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Berceuse Théâtre Bois: Définition et Exploration d'un Thème Sonore et Social

Introduction

Au XIXe siècle, l'importance accordée au sommeil et à la recherche d'un environnement silencieux s'intensifie, influençant les espaces privés et publics. Cet article explore le concept de silence associé au "droit au sommeil" émergent à cette époque et la manière dont il affecte la perception des sons, les revendications sociales et les expressions artistiques, notamment au théâtre.

L'insonorisation de la chambre à coucher: un sanctuaire de silence

L'importance du sommeil et du bien dormir s'affirme tout au long du XIXe siècle, s'associant au désir d'intimité pour transformer l'espace de la chambre à coucher en un véritable sanctuaire de la vie privée. Le processus d'individualisation et de séparation spatiale de la chambre à coucher culmine au cours de la période et s'étend aux classes populaires. La reconfiguration des espaces privés répond également à une volonté d'insonoriser l'espace intime, notamment au sein des intérieurs bourgeois. Les espaces bruyants comme la cuisine sont rejetés à l'arrière, sur la cour, alors que le couloir - préféré à l'enfilade des pièces - permet d'éviter la proximité entre les chambres des différents membres de la maisonnée. Il s'agit ainsi d'isoler les espaces de sommeil des bruits qui viennent de l'extérieur mais aussi de l'intérieur, pour que la chambre à coucher soit la plus silencieuse possible.

Le ronflement sur scène: du comique à l'intolérable

À l'intérieur de la chambre à coucher, la lutte contre le ronflement prend de plus en plus d'importance tout au long du XIXe siècle. Le développement de cette thématique au théâtre est à ce titre révélateur. La place donnée au ronflement augmente en effet significativement dans la dramaturgie comique du XIXe siècle. Sa sonorité caractéristique fait son entrée sur scène alors qu'elle n'était jusque-là mentionnée qu'occasionnellement, au détour d'un dialogue, pour signifier le sommeil d'un personnage. Chez Molière, Angélique attendait par exemple que Georges Dandin « ronfle » pour pouvoir s'entretenir avec Clitandre lors d'une rencontre nocturne. Au cours du XIXe siècle le bruit du ronflement intègre le jeu de l'acteur et devient un attribut comique dans les schémas vaudevillesques, jusqu'à trôner au centre même de l'intrigue. En 1866, le Palais-Royal présente ainsi au public une comédie de Lambert-Thiboust intitulée La consigne est de ronfler.

La tolérance face au ronflement semble toutefois diminuer au fur et à mesure que l'on avance dans le siècle. De ressort comique qui prête à sourire tout en stigmatisant le ronfleur, il se change progressivement en un bruit capable de déclencher des réactions bien plus violentes. Une trentaine d'année plus tard, alors que les déboires de Tavernier et Landremol sont toujours à l'affiche de plusieurs théâtres, le compositeur Armand Bourgeois intitule son vaudeville, en référence à Lambert-Thiboust, La consigne n'est pas de ronfler.

"Le droit au sommeil": une revendication croissante

Progressivement, la chambre à coucher se construit ainsi comme un lieu dont on attend qu'il soit dénué de manifestation sonore venant de l'extérieur comme de l'intérieur de l'espace intime. Les conflictualités liées aux bruits nocturnes se développent également à travers la revendication du « droit au sommeil ». Le Code pénal de 1810 introduit dans l'article 479 la notion de tapage nocturne. Il stipule que « seront punis d'une amende de onze à quinze francs inclusivement […] les auteurs ou complices de bruits ou tapages injurieux ou nocturnes, troublant la tranquillité des habitants ». Toutefois, bien que cet article existe depuis le début du siècle, il semble de l'avis de certains qu'il ne soit pas assez utilisé, ce qui fait l'objet de nombreuses réclamations dont la presse du tournant du xxe siècle se fait l'écho. A l'instar de la judiciarisation observée dans certains cas de ronflement, on retrouve tout d'abord des conflits d'ordre privé : le bruit des voisins empêche de dormir.

