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Raie Manta : Tout savoir sur ce géant des mers

La raie manta, également connue sous le nom de diable de mer ou simplement mante, est la plus grande des raies. Ce poisson de haute mer captive par son élégance et sa taille impressionnante. Totalement inoffensive pour l'homme, elle fascine autant qu'elle intrigue.

Caractéristiques et habitat

La raie manta fréquente les eaux chaudes à tropicales des océans et des mers ouvertes du monde entier. On la retrouve souvent près des côtes durant la période de reproduction. Il existe principalement deux espèces de raie manta :

  • La raie manta océanique (Mobula birostris) : C'est la plus grande et la plus lourde des deux espèces.
  • La raie manta de récif (Mobula alfredi) : Également appelée raie manta d'Alfred, elle est plus petite, atteignant jusqu'à 5 mètres d'envergure.

En 2025, une troisième espèce a été identifiée : la manta de l'Atlantique (Mobula yarae), présente dans l'Atlantique occidental et les Caraïbes.

Taille et poids

La raie manta océanique peut mesurer de 4 à 5 mètres de long, avec une envergure pouvant atteindre 7 mètres et un poids allant jusqu'à 2 tonnes. La raie manta de récif est légèrement plus petite.

Alimentation

La raie manta se nourrit principalement de petits poissons et d'une grande quantité de micro-organismes en suspension, qu'elle capture grâce à son immense bouche. Elle utilise ses deux "cornes" (nageoires céphaliques) situées à l'avant de sa gueule pour canaliser le plancton et les petits poissons vers son ouverture buccale. Elle filtre ensuite l'eau à travers ses branchies, retenant la nourriture grâce à ses branchiospines, de petites rangées de crochets très fins qui piègent les particules alimentaires.

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Reproduction et longévité

Lors de la saison de reproduction, mâles et femelles se retrouvent et s'accouplent, flanc contre flanc, à la manière des requins. La raie manta est ovovivipare : le ou les œufs sont conservés dans l'utérus de la femelle où ils éclosent. Un ou deux petits déjà formés, mesurant environ 1,20 mètre, voient le jour. On estime qu'une raie manta se reproduit tous les 5 ans et qu'elle a une espérance de vie de 50 ans ou plus. La gestation d'un bébé manta dure plus d'un an. À la naissance, le petit mesure entre 1,30 mètre à 1,50 mètres. Il doublera ensuite de taille en un an.

Comportement

La raie manta nage en battant paisiblement des nageoires pectorales, à la manière d'ailes. Cependant, si elle doit fuir un prédateur tel qu'une orque ou un requin, elle peut se montrer très rapide et capable de sauts spectaculaires hors de l'eau. Plutôt solitaire, elle vit parfois en petits groupes. Les raies mantas peuvent parfois sauter entièrement ou partiellement hors de l’eau. Certains pensent que c’est un autre moyen de se débarrasser de leurs parasites.

Menaces et statut de sauvegarde

L'espèce est considérée comme "En danger" en raison de sa reproduction lente et de sa vulnérabilité à la pêche. La raie manta de récif a le statut de "Vulnérable". La pêche, illégale mais tacitement tolérée, est toujours en vigueur à ce jour. Sur les 11 espèces décrites, 6 sont en danger ou vulnérable, 3 sont quasiment menacées et 2 manquent de données.

Rencontres avec les raies manta

Les plongeurs du monde entier se rendent à Nusa Penida, au large de Bali, pour observer les raies manta. C'est à Manta Point, une station de nettoyage, qu'il y a presque 100 % de chances de les voir. Les raies viennent en effet tous les jours sur les stations de nettoyage de Manta Point pour se débarrasser de leurs parasites. Une station de nettoyage est un lieu où les poissons se rassemblent pour se faire nettoyer de leurs parasites présents sur leur corps, dans leur bouche ou leurs ouïes. La raie nage lentement autour ou au-dessus de la patate de corail tandis que les poissons nettoyeurs viennent manger les parasites. Les raies et les poissons nettoyeurs forment d’ailleurs une sorte de symbiose.

