L'alimentation infantile est un sujet crucial, et le lait, qu'il soit maternel ou infantile, en est un pilier essentiel. Face aux préoccupations environnementales liées à la production de lait animal et à la popularité croissante des alternatives végétales, le lait de coco suscite un intérêt grandissant. Cependant, il est impératif d'examiner attentivement les bienfaits et les risques potentiels de son utilisation chez les nourrissons.
Lait Végétal : Un Abus de Langage ?
Le terme "lait" est traditionnellement associé aux produits d'origine animale. Lait de noisette, lait de quinoa, lait de soja… tous ces produits n'ont rien à voir avec le lait, c'est un abus de langage. La composition de ces boissons est donc végétale, des oléagineux ou des céréales le plus souvent, et n’est pas conforme à la réglementation européenne des préparations infantiles destinées aux nourrissons. La Cour de Justice de l’Union Européenne a tranché en 2017 et seuls le lait de coco et le lait d’amande sont autorisés à porter cette dénomination. Il est donc crucial de comprendre que ces boissons, souvent présentées comme des alternatives "green", ne sont pas toutes adaptées aux besoins spécifiques des bébés.
Réglementation et Préparations Infantiles Végétales
Non, ces boissons végétales que nous venons d’évoquer, qu'on trouve dans les magasins bio et dans les grandes surfaces, comme les jus d'amande, jus de riz ou de noisette etc n’ont rien de conforme à la réglementation et ne conviennent pas aux bébés. Pour les enfants allergiques au lait de vache ou de chèvre, des préparations infantiles 100 % végétales existent sur le marché français. Strictement réglementées, elles peuvent accompagner les enfants dès la naissance dans leur alimentation et jusqu'à 6, 10 ans environ, en cas de végétalisme. La réglementation européenne autorise uniquement 4 types de protéines pour fabriquer des préparations infantiles : des protéines de lait de vache et de chèvre, en ce qui concerne les protéines d'origine animale, et les protéines de riz et de soja pour ce qui est des protéines végétales. En France, seules les préparations infantiles végétales composées avec des protéines de riz sont commercialisées. Les autres préparations comme une pseudo préparation infantile à base de lait d’amande n'est pas autorisée.
Il est essentiel de distinguer ces préparations infantiles végétales des simples jus végétaux. Les préparations infantiles sont spécialement formulées pour répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons, tandis que les jus végétaux ne le sont pas.
Les Risques des Substituts Inadaptés
Ils n'ont aucun atout nutritionnel ou avantages intrinsèques. Les conséquences peuvent être dramatiques. La consommation de ces substituts peut entraîner une dénutrition et des carences vitaminiques, en acides gras essentiels, en calcium, fer, minéraux et en zinc, éléments qui sont vitaux au développement de l'enfant. Le problème de ces carences, c'est qu'elles ne sont pas forcément « visibles » et souvent sournoises. On constate une mode croissante pour l’utilisation de jus végétaux appelés improprement « laits » (d’amande, de châtaigne, de coco, d’avoine, de riz, de soja, etc.) à la place des laits infantiles. Ils sont totalement déconseillés chez les jeunes enfants car ils les exposent à des complications nutritionnelles graves, qui peuvent être mortelles. En effet leur composition n’est pas adaptée à l’alimentation d’un nourrisson.
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Différentes publications ont attiré l’attention sur les risques encourus avec ce type d’alimentation. Une récente étude française multicentrique rapporte 34 cas de nourrissons ayant présenté une dénutrition avec déficit de taille et de poids ; la plupart des enfants ont eu des complications graves : état convulsif, malaise, anémie, hématome cérébral, détresse respiratoire, troubles de la conscience, fracture osseuse spontanée, perturbations biologiques, etc.. Il ne faut pas confondre ces jus végétaux avec les préparations à base de riz, vendues en pharmacie, et destinées à des enfants présentant certaines pathologies (allergie aux protéines de lait de vache, intolérance au lactose, etc.) ou dans un souci familial d’alimentation végétale.
Des cas de malnutrition sévère, de rachitisme nutritionnel et d'autres complications graves ont été rapportés chez des nourrissons nourris avec des alternatives végétales non adaptées. Il est donc impératif de consulter un professionnel de santé avant d'introduire un lait végétal dans l'alimentation d'un bébé.
