Introduction
La notion de "berceau des droits de l'homme" est intrinsèquement liée à l'évolution des valeurs et des principes qui régissent les sociétés modernes. Si l'expression évoque souvent des origines géographiques ou historiques spécifiques, son application dans le contexte de la Guerre Froide prend une dimension idéologique et politique particulière. Cet article, destiné aux préparationnaires littéraires, vise à explorer comment les droits de l'homme sont devenus un enjeu majeur de la Guerre Froide et dans quelle mesure ils se sont transformés en un terrain d'affrontement entre les blocs Est et Ouest.
La Genèse des Droits de l'Homme après la Seconde Guerre Mondiale
Le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale et la découverte des camps d’extermination nazis ont profondément marqué les consciences et ont conduit à une réaffirmation de l'importance des droits fondamentaux. En 1945, lors de la Conférence de San Francisco pour la Charte des Nations unies, les nations réaffirment leur « foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine », et s'engagent à promouvoir « le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ».
Dans cette optique, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) est élaborée sous l'égide d'Eleanor Roosevelt et de René Cassin. Douze membres de la Commission des droits de l’homme ont la charge de rédiger la DUDH. La future Charte est érigée en triptyque, avec la DUDH au centre, encadrée par le pacte obligatoire et les mesures d'application. Adoptée en 1948, la DUDH est signée par 48 nations, bien que huit pays s'abstiennent : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, URSS, Yémen, Honduras.
Bien que traduite dans plus de 300 langues et reconnue comme l'instrument des droits de l'homme le plus renommé, la DUDH n'a pas de véritable portée juridique en tant que telle. Ce texte est une proclamation de droits et possède une valeur déclarative.
Le Rôle des Organisations Non Gouvernementales (ONG)
Les organisations non gouvernementales (ONG) jouent un rôle essentiel dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Elles agissent comme des « chiens de garde » en surveillant la non-application des instruments existants et en catalysant l'évolution progressive de la législation des droits de l’homme. Ces actions répondent à un double défi : d’une part, une initiative des Alliés avec la DUDH pour éviter la répétition des violations des droits fondamentaux et, d’autre part, la réponse à l’émergence du stalinisme en Europe orientale et balkanique.
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Les Droits de l'Homme comme Enjeu Idéologique de la Guerre Froide
La Guerre Froide voit émerger une division idéologique profonde entre les blocs de l'Est et de l'Ouest, chacun revendiquant une supériorité morale et politique. Les droits de l'homme deviennent un enjeu central de cette confrontation.
La Vision Américaine
Les États-Unis se présentent comme les champions de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme. Ils considèrent la défense des droits de l'homme comme leur mission messianique, comme l'exprime Truman : « Il est temps de ranger les États-Unis dans le camp et à la tête du monde libre. » L’Europe occidentale, considérée comme le berceau des droits de l’homme, cherche à les introduire dans leurs politiques étrangères spécifiques.
Cependant, cette posture est nuancée par des contradictions internes. G. Smith souligne une « contradiction insoluble » : « Comment les États-Unis pouvaient-ils promettre de respecter le droit de chaque nation à déterminer son propre mode de vie et en même temps insister pour que ce mode de vie imite l’idéal américain ? » La guerre du Vietnam est un exemple flagrant de cette contradiction. Après l’offensive du Têt (5 000 maisons détruites, 24 000 blessés parmi les civils), les médias dénoncent les agissements des États-Unis (dont le bombardement au napalm photographié par Nick Ut en 1972 est un symbole). Cela entraîne une mobilisation internationale (hippies), des révoltes contre la « sale guerre » sur les campus universitaires.
La Doctrine Soviétique
La doctrine soviétique en matière de droits de l’homme est fixée dans un discours de Jdanov du 22 septembre 1947, lors de la première conférence du Kominterm. Pour C. Leclercq, la doctrine marxiste fondée sur la lutte des classes affirme que la notion de droits individuels marque le pouvoir de la classe dominante. Ainsi, l’insurrection de Budapest a fait apparaître pour la première fois le caractère oppressif et brutal des régimes communistes.
Affrontements et Dissidence
Les deux blocs s’affrontent sur le terrain des droits de l’homme. Les Occidentaux les considèrent comme essentiels, tandis que les Soviétiques jugent la défense des droits économiques et la lutte contre les inégalités sociales comme primordiales.
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La dissidence interne aux pays du bloc soviétique devient un outil de contestation et un symbole de la lutte pour les droits de l'homme. Le 1er janvier 1977 est publiée la Charte 77, qui demande le respect de la Constitution du pays et de l’acte final des accords d’Helsinki. Le texte est signé par des « adversaires idéologiques » (Jan Patocka, Vaclav Havel). Ils sont poursuivis et arrêtés. Ce mouvement est à l’origine de la révolution de velours de 1989. Havel devient président de la République tchécoslovaque.
En s’appuyant sur les accords d’Helsinki et la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, les États-Unis pointent les atteintes aux droits de l’homme en URSS. Ils s’appuient sur les arrestations des dissidents Andreï Sakharov et Natan Sharansky et les freins à l’émigration des citoyens soviétiques juifs. Les Soviétiques protestent contre l’ingérence dans leurs affaires intérieures et menacent de rompre les négociations sur le désarmement.
L'Émergence de Nouveaux Acteurs
La Guerre Froide voit également l'émergence de nouveaux acteurs qui contribuent à complexifier le débat sur les droits de l'homme et à sortir de la bipolarisation. Parmi eux, on trouve :
- Les pays du tiers-monde : Ils apportent une perspective différente, souvent axée sur les droits économiques et sociaux, et critiquent l'impérialisme occidental.
- Les artistes et intellectuels : Ils utilisent leur influence pour sensibiliser l'opinion publique aux violations des droits de l'homme et pour promouvoir la paix et la justice.
- Les mouvements de solidarité : Ils se mobilisent pour soutenir les victimes de la répression et pour dénoncer les régimes autoritaires.
Par exemple, l’Appel de Stockholm contre l’arme atomique (1950), un Comité mondial pour la paix, à l’initiative de Joliot-Curie, qui lance une pétition pour exiger « l’interdiction absolue » du recours à cette arme. Certains de ces nouveaux acteurs sont récompensés par le prix Nobel de la Paix : R. Cassin (1968), Sakharov (1975), Amnesty International (1977), L.
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