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Vulvite chez le nourrisson : Causes, symptômes et traitements

Les démangeaisons vulvaires chez les petites filles sont fréquentes et peuvent être très désagréables. Ces petits bobos intimes correspondent souvent à une irritation de la muqueuse vulvaire, appelée vulvite. Cet article aborde en détail les causes, les symptômes, les diagnostics et les traitements de la vulvite chez le nourrisson, en mettant l'accent sur les spécificités de cette affection chez les jeunes enfants.

L’histoire d’une errance thérapeutique trop fréquente

Il est important de souligner que la vulvite est souvent mal diagnostiquée et mal traitée, ce qui peut entraîner une errance thérapeutique. Une bonne compréhension de cette affection est donc essentielle pour une prise en charge rapide et efficace.

Les manifestations cliniques

La vulvite se manifeste par divers symptômes, notamment :

  • Des douleurs, souvent décrites comme des brûlures, qui s'intensifient lors de la miction ou de la toilette.
  • Un prurit (démangeaisons), qui peut suggérer une oxyurose associée ou un lichen scléreux sous-jacent.
  • Une rougeur localisée et isolée de la vulve.
  • La présence de smegma (pertes sèches composées de cellules desquamées et de résidus urinaires) ou de traces de selles dans les plis interlabiaux et/ou périnéaux.
  • Des pleurs lors de la miction ou du nettoyage, sans forcément de grattage.
  • L'apparition de « petits points rouges » sur les lèvres.

Il est crucial de noter que la vulve de la petite fille est différente de celle de l’adulte. Le capuchon clitoridien est moins proéminent, les grandes lèvres sont moins développées, les petites lèvres sont peu ou pas développées, la distance entre l’orifice vaginal et anal est plus courte, et la fourchette postérieure est très fragile.

Quel(s) examen(s) complémentaire(s) nécessaire(s) ?

En général, aucun examen complémentaire n’est nécessaire pour diagnostiquer ou traiter une vulvite irritative. Les prélèvements vaginaux ou vulvaires sont déconseillés car ils sont traumatisants, difficiles à interpréter et d’un intérêt limité dans ce contexte.

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Une exception est la suspicion de vulvite streptococcique, où un prélèvement vulvaire (et non intravaginal) peut être justifié.

Le traitement de la vulvite irritative

Le traitement de la vulvite irritative repose principalement sur l’identification et l’élimination des facteurs favorisants, ainsi que sur la mise en place de règles d’hygiène rigoureuses. Il est important d’informer les parents que la vulvite peut récidiver si les mesures d’hygiène ne sont pas maintenues.

Les règles d’hygiène consistent à éviter la macération, comme pour un érythème fessier. Voici quelques conseils :

  • Nettoyer la zone touchée matin et soir avec un savon surgras ou un produit d’hygiène intime doux, disponible en pharmacie. Éviter les produits décapants comme le savon de Marseille ou le gel douche.
  • Rincer abondamment et sécher délicatement, en tamponnant ou en utilisant un sèche-cheveux à air froid en cas d’irritation importante.
  • Éviter les produits d’hygiène intime pour adultes, les lingettes et les traitements locaux non prescrits, car ils peuvent aggraver l’irritation.
  • Privilégier une toilette intime quotidienne à la main, sans gant de toilette, avec un savon neutre.
  • Porter des vêtements en coton amples pour éviter la macération.
  • Encourager l’enfant à aller régulièrement aux toilettes et à s’essuyer correctement de l’avant vers l’arrière.
  • Redoubler de vigilance en cas de diarrhée, en nettoyant la zone après chaque selle avec une petite douche.

Dans certains cas, des bains antiseptiques ou l’application d’éosine peuvent être nécessaires en cas d’inflammation importante, mais ils doivent être utilisés avec prudence car ils peuvent assécher la peau. Une pommade antimycosique (Ketoderm ou Mycoster) peut être indiquée en cas de lésions importantes, à appliquer au coucher.

Si les démangeaisons persistent plus de 48 heures, s’accompagnent de pertes, ou si le problème se répète fréquemment, il est important de consulter un pédiatre pour écarter un eczéma de contact ou une infection.

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Cas particuliers

Bien que la majorité des vulvites chez le nourrisson soient irritatives, certains cas particuliers nécessitent une attention spécifique :

1. Vulvite streptococcique

Dans de rares cas, la vulvite peut être causée par une infection streptococcique. Un prélèvement vulvaire peut alors être nécessaire pour confirmer le diagnostic et adapter le traitement.

2. Lichen scléreux vulvaire

Le lichen scléreux est une affection cutanée chronique qui peut affecter la vulve et provoquer des démangeaisons, des douleurs et des modifications de la peau. Un diagnostic précis est essentiel pour mettre en place un traitement adapté.

3. Vulvites atopiques

Les vulvites atopiques sont liées à une dermatite atopique (eczéma) et nécessitent une prise en charge spécifique pour soulager les symptômes et prévenir les récidives.

4. Vulvovaginite

La vulvovaginite est une inflammation simultanée de la vulve et du vagin. Elle peut se manifester par une gêne intime, des démangeaisons, des douleurs et des pertes vaginales anormales. Un examen médical est nécessaire pour identifier la cause et mettre en place un traitement approprié.

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Prévention de la vulvite

La prévention de la vulvite repose sur l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène :

  • Éviter les douches vaginales et les nettoyages excessifs de la vulve, car ils peuvent déséquilibrer la flore vaginale.
  • Utiliser un savon doux au pH neutre pour la toilette intime externe.
  • Sécher délicatement la zone après la toilette.
  • Porter des sous-vêtements en coton amples.
  • Éviter les vêtements trop serrés et les matières synthétiques.
  • Encourager l’enfant à aller régulièrement aux toilettes et à s’essuyer correctement.
  • Redoubler de vigilance en cas de diarrhée.

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