Niché au cœur de la Bretagne, le château de la Forêt-Neuve se dresse fièrement, témoignant d'un riche passé et d'une architecture remarquable. Édifié à la fin du XVème siècle par le puissant maréchal de Rieux, ce manoir a été le théâtre de nombreux événements historiques et a accueilli des personnalités de renom. Situé sur une colline dominant les marais de Glénac, le château offre un panorama exceptionnel sur la campagne environnante. Son architecture, typiquement bretonne, mêle éléments défensifs et confort de vie.
Les Origines du Manoir : Des "Alleux" aux Rieux
Les premières traces écrites du manoir remontent à 1427. À la réformation de 1427, sous l’appellation « Les Alleux », est cité le manoir et l’hébergement de la Forestneufve appartenant au sire de Rieux. Une "Enqueste faite en la paroisse de Glennac par Nicolas Le Comte auditeur des Comptes Monsieur le Duc et Me Jehan Prodic secrétaire de mondit sieur le XXIXe jour de Xbre l’an M. IIIIe XLVIII, par commission de mond. sieur du XIIe jour de Xbre derrain passé, touchant les demourans en lad. par. contribuans à fouage par le rapport et déposition de Guillaume Denis, Perrot Saindon, Perrot Bollo, Jehan Desprez et Jehan Raoul fabrique de lad. par. tesmoings jurez sur les Evangiles faire vray et loial raport de tous les demourans en la par." témoigne de l'importance du lieu dès le XVe siècle.
Jean IV de Rieux : Un Seigneur Influent
Jean IV de Rieux, figure marquante de son époque, fut intimement lié à l'histoire du château. Général des armées françaises et Capitaine de la ville de Nantes, il était issu de la haute noblesse, fils de François de Rieux, maréchal de France, et de Jeanne de Rohan. Seigneur de Rieux, Malestroit, Rochefort, Largouët, Assérac, Ranrouët et Ancenis, il participa à la guerre du Bien public (1465), devint maréchal de Bretagne (1470), puis lieutenant général du duc (1472). Soucieux de jouer un rôle politique à un moment où la grande aristocratie est de plus en plus évincée du conseil ducal, il rallie le camp des adversaires du trésorier Landais et choisit la France en 1484. Girouette politique, il hésite entre le camp breton et celui du roi. Revenu à François II en 1487, il est présent mais malheureux à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier (1488). Choisi comme tuteur de la duchesse Anne, il ne tarde pas à s'opposer à celle-ci, lorsqu'il s'entête à lui désigner pour époux le sire d'Albret. Finalement rallié à la duchesse, il contribue activement au mariage de celle-ci avec le roi de France. Localement, Jean IV de Rieux est représenté par Guillaume Rio, son receveur, sieur de la Cordonnais (les Fougerêts) et grand maître des chasses seigneuriales des Rieux.
