Introduction
L'histoire des arts martiaux est riche et complexe, s'étendant sur des siècles et embrassant diverses cultures et philosophies. Des temples isolés aux rues animées des villes modernes, les arts martiaux ont évolué, influencé et façonné des vies. Cet article explore les racines de ces disciplines, en mettant en lumière des figures emblématiques et des lieux emblématiques qui ont contribué à leur développement et à leur popularité mondiale.
Les Racines Anciennes des Arts Martiaux Chinois
Sous le nom de Kung Fu ou plus communément en Chine Wu-Shu, les arts martiaux chinois ne représentent pas un système unique et homogène, mais une tradition ancestrale avec diverses variétés régionales qui sont souvent classées selon des traits communs, identifiées comme « familles » (Jia), « sectes » (Pai) ou « écoles » (Men) d’arts martiaux. Ils trouvent leurs origines dans les dynasties Shang et Zhou (1507 à 256 av. J.-C.). Le kung-fu s’est peu à peu démocratisé et est devenu plus qu’une simple façon de se défendre. L’origine des arts martiaux chinois est donc attribuée à l’auto-défense, aux activités de la chasse, et à la formation militaire de l’ancienne Chine.
Le Monastère de Shaolin: Un Haut Lieu du Kung Fu
Situé dans la province actuelle du Henan, dans le comté de Dengfeng, le monastère est niché dans un cadre idyllique au pied du massif du pic du Centre (Songshan), à une centaine de kilomètres de Luoyang, ancienne capitale impériale de la Chine. Le temple Shaolin en est le plus souvent considéré comme le berceau.
On dit que le monastère de Shaolin a été fondé au Vème siècle par Ba Tuo, un moine indien de l'école bouddhiste du chan (zen), féru d'arts martiaux. Il mit au point toute une série d'exercices physiques que les moines devaient accomplir avant ou après leurs longues méditations en position assise. Telle est l'origine de la pratique des arts martiaux chinois (wushu) dans ce monastère, qui se fondent donc sur le sentiment religieux et le mode de vie contrairement au karaté, taekwondo japonais ou au kickboxing thaïlandais. En Occident, on appelle ces arts martiaux kung fu, mais en réalité, leur nom chinois est gonfu, qui signifie « habilité » ou « maîtrise » qui peut s'appliquer à n'importe quel domaine.
C’est vers la fin du Ve siècle que des moines bouddhistes choisirent d’édifier dans cette région déclarée sacrée, le monastère de Shaolin. Constitué à l’origine d’un simple temple entouré de cellules de moines, Shaolin s’agrandit au fil des siècles et jouit d’une haute réputation sous la dynastie des Tang (du VIIe au Xe siècle). Le terme shaolin, qui signifie littéralement « temple de la forêt du mont Shaoshi », se réfère au nom de l’un des monts du massif du pic du Centre, et à Lin, la forêt adjacente au complexe religieux. Toutefois, il est plus souvent communément appelé « temple de la Jeune Forêt », car shao signifie également jeune.
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Bodhidharma et l'Influence du Bouddhisme Chan
Avant d’être le foyer du kung fu, le monastère de Shaolin fut le lieu de prédilection d’un personnage hors du commun qui allait profondément marquer l’histoire du bouddhisme, notamment en Chine, au Japon, en Corée et au Vietnam : le moine indien Bodhidharma, fondateur de l’école bouddhique Chan plus connue sous son appellation japonaise de Zen. Bodhidharma serait venu de l’Inde vers l’an 527 afin de rencontrer à Nankin, à sa demande, l’empereur Wu des Liang (502-549). L'entrevue avec le Fils du Ciel étant demeurée sans lendemain, Bodhidharma se rendit au monastère de Shaolin, récemment établi au centre de la Chine. Pendant neuf ans, il demeurera en méditation profonde dans un ermitage de montagne au-dessus du monastère afin de parachever l’Eveil. Après avoir atteint l’Eveil, Bodhidharma quitta son ermitage pour enseigner aux moines du monastère de Shaolin, fondant ainsi l’école du bouddhisme Chan qui, rattachée au Grand Véhicule, se répandra progressivement dans l'Empire du Milieu.
