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Le Pays de Valois : Histoire, Légendes et Berceau des Valois

Le Pays de Valois, région aux paysages paisibles et à l'histoire riche, située aux portes de Paris entre l'Oise et l'Aisne, est bien plus qu'une simple terre de forêts et de villages. C'est un lieu où l'histoire de France s'est intimement liée aux légendes locales, où le passé royal se mêle au mystère des traditions populaires. Berceau de la dynastie capétienne des Valois, cette région autrefois royale est aujourd’hui discrète, presque secrète.

Légendes Enchâssées dans le Pays de Valois

Le Pays de Valois, riche de son histoire et de ses paysages enchanteurs, est aussi le berceau de nombreuses légendes captivantes. Ces récits, mêlant mystère, magie et histoire, fascinent habitants et visiteurs.

La Pierre Glissoire : Un Lieu de Festivités Féériques et de Guérison

Perdue dans le Bois du Roi, près de Péroy-les-Gombries, se trouve une immense pierre lisse et inclinée, connue sous le nom de Pierre Glissoire. Cette roche, qui évoque un toboggan naturel, est au cœur d’une légende ancienne. On raconte que, lors des nuits de pleine lune, elle devient le théâtre des festivités des fées et des esprits de la forêt. Rires cristallins et éclats lumineux émerveillent les rares témoins de ces moments magiques. Mais gare à celui qui dérangerait cette joyeuse assemblée : la malédiction l’obligerait à glisser sans fin sur la pierre. Ce lieu mystique aurait également des vertus curatives. Jadis, des enfants malades y étaient conduits pour guérir.

Le Trésor des Templiers de Crépy-en-Valois

Crépy-en-Valois, autrefois bastion de l’ordre des Templiers, serait le gardien d’un secret inestimable : un trésor caché sous les fondations de leur commanderie. Au XIVe siècle, alors que les Templiers étaient pourchassés par le roi Philippe IV, la légende raconte qu’ils auraient dissimulé leurs richesses, comprenant or, reliques sacrées et peut-être même le Saint Graal ! Protégé par des pièges et des incantations, ce trésor serait gardé par l’esprit d’un chevalier templier. Au fil des siècles, aventuriers et érudits ont tenté en vain de percer ce mystère.

Isabeau, la Gardienne des Papillons

Dans un village niché au cœur du Pays de Valois, vivait autrefois Isabeau, une jeune femme à la beauté envoûtante, toujours accompagnée de papillons colorés. Ces créatures semblaient l’aimer autant qu’elle les protégeait, ce qui attira l’attention et les murmures des villageois. Lorsqu’un chevalier nommé Raoul tomba sous son charme, il découvrit son secret : Isabeau était une gardienne des papillons, une entité destinée à protéger ces créatures fragiles. Espérant briser l’enchantement pour vivre leur amour, Isabeau tenta un rituel dans un cercle de pierres. Mais la magie se retourna contre elle. Dans un ultime sacrifice, elle se transforma en une nuée de papillons, s’élevant dans le ciel orageux.

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La Route du Valois : Une Initiative pour Valoriser le Patrimoine

Créée il y a deux ans à l’initiative de Guy-Pierre de Kersaint, propriétaire du Château de Versigny, et Nicolas Bilot, historien et archéologue, l’association « La Route du Valois » est une réponse directe à l’ouverture de la Cité Internationale de la langue française au sein du château de Villers-Cotterêts. En effet, cette ouverture apporte un nouveau dynamisme à la région. Le collectif regroupe aujourd’hui plus d’une vingtaine de monuments privés ouverts ponctuellement au public, dans l’Oise et l’Aisne.

Le Château de Versigny : Un Patrimoine Familial à Découvrir

Parmi les premiers à avoir incarné cette volonté de transmission, Guy-Pierre de Kersaint a été l’un des moteurs de cette dynamique. Résidence seigneuriale aux portes du Valois, le château de Versigny a traversé d’importantes transformations aux XVIIe et XIXe siècles. Malgré les ravages des guerres mondiales, la famille de Kersaint poursuit depuis maintenant trois générations la restauration et l’entretien de ce patrimoine monumental. Guy-Pierre de Kersaint souligne que « Le Valois est un terreau de l’histoire de France qui n’est pas assez mis en valeur ». Il organise occasionnellement des visites guidées du château, offrant aux visiteurs la possibilité de découvrir le patrimoine familial et son histoire.

