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Berceaux de poupée en bois: Histoire et fabrication

Introduction

Les berceaux de poupée en bois sont bien plus que de simples jouets. Ils incarnent une tradition artisanale riche, une histoire émouvante et un savoir-faire transmis de génération en génération. Cet article explore l'histoire fascinante des berceaux de poupée en bois, depuis leurs origines modestes jusqu'à leur fabrication méticuleuse, en passant par les entreprises emblématiques qui ont contribué à leur popularité.

Les origines des poupées et des berceaux

Il semblerait que les poupées soient les premiers jouets connus. Certaines furent, ainsi, retrouvées dans des tombeaux d’enfants égyptiens datant du XXe siècle avant J-C. Ce sont des figurines en terre cuite, en bois, en os, en cire, en ivoire, en jade…et semblant aussi avoir une fonction rituelle dans le cérémonial funéraire Egyptien en représentant probablement la jeune défunte idéalisée. Ces figurines se parent de membres mobiles dès le Ve siècle avant J.-C. avec une articulation aux genoux et une autre à la pliure du coude. Empreints d’une valeur religieuse mais aussi ludique, ces jolis jouets faisaient entre 20 à 25 cm de hauteur. Si elles représentaient souvent une fillette,mais pouvaient aussi être l’image de personnages de la rue, tels des danseurs, des comédiens, des soldats et étaient en définitive un intermédiaire entre la statuette et la reproduction réduite de l’image humaine. Elles étaient alors chargées d’un caractère magique dont le sorcier pouvait se saisir pour le besoin de ses rites. A Rome, les jouets de l’enfant dans son berceau étaient consacrés à Bacchus, et dans la tombe aux dieux infernaux. La poupée pouvait aussi être en ivoire, en os, en bois dur et au moment de son mariage, la jeune fille vierge vouait sa poupée à Vénus déesse de l’Amour.

Au XIIIe siècle, ces figurines sont en terre cuite et représentent des dames et des cavaliers. Elles sont moulées d’un seul bloc et ont une belle expression. Mais ce fut au XVIe siècle qu’apparaissent les premières poupées fabriquées en bois et en chiffon par les bimbelotiers pour les enfants de l’aristocratie. Certaines sont ainsi un mélange de terre, de papier et de plâtre. A la fin de ce siècle, la poupée se transforma, à nouveau, en poupée-mannequin censée promouvoir la mode française à l’étranger. Grands centres de fabrication de poupées, les villes de Nuremberg et de Hambourg étaient connues pour leurs poupées en bois de buis. Enfin, au XVIIe et XVIIIe siècle apparurent des poupées beaucoup plus raffinées aux yeux de verre, avec des membres en peau et des cheveux teints. Les matériaux de fabrication se diversifièrent, la cire apparut notamment moulée sur du papier mâché ce qui permettait d’obtenir des jouets moins onéreux. Pourtant au cours du XVIIIe siècle, la poupée devint de plus en plus fragile et luxueuse. Mais le XIXe siècle vit le développement d’une fabrication industrielle de l’objet remplaçant le travail des artisans.

Parallèlement à l'évolution des poupées, les berceaux, souvent fabriqués en bois, ont commencé à apparaître comme des accessoires indispensables pour les poupées, permettant aux enfants de reproduire les rituels du coucher et de prendre soin de leurs précieux compagnons.

L'âge d'or des jouets en bois et l'émergence des berceaux de poupée

Le XIXe siècle a été témoin d'une véritable révolution dans l'industrie du jouet, avec le développement de la fabrication industrielle. De plus en plus réaliste, le jouet était constitué d’un corps raide en bois gainé de peau avec un cou pivotant sur son axe, les membres étaient en tissu ou en peau bourrée de sciure de bois. Lors de l’Exposition universelle de 1878 à Paris un nouveau type de poupée fit son apparition : le bébé à tête en biscuit représentant désormais l’enfant de 3 ans et plus. Ce « bébé » marqua un formidable essor international de l’industrie française de la poupée et du jouet.

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Les berceaux de poupée en bois ont profité de cet essor, devenant des articles de plus en plus populaires. Ils étaient fabriqués dans une variété de styles et de tailles, allant des modèles simples et fonctionnels aux créations plus élaborées ornées de sculptures et de finitions décoratives.

