L'univers des séries judiciaires, riche et varié, a connu une évolution notable depuis ses débuts. Cet article propose une analyse approfondie d'un épisode de "Boston Justice" traitant de la paternité, tout en explorant les thèmes de la justice, de l'éthique et de la représentation des professionnels du droit dans les séries télévisées.
Introduction
Le genre de la série judiciaire s'est imposé de manière significative depuis les années 1950. Des séries comme "The Practice", "Boston Legal" ou "The Good Wife" sont autant d'exemples de représentations authentiques d'un milieu professionnel. Ces séries, créées par des avocats devenus auteurs, sont écrites suivant un contrat narratif fondé sur un certain réalisme.
La genèse et l'évolution du genre judiciaire à la télévision
Depuis "Perry Mason" (1957-1966), qui marque la genèse du genre, la représentation de l'avocat américain a considérablement évolué pour satisfaire les attentes d'un public dont les compétences fictionnelles se sont développées avec le temps. Héros éponyme de la télévision en noir et blanc, Perry Mason est l'archétype du défenseur de l'accusé à tort. Personnage monochrome, dont les traits de personnalité sont peu travaillés, il fait honneur à sa profession en observant scrupuleusement les devoirs de la justice et de la morale.
La série "The Defenders", produite entre 1961 et 1965, lui ressemble sur certains points. Aucune contingence matérielle ne vient détourner les avocats père et fils du cabinet Preston and Preston de leurs activités professionnelles et aucun second rôle récurrent ne vient perturber le récit centré sur les scènes de prétoire. La différence majeure entre ces deux séries réside dans le schéma narratif qui devient nettement moins prévisible dans "The Defenders" que dans "Perry Mason" où l'avocat démasque le vrai coupable à chaque épisode. L'incertitude de l'issue des procès devient dans "The Defenders", l'élément qui stimule l'attention du spectateur. Par ailleurs, cette série traitait de problèmes sociétaux très audacieux pour l'époque.
L'évolution des attentes du public et la complexité des personnages
Les téléspectateurs contemporains sont très aguerris aux techniques narratives et les scénarios linéaires, les personnages lisses, les héros exemplaires ne procurent plus assez de plaisir. C'est la raison pour laquelle les scénaristes ont peu à peu développé des personnages au caractère complexe pour entretenir la surprise. Les personnages contemporains sont construits pour répondre à la particularité d'un monde postmoderne dans lequel la vérité est incertaine et relative. C'est pour cette raison que l'on peut observer, dans les séries contemporaines, une distanciation avec les héros fictifs qui ont marqué la genèse du genre à travers des références notamment à Perry Mason. Les allusions à ce personnage manichéen ont pour but de rompre avec le classicisme télévisuel en tuant le père au sens psychanalytique du terme. Tout comme pour le processus freudien qui consiste à se construire librement selon ses propres choix, l'allusion satirique montre comment le genre s'affranchit de la grammaire formelle de la FASP pour créer ses propres valeurs.
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L'absence de déontologie dans les séries judiciaires contemporaines
Le trait le plus dépeint dans les FASP américaines contemporaines est l'absence de déontologie de l'avocat plaidant. Celle-ci se manifeste à travers des comportements qui vont de l'intimidation de témoin jusqu'à la tentative de meurtre de l'associé qui gêne le déroulement d'une enquête préliminaire, comme on peut le voir dans la saison une de "Damages", par exemple. De nombreuses scènes offrent des commentaires auto-réflexifs sur l'absence d'éthique. Certaines répliques démontrent l'ironie autocritique dont peuvent faire preuve les avocats à l'égard de leur pratique professionnelle. C'est le cas par exemple d'Ally McBeal, l'héroïne de la série éponyme quand elle répond à un collègue qui met en doute la stratégie de défense du cabinet : "Nous sommes des avocats Billy ! C'est ça notre travail : déformer la loi au-delà de tout entendement".
