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La Berceuse des Aristochats : Une Exploration Musicale et Culturelle

La berceuse des Aristochats, bien plus qu'une simple mélodie enfantine, est une pièce maîtresse de l'œuvre de Disney, un concentré d'émotion et de savoir-faire musical. Elle capture l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant, même dans les moments les plus difficiles, et s'inscrit dans un univers enchanteur où la musique est reine. Cet article propose une analyse approfondie de cette chanson emblématique, en explorant ses dimensions musicales, narratives et culturelles.

Un Voyage Musical Intemporel

Avec "Ne Me Remercie Pas", chaque chanson Disney devient une porte entrouverte sur un monde merveilleux, ravivant les souvenirs les plus chers. La berceuse des Aristochats plonge dans l'histoire enchanteresse d'une composition entraînante qui a su traverser les frontières et toucher les cœurs du monde entier. Elle nous emporte vers un univers musical intemporel, nous invitant à redécouvrir la magie de Disney.

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La Transformation de Mr. M-O-U-S-E !

Explorez le rôle central de cette chanson dans la transformation de Mr. M-O-U-S-E ! La berceuse des Aristochats est bien plus qu'une simple mélodie, c'est un élément clé de l'évolution du personnage et de son rapport à l'univers qui l'entoure.

Walt Disney : Visionnaire et Innovateur

Quelle était la vision du monde de Walt Disney à ses débuts ? Elle était celle d’un Américain originaire de Kansas City qui découvrait Los Angeles. Il avait certes un peu voyagé, notamment en France, où il a brièvement travaillé pendant la Grande Guerre comme ambulancier, mais son ouverture sur le monde restait limitée. Sa vision, il l’a toujours dit, c’était de faire du dessin animé, du divertissement pour les enfants et leurs parents. Il n’a jamais eu l’ambition de changer le monde ni de transmettre de quelconques valeurs. Cette vision, en réalité, était celle de l’Américain moyen de son époque.

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On retrouve dans les dessins animés de Disney les valeurs de l’Amérique profonde, conservatrice. Elles sont aussi présentes dans les films d’Hollywood de l’époque. Au fil du temps, la société américaine a changé, et Walt Disney a évolué avec elle. Chaque dessin animé est très ancré dans son temps et diffère des précédents. Le personnage de Cendrillon correspond tout à fait aux canons de beauté des comédiennes hollywoodiennes en 1950. La Belle et le Clochard dépeint très bien l’Amérique de 1955, avec ses décors, son schéma familial.

La sortie de Blanche-Neige constitue un tournant dans la carrière de Walt Disney. C’est un tournant, mais il y a eu d’autres moments importants avant. Tout d’abord, la création de son propre studio d’animation à Kansas City, puis à Los Angeles avec son frère Roy. Plusieurs années durant, ils réalisent les Alice Comedies, des courts métrages qui mêlent dessin animé et prise de vue réelle, une approche novatrice pour l’époque. Rapidement, Disney crée le personnage d’Oswald le lapin, qu’il finit par se faire voler par son producteur. Avec l’aide de son associé, l’excellent animateur Ub Iwerks, il doit donc inventer un nouveau personnage. En quelques années, le studio se développe considérablement. Disney crée le premier dessin animé en couleur, Fleurs et arbres, grâce auquel il décroche son premier Oscar. En 1934, au moment où il commence à travailler sur Blanche-Neige, son studio compte déjà 700 employés. La Grande Dépression de 1929 a permis à Walt Disney d’engager des artistes qu’il n’aurait jamais pu avoir en temps normal dans un studio d’animation : des architectes, des illustrateurs, des musiciens et des peintres de talent.