Les centres de fabrication emblématiques

Certaines régions et villes se sont distinguées dans la fabrication des jouets en bois, et notamment des berceaux de poupée.

Le Jura, berceau du jouet français

L’histoire du jouet démarre après la Révolution Française, et est liée à l’essor de la tournerie et de la tabletterie dans le massif jurassien. Au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième siècle, les jouets jurassiens sont en bois. La région réussit ensuite le virage du plastique, et le jouet jurassien devient dans les années soixante un objet de grande consommation. Puis vint l’heure de la concurrence mondiale, et seules subsistent aujourd’hui dans la région huit entreprises de taille industrielle (dont Janod, Jeujura, Smoby et Vilac), dont la production est en partie sous-traitée à l’étranger, et une quinzaine d’artisans du jouet en bois du Jura.

Plozévet, capitale du meuble de poupée

La commune a été, en 1920, la capitale mondiale de la fabrication du meuble dit « de poupée ». Après la Première Guerre mondiale, les habitants du Pays bigouden vivent d'agriculture, de pêche ou d'artisanat. La vie est difficile. Alain Douirin, père de 13 enfants, aime le travail du bois. L'artisan s'installe au coeur du bourg. Tout près de l'église Saint-Démet, habillée de sa robe de granit. Il y fabrique l'essentiel du mobilier breton : vaisselier, lit clos, banc coffre, horloge. À cette époque, la fabrication des meubles à Plozévet connaît déjà une certaine notoriété, grâce à sa rosace typique. En 1920, le passage d'une touriste américaine va tout bouleverser. Elle tombe sous le charme du mobilier breton, admire les détails, les sculptures. Hélas, les meubles sont trop volumineux pour être exportés. Elle demande alors au menuisier de lui fabriquer des mini-copies. Dès cet instant l'artisan scelle son destin : l'engouement pour les petits meubles bretons prend son essor.

Les commandes de mobilier miniature affluent de l'étranger. Les artisans suivent tous le mouvement. En 1930, le bourg compte près d'une quinzaine d'ateliers et plus d'une centaine de personnes travaillent dans le petit meuble. Alain Douirin se spécialise alors dans le mobilier aux dimensions insolites (25 cm à 60 cm.). Toutes les pièces sont confectionnées à la main. Les mini-outils doivent être fabriqués et adaptés. Les femmes sont chargées des couleurs. Elles trempent les objets dans des chaudrons de brou de noix, les font sécher à l'air libre, les frottent à la cire d'abeille…. Aucun détail ne manque. Les balustrades, serrures, fuseaux sont les copies conformes des grands meubles, jusque dans leurs fonctionnalités : les coffres s'ouvrent et les horloges se parent de balanciers.

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Les entreprises emblématiques

Plusieurs entreprises ont marqué l'histoire des jouets en bois et des berceaux de poupée en particulier.

Petitcollin

Dernière fabrique française de poupées, si jolies, si gracieuses que enfant, c’est sûr, je serais bien tombée d’amour pour l’un de ces poupons de celluloïd, Petitcollin est aujourd’hui, l’une des marques les plus emblématiques du patrimoine du jouet français. Son savoir-faire est reconnu au-delà des frontières de l’hexagone et son histoire se déroule à Etain dans la Meuse sous l’impulsion de Nicolas Petitcollin, fabricant de peignes en corne, qui créa son entreprise éponyme en 1860. Quarante ans plus tard, en 1901, il s’intéressa à la fabrication d’accessoires de beauté en celluloïd. Le petit baigneur Petitcollin naquit en 1912… Ce poupon de celluloïd, ravissant et vendu à un prix abordable, révolutionna le monde de la poupée car il était possible de le baigner contrairement aux poupées traditionnelles.