Le Développement des Techniques de Combat à Shaolin
On ne connaît pas avec précision la date à laquelle les moines de Shaolin se mirent à pratiquer les arts martiaux, mais on sait qu’au début du VIIe siècle, ils participèrent activement à la défense de leur monastère contre des brigands. En effet, cette période de l’histoire de la Chine correspond à une époque troublée au cours de laquelle villages, communautés et individus devaient se défendre pour échapper au pillage et aux violences. Les moines de Shaolin, adeptes de la concentration méditative et de la maîtrise de l’énergie du Qi, surent alors développer un style d’art martial particulier - différent de ceux déjà existants en Chine -, en vue de protéger leur vie et leur monastère. Par la suite, la technique dite de « Shaolin » se répandra à travers le pays.
Shaolin Aujourd'hui: Entre Tradition et Modernité
Shaolin, rêve de nombreux jeunes. On dit qu'il existe aujourd'hui plus de 300 types d'arts martiaux en Chine. Les styles du Sud sont différents de ceux du Nord, chaque école a développé son propre genre, mais Shaolin reste la référence en la matière. On y trouve beaucoup d'écoles qui accueillent des enfants venant de tout le pays ; ils alternent les cours classiques et des heures et des heures d'entraînement, basés sur la répétition à l'infini des mouvements, des enchaînements et des assouplissements. Dès leur plus jeune âge, les élèves pensionnaires sont formés sur les différents styles d'art, et sur les positions de base comme celle du cheval (mabu), essentielle pour s'enraciner dans le sol et garder une position stable au combat.
Le Gonfu interne (neijia) correspond à une quête taoïste ; son objectif est de passer en un instant d'un état vide à un état plein afin que l'attaquant puisse être repoussé. Le Gongfu externe (waijia) est issu du bouddhisme, il regroupe des techniques recherchant à dominer par la force et la puissance physique.
Accroché aux pentes du mont Song, isolé dans les montagnes, le temple Shaolin se retrouve au cœur d’un retentissant scandale en Chine. Son responsable, Shi Yongxin, va être limogé, a annoncé la principale autorité bouddhiste de Chine, lundi 28 juillet. Il est suspecté de détournement de fonds et de comportements contraires aux vœux bouddhistes : vie luxueuse, enfants cachés, relations interdites… Des accusations graves, qui relancent les critiques autour de la gestion du temple, devenu ces dernières années un symbole aussi bien religieux que commercial.
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Shaolin n’est plus seulement un lieu de culte. C’est aussi un site touristique de renommée mondiale, une école d’arts martiaux, un centre de retraites spirituelles et un label culturel chinois. Des démonstrations de kung-fu y sont données chaque jour devant les visiteurs, tandis que des spectacles partent en tournée à l’étranger. Ce développement spectaculaire est l’œuvre de Shi Yongxin, surnommé le « moine entrepreneur ». À la tête du temple depuis 1999, il a ouvert des filiales en Occident, lancé des films, signé des partenariats avec de grandes marques et multiplié les produits dérivés. Aujourd’hui, cette stratégie divise. Certains fidèles et anciens moines dénoncent une trahison de l’idéal bouddhiste, fondé sur la compassion, le renoncement et la méditation. Pour eux, l’image du temple s’est transformée : derrière les murs ancestraux, l’argent et la notoriété auraient pris le pas sur l’enseignement spirituel. À l’origine, Shaolin est un lieu de paix et de sobriété. Érigé en 479 par Huiguang, premier disciple du moine bouddhiste indien Bato, il repose sur les principes du bouddhisme Mahayana. Cette école enseigne que l’éveil spirituel ne vaut que s’il est mis au service des autres.
