Brigitte Auber, figure emblématique du cinéma et du théâtre français, captive par son visage mutin et ses yeux espiègles. Sa spontanéité et sa fraîcheur juvénile lui ont valu d'incarner des rôles de femmes-enfants séduisant les hommes mûrs, comme dans "La main au collet" d'Hitchcock.
Un rôle marquant dans "La main au collet"
Le film "La main au collet" (1955) d'Alfred Hitchcock, tourné sur la Côte d'Azur, reste le titre de gloire de Brigitte Auber. Elle y incarne une voleuse juvénile en collant noir qui charme Cary Grant. Paradoxalement, comme beaucoup d'acteurs dirigés par le maître du suspense, Brigitte Auber s'est sentie déconcertée par son indifférence. Un jour, elle a osé demander son avis au réalisateur, qui lui a simplement répondu qu'il l'avait choisie parce qu'elle correspondait au personnage et qu'elle était libre de jouer comme elle le souhaitait.
Une passion pour le théâtre
Avant de devenir actrice de cinéma, Brigitte Auber a pratiqué la danse classique. Au cours de sa carrière, elle a toujours privilégié le théâtre. Elle a interprété de nombreux rôles dans des pièces de boulevard et des comédies plus classiques.
Carrière au théâtre
Son répertoire théâtral est riche et varié, allant du boulevard haut de gamme aux pièces plus subtiles. Elle a joué dans des œuvres de Marc-Gilbert Sauvajon, Jacques Deval, Georges Neveux, André Roussin, Albert Husson, John Osborne, Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, Marc Camoletti, Marcel Achard, Félix Lützkendorf, Alexandre Breffort, Eugène Labiche, Pierre Maudru et Jean Anouilh.
Parmi ses rôles marquants, on peut citer :
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- Daphné dans "Le rayon des jouets" (1951) de Jacques Deval.
- Hélène Querrien dans "Il était une gare" (1953) de Jacques Deval.
- Madame Charlemagne dans "Le système deux" (1955) de Georges Neveux.
- Clarisse dans "Zamore" (1955) de Georges Neveux.
- Nicole Berger dans "L'amour fou" (1955) d'André Roussin.
- Juliette dans "Les pigeons de Venise" (1956) d'Albert Husson.
- Françoise dans "Les choutes" (1959) de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy.
- Gilberte dans "Heureux mortels" (1960) de Marc Camoletti.
- Patricia dans "Douce Annabelle" (1960), d'après Kelley Roos.
- Maria dans "Ballade pour un futur" (1964), d'après Félix Lützkendorf.
- Laurence Ajoux-Deulin dans "Ta femme nous trompe" (1965) d'Alexandre Breffort.
- Suzanne de La Bondrée dans "Les trente millions de Gladiator" (1966) d'Eugène Labiche.
- Marguerite de Bourgogne dans "La tour de Nesle" (1975), d'après Alexandre Dumas.
- Rosa dans "Ne réveillez pas Madame…" (1970) de Jean Anouilh.
- dans "Il fait beau jour et nuit" (1978) de Françoise Sagan.
Elle a eu le privilège d'être dirigée par Jacques Deval, un des plus spirituels auteurs de ce théâtre mousseux, dans plusieurs de ses pièces. Elle a également travaillé avec d'autres orfèvres du genre, comme André Roussin, Albert Husson, Barillet et Grédy, et Marc Camoletti.
Brigitte Auber a également fait quelques incursions dans un répertoire plus classique, notamment dans "Les trente millions de Gladiator" d'Eugène Labiche et "La tour de Nesle" d'Alexandre Dumas. Elle a eu la chance de rencontrer des auteurs au registre plus subtil, comme Jean Anouilh et Françoise Sagan, qui l'ont dirigée dans leurs propres pièces.
Une carrière cinématographique
Parallèlement à sa carrière théâtrale, Brigitte Auber a participé à de nombreux films, où elle a souvent incarné des rôles de jeunes femmes fraîches et ingénues.