Où observer les raies manta à Bali et Nusa Penida

Il y a deux sites principaux pour trouver des raies Manta à Nusa Penida, Bali. Les stations de nettoyage de Manta Point sont situées sur la côte sud ouest de l’île à environ 45 minutes en bateau du port de Toyapakeh. C’est l’endroit privilégié pour voir et plonger avec des raies Manta. Vous pouvez également avoir la chance de les voir du haut des falaises de cette côte. Mais vous ne pourrez pas descendre pour nager avec les raies Manta. Certains centres de plongée s’arrêtent à Manta Bay pour raccourcir la durée du trajet et économiser de l’essence. La probabilité d’en voir est plus faible, environ 80 %, car il y a beaucoup de bateaux de snorkeling qui les pourchassent.

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Efforts de conservation

Plusieurs pays ont mis en place des mesures de protection pour les raies manta :

  • Indonésie : Interdiction de la pêche et de l'exportation des raies manta depuis 2014.
  • États-Unis : Protection autour d'Hawaï depuis 2009.
  • République des Maldives : Interdiction de l'exportation de toutes les espèces de raies depuis 1995.
  • Mexique : Interdiction de la pêche de la raie manta géante et des autres espèces du genre Mobula depuis 2007. Dans la zone protégée de Yum Balam (Isla Holbox), les raies manta sont totalement protégées car elles sont au centre d'activité touristique.
  • Équateur : Interdiction de la pêche de la raie manta depuis 2010. Les individus capturés accidentellement doivent être remis à l'eau.

Reproduction des raies et roussettes

Raies et roussettes se classent aux côtes des requins et chimères dans le groupe des Chondrichthyens, un nom difficile à mémoriser et à prononcer, que l’on traduit par « poissons cartilagineux ». Si l’adjectif convient bien (chondro signifie cartilage) pour ces animaux au squelette essentiellement fait de cartilage et recouvert d’une couche calcifiée, le nom de poissons créé une confusion avec les poissons osseux, les Téléostéens. Certes les Chondrichthyens ont bien une « forme de poisson » avec leur silhouette hydrodynamique et leurs nageoires mais pour le reste ils diffèrent profondément des « vrais » poissons : leur lignée a divergé très tôt dans l’histoire de l’évolution des vertébrés à mâchoires il y a plus de 450 millions d’années et ils ont suivi une voie évolutive très différente qui en fait un groupe très original.

Au sein des Chondrichthyens, on distingue deux sous-groupes : les Holocéphales ou chimères et les Elasmobranches, les requins et les raies (au sens large car chacun de ces deux noms englobe une forte diversité de formes), que l’on peut assimiler à l’ancien groupe des Sélaciens, terme souvent connu du grand public. Au niveau de la reproduction, outre la capacité à pratiquer des accouplements internes, les sélaciens se distinguent par une production limitée de descendants à chaque cycle de reproduction ; on parle de stratégie K avec des individus vivant longtemps mais produisant peu de descendants par opposition à la stratégie R des poissons osseux qui produisent des milliers, voire des millions d’œufs fécondés dans l’eau et sans véritable coque protectrice. Ainsi, les raies ne pondent en moyenne que 40 à 150 œufs par an et ne se reproduisent qu’au bout de 5 à 10 ans. On comprend rapidement les conséquences désastreuses de la pêche industrielle sur ces espèces à croissance lente et fécondité faible.

S’il semble qu’à l’origine les sélaciens étaient ovipares (pondant des œufs), on constate que de nombreuses lignées ont ensuite évolué vers des formes de viviparité (donner naissance à des petits vivants directement) soit par ovoviviparité (conserver les œufs dans le corps jusqu’à leur éclosion interne) ou par viviparité complète (embryons nourris directement par les voies reproductrices de la femelle ou par cannibalisme envers d’autres embryons surnuméraires). Globalement, la viviparité concerne environ 60% des 1010 espèces actuelles et donc 40% sont ovipares. Les analyses phylogénétiques indiquent qu’au moins à 9 ou 10 reprises de manière indépendante la viviparité est apparue à partir de formes ancestrales ovipares. Mais inversement, l’oviparité a évolué secondairement (réversion) à partir de formes vivipares dérivées notamment à la base de la lignée des raies (Rajidés) qui actuellement sont toutes ovipares. Ainsi curieusement, les raies ovipares (donc proches de l’état ancestral) sont plus récentes que les raies vivipares.