Les Arts Martiaux Internes de Wudang
Les arts martiaux internes de Wudang occupent une place unique dans l’histoire et la culture martiale de la Chine. Leurs racines plongent dans la philosophie taoïste et la spiritualité, et ils sont étroitement associés au célèbre mont Wudang, lieu sacré et emblématique du taoïsme. L'histoire des arts martiaux de Wudang remonte à plus de mille ans, avec des légendes qui racontent l'origine de cet art comme un cadeau des anciens sages taoïstes. Les montagnes de Wudang, situées dans la province du Hubei, sont depuis longtemps considérées comme le berceau des arts martiaux internes. C’est ici que, selon la légende, Zhang Sanfeng, un moine taoïste et maître martial, aurait créé le Tai Chi après avoir observé un combat entre une grue et un serpent.
Les arts martiaux internes de Wudang sont intrinsèquement liés à la philosophie taoïste, dont le fondement repose sur l’équilibre du yin et du yang, ainsi que l’harmonie entre l'homme et la nature. La pratique martiale devient une forme de méditation en mouvement, où l’objectif n’est pas de vaincre un adversaire par la force brute, mais plutôt de se concentrer sur l’équilibre intérieur et l’union avec le Dao, le chemin universel. Le temple de Wudang, également connu sous le nom de Montagne de Wudang, est un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, célèbre pour ses temples anciens et son architecture imprégnée de la culture taoïste. Au fil des siècles, le temple est devenu un lieu d’entraînement et de méditation pour les moines et les maîtres taoïstes, un sanctuaire où l'on peut s'immerger dans l'étude des arts martiaux internes.
La pratique des arts martiaux de Wudang dépasse la simple maîtrise physique. Elle est une voie vers la transformation personnelle, guidée par la compréhension des cycles naturels et la recherche d'un équilibre profond entre l'esprit et le corps. Les pratiquants apprennent à canaliser leur énergie, à affiner leurs mouvements pour minimiser l’effort et maximiser l’efficacité, et à adopter un état de calme intérieur, même au milieu de l'action.
Okinawa: Carrefour d'Influences Martiales
Okinawa est l'île principale de l'archipel des Ryû-Kyû. Il relie la pointe sud du Japon (Kyushu) et Taïwan (île chinoise) entre la mer de Chine orientale à l'ouest et la mer des Philippines à l'est. Ce n'est qu'en 1879 que l'ensemble de ces îles furent rattachés au Japon. C'est une terre étroite de 100 km de long pour seulement 4 à 30 km de large. Malgré sa petitesse, Okinawa a joué un rôle important dans l'histoire des Arts Martiaux d'Extrême-Orient. Les Okinawaiens, pour la plupart pêcheurs ou agriculteurs sont de nature pacifique. Cependant l'île étant à la croisée de différents chemins, ils se retrouvèrent souvent confrontés à l'invasion de forces étrangères.
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L'Émergence du Te
L'île d'Okinawa, à cette époque, est divisée en trois royaumes autonomes: Nanzan, montagnes du Sud; Chuzan, montagnes du Centre; et Hokuzan, montagnes du Nord, connu sous le nom de « Période des Trois Montagnes ». La transmission n'étant qu'orale, il était dit qu'à l'époque des techniques de combat existaient sous le nom de Té, Dé ou Todé . Cela peut paraître vraisemblable quand on sait qu'en 1372, en faisant allégeance aux Empereurs Chinois Ming (1368-1644), qui à partir de cette date l'Empereur Chinois confère leur titre aux rois de Ryû-Kyû, le roi Satto (1349 - 1395), du Chuzan, acceptait de recevoir une délégation Chinoise à chaque nouvelle accession au trône et ce jusqu'en 1866. La délégation était composée de fonctionnaires civils et militaires qui pouvaient atteindre jusqu'à un effectif de 500 personnes, et l'événement c'est reproduit 23 fois de 1372 à 1866. Un comptoir Okinawaien fut ouvert dans la province du Fujian, en Chine, offrant la possibilité aux Okinawaiens d'aller étudier les arts Chinois. Les deux autres royaumes d'Okinawa, Oufusatô, roi de Nanzan et Haniji, roi de Hokuzan suivirent la même démarche quelques temps après. En 1393, la main mise par l'Empire du Milieu se concrétisât par l'envoi à demeure, dans la localité de Kumemura près de Naha, d'un groupe que l'on désignait par les « 36 familles ».