Walt Disney était un patron qui pouvait se montrer extrêmement exigeant, colérique, parfois cassant, mais il soutenait sans relâche ses animateurs et leur proposait un travail toujours innovant. C’était un homme passionné. Certains biographes ont affirmé qu’il était sexiste, antisémite, raciste, mais ces auteurs ne l’ont jamais connu. Il était visionnaire, il a compris très vite que le dessin animé pouvait être une forme d’art à part entière. C’est quelqu’un qui voyait le talent chez les jeunes, ce pour quoi ils étaient faits : animateur, décorateur, scénariste… Il savait placer les gens à la bonne place afin de les mettre en valeur et d’utiliser au maximum leurs compétences. Et puis, il était un scénariste et un metteur en scène de grand talent. Il l’a montré sur tous ses premiers films, avant de déléguer la réalisation dans la période d’après-guerre. C’était un réalisateur à part entière, du niveau d’un Steven Spielberg. Dans les retranscriptions de ses réunions de travail, on constate que quasiment toutes les bonnes idées venaient de Walt Disney.

Pour Blanche-Neige, il a dû s’endetter. Les banquiers l’ont d’abord aidé, mais fabriquer un film de dessin animé prend beaucoup plus de temps que de réaliser un film en prise de vue réelle. Alors les banquiers ont fini par le lâcher. Il a dû hypothéquer sa maison, sa voiture, tout ce qu’il lui restait pour pouvoir terminer le film. Très tôt, le merchandising a joué un rôle important dans le financement des films de Disney. Les peluches, montres et jouets à l’effigie de Mickey ont vite eu beaucoup de succès. C’était là aussi très novateur. À part quelques peluches de Félix le chat, il existait très peu de produits dérivés. Tout cela, c’est grâce à son frère Roy qui était un excellent gestionnaire. Walt Disney, lui, était vraiment concentré sur les idées.

Disney s’est évidemment beaucoup inspiré des contes classiques et des histoires célèbres illustrées. En 1935, il fait un voyage en Europe dont il rapporte plus de 350 livres pour la bibliothèque de son studio. Il tire des contes classiques des adaptations très intelligentes. Il a su s’approprier les textes et les adapter à son époque. Il supprimait certains éléments mais, surtout, il en ajoutait. Dans le Blanche-Neige original, par exemple, les nains n’existent pas. On connaît leurs noms, inscrits sur les sièges de la maison, mais ils ne sont jamais décrits, on ne les voit pas. Disney leur a non seulement donné vie, mais il en a fait les personnages principaux du film. Dans Cendrillon, ni les souris ni le chat n’existent. Ce sont bien Lucifer, Jacques et Gus qui font le sel et le plaisir du film de Disney. Il en a fait un personnage à part entière. Il voulait simplement produire du spectacle divertissant. Il souhaitait avant tout que les gens ressortent heureux de la salle de cinéma. Pour cela, il connaissait la recette : des personnages qui inspirent la peur, d’autres qui font rire, de l’émotion et de la magie. Mais il fallait que les histoires lui plaisent à lui aussi. C’est Disney, par exemple, qui a tenu à réaliser Alice au pays des merveilles, malgré les réticences de son frère qui y voyait un potentiel échec commercial. Walt Disney n’y a pas renoncé, il a simplement accepté de réaliser Cendrillon avant, un pari moins risqué. Il a vraiment fait les films qu’il voulait, mais que si cela n’avait tenu qu’à lui, il aurait été encore plus audacieux.

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La Seconde Guerre mondiale constitue une rupture. Les effectifs diminuent de moitié, le studio n’a plus de moyens. Disney arrête donc de réaliser des longs métrages à partir de 1942, et ce jusqu’en 1950. Il se débrouille pour faire vivre tant bien que mal le studio avec la réalisation de courts métrages mais aussi, après 1945, grâce à la diffusion en Europe de films tels que Pinocchio, Fantasia, Bambi ou Dumbo, qui n’avaient pu sortir à cause de la guerre. Les rentrées d’argent qu’ils génèrent permettent de produire Cendrillon, dont le succès va relancer la machine. Avec l’arrivée de la télévision au début des années 1950, Disney multiplie les émissions et intensifie la promotion de ses films. En 1955, il diversifie encore ses activités avec la création du premier parc Disneyland, à Anaheim, en Californie. Disney va développer les Audioanimatronics et met au point des automates extrêmement sophistiqués.