Description Architecturale au Fil du Temps
L'architecture du château, reflet de son histoire, a évolué au fil des siècles. A la Forêt-Neuve, on retrouvait traces de beaux entourages, tels que : esplanade, déports à vannes, allées, contrallées, rabines directes et de traverse, coulées, vallées, viviers, et cette maison de plaisance semblait avoir grand air. Mais il n'y avait plus une vitre dans tout le cours du premier étage, où même beaucoup de carrées de fenêtre étaient absentes. En revanche, à chaque lucarne du château (il y en avait six), on voyait un écusson différent des alliances de Rieux, Rochefort, Bretagne, Penthièvre, Ancenis, Rohan, Rochefort, permettant de suivre sur les murailles leur glorieuse généalogie. Au-dessous de l'écusson de Rieux se voyaient deux béliers affrontés, chargés de bezans sur tout le corps, et surtout, on rencontrait une antique porte de bois à curieuse décoration. Elle était doublée de limandes par-derrière, liées et attachées les unes aux autres par de grands clous écroués et dont les têtes représentaient des bezans. Cette ornementation originale nous rappelle les tours de Ranrouët, en Herbignac, où, à l'aide de gros boulets encastrés dans la maçonnerie extérieure, on a figuré les bezans des armoiries de Rieux de manière à en faire un écusson colossal. Dans une chambre de la Forêt-Neuve, et malgré son état de ruine, le manteau d'une cheminée était décoré d'un écusson en bois des armes de France à couronne non fermée : « ledit écusson fort ancien et qui nous a paru être de Charles VIII ou Louis XII. » Dans chaque chambre, le manteau de cheminée était décoré d'un écusson en bois et, dans la dernière, d'un écu en bois pendant avec un cordon, le dit écu d'azur à 10 bezans d'or, entouré du collier du Saint-Esprit . Sur la premiere lucarne du bah ment du cote du midi, il y a un ecusson au haut d'icelle,ecartele aux premiers et troisiemes de Rieux. "Nous avons remarque qua la lucarne prochaine en tirant stir le Nord. . Qu'a la 3e lucame. "Qu'a la 5e lucame, est un grand ecusson de Rieux ecartele comme ceux-ci devant avec le meme collier de l'ordre, et au-dessous deux beliers aff routes . . 'et qu'a la 6e lucarne, zst un grand .
La Visite Royale de Charles IX en 1570
Un événement marquant de l'histoire du château fut la visite de Charles IX en mai 1570. 1570-Soyez sans crainte, vous n'avez pas manqué une information dans votre journal favori. Il ne s'agit pas du passage du roi d'Espagne ou de la princesse de Galles, puisque l'événement se situe en mai 1570. À cette date régnait en France Charles IX, fils du roi Henri II et de Catherine de Médicis. À vingt ans, à une époque où la situation du royaume aurait nécessité un pouvoir fort, ce jeune roi était indécis, inconstant et en mauvaise santé. La période particulièrement affreuse : celle des guerres de religion. Le premier mai, le roi et sa suite quittèrent Champtoceaux, se dirigeant vers Châteaubriant. Imaginons ce que pouvait être pour les populations rencontrées en ce printemps 1570, la visite du cortège royal. Le jeune roi dispose d'un coche, d'une litière de parade traînée par des mulets et d'un chariot doublé de velours vert à filets dorés. Avec son personnel domestique, dont cinq médecins, cinq officiers de cuisine, cinq sommeliers, il emmène ses musiciens. Le roi est accompagné de sa mère Catherine de Médicis qui voyage dans un coche attelé de six chevaux. Un bon nombre de personnages sont du voyage : la sœur du roi, Marguerite, qui devait épouser le 18 août 1572 le roi de Navarre, le futur Henri IX, son frère, le duc d'Anjou qui devint en 1574 le roi Henri III, son frère bâtard le chevalier d'Angoulême ,le duc de Guise, le marquis de Mayenne, les comtes du Lude et d'Epernon, le comte de Retz son grand chambellan et son épouse Claude-Catherine de Clermont, les cardinaux de Lorraine et de Bourbon, les évêques de Nîmes et de digne, etc. Arrivé à Châteaubriant le trois mai, le roi dîna à Derval le cinq et coucha à Guémené-Penfao. Il arriva le samedi six mai au château de la Forêt-Neuve, à Glénac, où il fut reçu avec tous les honneurs par le châtelain Guy de Rieux-Châteauneuf, lieutenant-général de Bretagne. Arrêtons-nous un instant pour faire la connaissance de ce personnage. Guy de Rieux est né à Rochefort-en-Terre en 1548, il a donc vingt-deux