Unification et Restriction des Armes
Les trois royaumes se réunifièrent, vers 1429, sous la direction du roi Sho-Hashi (1421 - 1439) qui avait écrasé les deux autres royaumes et changèrent de nom. A la fin du XVème siècle, le roi Shô-Shin (1477-1526), fils de Shô-En, par peur des révoltes, fit confisquer tout ce qui pouvait ressembler à une arme, établit un puissant état centralisé, installe son gouvernement à Shuri ou tous les chefs locaux sont obligés d'y résider et étend son pouvoir aux îles voisines d'Okinawa. La conséquence fut le développement des techniques de combat à mains nues, à l'état embryonnaire mais certes existantes, et l'intérêt croissant pour tous les ustensiles à usage domestiques pouvant servir d'armes. Les siècles passant, les techniques se perfectionnèrent au point qu'il fut impossible de distinguer ces mouvements incorporés dans les danses populaires d'Okinawa.
Hiérarchie Sociale et Développement des Arts Martiaux
La société féodale Okinawaienne était, elle aussi, à la fin du XVème siècle, très hiérarchisée. En haut de la « pyramide » se trouvait le roi, les princes avec leurs familles et les nobles de Cour: ils détenaient tous les pouvoirs. Des classes aristocratiques venaient juste en dessous séparées des précédentes par ordre de préséance: Les Oyakata; Les Peichin et Les Satunushi Peichin; titres qui ne pouvaient pas être obtenus si l'origine était populaire. Puis venaient les classes moyennes de haut en bas: Chikudon Peichin, Satonushi, Saka Satonushi, Chikudon, et pour terminer Chikudon Zashiki. Ces huit classes formaient les Shizoku l'équivalant en Chinois de Samurai. Azato Anko, professeur de Funakochi Gichin, Matsumura Sokon et Sakugawa Kanga avaient le titre de Chikudon Peichin.
L'Invasion de Satsuma et l'Interdiction des Armes
L'avènement du clan Tokugawa au Japon au début du XVIIème siècle concéda la défaite du clan Satsuma dirigé par la famille Shimazu. Vaincu mais non anéanti et acceptant la soumission au nouveau Shogun Tokugawa Ieyasu, le clan Satsuma fut orienté vers les îles Ryû-Kyû et envahirent Okinawa en 1609 composé d'une armée forte de 3.000 hommes et cela jusqu'en 1879. L'une des premières mesures que prit la famille Shimazu (clan Satsuma) fut d'interdire à nouveau les armes. Les entraînements se pratiquaient de nuit et la transmission des techniques se faisaient oralement. Petit à petit et au fil des ans, des experts devinrent chef de file et codifièrent leur enseignement aboutissant, vers le XIXème siècle, à des ramifications en style: Shuri (Shuri-Te), Tomari (Tomari-Te) et Naha (Naha-Te) du nom des localités qui les a vu naître. Les deux premiers styles étaient connus sous le nom de Shorin-Ryu et le dernier sous celui de Shorei-Ryu.
De stade embryonnaire le Todé ou Okinawa-Té va se codifier sous l'impulsion d'experts qui deviendront des chefs de file. A l'époque il n'est pas encore question de création de Ryu (école). Le Todé était l'art du combat qui venait de Chine et l'Okinawa-Té avait été dénommé ainsi pour regrouper le Naha-Té, le Shuri-Té et le Tomari-Té. Ce n'est que bien plus tard que les « styles » verront le jour.