Si Alan Shore, l'un des personnages secondaires de la série "The Practice", est licencié pour "chantage, extorsion, violation du secret professionnel, usurpation de l'identité de l'avocat de la partie opposée, vol de pièces à conviction", cela constitue paradoxalement le trait dynamique qui rend ce personnage attachant. Nous en voulons pour preuve que son départ du cabinet marque la fin de la série "The Practice" (1997-2004) après huit saisons et que ses amoureux inconditionnels ont pu le suivre dans la série dérivée "Boston Legal" dans lequel il devient le personnage principal entre 2004 et 2008.
Les tensions internes et les motivations des avocats
Les tensions internes entre un sens profond de la justice et un comportement éthiquement répréhensible sont souvent alimentées par les problèmes de solvabilité du cabinet qui vont justifier les actes condamnables sur le plan moral et juridique. Les séries comme "The Good Wife", "The Practice" ou "Boston Legal", qui ont un ancrage historique de récession économique, ont fait de la question pécuniaire le centre du schéma d'action de la série. Mais ce n'est pas le seul cas dans lequel l'argent est au cœur de la dynamique du comportement des avocats. Les créateurs des séries juridiques mettent aussi en scène des professionnels fondamentalement vénaux qui vont accepter d'être les porte-paroles des affaires les plus grotesques pourvu qu'elles génèrent des bénéfices. Un épisode sur deux d'Ally McBeal par exemple, aborde le problème de la recevabilité d'un procès au civil et la réponse systématique du partenaire principal est "bien sûr que cette affaire présente un intérêt : l'argent".
Selon leur spécialisation, ces avocats projettent une image peu valorisante du domaine dans lequel ils n'exercent pas. S'ils sont "civilistes" comme on les nomme dans le jargon professionnel, ils sont présentés par les "pénalistes" comme des rêveurs qui vivent dans un monde déconnecté de la réalité. Les "civilistes" reprochent aux "pénalistes" d'avoir perdu leur âme pour défendre des assassins et des violeurs, comme on peut le voir dans un épisode d'Ally McBeal. L'héroïne refuse d'y représenter une femme accusée du meurtre de son mari parce qu'au lieu de s'émouvoir à la vue d'un mort, son premier réflexe sera de construire la stratégie de défense de sa cliente : "Nous deviendrons des avocats qui peuvent regarder un cadavre et au lieu de dire 'pourquoi' diront 'le doute profite à l'accusé'".
La caractérisation de l'avocat pénaliste est aussi construite en opposition par rapport au rôle du procureur qui essaie toujours, en vain, de protéger la société contre les criminels mais dont la quête est systématiquement mise en échec par le talent oratoire de l'avocat. La télévision du vingt et unième siècle montre donc des professionnels imbus de leur personne, arrogants et obséquieux, qui écrasent l'adversaire grâce aux joutes oratoires et effets de manche.
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Les déséquilibres psychologiques des personnages
Les personnages des séries juridiques contemporaines sont en effet caractérisés par leur déséquilibre psychologique. Patty Hewes (Damages) est définie par son fils comme "une paranoïaque narcissique, qui manipule la loi pour accéder au pouvoir et régler ses comptes". Jerry Espenson (Boston Legal) est atteint du syndrome d'Asperger et ne peut pas serrer la main de ses clients, Ally McBeal a des visions oniriques qui sont des manifestations de son inconscient, John Cage bégaye en situation de stress (Ally McBeal), Sébastien Shark (Shark) a un ego hypertrophié, Dennis Crane (Boston Legal) est atteint de la maladie d'Alzheimer mais prétend que c'est la maladie de la vache folle qui provoque chez lui des trous de mémoire au milieu de ses plaidoiries, et quasiment tous sont obsédés par le sexe. Pour résumer, tout le panel des névroses est représenté à l'écran. Cet état des lieux est peu flatteur d'un point de vue de la représentation sociale, mais c'est précisément ce point qui fait des personnages de fiction complexes et attachants dont le spectateur a envie de suivre les péripéties.