ans, fils de René de Rieux, seigneur de Sourdéac et de Béatrice de la Jonchère, il avait épousé à Rennes le 11 juin 1560, Jeanne de Chastel ; on se mariait jeune à l'époque. La famille de Rieux n'était pas inconnue du Roi. Catherine de Médicis, dont la politique était parfois tortueuse, proposa deux ans plus tard au Voivode de Transylvanie, beau-frère du roi de Pologne, devenu veuf, la main de la belle Châteauneuf ;l'affaire ne se fit pas, mais Renée de Rieux avait failli entrer dans la famille royale. Plus tard, tombée en disgrâce, elle épousa un italien, Antinotti ,ayant reconnu que son mari lui était infidèle, elle le tua de sa main et se remaria par la suite avec un autre italien Philippe Altovitti. Le roi et sa suite y séjournèrent du six au neuf mai. Guy de Rieux donna le dimanche sept mai une grande chasse, suivie d'une brillante réception. La ville de Ploërmel fit au roi et à sa cour une réception splendide et dut s'endetter à cette occasion d'une somme importante : 18 000 livres. Le cortège quitta la Bretagne en passant par Dinan et Saint-Malo, après un dernier dîner le 27 mai, à Cancale. Charles IX s'intéressa une nouvelle fois à la Bretagne en cette même année 1570. Voulant marquer sa gratitude pour les services rendus par Louis de Rohan, il accorda à la seigneurie de Guémené (sur Scorff) le rang de principauté. En même temps, pour soutenir ce nouveau titre, il annexa au fief principal la seigneurie de la Roche, soit une dizaine de paroisses de la région Plouay-Pont Scorff et celle des fiefs de Léon, qui comprenait Hennebont et sa région, ainsi que la vicomté de Plouhinec et l'île de Groix. Après cette courte accalmie, les populations n'avaient pas fini de souffrir des guerres de religion.
Lire aussi: Les traditions autour du Berceau de Naissance
Les Successions et Transformations du Château
Au fil des siècles, le château changea de mains, subissant les aléas de l'histoire et les transformations architecturales. Dix ans plus tard, le propriétaire ne voulant rien changer à son train de vie, supérieur cependant à ses revenus, il vend son comté breton à un conseiller du roi, ancien garde des Sceaux sous Louis XIII, messire du Plessix de Guénégaud, qui vient en personne prendre possession de son fief, et comme les administrateurs modernes, soucieux d'expansion économique, il s'occupe de rétablir sur son fief l'ancienne activité commerciale, obtenant de Louis XIV le droit de foires et marchés pour la tenue desquels il restaure et agrandit les halles. Bienfaiteur de l'église, il donne aux Camaldules la chapelle de Roga en Saint-Congard, reprenant à son compte l'action spirituelle des Rieux qui avaient dans le passé donné aux Ordres quelques-uns de leurs enfants : une supérieure du Calvaire à Paris, une abbesse de la Joie à Hennebont, un évêque à Saint-Pol-de-Léon. II n'y a qu'une ombre à ce tableau : c'est qu'il ne dure pas longtemps. A la mort de Guénégaud (1674), son fils se débarrasse d'un héritage lointain et le vend pour 400 000 livres au roi de Pologne, Jean Sobieski, pour l'un de ses gentilshommes dont la noblesse est jugée insuffisante par le roi de France, qui refuse son agrément et fait saisir le domaine par un arrêt du Parlement de Bretagne afin de couvrir les dettes de Guénégaud fils. Seulement 25 ans après sa mort, la Forêt-Neuve trouvera un acquéreur en Noë de l'Épine, par la descendance duquel les Rieux la retrouveront. Pas pour bien longtemps hélas ! « Le dernier des Rieux », comme les chroniqueurs qualifient le jeune Louis de Rieux, va être appelé par le destin à signer de son sang l'une des plus tristes pages de l'histoire bretonne. 1678 Au commencement de l'année, Louis-François de Rieux et sa jeune épouse Marie de Saulx Tavannes se rendaient aussi à la Forêt-Neuve. 1704-Le mardi 17 juin, Marie-Anne Guyonne Danycan de l’Épine se marie à Charles Huchet de la Bédoyère, procureur au Parlement de Bretagne à Rennes et reçoit le château de la Forêt Neuve en dot. Vers 1770, le château est la propriété de François de Rieux marié à Marie-Anne de Saulx-Tavannes. 1819- La Forêt-Neuve fut vendue en deux lots à Antoine Bellamy et Élie Dumoustier, négociants à Redon, sous la poursuite et la diligence de Jean-Denis Grébauval, employé, demeurant à Paris, agissant comme curateur de la succession vacante de l'émigré de Rieux.