La mort de Walt Disney a une incidence sur les productions. Oui, bien sûr, mais pas tout de suite. Les projets de dessins animés se font sur plusieurs années, et au moment de sa mort, en 1966, Walt Disney en laisse un certain nombre en chantier. C’est le cas du Livre de la jungle, presque terminé, qui sortira un an plus tard, mais aussi des Aristochats ou de Robin des Bois. Son équipe a repris le flambeau. C’est dans les années 1980 que la mort de Disney se fait davantage ressentir. Les animateurs qui avaient travaillé à ses côtés partent à la retraite et une nouvelle génération apparaît. La création se met à beaucoup évoluer, menant parfois à des échecs. Un film comme Taram et le Chaudron magique (1985), très fantastique, n’emballe pas le public. À cette époque, les films qui fonctionnent le mieux sont ceux qui ont été pensés avant la mort de Walt Disney ou qui reprennent sa recette. La Petite Sirène (1990) est un projet qui remonte en réalité aux années 1940. Le Roi Lion, lui, reprend le concept de film d’animaux. Lorsque l’âme de Disney est là, le succès est au rendez-vous. C’est toujours le cas aujourd’hui. La Reine des neiges (2013), qui était aussi un projet d’origine, est tout à fait dans cet esprit.

Disney donne aujourd’hui le sentiment que sa créativité s’essouffle. C’est lié à la diversité des productions et au fait que son identité n’est plus fondée sur le dessin animé comme dans les années 1940-1980. Avec Star Wars, Indiana Jones, Pirates des Caraïbes, vous êtes dans des univers très différents. Disney continue d’entretenir son identité d’origine, notamment en célébrant le centenaire de la création des studios cette année, mais, au niveau de la diffusion, ce n’est plus du tout le cas. S’ils voulaient correspondre davantage au Disney des débuts, les décideurs iraient piocher dans les contes encore inexploités de Grimm, d’Anderson, de Charles Perrault, mais ils ne le font pas.

La plateforme Disney + permet pour la première fois au public d’accéder facilement à tous les anciens films du catalogue Disney. L’âme de Walt Disney vit encore par ce biais. Et puis, il y a les studios Pixar, rachetés par Disney en 2006. Ils sont les plus créatifs du monde aujourd’hui.

Les Frères Sherman : Artisans de la Magie Musicale

Pour ce film dans lequel Walt Disney s'est particulièrement investi, une étonnante conjonction de talents s'est surpassée. Devenu un classique, ce grand cru a suscité une comédie musicale du même nom qui triomphe à son tour.

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Avant même cette échéance, Walt Disney chargea deux frères auteurs et compositeurs d'élaborer une série de numéros musicaux dans la perspective d'une réalisation : Robert Bernard Sherman (né en 1925) et Richard Morton Sherman (né en 1928). Issus d'une famille de musiciens, ils étaient imprégnés d'une solide culture « Broadway » et classique, Richard ayant joué de la flûte en duo avec le célèbre pianiste, chef d'orchestre et compositeur André Prévin, et joué dans l'orchestre des troupes du conflit coréen de 1953 à 1955. Dès 1961, ils étaient célèbres avec deux « tubes », Let's Get it Together et You're Sixteen.

Pour Mary Poppins, ils produisirent une importante quantité de chansons avant d'apprendre que le contrat définitif pour l'obtention des droits d'adaptation n'était pas encore signé, ce qui reporta le projet à une date ultérieure et leur permit de travailler sur d'autres films des studios. L'on doit ainsi de nombreux bijoux disneyens à ce sympathique tandem : Merlin l'enchanteur (1963), Le Plus heureux des milliardaires (1967), Le Livre de la Jungle (1967), The One and Only, Genuine, Original Family Band (1968), Les Aristochats (1970) et L'Apprentie sorcière (1971), ainsi que des musiques pour les parcs d'attraction (notamment, la célèbre marche It's a Small World et l'hymne Carousel of Progress). Ils sont aussi les compositeurs du célèbre film de Ken Hughes Chitty Chitty Bang Bang (1968).

