L'alimentation d'un chiot, surtout lorsqu'il est orphelin ou rencontre des difficultés à téter, est une étape cruciale. L'utilisation d'un biberon adapté et la connaissance des bonnes pratiques sont essentielles pour éviter les fausses routes et assurer la bonne santé du chiot. Cet article explore les différentes facettes de l'alimentation au biberon, en s'appuyant sur des expériences partagées et des conseils vétérinaires.
Difficultés d'alimentation chez le chiot : causes et solutions
Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi un chiot refuse de téter ou rencontre des difficultés à s'alimenter :
- Malformations congénitales: La fente palatine, par exemple, est une malformation qui empêche le chiot de téter correctement, entraînant des fausses routes. Dans ce cas, une alimentation par sonde orogastrique peut être nécessaire.
- Faiblesse: Un chiot peut être trop faible pour téter efficacement, surtout après une césarienne ou en cas de portée nombreuse.
- Refus de la mère: Il arrive que la mère rejette un ou plusieurs chiots, les empêchant de s'alimenter naturellement.
- Problèmes de santé: Une infection ou une autre pathologie peut rendre le chiot apathique et incapable de téter.
Face à ces difficultés, l'alimentation au biberon devient une alternative indispensable.
Le choix du biberon : un élément déterminant
Il existe différents types de biberons pour chiots, conçus pour faciliter la tétée et minimiser les risques de fausse route. Certains sont équipés de tétines spéciales, plus longues et étroites, qui permettent au chiot d'avaler sans que le liquide ne remonte dans les voies nasales.
L'utilisation d'une seringue peut également être envisagée, en particulier pour les chiots très faibles ou ceux qui ont du mal à s'habituer au biberon. Dans ce cas, il est important de procéder avec douceur, en déposant de petites quantités de lait sur la langue du chiot pour stimuler le réflexe de succion. L'utilisation des Seringues Alimentaires Beaphar conviennent au nourrissage à la main de jeunes animaux ou au nourrissage forcé d'animaux malades ou affaiblis. Elles conviennent également à l'administration de médicaments sous forme de solutions aqueuses.
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Préparation et administration du lait maternisé
Le lait de vache est inadapté aux chiots, car il est trop dilué, trop sucré et trop pauvre en matières grasses et en protéines. Il est donc impératif d'utiliser un lait maternisé spécialement formulé pour les chiots.
Le lait maternisé doit être réhydraté juste avant la distribution, mais il est possible de le préparer à l’avance et de le stocker en dessous de 4 °C pendant 48 heures maximum.
Les fabricants fournissent des conseils précis sur la concentration du produit et les quantités à administrer, qui doivent être adaptées au poids et à l'âge du chiot. Il est important d'augmenter les quantités progressivement et de surveiller les signes de suralimentation (refus de tétée, diarrhée).
Fréquence et quantité des repas
Les chiots doivent être nourris fréquemment, toutes les 3 à 4 heures, y compris la nuit. Les quantités varient en fonction du poids du chiot et du lait maternisé utilisé. Il est essentiel de peser les chiots tous les jours à la même heure et d'établir une courbe de poids pour suivre leur croissance. Les chiots nourris avec un lait artificiel présentent souvent un retard de croissance par rapport aux chiots nourris par la mère. Ce retard peut être compensé par un sevrage un peu plus précoce, vers l’âge de 3 semaines, au lieu des 5-7 semaines habituelles, avec un aliment spécifique pour la croissance des chiots de très bonne qualité.
Prévention des fausses routes
La fausse route est un risque majeur lors de l'alimentation au biberon. Pour la prévenir, il est conseillé de :
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- Maintenir le chiot dans une position semi-verticale pendant la tétée.
- Contrôler le débit du lait en inclinant légèrement le biberon.
- Faire des pauses régulières pour permettre au chiot de respirer.
- Ne jamais forcer le chiot à boire.
Si le chiot tousse, s'étouffe ou présente des écoulements de lait par le nez, il faut immédiatement arrêter la tétée et le tapoter doucement dans le dos.
Stimuler les fonctions naturelles
Les chiots ne sont pas capables de faire leurs besoins tout seuls. Après chaque tétée, il faut frotter délicatement la zone périnéale avec un coton ou un gant de toilette humide tiède afin de déclencher la miction et la défécation réflexes.
L'importance du colostrum
Si l'alimentation artificielle s'impose dès la naissance, il est crucial de donner au chiot du colostrum, ce premier lait riche en anticorps. Si la mère ne peut pas fournir de colostrum, il existe des substituts commerciaux sous forme de poudre à reconstituer. Ils sont à administrer dès la naissance aux chiots orphelins.
Surveillance et soins
Un chiot nourri au biberon requiert une surveillance attentive. Il est important de :
- Vérifier régulièrement sa température.
- Observer son comportement et son appétit.
- S'assurer qu'il prend du poids régulièrement.
- Consulter un vétérinaire en cas de doute ou de problème.
Acceptation des chiots par la mère après une césarienne
Dans le cas d'une césarienne, il est possible que la mère ne montre pas immédiatement d'intérêt pour ses chiots. Pour favoriser l'acceptation, il est conseillé de :
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- Laisser la mère et les chiots faire connaissance dans un environnement calme et sécurisant.
- Ne pas trop interférer, mais rester présent pour surveiller.
- Éviter de trop manipuler les chiots, car cela peut perturber la mère.
- Demander conseil à un vétérinaire si la situation ne s'améliore pas.
- Dans certains cas, badigeonner les chiots avec un produit particulièrement attractif pour la chienne afin qu'elle les lèche et que le lien se crée.
Expériences partagées et leçons apprises
L'expérience de l'éleveur qui a perdu un chiot après avoir changé son rythme alimentaire souligne l'importance de la régularité et de la prudence. Il est essentiel de ne pas modifier brusquement l'alimentation d'un chiot, surtout lorsqu'il est fragile. Faire confiance à son instinct et ne pas hésiter à demander un deuxième avis médical sont également des leçons importantes.
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