Allergies Alimentaires : Identifier et Gérer
La question de l'allergie alimentaire du bébé est importante car elle donne lieu à une réaction plus ou moins sévère de l’organisme. Dans le jargon médical, on distingue 2 types : les allergies alimentaires IgE-médiées et les allergies alimentaires non IgE-médiées. En général, les réactions ne se font pas attendre avec les premières : l’enfant va développer un urticaire, être pris de vomissements… Des examens précis notamment des tests cutanés ou des prises de sang permettront de confirmer le diagnostic. Les autres, les allergies non IgE-mediées, sont de véritables fourre-tout : l’enfant réagit en pleurant de manière exagérée, il peut aussi être pris de diarrhée et ne pas prendre de poids… et il n’y a strictement aucun examen possible. La seule manière de les diagnostiquer sera alors d'exclure le lait de vache des repas de l’enfant, constater la disparition des symptômes puis réintroduire le lait de vache 2 à 4 semaines plus tard afin de pouvoir constater si les symptômes réapparaissent à nouveau.
Face à une suspicion d'allergie, un diagnostic précis est essentiel pour déterminer la cause et mettre en place une stratégie d'éviction et de substitution appropriée.
Le Lait de Coco : Spécificités et Précautions
Le lait de coco, contrairement à d'autres boissons végétales, est autorisé à porter la dénomination "lait" par la Cour de Justice de l'Union Européenne. Cependant, cela ne signifie pas qu'il est adapté à l'alimentation des nourrissons.
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Composition nutritionnelle : Le lait de coco est riche en graisses saturées et contient peu de protéines. Sa teneur en vitamines et minéraux est également limitée. Par conséquent, il ne peut en aucun cas remplacer le lait maternel ou une préparation infantile.
Risques potentiels : L'utilisation du lait de coco comme substitut au lait infantile peut entraîner des carences nutritionnelles graves, affectant le développement et la croissance du nourrisson.
Utilisation possible : Le lait de coco peut être utilisé de manière occasionnelle dans l'alimentation d'un enfant plus âgé, dans le cadre d'une alimentation diversifiée et équilibrée. Cependant, il est important de consulter un professionnel de santé pour déterminer les quantités appropriées et s'assurer qu'il ne présente aucun risque pour l'enfant.
L'Allaitement Maternel : La Référence
L’allaitement maternel reste la référence pour l’alimentation des enfants, de façon exclusive jusqu’à 6 mois selon l’OMS, et au-delà en complément d’une alimentation diversifiée. En l’absence d’allaitement il faut utiliser des préparations infantiles : préparations pour nourrissons (lait 1er âge) de la naissance à 4 - 6 mois et préparations de suite (lait 2e âge) de 4 - 6 mois à 10 - 12 mois.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. Le lait maternel fournit tous les nutriments essentiels au nourrisson et contribue à renforcer son système immunitaire.
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Alternatives au Lait de Vache : Choisir avec Précaution
Quand il n'est pas mis au sein, que ce soit par choix ou par nécessité, bébé est nourri dès son plus jeune âge par ce qu'on appelle des "substituts au lait maternel" : ce sont des préparations pour nourrissons (lait 1er âge), des préparations de suite (lait 2ème âge), des préparations pour enfants en bas âge (lait de croissance). La grande majorité de ces laits infantiles est réalisée à partir de lait de vache. "Le lait de vache est adapté en premier lieu… au veau. Il doit donc être adapté et transformé pour s'approcher au maximum du lait maternel" pointe le Dr Alain Bocquet, responsable de la nutrition à l'Afpa . Le veau développe une importante masse musculaire, mais en proportion un petit cerveau, si bien que le taux de protéines du lait de vache, par exemple, y est 4 fois plus élevé que dans le lait maternel : les limiter est donc primordial. De même, la répartition des acides aminés essentiels est différente dans les protéines du lait de vache et celles du lait maternel. Les industriels ont donc amélioré cette répartition. Les lipides dans le lait de vache ne sont pas plus présents mais sont constitués de graisses saturées, avec beaucoup moins d’acides gras essentiels. Pour être bien tolérés, les laits infantiles produits à partir de lait de vache doivent donc subir tout un panel de modifications et d'ajouts : protéines, lipides, glucides, minéraux, vitamines, etc.
