Introduction
Le berceau de cheminée ancien, élément architectural et décoratif souvent négligé, recèle une richesse historique et symbolique fascinante. Cet article se propose d'explorer en profondeur la définition, l'évolution et la signification de cet élément du foyer, en s'appuyant sur des sources documentaires et des exemples concrets.
Définition et Terminologie
Le terme "berceau de cheminée" peut désigner plusieurs éléments de la structure d'une cheminée. Il peut s'agir de la partie inférieure de la cheminée, celle qui accueille le foyer et qui est souvent décorée de motifs sculptés ou ornementaux. On peut aussi parler du "contrecœur" de la cheminée, qui est le mur du fond, directement exposé aux flammes. La "plaque de cheminée" est l'élément placé contre ce contrecœur pour le protéger de la chaleur intense.
Il est crucial d'utiliser une terminologie précise pour décrire les éléments architecturaux. L'Inventaire général du patrimoine culturel, fondé en 1964 par André Malraux, a pour mission de recenser, d'étudier et de faire connaître les éléments du patrimoine culturel. Il édite des ouvrages destinés à l'élaboration d'un vocabulaire normalisé pour désigner les objets de ses champs d'étude, privilégiant l'ordre méthodique à l'ordre alphabétique.
Histoire et Évolution des Systèmes de Chauffage
L'évolution des systèmes de chauffage domestique est intimement liée à l'histoire du berceau de cheminée. Avant l'avènement des poêles, la cheminée ouverte était le principal moyen de chauffage, et le berceau de cheminée jouait un rôle essentiel dans la diffusion de la chaleur et la protection du bâtiment.
L'utilisation des poêles débute dès avant le XIe siècle et on les connaît très au-delà des contrées germaniques à partir des XIVe-XVe siècles : des poêles sont mentionnés à Paris, à Douai, en Bourgogne, à Pampailly, à Lyon et, au niveau du luxe princier, chez le duc de Savoie ou chez le roi René d’Anjou. Pourtant, l’iconographie médiévale n’en porte témoignage que pour l’Europe de l’Est : en Allemagne à partir du XIIIe siècle, occasionnellement, puis de manière très courante dès la première moitié du XVIe siècle, qui semble marquer une période de forte diffusion de cet élément du confort domestique, dessiné jusque dans des demeures rurales (bien qu’exceptionnellement, même encore à cette date). Entre le XVIe et le XVIIe siècle, dans les régions exposées aux grands froids, comme la Pologne, même les demeures rurales se dotent d’une pièce à poêle.
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Quelle que soit la période, le domaine germanique reste donc prédominant ; en France, même au XVIIe siècle, on le prend encore pour modèle. Ainsi, en 1690, Furetière tient à préciser, admiratif, que "il y a des princes, en Allemagne qui ont des poesles de 50 000 escus" et encore en 1771, le dictionnaire de Trévoux donne pour définition au mot poêle : "Se dit quelquefois de la chambre toute entière où il y a un poêle pour l’échauffer… Dans toutes les auberges d’Allemagne, on voit des chambres appelées poêles". Cette référence permanente au poêle allemand ne se fait pas sans raisons. D’une part, le poêle est d’usage véritablement commun en milieu seigneurial et un château en comporte en général plus d’un : à titre comparatif, le château de Boleslawiec, en Grande Pologne, en a possédé pas moins de quarante-six entre la seconde moitié du XIVe siècle et la fin du XVIIe siècle… Il y avait de quoi frapper d’admiration les voyageurs. D’autre part, souvent, ce sont des artisans allemands qui, en France, ont construit ces systèmes de chauffage, tant dans le cas des moniales de Cluny en 1323 que dans les martinets de Jacques Cœur ou chez le roi René au XVe siècle : ce dernier lui-même fait appel à un spécialiste à l’évidence germanique, "Jacques Desabern, allemant, faiseur de pasles (…) pour achat de plomb et boys pour faire carreaulx et potz de terre" et "pour plomber carreaulx et potz de terre" dont on fabriquera les poêles à l’allemande de ses résidences, telle celle d’Angers. À Pampailly, le poêle est mentionné par le procureur Dauvet, qui procède à l’inventaire des biens de Jacques Cœur : est décrite une chambre "dessus le peele" et une autre "basse dessoubz le peele". Un poêle jouxte la cuisine à Cosne.