Jusque dans les années 1950, Petitcollin prospéra cultivant à raison son image de plus célèbre fabrique française de poupées. Depuis sa création, Petitcollin se démarque par une tradition d’innovations et d’inventions dans les procédés de fabrication comme dans la gamme de produits et compte ainsi à son actif de nombreux brevets dont la plupart ont servi l’évolution de l’industrie de la poupée. Par ailleurs, dès 1956, l’entreprise mit en route sa première unité d’extrusion soufflage de polyéthylène permettant de fabriquer les baigneurs à corps dur marquant ainsi une nouvelle étape technique dans la fabrication des jouets. Quelques années plus tard en 1961, issu de cette nouvelle technique, Petitcollin maîtrisait le roto-moulage ou moulage par rotation, permettant de fabriquer des pièces en vinyle pour les têtes et les membres des poupées. En 2009, Petitcollin inaugura un espace muséographique accolé à son entreprise. Présentant plus de 200 objets anciens issus de prêts de collectionneurs privés, ce charmant musée met particulièrement en valeur un siècle de créations. La même année, la marque de jouets devient pionnière en matière de développement durable dans son domaine en créant une toute nouvelle gamme de poupons fabriquée de manière éco-responsable : « les écolo-doll ».

Jeujura

L’histoire commence en 1911, lorsqu’Henri Liégeon a créé son premier atelier de fabrication à Champagnole dans le Jura. En 1931, Henri Liégeon confie la direction de l’entreprise à son fils Bernard Liégeon. Celui-ci s’orientera rapidement vers la fabrication de différents jeux et jouets en bois. La marque « JEUJURA » sera déposée en 1948. En 1971, Jean Liégeon succède à son père à la direction de l’entreprise. Cette période atteste le début de la présence de la marque Jeujura sur l’ensemble des réseaux de distribution en France mais aussi à l’étranger. Le développement des produits de la gamme s’accentue : Jeujura présente une très large gamme de jeux et jouets en bois et n’oublie pas d’innover en développant des nouveaux thèmes autour de la gamme des maisons à construire. La volonté de maintenir la production en France est essentielle et dès le début des années 1990, la production s’industrialise à travers l’investissement dans un important parc machines afin de maintenir un outil de production très performant.

Moulin Roty

Moulin Roty c’est l’histoire d’une joyeuse bande d’amis, réunis autour d’un projet de vie commun associant travail et vie en communauté. La Douillette, première poupée moelleuse aux couleurs tendres va laisser une empreinte dans l’histoire du jouet et du monde de l’enfance. Devant l’essor pris par l’entreprise, le hameau parait un peu isolé pour continuer l’aventure. Les années 90 seront marquées par des rencontres, dans le domaine de la création et de la fabrication, qui vont permettre de proposer des gammes de plus en plus complètes dans l’environnement de la chambre d’enfant. «Des jouets d’hier pour enfants d’aujourd’hui». Nini , emblème de la Grande Famille d’aujourd’hui, arrive sous le nom de Mimi la Souris. L’arrivée de Louna l’abeille en 2000 sera un tournant fort dans le monde de la puériculture, encore très axé sur les couleurs pastel rose et bleu. Dans les autres collections, de fil en aiguille, l’offre se renforce, avec l’introduction des articles de literie (le tour de lit, les sacs de couchage, les édredons…). Moulin Roty inaugure sa première boutique à Nantes. En 2012, pour nos 40 ans, la boutique de Paris a ouvert ses portes. Les Jolis pas Beaux naissent en 2008 dans une multitude de coupon de tissus. Chaque nouvelle collection commence par une histoire, un univers, des aventures. Avec un vrai souci de qualité, mais surtout de faire plaisir aux enfants, ils donneront vie aux gammes et personnages qui nous tiennent tant à cœur. L’objectif de Moulin Roty a toujours été de concilier douceur, fantaisie et tendresse, tout en élaborant un standard de qualité irréprochable.

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Fabrication artisanale et industrielle

La fabrication des berceaux de poupée en bois a connu différentes phases, allant de l'artisanat minutieux à la production industrielle.

Fabrication artisanale

Traditionnellement, les berceaux de poupée étaient fabriqués à la main par des artisans qualifiés. Ils utilisaient des outils simples pour découper, sculpter et assembler les différentes pièces de bois. Chaque berceau était unique, reflétant le savoir-faire et la créativité de l'artisan.

Fabrication industrielle

Avec l'essor de l'industrialisation, la fabrication des berceaux de poupée a évolué. Les machines ont remplacé une partie du travail manuel, permettant une production plus rapide et à plus grande échelle. Cependant, certaines étapes, comme la finition et la décoration, restaient souvent réalisées à la main.