Les sélaciens ovipares sont donc majoritairement des raies (plus de 600 espèces dont environ 50 sur les côtes européennes) ; par rapport aux espèces vivipares, ce sont en général des espèces vivant sur le fond (benthiques), proches du littoral et rarement de grande taille. Elles produisent des jeunes de taille bien plus petite que chez les espèces vivipares du fait de la quantité limitée de réserves nutritives disponibles dans les œufs (vitellus ou jaune d’œuf). Dans les voies génitales des femelles, les ovules, produits par les ovaires, descendent en empruntant les oviductes jusqu’à une « poche » ou glande nidamentaire où a lieu la fécondation, la rencontre avec les spermatozoïdes déposés par le mâle lors de l’accouplement avec ses claspers (voir ci-dessus). Chaque œuf fécondé comporte une masse vitelline ou jaune portant un disque embryonnaire et entouré d’une gelée dense. La glande nidamentaire secrète en même temps une enveloppe protectrice, la capsule dans laquelle l’œuf entre et sur lequel elle se referme. Ensuite, tout le développement de l’embryon jusqu’à la naissance d’un « bébé » roussette se déroule à l’intérieur de cette capsule. Il se nourrit à partir des réserves nutritives du jaune jusqu’à leur épuisement complet. Passés les premiers stades de développement après la ponte au fond de la mer (voir ci-dessous), des petites fentes fermées par des bouchons muqueux rigides s’ouvrent aux quatre coins de la capsule ce qui facilite les échanges avec l’eau de mer et notamment l’apport d’oxygène. L’embryon, dès qu’il commence à prendre forme, agite sa queue ce qui assure le renouvellement de l’eau à l’intérieur de la capsule. Au cours de sa croissance, l’embryon développe ses nageoires pectorales que se replient au-dessus de son dos tandis que la queue se courbe sur le côté.

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Poursuivons, toujours avec l’exemple des roussettes, en détaillant la capsule. Cette enveloppe de teinte vert jaunâtre à brune (petite roussette) présente une forme ovale à rectangulaire avec un rebord plus épais qui l’encadre. Les deux extrémités sont différentes : plate et sans rebord d’un côté et courbée renforcée de l’autre. Elle se prolonge à chacun des quatre angles par une longue vrille entortillée en spirale, semi-transparente et qui s’amincit vers son extrémité. Très résistante, nettement rigide, cette capsule a une texture lisse faisant penser à du cuir ; elle est flexible mais non élastique : on peut la courber mais pas l’étirer. Sa rigidité relative en dépit de sa légèreté s’explique par sa composition chimique et l’arrangement physique des molécules constitutives. Sur une armature de kératine, la protéine qui constitue nos ongles, cheveux et poils, sont disposés des brins de collagène, une autre protéine bien connue qui assure la cohésion et l’élasticité de la majorité de nos tissus corporels. Ces brins sont assemblés en une structure en 3D très complexe. Les molécules de collagène se regroupent en fibrilles parallèles (faisceaux de 100nm de diamètre) qui elles-mêmes s’agrègent en lamelles de 0,5mm d’épaisseur. Celles-ci forment une structure du même type que le contreplaqué et représentent 98% de l’épaisseur de la capsule ; l’orientation des fibrilles change de lamelle en lamelle ce qui en renforce la solidité. Cette structure hautement perfectionnée combine résistance mécanique et rigidité tout en conservant une forte perméabilité aux petites molécules et aux ions.

Chez la plupart des espèces, les œufs sont déposés en des sites réutilisés régulièrement année après année où viennent se concentrer la majorité des femelles du secteur : on parle de nurseries. Elles se situent près du littoral, dans des eaux peu profondes, sur des fonds marins rocheux ou dans les peuplements denses d’algues. Les œufs sont accrochés aux rochers ou aux algues grâce aux vrilles muqueuses chez les roussettes ou aux cornes chez les raies. Chez les raies, les capsules sont pondues deux par deux (une produite par ovaire) chaque jour ou à intervalles d’une semaine. Les femelles quittent la zone aussitôt la ponte terminée et ne s’occupent aucunement du devenir de leurs pontes. Juste avant l’éclosion, la jeune roussette formée dans la capsule pivote et oriente sa tête vers l’ouverture aplatie et place sa queue contre l’ouverture courbée. Elle force avec sa tête et ouvre le côté plat en s’aidant des écailles dentelées sur son museau ou ses nageoires ; celles-ci tomberont aussitôt après la sortie à l’instar du diamant sur le bec des jeunes oiseaux. La sortie de la jeune roussette ou de la jeune raie complètement formée et d’emblée autonome (i.e. capable de chasser) s’effectue en quelques minutes, allant parfois jusqu’à une heure.