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Au-delà des conflits privés, au cours desquels on demande de plus en plus à la justice ou à la police d'intervenir, on retrouve également de nombreuses plaintes collectives concernant les bruits venant de l'espace public. Elles se concentrent tout particulièrement sur certaines activités saisonnières qui viennent perturber le paysage sonore habituel. Les forains, et les bruits occasionnés par leur activité professionnelle, sont ainsi accusés d'entraver « le droit au sommeil » des habitants et des habitantes. Le quartier parisien de Montmartre s'illustre notamment par nombre de pétitions et de manifestations réclamant le déplacement des forains qui s'installent périodiquement dans leur quartier.

Les réclamations portent sur un changement des sonorités liées à la fête foraine : « la vieille parade », qui se déroulait dans une temporalité donnée, a fait place à la sonorisation permanente des différentes attractions. Le journaliste insiste sur la cacophonie causée par les nouveaux instruments, présentés comme monstrueux, animés non plus par un souffle humain mais industriel : les orgues « géants » et « à vapeur ». Les habitants de Montmartre ne sont pas contents. Ils ne sont, d'ailleurs, jamais contents, du premier au 30 novembre, temps que dure la foire des boulevards extérieurs ; et chaque année, c'est la même histoire. On retrouve ensuite l'énumération des bruits incriminés - « l'orgue de barbarie de la Femme à Barbe, la grosse caisse de l'Avaleur de Sabre, le tam-tam de la Danse de l'Abdomen, et le gong du Veau à deux têtes » - qui forment une « mêlée cacophonique » dissonante et pathogène. Au cours du XIXe siècle, plusieurs études médicales ont en effet théorisé que certaines musiques pouvaient avoir un rôle dans le développement de maladies mentales ou nerveuses, ce que rappelle entre les lignes le journaliste. À nouveau, c'est l'ajout d'une sonorité nouvelle - celle d'une attraction appelée le « Tourbillon » - qui déclenche l'ire des habitants et des habitantes, et donne lieu à une pétition d'environ deux cents signatures.

Progressivement, ces plaintes s'étendent au-delà des temporalités saisonnières, à l'ensemble des bruits imputés à « la vie moderne ». On en retrouve ainsi contre le bruit des tramways, des voitures, des travaux nocturnes, etc. À partir de la fin des années 1890, plusieurs « ligues contre le bruit » se forment. Elles s'inspirent de modèles états-uniens et se réunissent afin de tenter des actions pour faire interdire les nuisances sonores dans leur quartier (klaxons, sifflets), de jour comme de nuit. Ce relais dans la presse illustre l'évolution du paysage sonore - l'ajout de sonorités modernes et l'augmentation du bruit urbain -, mais traduit également une demande accrue de silence, face à un usage de l'espace public nocturne qui s'élargit.

Désynchronisation des rythmes de vie: droit au sommeil vs. droit au travail

En 1912, La Dépêche de Saint-Étienne publie ainsi le courrier d'« une vieille lectrice habitant rue du Rempart » qui se plaint des « tas de chiens errants qui ne font que hurler toute la nuit », auxquels il faut ajouter « les ivrognes qui chantent à tue-tête les samedis et dimanche soir », et enfin les « deux ou trois Chanteclerc qui s'égosillent avant l'aube ». Elle réclame pour y remédier et pouvoir dormir « une rafle des chiens errants, une muselière aux coqs et le violon aux ivrognes ». Ici ce ne sont plus des bruits modernes qui perturbent le sommeil et dérangent les habitants et les habitantes, mais des pratiques festives qui se prolongent tard dans la nuit, et surtout, investissent de manière sonore et brutale l'espace public. Ceux qui se permettent de déambuler enivrés une fois la nuit tombée sont des oisifs et/ou des ivrognes et s'opposent à l'image du bon travailleur qui a besoin de dormir pour récupérer de son labeur diurne.

