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Identifier et gérer les punaises vertes dans votre jardin

Les hétéroptères, communément appelés punaises, forment un groupe diversifié d'insectes, dont plusieurs espèces se rencontrent fréquemment dans les jardins. Bien que certaines espèces soient carnivores, la majorité sont phytophages et se nourrissent de la sève des plantes. Heureusement, la plupart de ces insectes restent dans leur habitat naturel et ne causent aucun dommage aux cultures. Certaines espèces sont même bénéfiques, agissant comme auxiliaires pour contrôler d'autres ravageurs. Cependant, de nombreuses punaises sont connues pour attaquer massivement les plantes, causant des ravages considérables dans les cultures. L'augmentation des populations de punaises de jardin observée ces dernières années est un phénomène de plus en plus courant. Des hivers plus doux et des climats plus cléments permettent aux punaises de rester actives plus longtemps. La complexité réside dans l'identification précise des différentes espèces de punaises, car beaucoup se ressemblent.

Identification des principales espèces de punaises de jardin

Il est essentiel de savoir identifier les différentes espèces de punaises pour mieux gérer leur présence dans votre jardin. Voici quelques-unes des espèces les plus courantes et les plus susceptibles de causer des problèmes :

  • La punaise verte (Palomena prasina) : De couleur verte au printemps et en été, elle devient brunâtre en hiver. C'est l'une des espèces les plus communes et les plus nuisibles pour les cultures, car elle apprécie particulièrement les solanacées comme les tomates, les aubergines et les poivrons. L'adulte mesure 12 à 14 mm, son tégument est vert, lisse, marqué de nombreux petits points noirs en creux, la marge du pronotum est jaune-rougeâtre. Les antennes sont constituées de 5 articles, le 2ème et le 3ème ont la même longueur, le 4ème et le 5ème sont rougeâtres. Les oeufs sont verts et pondus groupés.
  • La punaise verte ponctuée (Nezara viridula) : Également verte, elle se distingue de la punaise verte commune par la présence de trois petites taches blanches encadrées par deux petits points noirs. Elle s'attaque à de nombreuses cultures, notamment les tomates, les haricots, les poivrons et les aubergines. On la reconnaît à ses cinq points alignés sur le dos. Les piqûres d'alimentation et l'injection d'une salive riche en amylase provoquent des dépressions à la surface des fruits.
  • La punaise rouge du chou (Eurydema ornatum et Eurydema ventralis) : Il existe deux espèces de punaises rouge du chou. Ces petites punaises rouge et noire ressemblent à des gendarmes et affectionnent les brassicacées (crucifères), comme les choux, dont elles piquent les feuilles et ralentissent la croissance.
  • La punaise potagère ou punaise verte du chou (Eurydema oleraceum) : Contrairement à ses cousines les punaises rouge du chou, la couleur de la punaise potagère peut varier du vert foncé au jaune, avec des taches plus claires. C'est une très petite punaise à la tête noire et au corps vert sombre brillant qui aime les brassicacées.
  • La punaise diabolique, punaise marbrée ou encore punaise asiatique (Halyomorpha halys) : Cette espèce invasive originaire d'Asie est présente en France depuis 2012. Elle s'attaque à une grande variété de plantes, y compris les fruits, les légumes et les plantes ornementales. Elle a des motifs bruns et gris et une marque blanche sur les antennes. Il s’agit d’une grosse punaise, en effet, les adultes mesurent entre 12 et 17 mm de long pour 7 à 10 mm de large. Elle est le plus souvent grisâtre, mais elle peut également tirer sur des couleurs brunes à rougeâtres. Elle peut être confondue avec d’autres espèces de punaises françaises comme par exemple la punaise nébuleuse, Rhaphigaster nebulosa. Pour les distinguer : la punaise nébuleuse a une tête arrondie alors que la punaise diabolique possède une tête carrée. Avant de devenir adulte, la punaise diabolique passe par 5 stades larvaires. Dans un premier temps, les larves sont orangées et restent statiques autour des œufs dont elles sont issues. Après une mue, elles atteignent le second stade larvaire et elles perdent leur couleur orange pour devenir grisâtre. De petites épines apparaissent également sur le pourtour de leur corps. Ceci permet de les distinguer des autres larves de punaise.
  • La punaise des fruits rouges (Dolycoris baccarum) : La coloration générale varie du pourpre au brun, avec une fine ponctuation noire. Le scutellum (partie triangulaire à l'arrière du thorax) est généralement de couleur jaune ocre, surtout à l'extrémité. Comme son nom l'indique, elle affectionne les fruits rouges (fraises, framboises) qu'elle pique et rend impropres à la consommation.