Les arrangements musicaux de Mary Poppins et la musique d'accompagnement du film furent réalisés par un grand maître, Irwin Kostal (1911-1994), dont le palmarès s'étend de la direction d'orchestre à l'orchestration en passant par la composition. On lui doit notamment la musique de la série télévisée Gunsmoke (1955), l'adaptation pour l'écran des films de Robert Wise West Side Story (1961) et La Mélodie du Bonheur (1965).

Le travail accompli par les frères Sherman démontre, outre l'étendue de leur talent, leur prodigieuse productivité. Manager hors pair, Disney parvenait à obtenir de chacun de ses collaborateurs qu'il se surpasse. Les frères Sherman livrèrent une importante quantité de chansons avant qu'une sélection ne soit effectuée. Il y eut donc beaucoup de perte parmi les morceaux d'origine, plusieurs n'étant pas retenus dans le film, mais ils n'ont pas été perdus : on les retrouve disséminés dans la musique instrumentale du film lui-même, tandis que certains furent repris dans différents films des studios, notamment Compagnon d'aventure (1962), Le Livre de la Jungle (1967), Le Plus heureux des milliardaires (1967), L'Apprentie sorcière (1971), The Slipper and the Rose (1976), et la version télévisuelle des Aventures de Winnie l'ourson (1983). Les acteurs eux-mêmes firent même des suggestions utiles, ce qui nous a notamment valu l'un des « tubes » du film, A Spoonful of Sugar, proposé par Julie Andrews.

La composition simultanée de Mary Poppins et des premières esquisses de L'Apprentie sorcière explique en partie la parenté existante entre ces deux films. Outre un acteur commun, David Tomlison, et un lieu identique (Londres), deux profils musicaux ont été retenus : une chanson ternaire, au caractère élégiaque (Chim Chim Cher-ee d'une part, Portobello Road d'autre part) et une marche militaire typiquement américaine (bien que les films se déroulent en Angleterre), dans l'esprit du compositeur John Philip Sousa (1854 -1932) : A Spoonful of Sugar d'une part, Substitutiari locomotion d'autre part (peut-être le séjour de Richard chez les troupes du conflit coréen explique-t-il ce goût !).

Julie Andrews : Une Héroïne Vocale Inoubliable

On reste songeur lorsque l'on songe aux actrices qui furent un temps pressenties par Disney pour incarner l'héroïne. La musique y aurait beaucoup perdu si Bette Davis, par exemple, avait été engagée. Julie Andrews est née en 1935 dans une famille de musiciens. Elle chanta dès l'âge de 12 ans. A dix-neuf ans, elle avait incarné Cendrillon dans la comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II ; en 1960, elle s'était illustrée à Broadway avec le rôle de reine Guenièvre, dans Camelot d'Alan Jay Lerner et Frederick Loewe. Elle n'avait que 28 ans lorsqu'elle fut pressentie par Disney. A cette époque, la Warner venait tout juste de lui préférer Audrey Hepburn pour My Fair Lady, de George Cukor, d'après la comédie musicale inspirée par la pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion (1914) ; une situation d'autant plus extravagante qu'Audrey Hepburn n'était pas chanteuse et que Julie avait déjà chanté ce rôle sur scène mais, à l'époque, sa notoriété n'avait pas été jugée suffisante.

Vocalement, le timbre de Julie Andrews est très facilement identifiable. D'une parfaite justesse et d'une impeccable diction, il possède des aigus brillants, quoiqu'un peu métalliques. Julie Andrews est enfin une actrice capable de siffler, si virtuose que le chant de l'oiseau « animatronic » de la séance de la nursery est le sien.

