L'approche de l'arrivée d'un bébé est souvent un moment de joie et d'anticipation, mais elle peut également être source de stress et d'anxiété pour de nombreuses femmes. Cette anxiété peut se manifester par un blocage psychologique face à l'accouchement, alimenté par des peurs et des appréhensions. Cet article explore les causes de ce blocage, ses conséquences potentielles et les solutions disponibles pour aider les femmes à vivre une grossesse et un accouchement plus sereins.
Comprendre le Blocage Psychologique Face à l'Accouchement
Le blocage psychologique face à l'accouchement se traduit par une peur intense et paralysante de l'accouchement. Cette peur peut se manifester bien avant la naissance, parfois dès l'annonce de la grossesse, et peut prendre diverses formes, allant de la simple inquiétude à la phobie sévère.
Pourquoi cette peur ?
Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement d'un blocage psychologique face à l'accouchement :
- La peur de l'inconnu : Le moment de l'accouchement est souvent redouté par manque d'information. L'appréhension est importante, plus les muscles se contractent et plus les douleurs sont intenses.
- Les récits traumatisants : Les récits d'accouchement douloureux ou traumatisants partagés par l'entourage peuvent alimenter les peurs et les angoisses.
- Le stress prénatal : Le stress prénatal est légitime. Leur cerveau est en ébullition et les pensées les plus noires pointent leur nez : vais-je être à la hauteur ? Aurais-je mal ? Le bébé, sera-t-il en bonne santé ?
- Un accouchement précédent difficile : Si une femme a vécu un accouchement difficile auparavant, il est naturel qu'elle ait peur du prochain.
- L'histoire personnelle : L'accouchement et le fait d'endosser une nouvelle identité - celle de mère - peuvent venir remuer des choses anciennes de votre enfance que votre cerveau a prudemment enfoui, pour que vous puissiez vivre plus légèrement. C'est le cas de tout le monde.
Les Conséquences du Stress Prénatal et du Blocage Psychologique
Un stress trop important ou un taux de stress très élevé (choc traumatique, licenciement, deuil, conflit familial, etc.), peuvent être responsables d’accouchements prématurés ou au contraire retarder l’accouchement, voire le bloquer. Si la maman est nourrie par un stress récurrent, le développement psychique et physique du bébé pourrait être perturbé : troubles de l’alimentation, du sommeil ou de l’attention, hyperactivité, anxiété… L’excès de cortisol (hormone phare du stress) est en cause, car il arrive à passer la barrière placentaire et atteindre le sang du fœtus.
Solutions et Approches Thérapeutiques
Heureusement, il existe de nombreuses solutions et approches thérapeutiques pour aider les femmes à surmonter leur blocage psychologique face à l'accouchement et à vivre une grossesse et un accouchement plus sereins.
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- La préparation à l'accouchement : Même s’ils ne sont pas obligatoires, les cours de préparation à l’accouchement sont fortement recommandés lorsque l’on souffre de stress chronique. Délivrés à la maternité par des sages-femmes expérimentées, ces cours permettent de désacraliser l’accouchement et d’en comprendre son fonctionnement.
- La gestion du stress : Les dernières semaines de la grossesse, le ventre est lourd à porter et l’épuisement pointe son nez. Il est temps de se poser ! Apprendre à déléguer, limiter les longs déplacements, faire des pauses régulières, sont autant d’attitudes essentielles pour évacuer le stress et conserver son énergie intacte le jour de l’accouchement.
- Le yoga prénatal : L’intérêt du yoga, c’est qu’il peut être pratiqué tout au long de la grossesse jusqu’au jour de l’accouchement.
- La musicothérapie : Classique, opéra, blues, jazz, il est dit que la musique adoucit les mœurs ! Mais la musique peut aussi apaiser l’esprit, quand celui-ci est aux abois. Les dernières semaines de la grossesse font souvent l’objet de tensions, d’angoisses, d’épuisement physique et cérébral… Écouter de la musique a un véritable effet thérapeutique sur la femme enceinte, tout comme la relaxation ou la sophrologie. Il est dit que le bébé, lové dans le ventre douillet de sa maman, en profite aussi… Alors, pourquoi s’en priver ?
- Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : Accepter le fait que l’on a peur et appréhende l’accouchement, accueillir cette peur sans tenter de la fuir, ne pas se juger ou culpabiliser, voilà une autre façon de vaincre son stress durant les derniers mois de la grossesse. C’est ce que proposent les thérapies comportementales et cognitives (TCC). À l’aide d’outils performants tels que la relaxation ou la « pleine conscience », les TCC permettent de comprendre et d’analyser le stress ressenti par la grossesse et l’accouchement. Mais c’est aussi calmer les émotions négatives qui y sont associées et modifier de façon positive son comportement.
- Le soutien du partenaire : La personne qui vous accompagnera lors de l’accouchement et avec laquelle vous entretenez peut-être la relation la plus forte est peut-être celle qui peut vous apporter le meilleur soutien. Il est tout aussi important que le partenaire apprenne à gérer sa peur, car si le partenaire est effrayé ou manque de confiance en lui, il ne pourra pas être d’un grand soutien pendant l’accouchement.
- Le Rebirth Intra-utérin (Méthode O.R.I.U.S) : Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, propose le Rebirth intra-utérin comme une voie de guérison pour ceux affectés par des naissances complexes. Cette méthode thérapeutique crée par elle même, offre une chance de revivre le processus de renaissance dans un contexte apaisé et sécurisé, libéré des tensions et des traumas initiaux. En impliquant les cinq sens, le Rebirth intra-utérin ou Méthode O.R.I.U.S assure une guérison holistique, permettant aux individus de se reconnecter avec leur essence profonde, au-delà des circonstances de leur naissance. Cette méthode offre un chemin vers l'acceptation de soi, où chaque personne peut s'affirmer pleinement et être reconnue pour sa véritable identité.
L'importance de l'Accompagnement Professionnel
Même si vous ne consultez pas un psychologue, il est important de vous faire aider par un professionnel. En fonction de l’intensité de la peur, vous et votre partenaire pourrez être pris en charge par une équipe spécialisée. Vous obtiendrez ainsi des outils vous permettant de gérer la peur, l’anxiété et le stress causés par votre appréhension de l’accouchement. Si vous habitez loin du service spécialisé le plus proche ou si les consultations commencent à un stade avancé de la grossesse, vous pouvez demander à votre sage-femme de vous mettre en relation avec un psychologue. Si votre anxiété est trop forte, vous pourrez demander à être suivie dans le cadre d’une thérapie par la parole.
Les Naissances Complexes et Leur Impact Psychologique
Les naissances par césarienne, au forceps, prématurément, ou par le siège peuvent avoir un impact psychologique significatif. Les individus nés dans ces circonstances particulières peuvent rencontrer des difficultés à s'affirmer et à être acceptés pour ce qu'ils sont. Cette lutte pour l'acceptation peut être le reflet d'un sentiment d'inadéquation initial, une résonance de la première lutte pour venir au monde. Le sentiment de ne pas avoir eu une "entrée standard" et un accueil harmonieux dans la vie peut inconsciemment influencer l'estime de soi et la confiance en soi.
La Difficulté Maternelle : Une Réalité Complexe
L’expression « difficulté maternelle » recouvre l’ensemble des manifestations émotionnelles, psychiques et somatiques qui surgissent pendant une grossesse ou après une naissance et dont les effets et/ou conséquences seront perceptibles tant chez la mère que chez l’enfant. Ces émergences, soudaines ou insidieuses, et de nature non prédictible à la lumière actuelle de nos connaissances, peuvent se cristalliser en troubles psychologiques ou physiques nécessitant un suivi approprié.
Il faut se garder de croire que la difficulté maternelle se présente systématiquement sous forme de dépression ou de rejet de son enfant. C’est d’abord un état émotionnel qui nous mène au cœur de l’intime des mères, au cœur de la maternité humaine et de l’inconscient. Ses manifestations peuvent être aussi complexes que diverses.
Étude de la Northwestern University sur le Stress In Utero
Les récents travaux de la Northwestern University Feinberg School of Medicine ne laissent plus aucune place au doute, les conclusions apporte un éclairage nouveau sur les conséquences du stress durant la grossesse. Leigha MacNeill a dirigée l’équipe de chercheurs qui a réalisé cette étude de 14 semaines durant la pandémie de Covid 19. Le stress de femmes enceintes fut mesuré plusieurs fois par jour, tout comme les émotions négatives des bébés âgés de 3 mois. Conclusion : « La trajectoire psychique d’une personne commence bien avant sa naissance »
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Les conséquences psychologiques des variations du stress de la femme enceinte durant sa grossesse confirment les liens étroits existants entre l’instabilité émotionnelle durant l’expérience gestationnelle, et les niveaux d'affects négatifs chez l’enfant. Ainsi la peur, la tristesse ou encore la détresse de la future maman prédisposerait l’enfant aux émotions négatives, en influant sur « son développement et sa trajectoire ». Quels que soient les niveaux de stress observés, leurs oscillations impactent négativement l‘état émotionnel de bébé.