La Famille Foucher de Careil et ses Armoiries
La famille Foucher de Careil, liée à l'histoire de la région, a également marqué le château de son empreinte. FOUCHER de CAREIL. Armes primitives : de sable à quatre fasces d'or, au lion de même brochant sur le tout. - Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle la famille Foucher de Careil remplaça ces armoiries par celles de la famille Foucher de Brandois avec laquelle elle revendiquait une origine commune : de sable au lion d'argent. - Armes concédées en 1808 : parti de sable au lion d'argent et d'argent à un chevron d'azur accompagné de trois étoiles du même ; au franc quartier de gueules à l'épée haute en pal d'argent, qui est des barons militaires. -Couronne : de Comte. - Supports : deux lions (aliàs deux Mélusines). Appartient à la noblesse de Bretagne. Elle a eu pour berceau les confins du Bas-Poitou et de l'Anjou. Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle elle chercha à se rattacher à la famille Foucher de Brandois et en adopta les armoiries ; mais cette dernière famille n'a jamais accepté une communauté d'origine qui est peu vraisemblable et qui, du reste, ne s'appuie sur aucune preuve. On trouvera des généalogies ou des tableaux généalogiques de la famille Foucher de Careil dans les manuscrits de Chérin, dans le Cabinet d'Hozier et dans le tome Vlll du Nobiliaire universel de Saint-Allais. Les travaux mentionnés plus haut, d'accord avec un jugement de maintenue de noblesse rendu en 1668, font remonter la filiation suivie à l'année 1451, date à laquelle Julien Foucher, écuyer, et son frère, Georges Foucher, un des cinquante hommes d'armes de la compagnie du seigneur de Chateaubriant, partagèrent la succession de leurs parents, Guillaume Foucher, sieur du Boisrondeau, dans la paroisse de Touvais, en Bas-Poitou, et Antoinette de la Touche. L'aîné des deux frères, Julien Foucher, écuyer, Sgr du Boisrondeau, épousa Guillemette de Lesbas par contrat du 4 août 1467. Son fils, Jean Foucher, Sgr de la Fellière, en Anjou, marié à Marie de Brie par contrat du 8 novembre 1534, se fit rayer du rôle des tailles de sa paroisse par sentence des élus d'Angers du 4 octobre 1578. Il fut père d'Hardouin Foucher, sieur de la Fellière, reçu le 9 juillet 1554 conseiller au Parlement de Paris, qui épousa cette même année Claude de Lantier, fille d'un procureur général au Parlement de Normandie, grand-père de Marie Foucher, écuyer, Sgr de la Fellière, simple receveur des tailles, qui épousa, le 13 octobre 1614, Claude Gédoyn, veuve de Michel Boutant, sieur de Gommerville, secrétaire du Roi, et bisaïeul de Thomas Foucher, Sgr de la Fellière, baptisé le 19 septembre 1616 en l'église de Saint-Jean-en-Grève, à Paris, demeurant en la paroisse de Beaufort-en-Vallée, dans l'élection d'Angers, nommé en 1642 gentilhomme servant du Roi, qui épousa, le 19 février 1647, Françoise de Grancey, native de Courmoulin, au diocèse de Bayeux, et qui fut maintenu dans sa noblesse le 7 mars 1668, sur preuves remontantes à 1451, par jugement de Voisin de la Noiraye, intendant de Tours, avec son fils, François, baptisé en 1648, marié dans la suite, en 1685, à Marie Choisnet. Celle-ci était veuve et résidait à Angers quand elle fut maintenue dans sa noblesse, le 5 mars 1715, par jugement de M. de Chauvelin de Beauregard, un des successeurs de Voisin de la Noiraye. Son fils, Louis-François Foucher, chevalier, Sgr de la Fellière, né à Angers en 1697, d'abord avocat aux Conseils du Roi, fut reçu en 1735 conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa d'abord en 1723 Sainte Charruault, fille d'un conseiller maître en la Chambre des comptes de Bretagne et héritière de la seigneurie de Careil, à Guérande, où il mourut en 1771. Il