Dégâts causés par les punaises de jardin

Pour se nourrir, les punaises de jardin transpercent les tissus des végétaux à l'aide de leur stylet et aspirent la sève de la plante. Ces blessures favorisent souvent le développement de maladies (mildiou…) et entraînent des malformations des fruits et des graines, en retardant la maturation. De plus, la salive injectée par l'insecte provoque des nécroses et des pourritures, qui peuvent alors se transmettre à toutes les cultures.

Les dégâts se manifestent par :

  • Des taches décolorées, souvent circulaires, sur les feuilles, les tiges et les fruits.
  • Des dépressions à la surface des fruits causées par les piqûres d'alimentation.
  • La chute des fleurs et la déformation des fruits, particulièrement dans le cas de la punaise diabolique.
  • Un mauvais mûrissement des tomates, avec des zones de chair blanche et dure aux endroits piqués.

Les punaises peuvent également s'attaquer aux fleurs et aux plantes ornementales, mais les conséquences sont généralement moins graves que pour les légumes.

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Prévention : la meilleure arme contre les punaises de jardin

La prévention est essentielle pour lutter contre les punaises de jardin. Agir avant qu'une infestation ne se déclare est plus efficace et permet d'éviter bien des tracas. De plus, l'anticipation est moins coûteuse en temps et en argent que le traitement d'une invasion de punaises.

Voici quelques mesures préventives à mettre en place :

  • Éliminer les fruits mûrs ou endommagés : Les punaises sont attirées par les fruits mûrs ou endommagés, car ceux-ci sont plus faciles à percer pour en extraire les nutriments.
  • Installer des filets anti-insectes : L'installation de filets anti-insectes sur les cultures est la solution la plus efficace pour prévenir les intrusions de punaises. Ces protections peuvent s'avérer complexes à mettre en œuvre sur un grand potager extérieur, mais elles sont plus simples à installer sur une serre de jardin.
  • Maintenir le jardin propre : Éliminer les débris végétaux et les mauvaises herbes qui peuvent servir de refuge aux punaises.

Méthodes de lutte contre les punaises de jardin

Si malgré les mesures préventives, les punaises de jardin envahissent vos cultures, plusieurs méthodes de lutte peuvent être utilisées :

