La varicelle est une maladie infectieuse virale très contagieuse, généralement contractée pendant l'enfance. Elle se caractérise par une éruption de vésicules sur la peau et les muqueuses. Comprendre comment la reconnaître, la soulager et la prévenir est essentiel pour les parents et les professionnels de la santé.
Reconnaître la varicelle
Période d'incubation et premiers symptômes
Une contamination à la varicelle est suivie d'une période d'incubation allant de 10 à 21 jours, au cours de laquelle l'enfant est asymptomatique. La maladie démarre par une période d’incubation asymptomatique de 10 à 21 jours, précédant l’apparition d’une fièvre modérée parfois accompagnée de maux de tête.
Apparition et évolution des boutons
Les premiers signes visibles sont des rougeurs surélevées sur la peau, où apparaissent rapidement des vésicules molles, entourées d’une auréole rouge et mesurant de 3 à 4 millimètres de diamètre. L’éruption cutanée apparaît d’abord au niveau du thorax, de la nuque, du dos ou du ventre. Parfois, on observe la présence de lésions à l’intérieur de la bouche ou sur les muqueuses génitales (ulcérations).
Ces petits boutons rouges et plats se transforment en vésicules remplies d’un liquide clair, accompagnées de démangeaisons plus ou moins intenses. Ces petits boutons sèchent et forment des croûtes, qui finissent par tomber. Une cicatrice plus ou moins durable apparaît à la place de l’ancien bouton.
Nombre et durée des vésicules
Si la moyenne de vésicules varie entre 10 à 2000 (en deux à trois poussées successives), il arrive qu’un enfant contracte une varicelle avec peu de boutons. On parle alors de varicelle légère. Même lorsqu’il y a beaucoup de boutons, la varicelle guérit généralement en 10 à 12 jours. Les vésicules présentes sur la peau commencent à sécher au bout de 2 jours et finissent par former une croûte brunâtre qui, elle, tombe en 8 à 10 jours. La varicelle laisse seulement une tâche rosée sur la peau de l’enfant. Il n’y a généralement pas de séquelles, sauf si celui-ci s’est beaucoup gratté.
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Localisation des boutons
L’apparition des boutons de varicelle survient souvent derrière les oreilles. L’enfant ou l’adulte peut même avoir des boutons de varicelle dans la bouche ou sur les parties génitales, vulve ou pénis.
Diagnostic différentiel
Afin de reconnaître la varicelle et ne pas la confondre avec d’autres maladies de peau, il est important de noter que, contrairement à la rougeole, la varicelle provoque des démangeaisons et des vésicules. La roséole, bien que faisant partie du groupe herpès comme la varicelle, ne provoque pas de démangeaisons.
Soulager les symptômes de la varicelle
Traitements et recommandations
Maladie virale, la varicelle ne nécessite pas de traitement antibiotique. Il est surtout question de soulager les symptômes que ressent l’enfant et de prendre soin de ses boutons. Il est strictement déconseillé de délivrer de l’aspirine à un enfant atteint de la varicelle, ainsi que des anti-inflammatoires (type Ibuprofène). Si la varicelle entraîne des complications, le médecin prescrit alors un traitement antiviral.
Le médecin peut prescrire du paracétamol pour faire baisser la fièvre et diminuer les maux de tête. Il ne faut en revanche jamais prendre d’aspirine, d’ibuprofène ou d’autre anti-inflammatoire en cas de varicelle. Des lotions calmantes ou antihistaminiques peuvent aussi aider à soulager les démangeaisons et l’envie de se gratter. Le médecin n’a recours à des antibiotiques qu’en cas de surinfection bactérienne.
Hygiène et soins des boutons
Reconnaître les lésions de varicelle permet aussi d’adopter les bons gestes d’hygiène et de soin. Prendre soin des boutons de varicelle permet de limiter l’apparition de cicatrices. Si le processus de cicatrisation dépend de la nature de la peau (plus ou moins fine et fragile) et de la profondeur des lésions, les boutons de varicelle peuvent facilement laisser place à des cicatrices durables.