Face à une allergie aux protéines de lait de vache (APLV), il existe des alternatives :
- Laits hydrolysés : Ces laits contiennent des protéines de lait de vache fractionnées pour réduire leur potentiel allergène. Cependant, le risque de réaction allergique persiste.
- Laits à base de protéines de riz hydrolysées : Ces laits sont de plus en plus utilisés en raison du faible potentiel allergène du riz.
- Préparations à base d'acides aminés : Ces préparations sont utilisées dans les cas d'APLV sévères ou en cas d'échec des laits hydrolysés.
Il est important de noter que les laits de chèvre et de soja sont déconseillés en cas d'APLV en raison du risque d'allergie croisée et de la présence de phyto-oestrogènes dans le soja.
L'Importance d'un Suivi Médical
Lait aromatisé, soda… attention au sucreLe panel d'experts demande également de faire attention aux boissons apportant une source de sucres supplémentaire au régime des petits. "De la naissance aux premières années de vie, les boissons constituent une source importante de calories et éléments nutritifs. Elles peuvent avoir un impact considérable sur la santé à long terme", prévient Richard Besser, président et CEO de la fondation Robert Wood Johnson.Natalie Muth, pédiatre qui a participé à la constitution du guide, ajoute "Nous savons que les enfants découvrent les saveurs qu’ils préfèrent très jeunes, dès l’âge de 9 mois. Ces préférences peuvent durer pendant toute l’enfance et jusqu'à l’âge adulte. C’est pourquoi il est important de leur proposer un parcours sain.Alimentation de l'enfant : prudence avec les jusSi les jus de fruits abritent une quantité plus importante de nutriments et vitamines que les autres boissons, la prudence est tout de même de mise. Bien que naturels, ils contiennent beaucoup de sucre.Le guide recommande de ne pas donner de jus de fruit aux bébés de moins d'un an. En 1 et 3 ans, il ne faut pas leur servir plus d'une demie tasse (125 ml) par jour. "Juste quelques gorgées pendant le repas" précise le document afin qu'il découvre le goût de l'eau.12 à 24 mois : le lait entier pasteuriséÀ cet âge, il est temps de faire découvrir le lait entier pasteurisé au petit. Il contient de nombreux nutriments bénéfiques. Les experts recommandent de ne pas dépasser 2 à 3 tasses par jour (cela représente entre 500 et 750 ml). 2 à 3 ans : jusqu’à 1 litre d’eauIl faut donner aux enfants deux tasses par jour (500 ml) de lait et 1 à 4 tasses par jour d'eau plate (entre 250ml et 1 litre).4 à 5 ans : jusqu’à 1,25 litresCes enfants plus grands peuvent boire jusqu'à 2,5 tasses par jour (650 ml) de lait. Le lait maternel et le lait infantile gardent une place majeure dans l’alimentation de bébé jusqu’à ses 1 an. Et les laitages ne remplacent pas une tétée ou un biberon. Néanmoins, ils peuvent être introduits à partir de 6 mois pour la découverte. Les yaourts et autres laitages vont faire expérimenter de nouvelles saveurs et textures à bébé ! Lorsque vous choisissez les yaourts pour votre bébé, optez pour des yaourts natures, sans sucre ajouté. 🍓 Petite astuce : n’hésitez pas à aromatiser vous-même vos yaourts natures, avec un peu de compote, des fruits coupés en petits morceaux, de la noix de coco râpée, de la vanille en poudre ou liquide, etc. Un yaourt classique fait 125g, ce qui correspond à un fromage blanc de 100g, ou un petit suisse de 60g. Il est important de respecter la satiété de votre bébé, il peut-être rassasié avant la fin du pot. 💡 Au rayon bébé, vous trouverez aussi un large choix de laitages. Ce sont aussi des produits au lait de vache, et non au lait infantile, et ils contiennent plus d’ingrédients (dont souvent du sucre, mais aussi des épaississants). Attention, ils ne sont plus enrichis en fer, comme c’était le cas auparavant. Ils n’ont donc pas d’intérêt nutritionnel supérieur aux yaourts classiques du rayon frais. Vous avez également la possibilité de faire des desserts lactés avec la préparation infantile ou du lait entier.
L'alimentation du nourrisson est un domaine complexe qui nécessite une approche individualisée. Un suivi médical régulier est essentiel pour s'assurer que l'enfant reçoit tous les nutriments dont il a besoin pour grandir et se développer correctement.
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