  • Collecte manuelle : La collecte manuelle des punaises est une méthode écologique particulièrement efficace pour les petites infestations. Il suffit de les faire tomber dans un récipient et de les éliminer. Pensez également à éliminer les œufs et les larves.
  • Pièges à phéromones : Les pièges à phéromones vendus en jardineries sont particulièrement efficaces pour lutter contre les infestations de punaises de jardin, notamment la punaise diabolique. Ces substances chimiques émises naturellement par les punaises pour communiquer entre elles permettent d'attirer spécifiquement l'espèce ciblée. L'avantage de l'attractant est qu'il permet de capturer des femelles ! Seuls bémols : L'efficacité des pièges à phéromones peut être influencée par les conditions climatiques. Les températures élevées, le vent et la pluie peuvent dans certains cas diminuer l'attractivité du piège.
  • Plantes-pièges : Certains tests ont démontré l'efficacité de certains végétaux utilisés comme « plantes-pièges ». Une plante piège est une plante cultivée spécifiquement pour attirer et concentrer certains insectes nuisibles, généralement des ravageurs de cultures. À cet effet, certains tests effectués en Suisse ont montré l'efficacité de plates-bandes de luzerne comme plantes-pièges sur certaines espèces de punaises ravageuses. D'autres plantes, comme l'aneth, le fenouil ou la coriandre, peuvent également attirer certaines espèces de punaises.
  • Répulsifs naturels : Pour éloigner les punaises de votre jardin, vous pouvez miser sur des solutions naturelles. Certaines plantes, comme la menthe, l'absinthe, l'ail et le romarin, dégagent des odeurs qui les repoussent naturellement. Vous pouvez également préparer des purins à partir de ces plantes. Il suffit de faire macérer les feuilles dans de l'eau, de filtrer et de pulvériser sur vos végétaux. Le savon noir dilué dans de l'eau peut aussi être utilisé en pulvérisation. Une préparation à base d’ail serait un bon répulsif contre la punaise de jardin. On peut utiliser de l'ail écrasé ou en poudre, additionné d'eau, de savon noir dilué ou du purin d'ortie pour faire un spray répulsif écologique temporaire (il faut donc renouveler l'opération). On peut fabriquer facilement un spray à la menthe, à raison de 5 gouttes d'huile essentielle de menthe, ou 3 cuillères à soupe de feuilles hachées pour 250 ml d'eau bouillante. Il faut utiliser une poignée de feuilles d'absinthe hachées infusées dans de l'eau bouillante, filtrer et vaporiser. On peut aussi utiliser du purin d'absinthe, à raison de 300 g de plante fraîche pour 1l d'eau.
  • Encourager les prédateurs naturels : Les insectes parasitoïdes sont de véritables prédateurs naturels des punaises de jardin. Ces minuscules alliés pondent leurs œufs à l'intérieur ou sur le corps des punaises. Une fois écloses, leurs larves se nourrissent de leur hôte, le tuant progressivement. La guêpe parasitoïde Trissolcus basalis est un exemple de prédateur naturel des punaises. La mouche à plume est un parasite de la punaise verte ponctuée qui s’attaque à nos tomates. Le diptère pond ses œufs sur la carapace des punaises adultes et dès l’éclosion, les larves tentent de pénétrer la carapace de la punaise. À l’âge adulte, la mouche se nourrit de nectar, notamment de plantes de la famille des apiacées (ou ombellifères). Il est donc tout à fait possible de l’attirer en laissant de nombreuses fleurs de cette famille au potager et au jardin. On peut par exemple citer la carotte sauvage, mais aussi le persil, le cerfeuil, la coriandre ou encore l’aneth.
  • Terre de diatomée : La terre de diatomée, en déshydratant les punaises, va causer leur mort. Elle est notamment réputée efficace pour venir à bout des punaises de lit (il faut en soupoudrer un peu partout…). Il suffit de saupoudrer les plants attaqués avec un peu du produit. Il s’agit d’une poudre composée de silice, qui tue la plupart des insectes qui entrent en contact avec. La terre de diatomée agit comme des micro bouts de verre qui lacèrent l’exosquelette de la punaise et la tuent en l’asséchant. Heureusement, elle est complètement inoffensive pour nous ! Cette méthode est efficace, mais à utiliser avec modération : elle n’est pas sélective et tue la plupart des insectes, y compris ceux qu’on cherche à favoriser au potager.

Punaises auxiliaires

Il est important de noter que toutes les punaises ne sont pas nuisibles. Certaines espèces, comme le gendarme (Pyrrhocoris apterus) ou certaines punaises appartenant aux genres Anthocoris ou Orius, sont considérées comme des auxiliaires car elles se nourrissent d'autres insectes nuisibles tels que les pucerons, les acariens ou les thrips. Il est donc essentiel de bien identifier les punaises avant de prendre des mesures de lutte, afin de ne pas éliminer des espèces bénéfiques pour votre jardin.

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