Pendant la grossesse, l'alimentation joue un rôle crucial pour la santé de la mère et le développement du fœtus. Parmi les nombreux nutriments essentiels, le calcium occupe une place de choix. Cet article se penche sur l'importance du calcium pendant la grossesse, les besoins journaliers recommandés, et les conséquences d'une carence.
L'importance du calcium pendant la grossesse
Le calcium est un minéral vital pour de nombreuses fonctions corporelles, notamment la formation et le maintien des os et des dents. Pendant la grossesse, le calcium est particulièrement important car il contribue à la construction du squelette du fœtus. Si la mère ne consomme pas suffisamment de calcium, le fœtus puisera dans ses réserves, ce qui peut entraîner une décalcification des os maternels.Même si l’absorption et la rétention du calcium sont favorisées par les hormones de la grossesse, l’apport est souvent insuffisant.
Les besoins journaliers en calcium
Au cours de la grossesse, les besoins en calcium augmentent significativement. Les besoins en calcium atteignent 1200 mg par jour. Un apport quotidien de 1 200 mg de calcium par jour pendant la grossesse assure la constitution du squelette du fœtus, limite le risque de décalcification des os de la mère, réduit les troubles de la tension artérielle et contribue à l’enrichissement du lait.
Les sources de calcium
Il est important de privilégier les aliments riches en calcium pour atteindre l'apport journalier recommandé. Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) sont d'excellentes sources de calcium. D'autres aliments, comme les légumes verts à feuilles (brocoli, épinards), les amandes, les sardines en conserve avec arêtes et les boissons enrichies en calcium, peuvent également contribuer à l'apport quotidien.
Les conséquences d'une carence en calcium
Une carence en calcium pendant la grossesse peut avoir des conséquences néfastes pour la mère et l'enfant. Chez la mère, elle peut entraîner une décalcification osseuse, augmentant le risque d'ostéoporose à long terme. Elle peut également augmenter le risque d'hypertension. Pour le fœtus, une carence en calcium peut compromettre la formation du squelette et des dents. Une étude a montré qu’en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d’entre elles étaient en état de carence avérée.L’augmentation du risque de pré-éclampsie, de prématurité ou de petit poids de naissance pour la vitamine D,- Un risque accru d’hypertension pour le calcium,- Des altérations plus ou moins sévères du développement intellectuel de l’enfant pour l’iode.
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L'importance de la vitamine D
La vitamine D joue un rôle essentiel dans l'absorption du calcium par l'organisme. Il est donc important de s'assurer d'avoir un apport suffisant en vitamine D pendant la grossesse. Les besoins en vitamine D sont fortement augmentés lors du troisième trimestre surtout pendant l’hiver et au début du printemps ; c’est pourquoi une supplémentation systématique en vitamine D est recommandée au troisième trimestre.
Les autres nutriments essentiels pendant la grossesse
Outre le calcium, d'autres nutriments sont essentiels pendant la grossesse pour assurer le bon développement du fœtus et la santé de la mère.
Le fer
Au cours de la grossesse, le besoin en fer augmente de 70% pour constituer la masse sanguine et les globules rouges du futur bébé, hors beaucoup de femmes en âge de procréer sont carencées en fer, avant même la grossesse. L’anémie, conséquence de la carence en fer augmente les risques de prématurité et d’hypotrophie et majore la fatigue maternelle. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Attention, la consommation de plus d'un litre de thé par jour, ainsi que les aliments riches en fibres, peuvent réduire l’absorption du fer par l’intestin. L’absorption du fer est favorisée par la présence de la vitamine C, dont la quantité (environ 130 mg) couvre la totalité de l’apport quotidien recommandé. En France, il est fréquent qu'une future mère ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse.
Les glucides
Les sucres simples sont de digestion rapide : le lactose du lait, le fructose des fruits et surtout le saccharose des produits sucrés apportent immédiatement de l’énergie à notre organisme. Les sucres complexes, de digestion plus lente (amidon des céréales, des féculents, des légumes secs) assurent une fourniture d’énergie durable. Le glucose, élément de base des glucides, est la principale source d’énergie utilisée par le fœtus. Un apport quotidien en glucides est donc indispensable au bon déroulement de la grossesse. Cependant les dépenses énergétiques du fœtus sont très faibles et la mère compense facilement en réduisant les siennes. L’apport glucidique ne sera donc que peu augmenté : de 250 à 275 g par jour en début de grossesse, il pourra atteindre un maximum de 350 g par jour en fin de grossesse (grammage pur et non pas en quantité d'aliments). C’est bien sûr avant tout les féculents, le pain, mais aussi les fruits et les légumes qui vont contribuer à cette augmentation progressive et il est tout à fait déconseillé d’augmenter la quantité d’aliments riches en sucres “rapides”.
Les lipides
Sauf en cas de problème de poids, les femmes enceintes n’ont pas à limiter leur consommation de graisses. Sur le plan qualitatif, les recommandations concernant les lipides et les glucides sont identiques à celles de l’adulte.
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L'eau
L’eau est la seule boisson indispensable, il est recommandé de boire environ 1,5 litres d’eau par jour, voire 2 litres l’été. Cela permet de prévenir l’infection urinaire, de limiter la constipation et les risques de vergetures. Le besoin hydrique est augmenté. Les recommandations quotidiennes sont de 2,3 litres pendant la grossesse pour permettre la synthèse de nouveaux tissus, du liquide amniotique et le développement du volume sanguin et 2,7 litres pendant l’allaitement pour permettre la production de lait.
Les vitamines
Pour le bénéfice de la mère comme pour celui de son enfant, les vitamines et les minéraux doivent être présents en quantité suffisante dans l'alimentation pendant les périodes de grossesse et d'allaitement, en particulier le calcium et le fer. Les références nutritionnelles augmentent pendant la grossesse par rapport à la femme adulte non enceinte pour un certain nombre de vitamines. Bien que l’augmentation des besoins en certaines vitamines est importante pendant ces périodes, des apports excessifs doivent cependant être évités notamment quand une limite supérieure de sécurité a été précisée. La référence nutritionnelle actualisée pour la choline est de 480 mg/jour pour la femme enceinte et de 520 mg/jour pour la femme qui allaite.
Les substances à limiter pendant la grossesse
Certaines substances doivent être consommées avec modération ou évitées pendant la grossesse pour minimiser les risques pour la mère et l'enfant. Mieux vaut ne pas abuser du café lors de la grossesse. Il semble que de trop fortes consommations soient corrélées à des risques d’avortement spontané, ou de petit poids de naissance. Mais rien n’a encore été réellement démontré en la matière. D’autres molécules doivent au contraire être limitées :- Les phyto-œstrogènes susceptibles d’augmenter le risque de cancer du testicule ou du sein,- Les phytostérols (ou phytostanols) induisant une baisse de l’absorption du β-carotène,- La caféine pouvant favoriser un retard de croissance du fœtus,- Les métaux lourds potentiellement toxiques pour le développement du système nerveux central du fœtus.
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