Perception des avocats et impact des séries judiciaires
"Vous savez ce que les gens pensent des avocats au pénal : de la vermine qui se repaît de la crasse" (Ally McBeal, saison 1, épisode 20). Cette définition n'est pas pour plaire aux véritables avocats américains qui estiment que l'image négative de la profession serait due essentiellement au reflet proposé par le cinéma et la télévision. Dans une étude menée en 2006, il est relaté que le caractère extrême des situations dépeintes dans les séries juridiques sert en fait à renforcer la confiance des spectateurs envers leur avocat par opposition aux héros télévisés.
L'épisode sur la paternité et les thèmes connexes
Dans un épisode de "New York Unité Spéciale", Stabler se retrouve confronté à deux hommes qui revendiquent la paternité d'un enfant disparu. Un bébé est porté disparu. Une journaliste un peu trop zélée profite de son influence pour accuser Laura Kozlowski, la mère adoptive, d'avoir enlevé et tué son enfant. Poussée à bout par ces accusations et rongée par l'inquiétude, Laura met fin à ses jours. Stabler est très touché par cette affaire et bien décidé à faire éclater la vérité. Il pense que l'enfant est peut-être toujours en vie et soupçonne l'ex-petit ami de Laura Kozlowski de l'avoir enlevé.
Cet épisode met en lumière les complexités liées à la paternité, aux accusations médiatiques et à la recherche de la vérité. Il explore également les thèmes de la responsabilité, de la justice et de l'impact des actions individuelles sur la vie des autres.
Autres intrigues et thèmes abordés dans les séries judiciaires
Les séries judiciaires explorent une multitude de thèmes et d'intrigues, allant des crimes sexuels aux affaires de corruption, en passant par les conflits familiaux et les dilemmes moraux. Parmi les exemples, on peut citer :
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- Une jeune femme, Maggie, met la main sur un journal intime appartenant à son beau-père, le juge Leonard Andrews, désormais à la retraite, où il avoue l'avoir violée à plusieurs reprises quand elle était mineure.
- Un rendez-vous amoureux entre deux adolescents vire au drame lorsque la jeune fille est retrouvée sur son lit, désorientée et prise de vomissements.
- Un groupe de cambrioleurs recherché par Interpol s'introduit par la force chez un couple et l'un d'eux viole la femme devant son mari.
- Une jeune star de la pop dénonce les violences que lui fait subir son petit ami rocker, mais elle change d'avis quand il la demande en mariage et lui offre une somptueuse bague. Peu après, elle rappelle l'unité spéciale : son fiancé l'a violée.
Ces intrigues mettent en évidence la diversité des affaires traitées par les professionnels du droit et les défis auxquels ils sont confrontés.
Monday Mornings : une série médicale axée sur l'analyse
Une revue du premier épisode de "Monday Mornings" souligne l'originalité de cette série médicale, qui se distingue par son approche analytique et sa mise à distance du drame. La série met en scène des chirurgiens qui se réunissent régulièrement pour analyser leurs erreurs et remettre en question leur jugement. Ce procédé offre à la série une ouverture sur la réflexion et invite le téléspectateur à prendre du recul.
Chronologie des événements marquants liés à la paternité et à l'égalité des droits
Une chronologie des événements marquants liés à la paternité et à l'égalité des droits permet de contextualiser l'épisode sur la paternité et de mettre en perspective les évolutions sociales et juridiques qui ont marqué l'histoire de la famille et des relations hommes-femmes. Parmi ces événements, on peut citer :
- 19 juin 1910 : aux USA, lancement de la première Fête des pères non-religieuse.
- 18 mai 1946 : loi tendant à accorder au chef de famille un congé supplémentaire à l’occasion de chaque naissance à son foyer.
- 19 décembre 1967 : le Parlement finit d’adopter la loi libéralisant la contraception.
- 19 décembre 1979 : aux USA, sortie du film "Kramer contre Kramer", qui relate la bataille judiciaire d’un père et d’une mère pour la garde de leur enfant.
- 21 décembre 2001 : loi instaurant le congé paternité en France.
- 4 mars 2002 : loi relative à l’autorité parentale et visant à assurer l’égalité entre tous les enfants.
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