eut de cette union un fils unique, Denis-Louis Foucher de Careil, né à Paris en 1729, reçu en 1754 conseiller au Parlement de Bretagne, décédé sans postérité à Rennes en 1768. Il se remaria dans un âge avancé, le 29 juillet 1760, à Anne-Jeanne Busnel et en eut trois autres fils qui furent maintenus dans leur noblesse, le 11 août 1784, par arrêt du Parlement de Bretagne. Le plus jeune de ces fils., Auguste-Jean, n'eût qu'une fille. Guillaume-Fidèle Foucher, Sgr de Careil, auteur de la branche aînée, épousa en 1787 Marie-Olive de Kerven de Kersullec. L'auteur de la branche cadette, Louis-François Foucher de Careil, né en 1762 au château de Careil, général de division en 1807, grand-officier de la Légion d'honneur en 1813, décédé en 1835 à Garches, près de Saint-Cloud, fut créé baron de l'Empire par lettres patentes de mai 1808. Il était connu dans les dernières années de sa vie sous le titre de…
Un Parallèle : Le Château de La Forest
Il est intéressant de noter des similitudes avec d'autres châteaux de la région, comme le château de La Forest. Le château de La Forest, dit aussi La Grande Forest, s'élève sur un contrefort du Mont du Chat, au pied de forêts de hêtres et d'épicéas qui ont dû lui valoir son nom. On y accède à partir de Saint-Jean-de-Chevelu par la route nationale, à gauche en sortant du tunnel du Chat qui relie la région d'Aix les Bains au Petit Bugey. Il est le berceau de la maison de La Forest Divonne.
Histoire et Architecture du Château de La Forest
Sis à quatre kilomètres de la petite ville d’Yenne, le château est très représentatif de l’architecture militaire à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle. Fortement assis sur une terrasse de gros appareil, il est construit sur un plan carré et comporte quatre tours d’angle et une cinquième, au centre de la façade ouest qui défend l’entrée. L’étroite porte d’accès en arc brisé et les restes d’une herse sont encore visibles. D’une tour à l’autre sur ce côté, un balcon a été édifié au siècle dernier qui remplace l’ancien hourd, ou hourdis, galerie de bois jadis fixée au niveau des créneaux pour battre les murailles en cas de siège. Le château comprend un rez-de-chaussée, ou partie basse, et un étage. Une chapelle construite à l’extérieur et adossée au mur sud est aujourd’hui une étable. Les cinq tours, découronnées à la Révolution sur l’ordre du représentant de la Convention en Savoie, étaient autrefois en poivrière à mâchicoulis, protégées en avant-corps par des barbacanes, ou casemates, constituant une enceinte. Plusieurs fenêtres sont à meneau. Au-dessus de l’une d’elles sont sculptées les armes de la famille La Forest. À courte distance, par un chemin, on accède à la « Petite Forest », constituée d’un donjon carré, posé sur une butte, et dont il ne reste que les fondations. À côté du donjon, quelques pans de mur ruinés et deux granges dont les bases comportent des éléments gothiques, notamment celles des portes. Elles proviennent très probablement du château primitif, presque entièrement disparu. Le donjon possède encore une fenêtre à meneau. Le château de La Forest resta dans la famille La Forest jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Il en sortit par le mariage d’Isabeau de La Forest, dernière de sa branche, et passa à son mari, Pierre de Grenaud. À la Révolution, il appartient encore à leur descendante, Marie Victoire de Grenaud, veuve du comte de Chabod Saint-Maurice. Rayée de la liste des émigrés, en l’an XI, elle obtient la levée du séquestre, et vend La Forest, le ler vendémiaire an XII, à Monsieur Millon-Rousseau qui avait les terres en fermage. La tour Est est massive. Elle ne comporte ni réduits ni lucarnes contrairement aux autres. Elle est construite en