. De plus, les PCR multiplex retrouvent souvent des virus associés, ce qui peut compliquer l'interprétation des résultats.
  4. Tests sérologiques : Les tests sérologiques permettent de détecter la présence d'anticorps (IgM et IgG) dirigés contre Mycoplasma pneumoniae dans le sang. Cependant, les anticorps IgM ne sont généralement pas détectables au cours des 7 premiers jours suivant l'apparition des symptômes. Bien que la présence d'anticorps IgM puisse indiquer une infection récente, des faux positifs peuvent se produire, et les anticorps IgM peuvent persister dans le sérum pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et ne pas indiquer une infection aiguë. De plus, les tests sérologiques permettent un diagnostic uniquement rétrospectif sur un virage sérologique à 15 jours d'intervalle, ce qui les rend peu utiles à la prise en charge initiale.

En pratique, le diagnostic d'infection respiratoire basse à Mp repose principalement sur l'évaluation clinique et la réponse au traitement probabiliste, les examens complémentaires n'étant habituellement pas nécessaires.

Traitement

L'immense majorité des infections à Mp guérissent spontanément. Les preuves du bénéfice de l'antibiothérapie pour les enfants non hospitalisés présentant une infection respiratoire basse attribuable à Mp sont limitées. Cependant, une antibiothérapie est indiquée dans certains cas, notamment pour les pneumopathies hospitalisées et ambulatoires s'accompagnant de symptômes marqués. La circonstance la plus fréquente est une pneumopathie avec fièvre élevée, traitée par amoxicilline et dont la température élevée persiste au-delà de 48 heures.

Les antibiotiques de la classe des macrolides sont le traitement de référence des infections à Mycoplasma pneumoniae. Les macrolides couramment utilisés sont l'azithromycine et la clarithromycine. Il est important de noter que Mycoplasma pneumoniae est naturellement résistant aux bêta-lactamines (pénicillines, céphalosporines), qui sont inefficaces pour traiter cette infection.

En cas de suspicion de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae, une antibiothérapie probabiliste par macrolides doit être débutée sans attendre la radiographie thoracique. L'antibiothérapie doit être efficace dans les 48 à 72 heures. Si tel n'est pas le cas, l'état du patient doit être réévalué.

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Il est essentiel de suivre la posologie indiquée par le médecin et de compléter le traitement même si l'enfant semble aller mieux.

Prévention

La transmission de Mycoplasma pneumoniae se fait par voie respiratoire, il est donc important de respecter les mesures d'hygiène de base pour limiter la propagation de l'infection :

  • Se laver régulièrement les mains à l'eau et au savon.
  • Se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir ou le coude lors de la toux ou d'éternuements.
  • Éviter les contacts étroits avec les personnes malades.
  • Aérer régulièrement les pièces.
  • Nettoyer régulièrement les objets en contact avec les enfants et désinfecter régulièrement les surfaces, particulièrement celles du change.

En période épidémique, le port du masque chirurgical par les malades et les professionnels de santé est recommandé, notamment en présence de symptômes respiratoires.

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