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Bière et colique néphrétique : Mythes et réalités

Les coliques néphrétiques, caractérisées par une douleur intense, représentent une part non négligeable des urgences hospitalières. Ces épisodes douloureux sont le plus souvent liés à la présence d'une masse solide, un calcul, dans les voies urinaires. La lithiase urinaire, touchant environ 10 % de la population française, est en augmentation, affectant principalement les hommes d'âge moyen. Cet article explore la relation entre la bière et les coliques néphrétiques, démêlant les mythes des réalités et offrant des conseils pour la prévention.

Qu'est-ce qu'une colique néphrétique ?

Une colique néphrétique se manifeste par une douleur intense, généralement localisée dans la région lombaire, d'un seul côté du dos, mais pouvant irradier vers le ventre ou l'aine. Cette douleur est due à la distension des voies urinaires hautes et du rein, causée par un obstacle à l'évacuation de l'urine. Le plus souvent, cet obstacle est un calcul rénal, mais il peut aussi s'agir d'une compression externe des uretères.

La douleur de colique néphrétique est liée à la distension des voies urinaires hautes et du rein. Cette augmentation de pression résulte de la présence d’un obstacle à l’évacuation des urines, ce qui distend les voies urinaires hautes dans le rein. L’obstacle est le plus souvent un calcul rénal, appelé aussi « lithiase rénale », mais il peut s’agir d’une compression externe des voies excrétrices des reins, les « uretères ». Le calcul quand il existe est le plus souvent situé au niveau de la partie haute d'un uretère ou dans le rein, au niveau d’un « calice ».

Lorsqu'ils sont de petite taille, les calculs peuvent être éliminés par les voies naturelles et peuvent parfois entraîner la présence de sang dans les urines. La « colique néphrétique », la manifestation la plus connue de la lithiase urinaire, survient lorsque le calcul se bloque dans les voies excrétrices des reins, les uretères.

Les causes de la colique néphrétique

Dans la majorité des cas, l'obstacle est un calcul rénal, constitué de sels minéraux présents en excès dans les urines. La composition des calculs a évolué au fil du temps, passant d'une prédominance de calculs phosphatiques ou uriques à des calculs d'oxalate de calcium, qui représentent aujourd'hui 70 à 80 % des cas. Les modifications des habitudes alimentaires, des conditions sanitaires et des facteurs d’environnement, ainsi que la plus grande fréquence des maladies qui prédisposent au risque de lithiase (obésité, diabète, syndrome métabolique…), on modifié la fréquence des différents types de lithiase.

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Une hydratation insuffisante et un régime alimentaire riche en protéines et en sel favorisent la formation de calculs urinaires d’oxalates de calcium chez les personnes prédisposées. Les personnes qui souffrent d’obésité, de diabète et de syndrome métabolique avec hypertension artérielle ont également un risque de lithiase plus élevé.

Les symptômes révélateurs

La colique néphrétique se manifeste par une douleur brutale et intense, souvent décrite comme insupportable. La douleur est de durée brève, mais répétée, alternant périodes d'accalmie incomplète (douleur sourde entre deux crises) et douleurs insupportables. Elle siège d'un seul côté et irradie vers le ventre, l'aine, voire les organes génitaux. La personne atteinte est agitée, incapable de trouver une position antalgique. Des signes digestifs tels que des nausées, des vomissements et des ballonnements, ainsi que des signes urinaires (envie fréquente d'uriner, présence de sang dans les urines) peuvent accompagner la douleur. Il n'y a pas de fièvre si la colique néphrétique n’est pas compliquée par une infection.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic repose sur l'interrogatoire du patient, l'examen clinique et des examens complémentaires. L'examen clinique est relativement pauvre par rapport aux douleurs : la douleur est retrouvée à la palpation profonde d’une fosse lombaire, le ventre est souple et dépressible sans contracture ni signe d’irritation du péritoine. Des examens tels que l'échographie ou le scanner du rein ou des voies urinaires mettent en évidence le calcul ainsi que son retentissement sur le rein. Actuellement, le scanner abdomino-pelvien non injecté est réalisé en première intention.

Le traitement vise à soulager la douleur et à favoriser l'élimination du calcul. La première chose à faire est de soulager le patient de cette douleur insupportable. Pour cela l’administration orale ou en IV d’anti-inflammatoires et d’antispasmodiques est la règle. Quand cela s’avère nécessaire, le recours à des antalgiques morphiniques est possible.Près de 80% des calculs rénaux sont évacués spontanément par les voies urinaires. S’ils font moins de 6 mm, on n’intervient pas. On limite la diurèse et on demande au patient de récupérer ses urines et de les filtrer pour garder le calcul évacué et pouvoir l’analyser pour en connaître la nature.

