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Biberon Avant ou Après Kiné Respiratoire Bébé : Ce Qu'il Faut Savoir

La bronchiolite est une infection respiratoire virale courante chez les nourrissons, particulièrement pendant les mois d'hiver. Elle touche les bronchioles, les petites voies respiratoires des poumons, et peut causer une gêne respiratoire importante. Face à cette infection, la kinésithérapie respiratoire est souvent envisagée. Mais quand donner le biberon à bébé : avant ou après une séance de kiné respiratoire ? Cet article explore les tenants et aboutissants de cette question, en tenant compte des dernières recommandations et des pratiques courantes.

Qu'est-ce que la Bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection virale respiratoire bénigne qui se loge dans les bronchioles, ou petites bronches, dans le prolongement des bronches jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Le virus incriminé est le plus souvent le VRS, ou Virus respiratoire syncytial. À l'origine de l'inflammation des parois des bronchioles, ce virus génère l'hypersécrétion de mucus qui obstrue les bronches. Cette inflammation touche essentiellement les enfants en bas âge, entre 1 mois et 2 ans, car leur système immunitaire ne sait pas encore se défendre contre ce virus et que leurs bronches sont en plein développement et donc fragilisées. Très contagieux, ce virus se transmet par la salive. Un simple rhume chez un adulte peut donner une bronchiolite à un bébé par la toux, des éternuements ou par transfert avec les mains. C'est la raison pour laquelle il est fortement conseillé, surtout en période hivernale, de bien se laver les mains avant de s'occuper de bébé et de veiller à éviter toute transmission si vous êtes porteur d'un rhume.

Symptômes de la Bronchiolite

Les symptômes sont facilement identifiables : l'aggravation d'un rhume avec de la fièvre, puis une toux sèche qui entraîne dans les 24 à 72 heures une gêne respiratoire et une respiratoire sifflante. Lorsque le bébé commence à être gêné pour respirer, à chaque respiration le ventre se soulève, les espaces entre les côtes se creusent (ce que l’on appelle le tirage intercostal). Cette difficulté à respirer peut fatiguer le bébé, surtout quand il a moins de 3 mois, et peut gêner son alimentation et l’empêcher de finir ses tétées ou biberons. N’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé s’il vous semble gêné pour respirer ou s’il boit de moins en moins bien. Augmentation de la fréquence respiratoire : la respiration étant bruyante, vous pouvez compter plus facilement le nombre de respirations par minute. Baisse de l’appétit : votre enfant épuisé boit de moins en moins (tétées ou biberons).

Bronchiolite vs Bronchite

La bronchite et la bronchiolite peuvent paraître assez semblables à première vue (tant dans leur nom que par le fait que ces maladies affectent toutes les deux les voies du système respiratoire). Toutefois, elles sont en réalité deux infections virales distinctes. La bronchiolite atteint les bronchioles (petites voies respiratoires), tandis que la bronchite affecte les bronches (plus grandes). La bronchiolite est principalement une préoccupation chez les nourrissons, tandis que la bronchite peut se manifester tant chez le nourrisson et l’enfant plus grand que chez l’adulte. De plus, les symptômes associés diffèrent notablement. En cas de bronchite, on observe généralement une toux, parfois accompagnée de glaires ainsi que de la fièvre.

La Kinésithérapie Respiratoire : Pourquoi et Comment ?

Consultez votre médecin ou pédiatre dès que les symptômes se précisent. Après un examen, il sera en mesure de vous confirmer le diagnostic de bronchiolite. Il va alors vous prescrire, comme dans 90% des cas, entre 5 à 7 séances de kiné respiratoire qui seront espacées de 24 à 48 heures.

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Pratiquée par un kinésithérapeute, la kiné respiratoire a pour objectif d'évacuer les sécrétions des bronches de l'enfant pour augmenter le flux expiratoire. Les sécrétions sont évacuées par la bouche par un réflexe de toux de l'enfant. A chaque séance, le praticien et les parents évaluent les évolutions : une respiration moins sifflante, un sommeil retrouvé et un retour de l'appétit. Généralement, les symptômes disparaissent entre 5 à 10 jours pour le confort de tous.

Déroulement d'une Séance de Kiné Respiratoire

Tous les parents appréhendent ce moment réputé pour être impressionnant. Il faut dédramatiser et garder en mémoire que cette étape va apporter confort et mieux-être à l'enfant. La toute première séance de kiné respiratoire débute par une série de questions du kinésithérapeute aux parents pour mieux connaître l'enfant, ses antécédents, s'il est sujet au reflux gastro-œsophagien, si vous lui donnez des sirops anti-tussifs qui compliqueraient son action. Ensuite, il va ausculter votre bébé, écouter sa toux et s'assurer que son dernier repas remonte à deux heures minimum. C'est seulement une fois son examen effectué qu'il va décider ou non de passer à la pratique.