L'Équipe de Doublage Française : Un Hommage aux Voix Originales

On ne peut s'empêcher de frémir en imaginant ce qu'aurait donné une nouvelle VF, si Disney s'était avisé de la produire, comme il l'a fait pour la plupart de ses grands classiques, n'hésitant pas à les dénaturer sous le prétexte de les moderniser. L'intérêt d'un doublage contemporain du film est d'offrir des voix qui correspondent vraiment aux prestations des acteurs originaux, et non pas des adaptations dans l'air du temps.

Le plateau de la VF de Mary Poppins comportait Eliane Thibault (Mary Poppins), Michel Roux (Bert), Roger Tréville (Mr Banks), Anne Germain (Mrs Banks sur la partie chantée), Nicole Riche (Mrs Banks sur la partie vocale) Elisabeth et Benjamin Boda (les enfants). Eliane Thibault a également doublé la partie chantée du rôle-titre de L'Apprentie sorcière, dans la première VF. Elle avait fait une brève apparition cinématographique dans Les Gaietés de l'escadrille, de Georges Péclet (1958), et enregistré plusieurs disques. Bien qu'elle ne double pas Julie Andrews dans La Mélodie du Bonheur (c'est Mathé Altéry qui le fit, et cette chanteuse incarna également la VF chantée de My Fair Lady), elle a tout de même chanté ce rôle pour les disques Decca. On l'entendit dans plusieurs opérettes, de Lecoq ou d'Hervé. Sa voix est parfaite : claire, légère, à la diction limpide, aux aigus faciles, elle relève d'une école de chant français qui a en grande partie disparu.

Tout comme Eliane Thibault, Michel Roux incarnait les deux voix, parlée et chantée. On lui doit aussi les voix françaises d'acteurs aussi variés que Montgomery Clift, Bing Crosby, Jerry Lewis, Franck Sinatra, Vittorio Gassmann, Kirk Douglas, Jack Nicholson ou Tony Curtis. On le vit aussi réussir souvent sur les planches, au théâtre, à la mise en scène et dans de nombreux films. Ce talent polymorphe fait de lui un Bert léger, primesautier, toujours élégant et drôle. Par la suite, il s'illustra dans le rôle de Grand Coquin, dans Pinocchio (deuxième doublage, 1975).

Roger Tréville, après avoir doublé Robert Mitchum, James Stewart, Grégory Peck et Oliver Hardy, retrouva David Tomlinson dans le doublage français original de L'Apprentie sorcière. Lui aussi s'illustra dans un grand nombre de films et de pièces de théâtre. Parmi les chanteurs du film, figurent Anne Germain et Jean Cussac. On entendait aussi ce tandem dans la deuxième VF de Bambi, dans les années 1970, et dans Robin des Bois en 1973. Anne Germain (la voix de Catherine Deneuve dans Les Demoiselles de Rochefort et dans Peau d'Ane de Jacques Demy, et la voix du célèbre générique télévisé de L'île aux enfants) et Jean Cussac (que l'on entend dans le rôle du prince dans Blanche-Neige, mais aussi dans Merlin l'Enchanteur et dans Le Livre de la Jungle), faisaient tous les deux partie des Swingle singers, un ensemble vocal jazz d'une grande virtuosité.