Figures Clés du Todé
Sakugawa "Kanga" Kanga (1786-1867? selon les sources) est né Teruya Kanga et pris le nom de Sakugawa lorsqu'il fut élevé au rang de Peichin, serviteur du roi. Il apprit l'art du combat auprès du moine Takahara Peichin au milieu du XVIIIème siècle à Akata (Shuri). Seigneur d'Okinawa, il aurait été envoyé par son gouvernement en Chine pour apprendre la culture et les sciences Chinoises et en serait revenu ayant acquis l'art du combat Chinois Todé. Sakugawa "Kanga" Kanga, après plusieurs voyages en Chine, est considéré comme le premier enseignant du Todé à Okinawa à avoir « ouvert » une école (dans la mesure où à l'époque l'art du combat était transmis de manière ésotérique) et se donna le surnom de Todé Sakugawa à la mort de Takahara Peichin. Sakugawa "Shugon" Kanga est à l'origine du Shuri-Té.
Matsumura Sokon est né, selon les sources, en 1792, 1798, 1800, 1805 ou 1809..!!!. Il était issu d'une famille de nobles d'Okinawa. C'est son père qui l'emmena auprès de l'expert de Todé qu'était Sakugawa "Shugon" Kanga. Vers l'âge de vingt ans il est nommé garde du palais du prince ce qui en dit long sur sa maturité technique. Il poursuit sa formation auprès de sa belle famille en épousant Tsuru "Chiru" Yonaminé issu d'une famille d'experts en Todé. Ses fonctions auprès de la Cour lui permettent de voyager et, vers l'âge de vingt quatre ans, il est envoyé dans la seigneurie de Satsuma pour une mission de vingt six mois ou il reçoit l'autorisation de s'entraîner à l'art du Kenjutsu (sabre) de l'école Jigen-Ryu réputée pour la dureté de ses entraînements. Quelque temps plus tard, il est pressenti pour accompagner en Chine le groupe qui apportait le tribut à l'Empereur. Toutes ses connaissances furent déterminantes dans la vision qu'il avait de l'art du combat et dans la mise au point de sa propre forme technique de combat. Il est à la création du Shuri-Té qu'il fit évoluer vers le Shorin-Ryu.
En ce premier quart du XIXème siècle, les événements qui se passaient au Japon n'affectaient pas ou peu les Ryû-Kyû compte tenu de leur éloignement. Issu d'une famille aisée, Azato Anko avait été élevé au rang de Chikudon Peichin (serviteur du roi ) par la Cour. Élève de Matsumura Sokon, il développa le Shorin-Ryu issu du Shuri-Té. Azato Anko n'enseigna jamais à titre officiel, il n'avait pour simples élèves que Funakoshi Gichin et Ogusuku Chogo en cours privé. Les entraînements, longs et fastidieux, avaient lieu la nuit en des endroits cachés et furent consignés dans l'autobiographie écrite par Maître Funakoshi Gichin. Après de longues années de cette rude formation, Azato Anko présenta Funakoshi Gichin à Itosu Anko, ami de longue date, issu lui aussi de l'école Matsumura.
Itosu Anko (1830-1916) avait 16 ans quand il fut introduit auprès de Matsumura Sokon. Il apprit le Shuri-Té ainsi que le Kenjutsu (sabre) de l'école Jigen-Ryu. Il devint fin lettré aussi bien en Chinois qu'en Japonais lui permettant ainsi de pouvoir abordé aisément ces deux cultures. Le Japon se mit sur la voie de la modernité et un nouvel ordre s'établit avec de nouvelles règles. En 1885, Itosu Anko prit sa retraite et se mit à l'enseignement du Todé comme il lui arrivait encore de l'appeler. Les nouveaux sports (déjà!!), importés par les Occidentaux, attiraient la population et les jeunes en particulier. Itosu Anko était l'héritier officiel de Matsumura Sokon et le dilemme se posa au fil des ans de garder ou de divulguer cet héritage. L'art du combat pratiqué sous des formes guerrières n'avait plus sa raison d'être pour Itosu Anko. Le Japon venait de remporter la victoire sur la Chine en 1895 et un disciple de Itosu Anko, nouveau conscrit, s'était particulièrement fait remarquer sur le champs de bataille et sera connu sous le nom de "Sergent Yabu". Il fut l'un des premiers à faire connaître l'Okinawa-Té en dehors d'Okinawa par les combats qu'il remportait lors de sa préparation militaire. Le "Sergent Yabu" de son nom Kentsû Yabu (1863-1937) n'eut de cesse de vanter les mérites de son art et les biens fait que cela pourrait avoir sur la jeunesse et la santé. Jugeant les Kata comme Naihanchi (se dit aussi Naifanshi) Kushanku et autres part trop complexes, Itosu Anko élabora un programme qui déboucha sur la création des Katas Pinan à partir de Kushanku, scinda Naihanshi en trois Kata, et il considéra cela comme moyen d'apprentissage plus abordable de l'Okinawa-Té pour des enfants du primaire. Petit à petit il fit fermer les poings pour éviter les blessures et le Todé ou Okinawa-Té, qui prendra le nom de Karaté-Do plus tard, à travers l'école primaire commença sa lente ascension vers le grand public.