La séance est également connue sous le nom d'AFE pour Augmentation du flux expiratoire. Il est possible qu'il lave soigneusement le nez de votre bébé au préalable pour faciliter son travail. Il applique ensuite une main sur l'abdomen de bébé et l'autre sur la cage thoracique avec laquelle il va exercer des pressions de plus en plus rapides. Cette manœuvre va faire remonter les sécrétions le plus haut possible avant de les faire sortir par la bouche de l'enfant qui va tousser naturellement ou sous une dernière impulsion du praticien. Il va ensuite récupérer le mucus et en observer la nature. S'il s'avère purulent, il vous orientera vers le pédiatre pour envisager une petite cure d'antibiotiques. Les effets se font ressentir rapidement chez votre enfant.

Techniques de Kinésithérapie Respiratoire

  • Les accélérations du flux expiratoire (AFE) : Le Kiné effectue des pressions sur le thorax et le ventre du bébé lors des expirations.
  • Le clapping : Cette technique spécifique était très utilisée à une époque mais l’est beaucoup moins maintenant.

Remboursement de la Kinésithérapie Respiratoire

Les séances de kine respiratoire du bebe avec prescription médicale sont remboursées par la sécurité sociale et les mutuelles. La kinésithérapie respiratoire chez le bébé est remboursée par le régime obligatoire de la sécurité sociale et par le régime complémentaire des mutuelles avec une prescription médicale.

Biberon Avant ou Après la Séance ?

La question de savoir s'il faut donner le biberon avant ou après une séance de kiné respiratoire est cruciale pour le confort et la sécurité du bébé. Voici quelques considérations importantes :

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Avant la Séance

Il est généralement conseillé d'attendre au moins deux heures après le dernier repas avant de commencer une séance de kiné respiratoire. La raison principale est de minimiser le risque de régurgitations ou de vomissements pendant la séance. Les manipulations exercées par le kinésithérapeute peuvent provoquer des remontées acides ou des vomissements si l'estomac du bébé est plein.

Après la Séance

Après une séance de kiné respiratoire, le bébé peut être fatigué et avoir besoin de réconfort. Il est donc tout à fait approprié de lui proposer un biberon ou une tétée après la séance. Cela peut aider à calmer le bébé et à compenser l'énergie dépensée pendant la kinésithérapie. De plus, le fait de boire peut aider à hydrater le bébé et à fluidifier les sécrétions restantes.

Recommandations Spécifiques

  • Reflux Gastro-Œsophagien (RGO) : Si votre bébé est sujet au RGO, il est encore plus important de respecter un délai suffisant entre le repas et la séance de kiné.
  • Fatigue : Observez les signes de fatigue de votre bébé. S'il est très fatigué après la séance, proposez-lui un biberon ou une tétée dès que possible.
  • Appétit : La kiné respiratoire peut stimuler la toux et l'expectoration, ce qui peut temporairement réduire l'appétit de votre bébé. Ne forcez pas l'alimentation, mais proposez des repas plus petits et plus fréquents.

Alternatives et Compléments à la Kinésithérapie Respiratoire

Outre les séances de kiné respiratoire, il existe quelques astuces à mettre en place à la maison pour améliorer le confort de votre bébé :

  • Coucher l'enfant sur le dos sur un matelas légèrement incliné à 30°, en roulant une serviette sous la tête du matelas par exemple.
  • Ne pas trop couvrir l'enfant.
  • Veiller à lui donner à boire tout au long de la journée pour maintenir une bonne hydratation.
  • Lui laver le nez avec du sérum physiologique avant chaque biberon, au besoin, fractionner les repas.
  • Éviter les diverses sources de pollution (tabagisme passif, lieux confinés) et veiller à bien aérer sa chambre.

Lavage de Nez

Il faut lui nettoyer le nez régulièrement, avec du sérum physiologique ou une pipette, quatre à six fois par jour, avant chaque tétée ou biberon.

Prévention de la Bronchiolite

La bronchiolite est très contagieuse et elle est majoritairement due au virus respiratoire syncytial (VRS). Le virus se transmet par la salive, les éternuements, la toux et par les mains. Les adultes et les grands enfants qui sont porteurs du virus respiratoire syncytial n’ont habituellement aucun signe ou ont un simple rhume. En raison de la très grande contagiosité de ce virus, soyez très attentifs à l’hygiène (lavage fréquent et soigneux des mains à l’eau et au savon), en évitant les contacts trop proches, en nettoyant régulièrement les biberons, sucettes, doudous, jouets… et enfin en aérant plusieurs fois par jour la chambre de votre bébé et les pièces à vivre de votre logement. Evitez de mettre votre bébé en crèche tant qu’il est malade.