Les Traumatismes Gestationnels
« Traumas gestationnels » désigne les traumatismes engendrés sur une personne durant sa propre période gestationnelle, au creux du ventre de sa mère. Bien plus fréquent qu’on l’imagine, le trauma gestationnel compte parmi les plus complexes à soulager à l’âge adulte, même en opérant un déblocage émotionnel.
Valérie Grumelin a pu apprécier à quel point certains traumatismes trouvent souvent leur origine dans l’expérience intra utérine. Elle a identifié à ce jour 12 principaux incidents traumatiques in utéro ayant tendance à rester cristallisés dans la mémoire émotionnelle.
Réalité Virtuelle pour Soulager l'Anxiété et la Douleur
L’anxiété découle de l’analyse d’une situation inquiétante ou inconfortable. Les pensées ont en effet tendance à se concentrer sur un aspect précis et à le ressasser. Lors d’une phase de travail, de nombreuses préoccupations absorbent l’esprit. La sensation de peur s’exacerbe et il est parfois complexe d’y faire face. Les casques de réalité virtuelle combinent plusieurs principes pour offrir une profonde détente. La projection d’un environnement réaliste d’une part, mais aussi des techniques de musicothérapie ou d’hypnose, amène vers un état de cohérence cardiaque.
La réalité virtuelle offre un refuge dans lequel focaliser son attention. En détournant son point d’ancrage, la douleur diminue. En effet, ces scientifiques ont analysé l’effet de l’immersion VR sur l’anxiété et la douleur auprès de femmes parturientes. La réalité virtuelle apporte un soulagement de la douleur puisqu’elle aide à relâcher les tensions. La souffrance des contractions s’apaise avec la détente grâce à la production accrue d’endorphines et d’ocytocines, des hormones qui facilitent l’accouchement.
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Le Récit de Naissance : Un Événement Singulier
Ce qui se passe dans une histoire de naissance, c’est un événement extrêmement singulier, même pour les femmes qui ont plusieurs enfants. Vous avez le droit de me traiter de Captain Obvious, mais j’ai bien sûr peur d’avoir mal. Cette histoire de douleur, ça remonte à loin. L’accouchement, c’est un moment fort et physique, car l’utérus est un muscle extrêmement puissant. Le problème, c’est qu’on s’est un peu déconnectées de notre physiologie. On ne trouverait pas les accouchements si violents si on avait une totale compréhension du fonctionnement de notre corps.
L'Importance de l'Information et de la Préparation
Une femme avertie en vaut deux, donc s’informer le plus possible sur le sujet, c’est déjà une bonne idée. Selon son lieu d’habitation, on peut aussi plus ou moins choisir le lieu où l’on va accoucher. Se renseigner sur les maternités, leurs pratiques, poser des questions pendant la visite à l’équipe, etc.
Les Violences Obstétricales et la Réparation
Après des violences obstétricales, il y a trois réparations à mener. La première est corporelle en passant par l’ostéopathie, la sophrologie, etc. Pour se réapproprier son corps et ne pas rester avec ses douleurs. La seconde est psychologique en se faisant accompagner par un professionnel pour mettre en mots et accepter le souvenir qu’on a de la naissance.
Lise Bartoli et l'Impact de la Naissance sur la Vie Future
Pour la psychologue Lise Bartoli, les difficultés s’expliqueraient par les conditions de notre venue au monde. Le fœtus ressent parfaitement ce que sa mère vit sur le plan émotionnel pendant les mois de symbiose. Il s’imprègne de l’émotion dominante : joie, tristesse, angoisse, colère, impatience… Mais il capte également l’émotion des grands-parents et arrière-grands-parents.
Au moment de la naissance, la mère fabrique et libère de l’ocytocine. Cette hormone active les contractions et favorise le sentiment maternel, l’attachement. Selon les circonstances, l’enfant vivra différemment sa sortie hors du ventre maternel. Ces moments sont inscrits dans l’inconscient et dans le corps de chacun, et ils se réactiveront dès lors qu’une situation rappellera l’expérience première.
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