Bière et reins : démêler le vrai du faux

La bière, boisson alcoolisée populaire, est souvent associée à des idées reçues concernant ses effets sur les reins. Il est vrai que la bière, en raison de sa composition et de son faible taux d’alcool, est connue pour ses propriétés diurétiques. Cela signifie qu’elle peut augmenter la production d’urine en stimulant les reins. Ce processus peut favoriser l’élimination des toxines et des déchets métaboliques par le biais des voies urinaires.

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Certaines études ont suggéré que la consommation modérée de bière pourrait réduire le risque de formation de calculs rénaux. Les calculs se forment lorsque certains minéraux, comme le calcium et l’acide urique, s’accumulent dans les reins. La bière, en augmentant la fréquence urinaire, pourrait aider à diluer ces minéraux, réduisant ainsi les risques.

Toutefois, il est important de nuancer ces affirmations. La bière n’est pas une solution miracle pour nettoyer les reins. L’alcool qu’elle contient peut, en excès, avoir l’effet inverse, en déshydratant l’organisme et en mettant une pression supplémentaire sur les reins.

Prévention des coliques néphrétiques : les règles d'or

La prévention des coliques néphrétiques repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques simples et efficaces.

  • Boire abondamment : Plus l’urine est concentrée et plus le risque de fabriquer des cristaux est élevé. Par conséquent, il est essentiel de boire beaucoup (en général 1,5 à 2 litres par jour). En tout cas assez pour excréter 2 litres par jour. Sachant qu’on urine environ 300 ml à chaque miction, cela veut dire, 6 à 8 passages aux toilettes par jour. Ne négligez pas de boire le soir, afin d’éviter une concentration trop élevée des urines le matin.
  • Adapter son alimentation : Limitez la quantité de protéines animales. Plus la consommation de protéines animales (viande, poisson, œuf) est élevée, plus l’excrétion urinaire du calcium augmente. Cela acidifie en outre les urines. En pratique, 150 grammes quotidiens suffisent dans le cadre d’un régime équilibré. Un bon moyen pour respecter cette règle : prendre un seul repas carné par jour. Le cacao et donc le chocolat noir figurent parmi les aliments les plus riches en oxalate. Limitez le sel. Le sel favorise l’excrétion de calcium dans les urines et donc la formation de cristaux d’oxalate de calcium. Ne resalez jamais un plat. Evitez par ailleurs les charcuteries. Limitez enfin la consommation de sodas, d’alcool et de sucres rapides. Privilégiez les aliments riches en potassium qui réduit l’excrétion de calcium dans les urines et aide ainsi à prévenir les calculs.
  • Privilégier les eaux riches en magnésium : Le magnésium est un inhibiteur de la formation des cristaux. A ce jour il n’existe aucune recommandation officielle, néanmoins si vous aimez les eaux magnésiennes, n’hésitez pas.

Quelle eau choisir ?

« Toutes les eaux sont bonnes à condition d’adapter votre choix au type de calculs dont vous souffrez et à votre alimentation », explique l’Association française d’Urologie. Les patients interrogent souvent leur médecin ou leur pharmacien sur quelle eau boire ? L’eau du robinet est une très bonne réponse même si elle est calcaire, car les normes concernant le calcium dans l’eau potable correspondent aux recommandations des urologues. C'est-à-dire un taux compris entre 80 et 120 mg par litre. Concernant les eaux minérales, tout dépendra de la nature du calcul. S’il s’agit d’une lithiase urique, l’eau de Vichy va permettre de la dissoudre. Mais en revanche, c’est une eau très salée qui va favoriser l’hypertension artérielle et augmenter le risque de calculs calciques. On ne la consommera donc pas tous les jours. À l’inverse, l’eau de Volvic, par exemple, est très pauvre en Calcium or c’est un élément indispensable au bon fonctionnement de notre organisme et à notre squelette. Donc sauf si vous consommez suffisamment de Calcium dans votre alimentation (1g par jour) ce n’est pas l’eau à privilégier même si vous avez déjà fait une lithiase calcique.

Les solutions naturelles

En dehors des périodes de crise de calculs urinaires, l’usage de plantes diurétiques permet d’améliorer l’élimination de l’eau donc le volume des urines. Or, il est démontré qu’avoir une diurèse de 2 litres par jour, réduit par quatre le risque de récidives. Parmi les plantes diurétiques les plus connues, on peut citer l’orthosiphon, le pissenlit, le solidago ou verge d’or, la piloselle, les queues de cerise ou encore l’aubier de tilleul. Du côté de l’aromathérapie, c’est l’huile essentielle de Genévrier qui est traditionnellement utilisée pour prévenir les lithiases urinaires.

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Quand consulter ?

Il est conseillé de voir un médecin en cas de crise de colique néphrétique, même si celle-ci est spontanément résolutive. Le médecin devra être vu en urgence si la crise de colique néphrétique est très douloureuse, s’il existe une fièvre, en cas d’insuffisance rénale chronique et chez la femme enceinte.

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