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Il faut nettoyer la peau à l’aide d’un savon dermatologique liquide ou d’un savon doux, sans frotter les boutons. Les douches doivent être courtes, et à l’eau tiède (la chaleur peut accentuer les démangeaisons). Après le nettoyage de la peau, les boutons de varicelle doivent être séchés délicatement, à l’aide d’une serviette sèche et propre : la peau de bébé doit être légèrement tamponnée (jamais frottée).
Il ne faut jamais appliquer de talc sur les lésions de varicelle, ni aucune poudre ou crème qui contient des antibiotiques, des antiviraux ou des antiprurigineux. Ces produits peuvent en effet favoriser la macération et la surinfection des boutons. Avant d’appliquer un antiseptique local sur les boutons, demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Prévention des cicatrices
Pour prévenir la formation de cicatrices de varicelle durables chez le bébé, il faut surtout l’empêcher de gratter ses boutons. Il est par exemple possible de lui faire porter des gants ou des moufles, notamment pendant la nuit (s’il se gratte sans s’en rendre compte). Régler la température intérieure sur 19 °C et prendre des douches à l’eau tiède peut aussi aider à soulager les démangeaisons (une à deux douches par jour). Les bains aux flocons d’avoine sont parfois conseillés (ils ne doivent pas être trop longs). Pour diminuer les démangeaisons et l’envie de se gratter, il faut enfin limiter au maximum la transpiration (et faire porter au bébé des vêtements en coton légers, qui ne frottent pas sa peau). Le médecin peut parfois prescrire des médicaments antihistaminiques.
Pour éviter que les lésions ne s’infectent, il est conseillé de couper les ongles du bébé court. Cela permet d’éviter qu’il n’arrache les croûtes des boutons lorsqu’il se gratte (ce qui pourrait retarder le processus de cicatrisation).
Protection solaire
Pour éviter les cicatrices de varicelle chez le bébé, il est enfin recommandé de ne pas exposer sa peau au soleil. En plus de retarder le processus de cicatrisation, les rayons UV favorisent en effet l’hyperpigmentation de la peau (ils foncent les boutons, et les rendent plus visibles).
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Prévenir la contagion
Isolement et hygiène
Reconnaître les boutons de varicelle permet également de limiter la contagion. Si le bébé ou l’enfant a la varicelle, il doit être gardé au domicile jusqu’à ce que les lésions se transforment en croûtes. Autrement dit, jusqu’à ce que les boutons de varicelle soient devenus des croûtes. Lorsqu’ils ont atteint ce stade, les risques de contagion sont écartés. Pour éviter la transmission du virus, il faut éviter les lieux publics et tout contact avec les personnes fragiles (femmes enceintes, nouveaux-nés de petit poids ou non immunisés, personnes âgées, personnes immunodéprimées).
Lavez votre enfant une à deux fois par jour en privilégiant les douches. Utilisez un savon doux, sans parfum. S’il est amené à toucher aux boutons de varicelle, il peut alors transmettre le virus à son tour. De plus, en lui lavant souvent les mains, vous limitez les risques de surinfection.
Vaccination
À l’heure actuelle, deux vaccins sont commercialisés en France, Varilix® et Varivax®. Leur administration est surtout destinée aux personnes qui n’ont pas contracté la maladie durant l’enfance. En effet, plus on grandit, plus la varicelle augmente en gravité.
En France, la vaccination est officiellement recommandée qu’à partir de l’âge de 11 à 12 ans chez les patients qui n’ont pas encore fait la maladie et pour l’entourage d’immunodéprimées. Cette vaccination est déjà recommandée à une cinquantaine de pays dont les USA, le Canada, l’Australie, l’Allemagne, Israël, la Grande-Bretagne, la Suisse, l’Italie, l’Espagne…. La protection conférée se rapproche de la maladie naturelle. Ainsi, la plupart des personnes vaccinées ne développeront pas la varicelle. La vaccination nécessite 2 doses de vaccin à au moins 4 semaines d’intervalle. La vaccination contre la varicelle est généralement bien supportée. Une rougeur et une sensation douloureuse peuvent apparaître à l’endroit de l’injection (1 personne sur 3-5), mais elles disparaissent rapidement. Les autres effets indésirables sont extrêmement rares.