Comme le note Le Mémorial de la Haute Loire en présentant une pétition des habitants de Saint-Étienne contre les forains, « [l]e droit au sommeil est aussi sacré que le droit au travail, et l'un est la conséquence de l'autre ». Ce ne sont d'ailleurs pas seulement les bruits festifs qui sont visés par les plaintes, mais aussi ceux que produisent les travailleurs trop matinaux. En 1912, L'Ouest Éclair rapporte ainsi les plaintes des habitants de la place des Lices de Rennes, dérangés dans leur sommeil par le bruit des voitures et l'aboiement des chiens des paysans qui arrivent au cours de la nuit afin d'être prêts pour le marché du petit matin.

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Au tournant du xxe siècle, on trouve également de nombreux conflits liés aux sonneries des usines, qui donnent lieu à de nombreux arrêtés municipaux. En octobre 1902 par exemple, les usines de Doullens dans la Somme sont tenues par ordre du Procureur de la République d'arrêter de faire sonner les sirènes qui appellent le matin les ouvriers à l'usine, sous peine de se voir dresser des procès-verbaux pour tapage nocturne. Cette décision est prise après que de nombreuses plaintes ont été déposées auprès du Parquet. La présence sonore ouvrière dans l'espace public est ici pointée du doigt par des habitants et habitantes plus aisés, qui ont recours aux procédures judiciaires afin d'imposer le silence au nom de leur « droit au sommeil ». Les ouvriers utilisent en réponse leur propre répertoire d'action collective. Ils organisent plusieurs manifestations au cri de « C'est la Sirène, c'est le Cornet qu'il nous faut !

Au-delà du silence: les sonorités propices au sommeil

La recherche de silence nocturne pour pouvoir exercer son droit au repos condamne seulement certaines sonorités, alors que d'autres sont au contraire promues comme propices au sommeil.

Berceuse théâtre bois: une expression artistique

La berceuse, au théâtre, transcende une simple mélodie pour endormir; elle devient un symbole puissant explorant des thèmes profonds. Les Aventures merveilleuses de l’inexistante Ayse, une pièce abstraite, illustre cette idée. Une berceuse lance la pièce, racontant l'histoire d'Ayşe, née avec un "e" dans un pays où seul le masculin l'emporte.

La pièce décline plusieurs contes, entre Chaperon Rouge, Blanche Neige, Cendrillon, La Petite fille aux allumettes. Ayşe ne prend pas ces contes pour argent comptant et pose mille et une questions à sa mère, elle a envie de croquer la vie : Qu’est-ce qu’un nain, qu’est-ce qu’un cirque, qu’est-ce qu’une sorcière… pourquoi Blanche Neige marche-t-elle, cent ans c’est combien de temps, c’est quoi une fée ?

L'histoire d'Ayşe, pleine de conditionnements et de mensonges, révèle la cruauté d'une vie où elle a obtempéré à toutes les injonctions familiales. Les derniers mots de la pièce tombent avec autant de cruauté que l’histoire elle-même : « Ayşe sans chanson n’avait jamais existé.

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Livres pour enfants explorant le thème de la musique

De nombreux livres pour enfants explorent le thème de la musique, souvent en lien avec des notions de liberté, d'expression et de découverte de soi. Voici quelques exemples:

