La Jamaïque, île caribéenne aux paysages luxuriants, ne se limite pas à ses plages paradisiaques et à son ambiance tropicale. Elle est également le berceau d'une culture unique et influente, le rastafarisme, intimement lié à la musique reggae. Cet article explore les racines africaines de la culture rasta, son développement en Jamaïque et son impact mondial.
Un Écrin de Tropicalité et de Singularité
Située entre Montego Bay et Port Antonio, Ocho Rios offre une multitude d'activités familiales. Kingston, la capitale vibrante, vibre au rythme de la musique. Éloignée de la chaleur côtière et de l'effervescence de la capitale, la plus haute montagne de l'île est le point de départ idéal pour des randonnées et la découverte des plantations de café. À l'est de l'île, cette étape, un peu en retrait des routes touristiques, offre de magnifiques plages paradisiaques dans un environnement paisible.
La Jamaïque séduit par sa tropicalité, idéale pour des séjours relaxants. Au-delà des plages et de la mer, se dévoile la singularité d'une destination, berceau du reggae et de la culture rasta, gardienne de traditions agricoles et des paysages forestiers majestueux des Blue Mountains.
Racines Africaines : Un Retour aux Sources
Le rastafarisme est né en Jamaïque au début du XXe siècle, dans un contexte de ségrégation raciale et de difficultés économiques pour les descendants d'esclaves. Il s'agit d'un mouvement religieux, social et politique qui prône un retour aux sources africaines et une réinterprétation de la Bible à travers une perspective noire.
Marcus Garvey : Le Prophète du Panafricanisme
Marcus Garvey, né en Jamaïque en 1887, est considéré comme un prophète par les rastafaris. Il a fondé l'Universal Negro Improvement Association (UNIA) et prônait le panafricanisme, un mouvement qui encourage la solidarité entre les Africains et les personnes d'ascendance africaine du monde entier. Garvey estimait que les Noirs devaient retourner en Afrique pour construire une nation forte et indépendante.
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Garvey, simple employé dans une imprimerie, se syndiqua et devint un orateur redoutable. Après avoir été renvoyé, il quitta l'île pour les États-Unis. Il se lança dans le journalisme et fonda son propre journal en 1918, au lendemain de la Première Guerre mondiale : The Negro World. Il devint l'un des premiers grands défenseurs de la cause noire et redonna confiance aux nombreux Jamaïcains fraîchement démobilisés présents à Harlem.
"Soyez autant fiers de votre race aujourd'hui que l'étaient vos pères dans le passé", affirmait Garvey. Il se lança dans les affaires et fonda notamment en 1919, grâce à une souscription auprès des Afro-Américains, une compagnie maritime censée servir le projet de rapatriement vers l'Afrique : la Black Star Line. Bien que ses affaires aient périclité et qu'il ait été accusé d'escroquerie, Garvey reste une figure emblématique pour les rastafaris.
Hailé Sélassié : L'Empereur Divin
L'empereur d'Éthiopie, Hailé Sélassié Ier, est une figure centrale du rastafarisme. Son couronnement en 1930 a été interprété par certains comme l'accomplissement d'une prophétie biblique annonçant l'avènement d'un roi noir. Les rastafaris considèrent Hailé Sélassié comme une incarnation de Dieu, un descendant du roi Salomon et de la reine de Saba.
En 1966, la visite de Hailé Sélassié en Jamaïque a été un événement majeur pour la communauté rasta. Une foule immense l'attendait à l'aéroport de Kingston, et son arrivée a renforcé la conviction des rastafaris qu'il était le Messie attendu.
Le Pinnacle : Un Éden Rastafari
Léonard Percival Howell est le premier à avoir associé la prophétie du révérend Web à Hailé Sélassier 1er. Cet afro-jamaïcain, marin de profession et grand voyageur, a initié, dès 1932, un nouveau courant de pensée, à la fois économique et spirituel, visant à « rendre justice à l’homme noir, à lui rendre sa place dans le monde ».
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Howell fonda la communauté du Pinnacle, un domaine situé dans une zone montagneuse. Pendant plus de 15 ans, le Pinnacle fut l'état indépendant des rastas, au cœur de l'état colonisé de la Jamaïque. Les premiers habitants furent bientôt rejoints par des gens moins pauvres, des artistes (surtout des musiciens) et des intellectuels noirs. Tous réfléchissaient à l'avènement d'une société où justice, spiritualité et liberté assureraient le bonheur de chacun.