direction de la méridienne du lieu, car au soleil la première ombre qui tombe sur la tour indique midi à l'heure solaire. Cette imposante bâtisse a certainement été ordonnée par une autorité importante, le duc de Savoie sans doute. C'était l'époque des châtellenies, et le souverain aurait ensuite attribué ce château à des serviteurs qui avaient rendu service. Les seigneurs ainsi investis avaient un rôle d'administrateur et des droits dans les châtellenies. C'est ainsi que d'après Guichenon la famille de Foresta, originaire des environs de Bourg-en-Bresse, soit St-Martin-du-Mont, s'est vu attribuer ce fief. Quoiqu'il en soit nous connaissons quelques indications sur les seigneurs qui se sont succédés au château à travers les âges. L'on note : Berlion de La Forest, témoin avec Guy de Chevelu, dans la charte des franchises accordées par le comte Thomas en 1232 à la ville de Chambéry. Pierre de La Forest par acte daté de Chambéry le 19 juin 1302, reconnait tenir en fief des biens provenant de Hugues de Seyssel, seigneur de la Batie. En 1342, intervient une transaction de partage entre les frères et la soeur Claude, Pierre, Antoine de La Forest et Jacquemaz de La Forest, femme de François de Prelian. En 1358, par acte fait à Yenne par le notaire Antoine de Fistilieu, Guillaume de La Forest reçoit en albergement des biens de Guillaume de Chevelu. Il avait figuré au tournoi du comte Vert à Chambéry en 1348, avec des armes qui étaient de sinople à la bande d'or frettée de gueule. Ces armes se voient encore à une lucarne de la tour nord, mais avec une barre au lieu d'une bande sur l'écusson. Guillaume de La Forest fait une vente à Pierre de Cordon de la Barre. Il reçoit en 1343, hommage lige et taillable à miséricorde de divers habitants de la paroisse de Yenne et hors la porte de cette ville, appelée porte Paillance. L'acte est dressé par le notaire Jean Rubold, alias Thorency de Centagneu. En 1377, il fait son testament reçu par le même Rubold, notaire. En 1510, vivait François de La Forest marié à Louise de Martel et Claude de La Forest leur fils épousait en 1588, Antoinette de Seyssel. A cette époque, un rameau détaché de cette famille forme celle des seigneurs de Somont sur Yenne (de La Forest Somont). Vers 1600, vivait Philibert de La Forest seigneur du dit lieu, du Chatelard, de Chevelu etc … Il fait son testament le 24 décembre 1646, au château de la Forest, portant d'abord legs à sa fille donnée (naturelle) Marguerite femme noble du Chatelard, puis institue pour son héritier universel Isabeau de La Forest mariée à Pierre de Grenaud, seigneur de Contamine, dont il veut que le fils aîné prenne le nom et les armes de La Forest. Ces armes étaient "écartelé de sinople et de gueules au lion d'or et bande chevronnée de gueules" l'écu primitif avait été modifié par alliance. Le 1er octobre 1675, à la réunion de la noblesse du canton, l'héritier de La Forest figure sous le nom et titre de Joseph de Grenaud, seigneur de Condaminaz et de La Forest. Il est qualifié de la même manière comme témoin d'un mariage au château de Gremilieu le 9 juin 1688. Vers 1725, le fief appartenait à Jacques de Grenaut de La Forest, puis à son fils Joseph en 1735 et à son petit-fils Jean-Jacques en 1750. Le fils de ce dernier, habitant son domaine de Samoens en Faucigny loue sa terre de La Forest à un fermier du pays (mon trisaieul) à la veille de la Révolution. Le 21 mai 1792, messire Joseph fils de feu Jean-Jacques de Grenaud, baron de St Christophe, seigneur de La Forest, natif de St Jean de Chevelu et habitant de Samoens sur la frontière suisse, afferme par bail son domaine de La Forest à François Million Rousseau. Le seigneur de Grenaud avait deux filles, l'aînée qui avait épousé le comte de