La vaccination généralisée contre la varicelle des enfants à partir de l’âge de 12 mois n’est actuellement pas recommandée en France, contrairement à de nombreux pays. Elle est recommandée pour les adolescents à partir de de 12 ans et tout adulte n’ayant pas d’antécédent clinique de varicelle.
Contagiosité et transmission
La varicelle est une maladie infectieuse très fréquente et très contagieuse causée par un virus nommée varicelle-zona (VZV) et qui appartient à la famille des herpès-virus. La varicelle se transmet par contact direct avec les vésicules cutanées d’un enfant infecté ou par les gouttelettes de salive émises par la personne malade deux jours avant l’éruption cutanée.
La contagiosité de la varicelle commence 48 heures avant l’éruption cutanée. Les croûtes ne sont pas propices à la contagion, cependant le liquide en dessous des croutes l’est.
Varicelle chez l'adulte et populations à risque
Gravité accrue chez l'adulte
Il vaut mieux contracter la varicelle durant l’enfance, plutôt qu’à l’âge adulte. Si la varicelle reste la plupart du temps bénigne chez le bébé et l’enfant, elle peut engendrer certaines complications graves chez l’adulte (des complications pulmonaires et neurologiques). Le virus peut provoquer une forte fièvre et atteindre les organes profonds (les poumons, le foie, le cœur ou le cerveau). Il est donc indisponible de consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes de varicelle chez l’adulte. Pour éviter d’attraper la varicelle, les adultes qui n’ont jamais été contaminés doivent limiter leurs contacts avec les enfants infectés. Il est aussi possible de se faire vacciner contre la varicelle.
Risques pendant la grossesse
Cette maladie présente un danger en cas de grossesse, particulièrement durant le premier trimestre (risque de malformations congénitales) et autour de la fin de la grossesse. Si la maman est en fin de grossesse, le fœtus peut s’infecter et présenter une varicelle néonatale grave, tout comme le nouveau-né à sa naissance. Si vous êtes enceinte et que vous suspectez une varicelle chez vous, l’un de vos enfants ou une personne de votre entourage proche, consultez rapidement votre sage-femme, médecin généraliste, gynécologue ou tout autre professionnel de santé à même de vous conseiller.
Complications possibles et quand consulter
La varicelle est, dans la grande majorité des cas, bénigne. Les complications sont des infections bactériennes de la peau, des pneumonies, des méningites et des encéphalites (inflammation du cerveau) qui peuvent être graves, voire mortelles.
Si vous pensez que votre enfant présente les symptômes de la varicelle, il est recommandé de consulter son pédiatre/médecin généraliste. Bien que la varicelle soit une maladie bénigne, une consultation avec votre pédiatre est toujours à prévoir. En effet une nouvelle ascension de la fièvre à j8 d’une varicelle n’est pas normale.
Varicelle et zona : le même virus
Il n’est pas possible d’attraper la varicelle deux fois. Les personnes qui la contractent durant l’enfance sont immunisées. En revanche, le virus ne disparaît pas complètement et peut rester latent dans l’organisme pendant des années. Au fur et à mesure du temps, l’immunité contre la varicelle diminue. En cas de maladie infectieuse ou d’une baisse des défenses immunitaires, le virus qui dort dans certains ganglions nerveux peut alors se réactiver.
Le zona est une infection virale causée par la réactivation du virus. Longtemps après, parfois des années plus tard, il peut se réactiver, souvent à un moment de baisse des défenses immunitaires. Cette maladie, bien que causée par le même virus que la varicelle, se manifeste sur un dermatome (zone de la peau qui dépend de connexions nerveuses spécifiques sur la colonne vertébrale), correspondant à une seule partie de la moitié gauche ou droite du corps.
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