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Vaccination et Immunisation

En 2024, deux nouveaux vaccins préventifs, pris en charge par l’Assurance Maladie, ont été mis à disposition pour réduire le risque d’infection chez les nouveau-nés.

  • Le palivizumab (Synagis®) : Un traitement disponible depuis 1999, utilisé pour prévenir les formes graves de bronchiolite chez certains bébés à risque, comme les prématurés ou ceux ayant des problèmes cardiaques ou pulmonaires.
  • Le nirsevimab (Beyfortus®) : Ce traitement, approuvé en 2022, est destiné à tous les bébés pour les protéger du VRS pendant leur première saison à risque. Il est administré au nourrisson en une seule injection. La protection est assurée dès le sixième jour après l’injection et pour une durée d’au moins 5 mois.
  • Le vaccin ABRYSVO® : Ce vaccin, approuvé en 2023, protège les bébés en vaccinant les femmes enceintes. Il est administré à partir de la fin du 7e mois de grossesse et jusqu’à la fin du 8e mois de grossesse et permet de protéger le bébé contre le VRS jusqu’à ses 6 mois après la naissance. La femme enceinte vaccinée fabriquera des anticorps qu’elle transmettra à son enfant à travers le placenta.

Depuis 2024, les femmes enceintes, éligibles à la vaccination, qui sont dans leur 8e mois de grossesse (entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée) et qui vont accoucher pendant la période « VRS » (de septembre à février) peuvent se faire vacciner. Ce vaccin se fait en une injection et peut être couplé avec les vaccins contre la grippe et la Covid. Il doit être décalé de 14 jours avec le vaccin contre la coqueluche (dTcaP). La mère vaccinée va transmettre les anticorps au bout de 14 jours. Le bébé naitra habituellement 2 mois après (40-41 SA), hors prématurité. Les anticorps transmis par le placenta grâce à la vaccination de la mère, permettent de protéger le nourrisson plus de 6 mois après sa naissance. Il faut cependant 14 jours au système immunitaire de maman pour produire ces anticorps. Cela peut poser problème en cas d’accouchement prématuré. Ceci explique qu’il doit être fait plus de 14 jours avant la date estimée d’accouchement pour être efficace.

Quand S'Inquiéter et Consulter un Médecin ?

Si votre enfant est gêné pour respirer ou s’il a des difficultés pour manger ou téter, consultez rapidement votre médecin habituel. Il examinera votre enfant à la recherche de signes de gravité et prescrira les soins nécessaires. Les parents des nourrissons doivent s’inquiéter si le comportement de leur bébé change : Si l’enfant dort, mange et gazouille il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Voici quelques situations où une consultation médicale est nécessaire :

  • Il est âgé de moins de six semaines.
  • Il s’agit d’un ancien prématuré âgé de moins de trois mois.
  • Il a déjà une maladie respiratoire ou cardiaque identifiée.
  • Il boit moins de la moitié de ses biberons à trois repas consécutifs.
  • Il vomit systématiquement.

Controverses et Recommandations Actuelles

Il existe une polémique sur l'efficacité des séances de kiné respiratoire. Très pratiquées en France, elles n'ont pour objectif que de faciliter la respiration de votre enfant et de lui apporter du confort avec le retour du sommeil et de l'appétit. Elles n'ont pas pour prétention de limiter la durée de la bronchiolite. De plus, le praticien s'assure auparavant du bien-fondé de la séance avant de manipuler votre enfant. Et les anciennes techniques dites de "clapping" ou "mains vibrantes" sont désormais interdites au profit d'une approche plus douce. En cas d'inquiétude, n'hésitez pas à aborder la question avec votre praticien qui vous éclairera.

À ce jour, il n’y a pas de traitement ni de médicaments spécifiques contre la bronchiolite. La kinésithérapie respiratoire, longtemps préconisée en France, est rarement pertinente selon les recommandations internationales. Ceci est confirmé par les dernières recommandations francaises (source). Ces séances de kinésithérapie avaient pour objectif de désencombrer les voies respiratoires lorsque les sécrétions sont abondantes. La Haute autorité de santé ne recommande plus les séances de kinésithérapie respiratoire en cas de premier épisode de bronchiolite.

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