Le Château d’Orrouy : Un Lieu de Villégiature Artistique

À quelques kilomètres de là, à la lisière de la forêt de Compiègne, s’élève le château d’Orrouy, un lieu chargé d’histoire. Datant en partie du XVe siècle, il fut profondément transformé au XIXe siècle sous l’impulsion du comte Armand Doria. Grand mécène et collectionneur, ami de Corot, Daumier ou encore Manet, Doria fit du château un lieu de villégiature artistique, accueillant peintres et intellectuels dans un décor néo-gothique. Ce passé prestigieux, inscrit dans la pierre, continue aujourd’hui de faire vibrer les murs d’Orrouy et le cœur de son propriétaire, Bruno Grégoire‑Sainte‑Marie, nouveau président de l’association La Route du Valois. Pour lui, La Route du Valois doit continuer de grandir, de s’ouvrir à tous, permettant à chacun de découvrir des lieux parfois fermés, de participer à des événements, à des visites, et de mieux comprendre la richesse de cette région.

La Muette : Un Jardin Ouvert au Public

Ce désir de transmission s’exprime également dans la voix chaleureuse de Laurence Vivant, qui a grandi dans le Valois auprès de ses grands-parents. Aujourd’hui propriétaire avec son mari Nicolas de La Muette, ils ouvrent leur jardin au public lors d’événements nationaux comme les Rendez-vous aux Jardins ou les Journées Européennes du Patrimoine, avec des temps forts originaux, dont la visite d’une ancienne et immense carrière de pierre située sous le parc. Laurence Vivant affirme qu’« Ouvrir les portes, c’est partager le bonheur de vivre ici » et qu'elle aime accueillir tous les publics, mais a un attachement particulier pour les écoles.

Le Manoir du Plessis au Bois : Un Ancrage Profond dans l’Histoire de France

Un peu plus au sud, à la frontière entre Oise et Aisne, le même engagement anime Diane de Longuemar, dont le manoir du Plessis au Bois incarne l’ancrage profond du Valois dans l’histoire de France. Diane, artiste reconnue, et son mari Paul-Etienne ont choisi de s’installer ici il y a plus de trente ans, attirés par le caractère unique du site, son espace propice à ses œuvres monumentales, et son profond lien avec le territoire. Diane de Longuemar explique qu'« En arrivant il y a une trentaine d’années, nous avons retrouvé des cartes anciennes qui portaient toutes le nom du Valois. Il est partout, mais il a été peu à peu effacé. Ce domaine incarne parfaitement une richesse méconnue ». Racheté au XVIIe siècle par Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, pour sa position stratégique de chasse à courre, il a conservé une architecture remarquable de manoir-ferme soissonnais. On peut encore y voir aujourd’hui le logis central, la tour-donjon hexagonale, ainsi que le colombier. Pour plonger dans une atmosphère presque enchantée, l’esprit de la fin du Moyen Âge et des débuts de la Renaissance renaît dans ces jardins clos, qui rappellent les sept jours de la Genèse. Selon Diane, « les visiteurs sont toujours curieux de l’histoire du lieu. Il y a une vraie émotion à franchir les portes de ces domaines privés ». Il est possible de visiter les jardins du manoir tout au long de l’année dans le cadre de sortie nature ou individuellement en faisant la demande auprès de Diane ou Paul-Etienne. Ils ouvrent aussi leur porte à des événements nationaux comme les Rendez-vous aux Jardins et les Journées Européennes du Patrimoine.

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Le Château de Mont-l’Évêque : Un Regard Neuf sur le Patrimoine

Un souffle plus jeune traverse également cette aventure collective avec Pierre de Pontalba, fils du propriétaire du château de Mont-l’Évêque, qui apporte un regard neuf mais profondément enraciné dans le territoire. Pierre de Pontalba souligne que « Le Valois a un énorme patrimoine culturel qui mérite d’être mieux mis en avant ». Né dans le Valois, Pierre est particulièrement sensible à sa richesse architecturale, notant qu'« Ici, on trouve un mélange étonnant : du gothique, du gallo-romain, du XIXe siècle, avec en plus la proximité de grandes cathédrales en périphérie. Cette diversité fait toute l’identité du Valois ».