  • Coucou ! - Marianna Oklejak : Une panthère cherche des musiciens pour former un groupe, célébrant l'amitié en musique.
  • La ballade de Couac le musicien - Philippe Ug : Un album pop-up qui initie les enfants aux familles d'instruments.
  • Rock'n ouah ouah - Sally Barns et Anil Tortop : Des chiens musiciens rêvent de devenir des stars.
  • L'orchestre des animaux joue Chopin - Sam Taplin et Ag Jatkowska : Une initiation à Chopin par un orchestre animalier.
  • Le roi qui tombait amoureux - Mathieu Laine, Louis Thomas et Karol Beffa : Un roi autoritaire découvre le jazz et l'amour.
  • Niels et le Chamanoine et Niels et les robots-sons - Laurence Muratet, Nicolas Fahy et Etienne Miquel : Un jeune garçon combat l'interdiction de la musique dans un monde dystopique.
  • Othon, le roi qui interdisait tout - Hubert Ben Kemoun et Sébastien Pelon : Un roi qui interdit la musique découvre la joie grâce au banjo.
  • Le vent dans les roseaux - Arnaud Demuynck et Nicolas Liguori : Une fillette se lie d'amitié avec un troubadour dans un royaume où la musique est interdite.
  • Monsieur le roi ! - Charlotte Roederer et Benoit Broyart : Un trompettiste secret rejoint l'orchestre du roi.
  • Le joueur de mandoline - Nathalie Somers et Lydie Baron : Un joueur de mandoline apprend au roi à apprécier la vie.
  • Roi du silence - Annie Agopian et Beppe Giacobbe : Une invitation à apprécier le silence.
  • L'homme qui avait la musique dans sa tête - Christian Merveille et François Crozat : Un homme sauve un pays plongé dans le silence.
  • La fille du roi des mers - Aaron Shepard et Gennadij Spirin : Un conte russe où la musique attire le roi des mers.
  • Suzanne, Brune, Romie and The Apple Pie - Sophie Astrabie et Cécile Porée : Des filles forment un groupe de musique contre la volonté de leurs parents.
  • L'ours et le piano - David Litchfield : Un ours découvre le piano et devient célèbre, mais finit par regretter ses amis et sa forêt.
  • Le concert de Bastakoum - Fabienne Billon et Tonitorfer : Un ours aide une fée à surmonter son trac lors d'un concert.
  • Papinours l'ours musicien - Antoinette David et Fabienne Ruiz : Un vieil ours musicien découvre l'hommage que lui rend la foule.
  • Sur la banquise - Michel Girard : Un ours et un pingouin forment un duo musical sur la banquise.
  • Vive la musique ! - Aurore Carricun : Un livre animé sur la musique avec des animaux musiciens.
  • Le fabuleux concert - Hiroyuki Aihara et Nami Adachi : Des lapines préparent une soupe spéciale pour faire oublier les soucis grâce à la musique.
  • Sur la verte colline - Veronica Prieto et Scarlet Narciso : Un orchestre se forme sur une colline.
  • L'enfant-orchestre - Fanny Rainville et Elodie Duhameau : Une enfant née avec une trompette perturbe son entourage avec sa musique.
  • La voix de la forêt : bruissements et crépitements - Sophie Boudieux et Evelyne Mary : Un orchestre forestier composé d'animaux et d'éléments naturels.
  • Le grand orchestre - Marion Traoré : Une grand-mère apprend à sa petite-fille à écouter les sonorités de la vie.
  • Elément terre mon cher Célestin - Floriane Bonanni et Michel Robin : Un voyage poétique sur l'histoire de la musique et son inspiration dans les bruits de la nature.
  • Bonaventure et compagnie en concert sous les étoiles ! - Alex Cousseau et Charles Dutertre : Des voisins découvrent les mélodies du quotidien.
  • Bruits : joue avec les sons du monde - Cristina Cubells et Joana Casals : Un livre interactif pour explorer les sons et les bruits.
  • Les petits bruits de la vie - Barroux : Un album sur les bruits réconfortants de la vie quotidienne.
  • Écoute - Gabi Snyder et Stéphanie Graegin : Un album sur l'importance d'écouter les sons du quotidien.
  • Le grand livre des petits bruits - Zeina Abirached : Un album sur les bruits de la vie quotidienne.
  • Les bruits de la ville - Sylvie Auzary-Luton : Un garçon utilise les sons de la ville pour danser.
  • La petite musique de la vie - Louis Thomas : Une invitation à écouter attentivement la musique qui nous entoure.

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