Georges Bizet, compositeur français du XIXe siècle, est surtout connu pour ses opéras Carmen et Les Pêcheurs de perles. Cependant, son œuvre est vaste et comprend des pièces pour piano et pour orchestre, dont la suite Jeux d'enfants. Cet article se propose d'analyser plus en détail deux pièces de cette suite : la Marche (Trompette et tambour) et la Berceuse (La Poupée).
Contexte de l'œuvre : Jeux d'enfants
La Petite suite pour orchestre est tirée des Jeux d'enfants, douze pièces pour piano à quatre mains que Georges Bizet a composées à l’automne de 1871. C’est sans doute parce qu’il savait qu’il allait devenir père dans les mois suivants qu’il a entrepris d’écrire ces morceaux. En effet, en juillet 1872, naît le petit Jacques, que Bizet ne connaîtra presque pas puisqu’il décédera en juin 1875, peu avant le troisième anniversaire de son fils. Ce recueil de pièces pour piano est l’un des premiers du genre en France. Après Bizet, d’autres compositeurs importants s’inspireront de l’enfance à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : Fauré avec Dolly pour piano à quatre mains (1898), Debussy avec Children’s Corner pour piano (1908), Ravel avec Ma Mère l’Oye pour piano à quatre mains (1910). Mais Bizet, admirateur de la musique allemande, a eu aussi un prédécesseur en ce domaine de l’autre côté du Rhin en la personne de Robert Schumann, auteur des célèbres Scènes d’enfants pour piano (1838). Tout comme Ravel qui orchestrera Ma Mère l’Oye, Bizet retient cinq pièces de ses Jeux d’enfants et en réalise une orchestration en 1872, dans laquelle il déploie un véritable talent d’orfèvre. Avec un soin particulier, il fait dialoguer les instruments entre eux, les unit ou les oppose, créant ainsi des couleurs diverses et raffinées. Les cinq pièces orchestrées sont :
- Marche (Trompette et tambour)
- Berceuse (La Poupée)
- Impromptu (La Toupie)
- Duo (Petit Mari, petite femme)
- Galop (Le Bal)
La Marche : Trompette et Tambour
Deux instruments sont mis en valeur dans cette première pièce : le tambour, dont on entend les roulements du début à la fin, et la trompette, dont les appels résonnent souvent au cours de la pièce. Ce morceau s’intitulait justement, dans le recueil pour piano, Trompette et tambour. Cette pièce se compose de trois parties : une introduction en catimini, en ut mineur, suivie d’un thème de marche aux bois, qui évoque plutôt des soldats de plomb que des guerriers assoiffés de sang. Puis vient un passage plus mouvementé, avec notes détachées, triolets menaçants et exclamations de l’orchestre.
Analyse détaillée
L'introduction en ut mineur crée une atmosphère mystérieuse et feutrée. Les roulements de tambour, joués pianissimo, suggèrent l'arrivée discrète d'une troupe. Le thème de marche, exposé aux bois, est d'une simplicité mélodique charmante. Il évoque l'innocence des jeux d'enfants et l'imagination fertile qui les accompagne. Le passage plus mouvementé introduit un contraste saisissant. Les notes détachées et les triolets créent une impression d'agitation et d'excitation. Les exclamations de l'orchestre renforcent ce sentiment d'énergie débordante.
Interprétation
Bizet utilise ici un langage musical simple et direct, accessible à tous. La Marche est une pièce pleine de fraîcheur et de vitalité, qui évoque avec bonheur l'univers des jeux d'enfants. L'alternance entre les moments calmes et les passages plus agités contribue à créer un effet de surprise et d'émerveillement. On y décèle une certaine forme d'humour, notamment dans la manière dont Bizet imite les instruments militaires avec des sonorités douces et colorées.
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La Berceuse : La Poupée
Un seul thème compose cette pièce, repris inlassablement pour endormir le petit enfant : il est exposé dès le début par les violons, soutenus par le doux contre-chant des violoncelles. L’organisation de cette pièce est simple : les deux premières sections font entendre le thème d’abord aux cordes, puis confié à d’autres instruments, et se terminent sur un accord suspensif de tout l’orchestre.