Chabaud a émigré en Suisse avec son père. La deuxième, prénommée Sarde, ne suit pas sa soeur et regagne probablement La Forest où elle connut pendant quelques temps, aux dires des anciens du pays une existence difficile. Les troupes du général Montesquieu pénètrent en Savoie qui devient française, le domaine de La Forest est sequestré par la nation. Mais pourquoi seulement sequestré et non spolié et vendu comme bien national comme les autres châteaux de la région? On peut supposer que la deuxième fille n'ayant pas émigré et étant devenue la citoyenne La Forest, elle avait peut-être attiré sur elle la bienveillance des sbires de la Révolution! Simple supposition! La citoyenne La Forest avait épousé entre temps un notaire de la localité du nom de Dupasquier. La maison de ce notaire existe toujours; elle appartient à un pharmacien de Chambéry. De cette union est né une fille: Féronne Dupasquier qui est devenue par la suite mon arrière grand-mère. Voilà comment je suis apparenté à la famille La Forest. Le comte de Grenaud est décédé en émigration et sa fille Marie, épouse de Chabaud, est devenue veuve. Héritière du domaine elle se fait rayer de la liste des émigrés en l'An X de la République. Le séquestre du château est levé par le 1er Consul. Elle retrouve l'intégralité de ses biens. Son château ayant été en partie démoli et n'ayant pas sans doute pas beaucoup de moyens pour gérer un domaine de cette importance, elle décide de le vendre. C'est ainsi que le 1er vendémiaire An XII, François Million Rousseau qui avait été anobli mais sans particule en fit l'acquisition. l'acte a été reçu par Me Philibert Reveyron, notaire à Yenne. Madame de Chabaud n'avait pas négocié elle-même la vente du domaine. Elle avait donné procuration à un certain de Sirace de Vallace pour la remplacer. Depuis cette date le château est demeuré dans la famille Million Rousseau. Ce manoir familial, fort endommagé par le temps brave encore les intempéries. L'arrété du 8 pluviose An II du citoyen Abbitte (de sinistre mémoire) représentant du peuple en mission dans le département du Mont-Blanc : considérant . . . arrété ce qui suit : tous les châteaux forts, forteresses, existant dans le département, toutes les tours, tourelles, murs à créneaux, meurtrières et canardières, mâchicoulis, ponts-levis et autres fortifications seront démolis sans délais et les fossés comblés… Le 30 ventose An II, l'agent national prescrit la démolition des tours du château de La Forest. Le 12 germinal An II, le travail n'est pas commencé. La municipalité est alors invitée à mettre de suite en réquisition tous les ouvriers disponibles. C'est Jean Machet, artisan entrepreneur, qui a été requis. Les matériaux de démolition ont comblé les douves qui entouraient le château.
La Chapelle Seigneuriale du Château de La Forest
Construit vers le milieu du xive s., il comporte une chapelle seigneuriale située dans l’aile des servitudes, près du corps de logis. Ce petit bâtiment qui ne mesure que 6,80 m de long a subi les dommages du temps. Il fut transformé en oratoire protestant au xvie s. et abandonné après la Révolution française. Les propriétaires actuels du château ont souhaité y rétablir le culte. La chapelle se compose d’une nef rectangulaire très rudimentaire couverte d’une voûte en berceau brisé. Elle est éclairée par une fenêtre trilobée dans sa partie supérieure qui pourrait être contemporaine de la nef primitive. Le linteau de la porte d’entrée porte un arc en accolade et est surmonté d’une petite fenêtre de granit en plein cintre dont l’appui est mouluré.
Lire aussi: Choisir les bons jouets pour bébé dans le berceau
Lire aussi: Avis sur les berceaux Calidoo, Zina et Amara
tags: #berceau #château #de #la #forêt #histoire