L'Héritage de Bruce Lee et l'Influence de Hong Kong
L’artiste martial, acteur et réalisateur Bruce Lee est mort il y a bientôt 50 ans. Et pourtant, son empreinte et son héritage sont toujours bien vivants dans les rues de Hong Kong. Sa statue de bronze grandeur nature illumine l’Avenue of Stars de la ville et est devenue un lieu incontournable pour les touristes comme pour les expatriés. Et pour cause : le maître du Kung Fu reste un symbole de cet art martial pourtant né en Chine continentale. Au Nord de la Chine, la philosophie du monastère de Shaolin domine avec une technique basée sur les pieds et des mouvements circulaires. C’est cette dernière, qui utilise principalement la partie supérieure du corps et qui est basée sur le combat rapproché et la self-défense, que Bruce Lee, le « petit dragon », apprend à Hong Kong lorsqu’il débarque des États-Unis en 1954 à l’âge de 13 ans avec sa famille. Bruce Lee s’inspire plusieurs années plus tard du Wing Chun pour créer sa propre discipline, le Jeet-Kune-Do (JKD) en 1967.
Ce précurseur marque alors le XXe siècle de son empreinte et il est considéré encore aujourd’hui comme le plus grand maître d’arts martiaux. Il démocratise la discipline grâce aussi au cinéma avec des films comme Opération Dragon et La Fureur de Vaincre et met la ville de Hong Kong à l’honneur. Il incarne alors pour beaucoup le combattant ultime à mains nues et utilise sa notoriété nouvelle pour amener le public à s’intéresser et à pratiquer les arts martiaux chinois. Il ouvre surtout la voie à de nombreux acteurs de films d’actions comme Jackie Chan, Chuck Norris ou Jean-Claude Van Damme.
Hong Kong: Un Centre d'Apprentissage et d'Innovation
Cet héritage de Bruce Lee continue d’influencer la pratique du Kung Fu aujourd’hui à Hong Kong. « De nombreux expatriés viennent s’installer ici, car ils ont découvert la ville à travers le cinéma de Bruce Lee et nombreux sont ceux qui se lancent dans une initiation au Kung Fu une fois installés sur place. Pour certains d’entre eux cela devient même un mode de vie et il n’est plus rare de voir des étrangers ouvrir leur propre école, en y intégrant de nouvelles techniques et en faisant tomber la barrière entre arts martiaux traditionnels et MMA. Ce sont un peu les dignes successeurs de Bruce Lee. La ville regorge de plusieurs grandes institutions gérées par des maîtres du Kung Fu, qui proposent des cours. C’est le cas par exemple de l’association des arts martiaux Yip Man, dirigée par le maître Sam Lau, un élève du grand maître Yip Man, le mentor de Bruce Lee, qui met à l’épreuve comme si vous étiez Uma Thurman dans Kill Bill.
Des livres référence permettent également aux expatriés de mieux connaître cette tradition, à commencer par l’ouvrage Ma méthode de combat de Bruce Lee largement illustré dans lequel est rassemblée l’intégralité des conceptions de Bruce Lee sur le combat et son apprentissage. Le Chi-Kung de Shaolin, du Dr. Yang Jwing-Ming permet de dévoiler les secrets du développement de l’énergie interne au travers de l’étude d’un style de Kung Fu.
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