Analyse détaillée
Le thème de la Berceuse est d'une grande douceur et d'une grande tendresse. Il est caractérisé par une mélodie simple et répétitive, qui évoque le balancement d'un berceau. Le contre-chant des violoncelles apporte une profondeur et une chaleur à l'ensemble. L'utilisation des cordes crée une sonorité enveloppante et réconfortante. L'accord suspensif à la fin de chaque section renforce le sentiment d'apaisement et d'abandon.
Interprétation
La Berceuse est une pièce d'une grande intimité et d'une grande émotion. Bizet réussit à traduire en musique la douceur et la tendresse d'une mère veillant sur son enfant. La simplicité de la mélodie et l'harmonie délicate contribuent à créer une atmosphère de calme et de sérénité. On peut imaginer une petite fille berçant sa poupée, bercée elle-même par la musique.
L'Orchestration de Bizet
Dans les deux pièces, l’orchestration de Bizet est remarquable. Il utilise les instruments de l'orchestre avec une grande finesse et une grande créativité, créant des couleurs et des textures variées. Dans la Marche, il met en valeur les timbres de la trompette et du tambour, mais il utilise aussi les bois pour créer des effets d'humour et de surprise. Dans la Berceuse, il privilégie les cordes, mais il utilise aussi les flûtes et les clarinettes pour créer une atmosphère de douceur et de rêve.
Il a pris les partitions de 5 des pièces pour piano, et les a réécrites. Il a redistribué et enrichit la mélodie et l’harmonie pour les instruments de l’orchestre. En musique, on dit qu’il réalise une orchestration.
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Le Violoncelle
Le violoncelle ressemble à un gros violon, qu’il faut caler entre ses genoux pour pouvoir en jouer. Le violoncelle a une tête qui ressemble à celle du violon, avec sa volute, une jolie spirale en bois, placé au-dessus de 4 chevilles en bois, des chevilles dans lesquelles passent 4 cordes qui ensuite s’allongent sur quasiment tout le corps de l’instrument. Elles descendent le long du manche sur lequel on va poser les doigts de la main. Le pouce est sous le manche et les 4 autres doigts viennent appuyer sur les cordes à des endroits différents en fonction des notes que l’on veut jouer. Ensuite, il y a ce gros corps que l’on appelle la caisse. Cette caisse est fabriquée généralement dans deux bois : l’épicéa et l’érable. L’érable pour le fond de la caisse, les côtés et le chevalet, cette petite pièce de bois sur laquelle reposent les cordes et qui transmet le son à la table. Cette table sur laquelle se trouvent deux trous joliment dessinés : les ouïes, en épicéa. Elle va permettre d’amplifier le son, joué par les cordes. C’est au milieu du 19e siècle que le violoncelle devient un instrument soliste. Les compositeurs romantiques sont fous de lui. Ils lui écrivent des concertos, des œuvres dans lesquelles le violoncelle se retrouve sur le devant de la scène, accompagné par un grand orchestre. Ils lui écrivent aussi des pièces pour lui tout seul ou accompagné par un piano. C’est à cette époque que l’on fait chanter le violoncelle, comme si l’on faisait chanter une voix. On s’intéresse déjà à lui un siècle auparavant au 18e siècle mais c’est assez récent et nouveau. Très longtemps le violoncelle ne servait qu’à jouer la basse dans l’orchestre. Il était là pour faire des notes graves, soutenir les autres. Malheureusement on ne peut pas dire précisément qui a inventé le violoncelle. Le violoncelle est né en Italie, certainement du coté de Milan où habitaient de nombreux luthiers. Ce sont eux les inventeurs du violoncelle. Il semblerait que ce soit du côté de Crémone, en Italie, que nous retrouvons les premiers violons, altos et violoncelles dans leur forme moderne. Les luthiers de Crémone sont célèbres, la famille Amatis fabricant de violon, a d’ailleurs formé un certain Antonio Stradivari dit Stradivarius. Ces violons qui date de la fin du 17e, début du 18e siècle sont aujourd’hui peut être les plus recherchés par les musiciens.
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