Le Château de Montépilloy : Un Monument Historique Emblématique

Enfin, autre figure engagée au sein de l’association, François Rouzé, propriétaire du château de Montépilloy avec son épouse Élisabeth, poursuit une mission de redécouverte active. François Rouzé explique qu'il a rejoint l’association dès le début. Le château est un monument historique emblématique, car son histoire et ses partis pris architecturaux constituent un reflet de la politique des premiers Capétiens directs comme de leurs successeurs de la branche dynastique des Valois et dont le royaume deviendra la France actuelle. Toutefois il souffre encore beaucoup d’un manque de notoriété. Il faut absolument l’inscrire dans un circuit patrimonial plus large, en lien avec des sites très connus comme Chantilly. C’est comme ça qu’on attire et qu’on rassure les visiteurs : ils savent qu’ils ne viennent pas pour rien. Originaire de la Somme, François Rouzé souligne à quel point le Valois a été relativement épargné par les grandes destructions qui ont marqué d’autres régions. Sur place, il propose une exposition permanente avec vitrines et objets issus de fouilles et une projection 3D du château reconstitué. Pour l’année 2025, les Journées du Patrimoine permettent aussi de présenter les projets de chantiers.

La Route du Valois ne trace pas un seul chemin, mais plusieurs itinéraires à travers les lieux et les saisons. Et parce que les pierres ne parlent pas toutes seules, La Route du Valois donne la parole à ceux qui les habitent.

Les Valois : Une Dynastie Royale Marquante

La dynastie des Valois marque, dans le domaine du funéraire, le passage des gisants médiévaux aux éclatants tombeaux de la Renaissance, marqués par les principes et les techniques que celle-ci véhicule. On remarquera également le remplacement du couvent des Jacobins par celui des Célestins comme lieu de dépôt des cœurs et entrailles royales.

Les Sépultures des Rois Valois : Un Aperçu

  • Philippe VI de Valois (1293-1350): Roi de 1328 à 1350. Inhumé en la basilique Saint-Denis, son gisant est une commande de 1364 faite par son petit-fils Charles V à André Beauneveu. Ses entrailles furent placées au couvent des Jacobins de la rue St Jacques tandis que son cœur était apporté dans la chartreuse de Bourgfontaine en Valois (02) (il fut détruit par les protestants en 1567).
  • Jean II le Bon (1319-1364): Roi de 1350 à 1364. Inhumé en la basilique Saint-Denis, son gisant étant une commande de 1364 faite par son fils Charles V à André Beauneveu. Son cœur fut placé au couvent des Célestins.
  • Charles V le Sage (1338-1380): Roi de 1364 à 1380. Son gisant dans les ateliers d’André Beauneveu vers 1364 et celui-ci fut terminé en 1374. Son cœur fut déposé dans la cathédrale de Rouen, où il se trouve toujours (dans la crypte), tandis que ses entrailles étaient placées dans l’abbaye de Maubuisson.
  • Charles VI (1368-1422): Roi de 1380 à 1422. Il fut inhumé dans la basilique Saint-Denis et son cœur fut placé dans le couvent des Célestins.
  • Charles VII le Victorieux (1403-1461): Roi de 1422 à 1461.
  • Louis XI (1423-1483): Roi de 1461 à 1483. C’est lui qui fit édifier la collégiale de Clery-Saint-André dans laquelle il se fit inhumer.
  • Charles VIII l’Affable (1470-1498): Roi de 1483 à 1498. Il fut inhumé dans la basilique Saint-Denis. Son cœur, placé dans la collégiale de Clery-Saint-André, fut retrouvé en 1873 sous le dallage.
  • Louis XII (1462-1515): Roi de 1498 à 1515. Louis XII fut inhumé dans la basilique Saint-Denis, où il rejoignit Anne de Bretagne, tandis que son cœur et ses entrailles étaient placés au couvent des Célestins.
  • François Ier (1494-1547): Roi de 1515 à 1547. Son coeur placé au couvent des Célestins et ses entrailles dans un tombeau dans l’abbaye de Hautebruyères, qui fut rapporté à Saint-Denis en 1852.

Le Mans et les Valois : Une Histoire Entrelacée

On mesure au Mans combien la guerre dite de Cent Ans était une guerre civile qui fournit le prétexte à des puissances étrangères de tenter de conquérir le royaume de France. C’est dans une forêt près du Mans que Charles VI connut ses premiers terribles accès de folie. Son fils Charles VII, que l’histoire retiendra comme « le Victorieux » et « le Bien Servi », rétablira la souveraineté française avec le secours du Ciel, par l’intervention de Jeanne d’Arc.

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