Cette capsule ne devait pas être vide car l’ouverture est fermée ? Une fois l’éclosion effectuée, la capsule vide finit tôt ou tard par se décrocher à la faveur des tempêtes qui agitent le fond de l’eau dans les zones peu profondes des nurseries. Devenues très légères tout en conservant leur résistance, elles sont entraînées par les courants et les vents et finissent donc par échouer sur les plages dans les laisses de mer déposées au plus haut niveau atteint par chaque marée haute. Les plages se trouvant face à des zones de nurseries peuvent ainsi recevoir des dizaines de ces capsules qui vont ensuite persister plusieurs années ; certaines finissent même par atterrir dans les dunes, poussés et soulevées par les vents violents. Comme la forme et la taille des capsules sont des critères spécifiques, on peut assez facilement identifier les espèces de raies ou de roussettes qui les ont produites. Il se peut d’ailleurs que ces différences de forme (dont la longueur des cornes chez les raies) reflètent des habitats de nurseries sensiblement différents. Pour identifier correctement l’espèce, il faut faire tremper la capsule dans de l’eau douce pendant une à deux heures (immergée) afin qu’elle se réhydrate et reprenne ses mensurations initiales.

La collecte de ces capsules échouées et leur examen attentif permet donc indirectement de connaître la répartition des espèces et leur abondance relative. Un programme de Sciences participatives (voir la chronique sur cette pratique) à l’échelle européenne a été initié depuis plus d’une décennie par l’association Sharktrust (voir en bibliographie) avec un site richement documenté. Compte-tenu de la longue durée d’incubation, on peut penser que ces œufs non cachés, déposés sur le fond marin, doivent être soumis à une certaine prédation. On dispose de peu de données d’observations directes d’animaux en train de prédater ces œufs. Capsule avec peut-être (??? Une étude récente a été conduite au Danemark à partir de capsules recueillies par des bénévoles justement dans le cadre des programmes de Sciences participatives évoqués ci-dessus : une observation à la loupe au laboratoire a permis d’obtenir des données intéressantes. 14,4% des capsules examinées dans le cadre de cette étude présentaient des perforations ou déchirures imputables à des prédateurs. D’autres études antérieures menées dans d’autres pays donnent des chiffres souvent supérieurs (jusqu’à 42% en Californie) mais à partir de protocoles différents (par exemple prélèvements par dragage). Quatre types de traces ont été inventoriées. Les perforations allongées et irrégulières imputables soit aux pieuvres (qui déchirent la capsule avec leur bec corné) soit à certains crabes. On sait que les populations de pieuvres connaissent une forte augmentation au cours de la dernière décennie. Sur près de 38% des capsules prédatées, on observe en plus des mini-trous incomplets qui témoignent d’une activité de repérage préalable pour choisir le site de perforation adéquat. Or ce comportement est justement connu de la part des gastéropodes et des pieuvres ce qui renforce l’idée qu’ils sont bien les prédateurs principaux.

Par ailleurs, on sait que les gastéropodes perceurs, lors du perçage, créent un champ électrique ; or, il a été observé que les embryons de raies sont capables de détecter un champ électrique et cessent alors leurs mouvements de queue servant à ventiler l’eau dans la capsule (voir ci-dessus) ce qui décourage le prédateur en repérage. On voit que ces faux-poissons que sont les raies et roussettes se montrent capables de bien des prouesses « techniques », physiologiques et comportementales, loin de l’image « d’êtres inférieurs » liée au fait qu’ils ont un squelette cartilagineux et non osseux … comme nous bien entendu. Quelque part, ils ont inventé, bien avant les oiseaux et les lézards et serpents, l’oeuf à « coquille ».

Anecdotes et faits insolites

  • En mai, une raie manta s'est échouée sur une plage en Catalogne, en Espagne, et a donné naissance à un petit avant d'être remise à l'eau par des sauveteurs.
  • Une raie manta qui avait été récupérée en 1998 a donné naissance à un bébé après une gestation de 374 jours.

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