Les matériaux utilisés

Le bois est le matériau principal utilisé dans la fabrication des berceaux de poupée. Différentes essences de bois peuvent être utilisées, chacune ayant ses propres caractéristiques esthétiques et mécaniques. Le hêtre, le pin, le chêne et le tilleul sont parmi les essences les plus couramment utilisées.

Le processus de fabrication

Le processus de fabrication d'un berceau de poupée en bois comprend généralement les étapes suivantes :

  1. Sélection du bois: Le choix de l'essence de bois est crucial pour la qualité et l'apparence du berceau.
  2. Découpe des pièces: Les différentes pièces du berceau sont découpées à partir de planches de bois.
  3. Assemblage: Les pièces sont assemblées à l'aide de colle, de vis ou d'autres techniques d'assemblage.
  4. Finition: Le berceau est poncé, verni ou peint pour protéger le bois et améliorer son apparence.
  5. Décoration: Des détails décoratifs, tels que des sculptures, des motifs peints ou des tissus, peuvent être ajoutés pour personnaliser le berceau.

L'importance du berceau de poupée dans le développement de l'enfant

Le berceau de poupée est bien plus qu'un simple jouet. Il joue un rôle important dans le développement de l'enfant, en stimulant son imagination, sa créativité et son sens des responsabilités. En imitant les adultes et en prenant soin de leur poupée, les enfants développent leur empathie et apprennent à exprimer leurs émotions.

Les berceaux de poupée à travers le monde

Si les berceaux de poupée en bois sont particulièrement associés à l'artisanat européen, d'autres cultures ont également développé leurs propres versions de berceaux de poupée, souvent fabriqués à partir de matériaux locaux et reflétant les traditions et les esthétiques propres à chaque région.

Les Kokeshi japonaises

L’archipel nippon est une terre où la modernité et la tradition forment les deux faces d’une même pièce. La kokeshi, poupée en bois sans membres, reflète très bien cette dichotomie. Mondialement célèbre, son origine est restée floue. Très simple dans sa réalisation, il n’existe pourtant pas deux kokeshi identiques. Il semblerait que les poupées kokeshi traditionnelles aient été fabriquées pour servir de jouet aux enfants de la région de Tôhoku il y a plus de deux siècles. Fabriquées par les kijiya, des artisans spécialisés dans la fabrication d’objets en bois, elles étaient sculptées à partir des chutes de bois, puis vendues aux habitants de la région et aux touristes des sources chaudes.

L’origine du mot kokeshi est, elle aussi, très obscure. Initialement, les poupées portaient leur nom en fonction de leur lieu de fabrication. On les appelait dekoroko, houko ou encore kogesu. Le rouge est très souvent utilisé pour peindre les motifs des kokeshi. Mais on peut aussi retrouver d’autres couleurs ou motifs. L’art de la fabrication de la kokeshi traditionnelle se transmet de maître à élève. On parle de kokeshi traditionnelle quand sa fabrication est transmise d’un maître (sensei) à son élève. Contrairement aux kokeshi traditionnelles, il n’y a ni règles créatives à respecter ni contraintes géographiques. Forte de son succès, la poupée kokeshi s’est mondialisée. Il est aujourd’hui très facile de trouver des figurines décoratives non japonaises vendues sous le terme de “kokeshi”. Ce sont des kokeshi fabriquées et commercialisées en série. La décoration de ces kokeshi est beaucoup plus libre que celle des kokeshi traditionnelles.

Bien qu’elle soit simple par sa forme, une simple tête et un tronc, la kokeshi traditionnelle est unique. Il n’y a pas deux poupées identiques. Traditionnellement, c’est le même artisan qui s’occupe de la sculpture et de la peinture de la poupée. Le choix du bois, de la forme, des motifs, de l’expression de la poupée et ses couleurs lui appartiennent. L’artisan sculpte la forme de la kokeshi à l’aide d’un tour à bois. Progressivement, il affine la forme à l’aide de différents outils et ciseaux à bois.

La préservation du savoir-faire et l'avenir des berceaux de poupée en bois

Face à la concurrence des jouets en plastique et des produits importés, il est essentiel de préserver le savoir-faire traditionnel lié à la fabrication des berceaux de poupée en bois. Des initiatives sont mises en place pour soutenir les artisans locaux, promouvoir les produits de qualité et sensibiliser le public à l'importance de ce patrimoine culturel.

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