L'attaque contre l'hôpital pédiatrique de Marioupol, en Ukraine, a suscité une vague d'indignation et de condamnation internationales. Cet acte, qui a coûté la vie à des civils innocents, dont des enfants, est considéré par beaucoup comme un crime de guerre.
Contexte du bombardement
Le bombardement s'est produit le mercredi 9 mars, dans la ville portuaire de Marioupol, située dans le sud-est de l'Ukraine. Depuis une dizaine de jours, Marioupol et ses 300 000 habitants sont assiégés par les forces armées russes et subissent des bombardements incessants. Ces bombardements ont déjà causé la mort de nombreux civils.
Le bombardement
Des images diffusées par les forces armées ukrainiennes montrent un hôpital pour enfants bombardé par l'armée russe à Marioupol. Bâtiments soufflés, débris, scènes de chaos… Les images de la maternité de Marioupol ont provoqué une succession de condamnations fermes dans le monde entier.
Selon un nouveau bilan établi jeudi par la mairie de Marioupol, trois personnes, dont une enfant, ont été tuées dans le bombardement. La veille, le gouverneur de la région de Donetsk avait fait état à la télévision ukrainienne d'un premier bilan de 17 blessés parmi le personnel hospitalier. Au moins 17 membres du personnel de ce complexe hospitalier accueillant enfants et femmes enceintes ont été blessés dans ce raid aérien.
Réactions internationales
La France a condamné avec la plus grande vigueur les frappes des forces armées russes ciblées contre l’hôpital pédiatrique de Marioupol, qui ont fait plusieurs victimes, y compris un enfant.
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"Ce bombardement à la maternité de Marioupol est inhumain, odieux, cruel et tragique", a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, jeudi 10 mars, sur franceinfo. "Je suis convaincue que ça peut être un crime de guerre et il faut vraiment une enquête", a-t-elle ajouté.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié le bombardement de "crime de guerre". Emmanuel Macron l'a qualifié d'"acte de guerre indigne". La Maison-Blanche a condamné ce bombardement, estimant qu'il représente « une utilisation barbare de la force armée contre des civils innocents ». « Je suis horrifiée par l'attaque perpétrée contre une maternité à Marioupol, une attaque à la suite de laquelle de jeunes enfants et des femmes en train d'accoucher se seraient retrouvés enterrés sous les décombres », a, de son côté, réagi Catherine Russell, la directrice générale de l'Unicef.
La position de la Russie
Jeudi matin, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a d'abord justifié ce bombardement en arguant que le bâtiment accueillait un bataillon de combattants nationalistes. "Cette maternité a été reprise depuis longtemps par le bataillon Azov et d'autres radicaux, et toutes les femmes en couches, toutes les infirmières et tout le personnel de soutien ont été mis à la porte", a déclaré Sergueï Lavrov à l'issue de pourparlers avec son homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, en Turquie.
Le Kremlin a finalement indiqué, ce jeudi, qu'il allait interroger son armée sur ce bombardement.
Crime de guerre ?
Il n'existe pas de définition officielle d'un crime de guerre. La définition la plus récente est l'article 8 du Statut de Rome à l'origine de la création de la CPI. Il liste les principaux actes considérés comme des crimes de guerre : "la déportation, la torture, le viol, l'attaque intentionnelle de civils et l'emploi d'armes chimiques". Un sous-article mentionne dans les actes reconnus comme crime de guerre "le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des hôpitaux et des lieux ou des malades ou des blessés sont rassemblés, à condition qu'ils ne soient pas des objectifs militaires".
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La Convention de Genève (Annexe V, Titre II, Article 18) est pourtant très claire : « Les hôpitaux civils organisés pour donner des soins aux blessés, aux malades, aux infirmes et aux femmes en couches ne pourront, en aucune circonstance, être l'objet d'attaques ; ils seront, en tout temps, respectés et protégés par les Parties au conflit. »
Enquête de la CPI
Il y a une semaine, le 2 mars, la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Ukraine depuis novembre 2013, date du début du conflit entre la Russie et l'Ukraine. "Notre travail de collecte de preuves a commencé", a indiqué le procureur Karim Khan.
Emmanuel Macron a assuré que les « atteintes massives aux droits de l'Homme » perpétrées par l'armée russe seront « connues de tous, jugées et punies ». La Cour pénale internationale a, en tout cas, déjà ouvert une enquête pour faire la lumière sur la situation. Elle déterminera si certains actes relèvent du crime de guerre.
Conséquences
Le bombardement de l'hôpital pédiatrique de Marioupol a eu des conséquences désastreuses pour la population civile. Outre les morts et les blessés, il a également causé des dommages importants à l'infrastructure médicale de la ville.
La ville subit des bombardements incessants et des centaines de milliers de personnes y sont bloquées, malgré les promesses russes de « couloirs humanitaires ».
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