Tout ceci explique la raison pour laquelle l’iconographie du poêle est presque exclusivement allemande et d’époque moderne. En règle générale, l’iconographie ne sait pas rendre compte des innovations techniques, qu’elles soient artisanales, mobilières ou agricoles. Il faut attendre que l’outil ou l’objet soient déjà bien connus et surtout diffusés pour que les artistes l’adoptent. De surcroît, ces derniers cherchent avant tout un effet représentatif aux objets dont ils meublent leurs images. Dans les pays germaniques, les enlumineurs figurent le poêle dès le XIIIe siècle : celui-ci est déjà chez eux un élément caractéristique de la maison aisée. Les artistes modifient donc les stéréotypes habituels, qu’ils copient sur des cahiers de modèles, et remplacent la cheminée par le poêle.
Au XIIIe siècle, on trouve, à l’identique, en France et en Allemagne, les mêmes images de calendriers des mois d’hiver, dans le Psautier d’Hildersheim et dans le Martyrologe de Saint-Germain-des-Prés. Mais très vite, en Allemagne, comme dans le Psautier de Würzburg, vers 1250, la plus ancienne représentation de poêle actuellement connue, c’est un poêle à la chaleur duquel l’habitant se réchauffe les pieds, alors qu’en France, c’est la cheminée qui demeure seule figurée, comme dans le Martyrologe d’Usuard, vers 1270, parce que dans la réalité des faits c’est la cheminée qui, en France, est caractéristique du foyer, non le poêle. Aussi ne le représente-t-on pas. L’iconographie est toujours en retard sur la réalité.
Il n’existe pas d’images médiévales allemandes, à ma connaissance, qui mettent en scène un poêle avant le XIIIe siècle. Le poêle, d’après les quelques fresques ou enluminures connues des XIIIe et XIVe siècles, est présent dans la cuisine et la chambre des dames (fresque de la maison Keller, à Munich). Au XIVe siècle, le poêle n’était alors qu’une forme de cheminée basse, qu’il fallait charger à la pelle d’un côté, et dont le corps monté en pots de terre s’élevait en hauteur. Le "chauffeur", assis face à la gueule du poêle, comme on le voit dans une fresque de la maison Kunkel de Constance datée de 1319-1320, devait, comme pour une cheminée, se protéger le visage du rayonnement. Il en existe aussi des représentations de type pictographique : ce sont, par exemple, les armes parlantes de la famille Stubenwind, vers 1340, dont le dessin montre une construction en deux étages avec un corps cylindrique surmonté d’une coupole. L’une de ces structures est visible sur un heaume armorié, qu’elle surmonte, démontrant à quel point le poêle a dû, à l’origine, caractériser le mobilier seigneurial.
Matériaux et Techniques de Construction
Les berceaux de cheminée anciens étaient construits avec des matériaux locaux, tels que la pierre, la brique ou le bois. La pierre était souvent utilisée pour les parties inférieures de la cheminée, en raison de sa résistance à la chaleur. La brique était également un matériau courant, en particulier dans les régions où la pierre était rare. Le bois était utilisé pour les éléments décoratifs, tels que les manteaux de cheminée.
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Les techniques de construction variaient en fonction de la région et de la période. Les maçons utilisaient des outils tels que des burins, des ciseaux et des maillets pour tailler et assembler les pierres. Ils utilisaient également du mortier, un mélange de chaux et de sable, pour lier les pierres entre elles.
Ornementation et Symbolisme
Les berceaux de cheminée anciens étaient souvent ornés de motifs sculptés ou peints. Ces motifs pouvaient représenter des scènes religieuses, des armoiries, des animaux ou des motifs floraux. L'ornementation du berceau de cheminée reflétait souvent les goûts et les croyances du propriétaire.
De nombreux animaux sont représentés pour leur caractère symbolique né des textes bibliques, de fabliaux médiévaux ou de croyances plus récentes. Les poêles de terre cuite, comme les cheminées, sont symboles du foyer. Aussi les écrivains comme les artistes du Moyen Âge témoignent-ils de leur présence chaleureuse dans la maison : home, sweet home…
Le Berceau de Cheminée dans l'Art et la Littérature
Le berceau de cheminée a inspiré de nombreux artistes et écrivains au fil des siècles. Il est souvent représenté dans les peintures et les gravures comme un symbole du foyer et de la vie domestique. Dans la littérature, le berceau de cheminée est souvent le lieu de rassemblement familial, où l'on raconte des histoires et où l'on partage des moments de convivialité.
Restauration et Conservation
La restauration et la conservation des berceaux de cheminée anciens sont des tâches délicates qui nécessitent un savoir-faire spécifique. Il est important de respecter les matériaux et les techniques d'origine, et de ne pas utiliser de produits ou de méthodes qui pourraient endommager la structure.
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