Hostiles aux dogmes, rejetant le système économique capitaliste et colonialiste qu'ils nomment Babylone, les habitants du Pinnacle, sous l'égide d'Howell, parvinrent à l'autosuffisance. Le Pinnacle devint même la plus grosse entreprise alimentaire de l'île. Ces descendants d'esclaves vénéraient un Dieu noir, ne buvaient pas d'alcool, cultivaient le chanvre et le consommaient en guise de sacrement. Ils prônaient un mode de vie apaisé, orienté vers la nature et le bien-être.
Finalement, en 1954, la police intervint. Le Pinnacle fut évacué dans la violence et définitivement démantelé en 1958. La répression rattrapa les rastafaris. Léonard Howell se retira vivre en ermite dans une grotte. Les habitants du Pinnacle, désormais disséminés dans tout le pays, investirent les ghettos de l'île. Loin de baisser les bras, ils durcirent le message d'Howell et le propagèrent à travers la musique.
Le Reggae : La Voix du Rastafarisme
Le reggae est né en Jamaïque à la fin des années 1960, et il est rapidement devenu la musique emblématique du mouvement rasta. Le reggae est une musique engagée qui dénonce l'oppression, l'injustice et la pauvreté, tout en prônant l'amour, la paix et l'unité.
L'arrivée des sound systems (matériel de sonorisation transportable) permit aux rastafaris de diffuser des paroles militantes sur un son nouveau, inspiré du mento (musique populaire jamaïcaine), du jazz et du rythm’n and blues.
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Bob Marley : L'Ambassadeur du Reggae et du Rastafarisme
Bob Marley est sans doute l'artiste reggae le plus connu au monde. Sa musique a popularisé le reggae et le rastafarisme à l'échelle internationale, et il est devenu un symbole de résistance et de lutte pour les droits de l'homme. Les paroles de ses chansons sont souvent imprégnées de spiritualité rasta et de messages de paix et d'unité.
"Le reggae, c'est une raison de vivre, une danse. Et c'est aussi le rasta", disait Bob Marley. Plus qu'une musique, le reggae s'apparente à une attitude, un mode de vie, une religion, tout en étant une musique engagée.
Caractéristiques Musicales du Reggae
Le reggae se caractérise par un rythme syncopé, une ligne de basse prédominante et des paroles souvent engagées. Il est influencé par le ska, le rocksteady, le jazz et le rhythm and blues. Les instruments traditionnels du reggae comprennent la guitare, la basse, la batterie, les claviers et les cuivres.
Le reggae invente un nouveau rythme, une polyrythmie, « avec un temps en l’air comme toutes les musiques créoles. C’est une rythmique plutôt lente, profonde qui épouse un tempo naturel de rythme cardiaque, et en même temps la voix est extraordinairement libre. C’est un chant qui vient de la soul music, du chant religieux protestant, de la psalmodie des rastas ».
Symboles du Rastafarisme
Le rastafarisme est associé à un certain nombre de symboles, dont les dreadlocks, les couleurs vert, jaune et rouge, et la consommation de ganja (marijuana).
Les Dreadlocks
Les dreadlocks sont une coiffure distinctive des rastafaris. Elles symbolisent la rébellion contre la société occidentale et l'attachement aux racines africaines. Pour les plus anciens, les premiers rastas se sont laisser pousser les cheveux en référence au naziréat, un phénomène religieux datant de l’ancien testament et du judaïsme.
Les Couleurs Vert, Jaune et Rouge
Les couleurs vert, jaune et rouge sont omniprésentes dans la culture rasta. Le vert représente la terre africaine, le jaune symbolise la richesse et l'abondance, et le rouge évoque le sang des martyrs.
La Ganja
La ganja (marijuana) est considérée comme une plante sacrée par les rastafaris. Ils la consomment lors de cérémonies religieuses et la considèrent comme un moyen de se rapprocher de Dieu et de développer la spiritualité.
Impact Mondial et Héritage
Le rastafarisme et le reggae ont eu un impact considérable sur la culture mondiale. Ils ont influencé la musique, la mode, l'art et la politique. Le reggae est devenu un symbole de résistance et de lutte pour les droits de l'homme, et il continue d'inspirer les gens du monde entier.
Aujourd'hui, rares sont les adeptes du rastafarisme qui prônent le retour à l'Afrique. La recherche de la Terre Promise est pourtant toujours au cœur du reggae. Et le reggae voyage, il continue d'être diffusé partout. Ses musiciens n'ont de cesse de chanter leur soif de spiritualité, d'humanité, d'amour et de paix.
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