Une Analyse des Chansons : Un Arc-en-Ciel d'Émotions

Les chansons du film sont particulièrement réussies : très caractérisées, variées, mémorisables facilement, elles n'ont rien perdu de leur charme. Chem Cheminée (Chim Chim Cher-ee), avec son caractère nostalgique et ternaire, repose sur une marche harmonique d'une grande poésie. Les Soeurs suffragettes (Sister Suffragette) sont un numéro parlé et chanté dans la plus pure tradition de Broadway. Je vis et mène une vie aisée (The Life I Lead), est conçu à peu près sur le même moule, pour former la paire avec la chanson de madame Banks. Toutes les deux sont fréquemment rythmées avec une caisse claire aux couleurs très militaires. Petite Annonce pour une nounou (The Perfect Nanny), à cheval entre la comptine et la berceuse, scintillante de glockenspiel et de pizzicati, s'adapte à ravir aux voix des enfants. Il souligne le côté autoritaire mais souriant du personnage. Quelle jolie promenade avec Mary (Jolly Holiday), sautillant et primesautier, est un numéro d'une exquise fraîcheur. Il est traité par Irwin Kostal en thème et variations avec une époustouflante virtuosité orchestrale. On y trouve même un bref solo de guitare électrique. Supercalifragilisticexpialidocious, très coloré, est inoubliable et d'une énergie communicative, grâce aux accords de banjo. Ne dormez pas (Stay Awake), une berceuse, expressive et tendre, fonctionne admirablement. Nourrir les p'tits oiseaux (Feed the Birds) tirait des larmes à Walt Disney lui-même ; ce fut l'une de ses chansons préférées et il lui arrivait de convier les frères Sherman à venir la lui jouer. Elle est traitée avec des choeurs d'une grande puissance. C'est bon de rire (I Love to Laugh) est plus classique ; Deux pences (Fidelity Fiduciary Bank), inspirée par les musiques anglaises victoriennes, a quelque parenté avec le menuet de My Fair Lady. Prenons le rythme (Step in Time), quoique basé sur une cellule mélodique minimaliste, fonctionne avec puissance et fait lui aussi l'objet d'un travail délirant de thème et variations, mobilisant toutes les ressources de l'écriture musicale. Enfin, Laissons-le s'envoler (Let's Go Fly a Kite) réunit les choeurs au tutti orchestral pour couronner le film.

Accordéon, banjo, piano, saxophones, guitare électrique, choeurs et grand orchestre : Irwin Kostal n'a pas lésiné sur les moyens. Jamais son sens de la couleur ne s'est aussi puissamment exprimé. Les guirlandes de bois, en arpèges, ne cessent de pailleter le film, dès l'arrivée de Mary Poppins et surtout dans la scène à travers les dessins à la craie de Bert. Des fulgurances aux cordes (séance chorégraphiée de A Jolly holiday) des glissandi de cors (notamment dans la scène des pingouins), de nombreux segments de harpe, quelques traits de piccolo bien placés, des phrases de basson humoristiques (pour représenter l'amiral Boom, par exemple), des sourdines judicieusement distribuées aux cuivres participent eux aussi à la féerie ambiante. La scène du manège, pailletée de célesta, de glockenspiel et de harpe, est d'une délicieuse délicatesse.

La percussion est riche : timbales, grosse caisse, caisse claire, tambour de basque, wood block, cloches de vache, cymbales, triangle, glockenspiel, vibraphone, xylophone, tam-tam, carillon tubulaire. Les cordes sont relativement peu nombreuses mais, munies de sourdines, elles nimbent avec un velouté extraordinaire Stay Awake et le début de Feed the Birds (avec des tierces de clarinettes puis des traits d'accordéon désarmants d'efficacité). Cette musique est inventive et puissante, elle ne manque jamais son effet, d'autant plus qu'elle intervient toujours à des moments-clés, sans jamais se voir reléguer au rang de simple toile de fond sonore utilitaire. De même, l'utilisation des leitmotivs est d'une intelligence toujours lucide, comme la superposition de A Spoonful of Sugar et de Jolly Holiday lors de l'arrivée au pays « dessiné », ou de A Spoonful of Sugar et de Step in Time, en imbrications thématiques judicieuses.

Ce n'est pas seulement un parcours du combattant pour les danseurs : l'orchestre y est très sollicité, avec des dissonances nombreuses qui épicent la musique, des glissandi de trombones, des aigus de trompettes, des cors groupés en unissons, des fusées de bois, des traits suraigus de cordes, des toms basses, le tout agrémenté de pastiches de danses folkloriques anglaises. A tous ces titres, la musique de Mary Poppins constitue l'un des derniers grands chef-d'oeuvres des studios.

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