Carrière au cinéma
Elle a débuté au cinéma à la fin des années 1940 sous la direction de Jacques Becker. Elle a ensuite travaillé avec des réalisateurs tels que Henri Decoin, Jean Devaivre, Julien Duvivier, Claude Heymann, Denys de La Patellière, Dimitri Kirsanoff, Michel Boisrond, François Gir, Jean-Gabriel Albicocco, Robert Thomas, Sam Karmann, Olivier Doran et Randall Wallace.
Parmi ses films les plus notables, on peut citer :
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- "Antoine et Antoinette" (1947) de Jacques Becker.
- "Les amoureux sont seuls au monde" (1948) d'Henri Decoin.
- "Rendez-vous de juillet" (1949) de Jacques Becker.
- "Vendetta en Camargue" (1950) de Jean Devaivre.
- "Sous le ciel de Paris" (1951) de Julien Duvivier.
- "Victor" (1951) de Claude Heymann.
- "Les aristocrates" (1955) de Denys de La Patellière.
- "Le coeur fou" (1970) de Jean-Gabriel Albicocco.
- "Le déménagement" (1997) d'Olivier Doran.
- "L'homme au masque de fer" (1998) de Randall Wallace.
Dans "Rendez-vous de juillet" (1949), elle incarne Thérèse, amoureuse d'un Maurice Ronet trompettiste de jazz. Dans "Les amoureux sont seuls au monde" (1948), elle interprète l'amie de Dany Robin, protégée d'un compositeur incarné par Louis Jouvet. Dans "Sous le ciel de Paris" (1951), elle campe une provinciale pleine de fraîcheur. Dans "Victor" (1951), elle joue la jeune secrétaire de Jean Gabin. Dans "Les aristocrates" (1955), elle est la fille du marquis de Maubrun (Pierre Fresnay), amoureuse d'un jeune noble (Maurice Ronet).
Après une éclipse de plus de dix ans, elle revient au cinéma dans des rôles secondaires, notamment dans "Le coeur fou" (1970) et "Le déménagement" (1997). Elle obtient des rôles plus importants dans les courts métrages "Omnibus" (1992) et "Une douce jeunesse" (2005).
Apparitions à la télévision
Brigitte Auber a également participé à plusieurs téléfilms et séries télévisées, notamment dans le cadre de la série "Les cinq dernières minutes" et de l'émission "Au théâtre ce soir".
Carrière à la télévision
Elle a joué dans des téléfilms et séries tels que :
- "Tableau de chasse" (1958) de Claude Loursais.
- "Le mari ne compte pas" (1963) d'André Leroux.
- "L'écornifleur" (1964) d'Edmond Tiborovsky.
- "La petite hutte" (1965) d'André Leroux.
- "Treize à table" (1967), pièce de Marc-Gilbert Sauvajon.
- "1905: le temps des intrigues" (1970) de Claude de Givray.
- "Ne le dites pas avec des roses" (1977) de Gilles Grangier.
- "Un mort sans avenir" (1991) de Patrick Jamain.
- "Quiproquos!" (1991) de Claude Vital.
- "Mortels rendez-vous" (1994) de Paul Planchon.
- "Crédit revolver" (1996) de Josée Dayan.
Une rencontre marquante avec Alain Delon
Dans les années 1950, Brigitte Auber a formé un couple avec un certain Alain Delon. Elle a rencontré l'acteur par hasard dans les rues de Paris en 1956.
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L'anecdote de la rencontre
Un jour, rue de Rennes, Brigitte Auber a vu un jeune homme se faire importuner par un homme plus âgé. Elle a alors feint de connaître le jeune homme, qui n'était autre qu'Alain Delon, pour le sortir de cette situation. Ils ont ensuite pris un café ensemble et ont commencé à se fréquenter.
Une brève idylle
Leur idylle n'a pas duré longtemps. Lors d'un cocktail organisé chez elle, Brigitte Auber a présenté Alain Delon à l'actrice Michèle Cordoue, avec qui il est parti.
Des chemins séparés
Après leur rupture, Brigitte Auber et Alain Delon ont rompu le contact. Elle a suivi sa carrière de loin, sans inquiétude, car elle avait vite compris qu'il se débrouillerait très bien dans ce métier.
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