Introduction
L'ours polaire (Ursus maritimus), également connu sous le nom d'ours blanc, est une créature emblématique de l'Arctique. Maître incontesté du désert blanc, il fascine autant qu'il inquiète, notamment en raison des menaces qui pèsent sur son avenir. Cette fiche d'information vous propose un tour d'horizon complet de cet animal fascinant, de son habitat à son régime alimentaire, en passant par les défis auxquels il est confronté.
Aux Origines de l'Ours Polaire : Un Cousin de l'Ours Brun
L'histoire de l'ours polaire est intimement liée à celle de l'ours brun. Les premières traces de différenciation entre les deux espèces remontent à environ 1,3 million d'années. L'espèce de l'ours polaire se serait complètement individualisée il y a environ 300 000 ans, à partir d'un groupe d'ours bruns originaires du sud de l'Alaska, plus précisément de l'archipel Alexander. Isolés de leurs congénères par des glaciations successives, ces ours auraient évolué de manière spécifique pour s'adapter au milieu arctique.
Habitat et Répartition : Cap au Nord
L'ours polaire est une espèce endémique de l'Arctique. Son aire de répartition est circumpolaire, c'est-à-dire qu'il vit autour du pôle Nord. On le trouve principalement dans les régions côtières de l'océan Arctique, notamment au nord du Canada, au Groenland, en Russie, en Alaska et dans l'archipel du Svalbard. La population mondiale est estimée à environ 26 000 individus, répartis en 19 sous-populations géopolitiques. L'ours blanc est toujours inféodé à la banquise, un milieu vital pour lui car il y chasse, se repose et se reproduit.
Un Physique Parfaitement Adapté à son Milieu
L'ours polaire est parfaitement adapté aux conditions climatiques extrêmes de l'Arctique. Son physique est un témoignage de cette adaptation :
- Fourrure épaisse : Composée de deux couches, des poils de jarre longs et imperméables et des poils de bourre fins et laineux, elle assure une isolation thermique optimale.
- Couche de graisse protectrice : Une épaisse couche de graisse sous-cutanée renforce l'isolation thermique et sert de réserve d'énergie. Les réserves de graisse l’aident à flotter.
- Petites oreilles rondes : Elles limitent la déperdition de chaleur.
- Long museau : Il permet de réchauffer l'air inspiré grâce à une grande surface d'échange dans les fosses nasales. Son odorat est particulièrement performant : il est même capable de détecter une proie jusqu’à 10 km !
- Larges pattes semi-palmées : Le dessus de ses larges pattes semi-palmées est couvert de poils qui l’isolent du contact avec la glace : cela permet à ce grand vagabond de marcher sur la neige sans s’enfoncer, comme nous lorsque l’on porte des raquettes. Sur les coussinets plantaires, de petites rugosités servent d’antidérapants. Les griffes, courtes et massives, sont idéales pour s’agripper à une plaque de banquise ou à une proie : voilà qui l’empêche de glisser !
Un Ours Albinos ? Pas Vraiment !
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'ours polaire n'est pas un ours brun albinos. Sa blancheur n'est pas due à un manque de mélanine, le pigment responsable de la couleur de la peau et des poils. En réalité, ses poils sont incolores, translucides et creux. C'est la réflexion de la lumière sur la surface interne de ces poils qui les fait apparaître blancs ou jaunâtres. Sous son pelage, l'ours polaire a une peau complètement noire, ce qui lui permet d'absorber l'énergie du spectre infrarouge et donc de conserver sa chaleur.
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Des Chasseurs aux Sens Aiguisés
L'ours polaire est le plus grand carnivore terrestre du monde ! Il chasse principalement des phoques (de 50 à 70 phoques par an) et en dehors de cette proie habituelle, il se contente de charognes, végétaux et oiseaux à terre. L’ours possède 3 techniques de chasse différentes pour capturer des phoques selon la période de l’année.
- En hiver, l’ours chasse à l’affût, couché sur la banquise devant le trou par lequel les phoques viennent respirer. Un violent coup de patte brise le cou du phoque remonté à la surface, ce qui permet à l’ours de réussir à le hisser sur la banquise.
- Au printemps, l’ours détecte les tanières dans lesquelles les phoques mettent au monde leurs petits. L’ours saute de tout son poids sur ces abris de neige et peut ainsi se saisir des blanchons (les bébés phoques).
- À la fin du printemps, les phoques s’exposent au soleil sur la banquise, à proximité de leurs trous de respiration. L’ours s’approche alors en rampant, face au vent, et se précipite sur ses proies lorsqu’il est à une vingtaine de mètres.
Eternel vagabond, l'ours polaire est à la recherche constante de nourriture. En hiver, il n’hiberne pas mais erre sur la banquise en quête de proies (à l’exception des femelles gravides). Il est solitaire, ne vit donc pas en communauté et n’est pas territorial. En étant au sommet de la chaîne alimentaire, ce prédateur très spécialisé est un indicateur sensible de la santé de l’écosystème arctique et nous aide à surveiller et à comprendre les changements climatiques rapides que connaît cette région. On dit qu’il est un "bio-indicateur".
L’Année Bien Rythmée de l’Ours Blanc
Son alimentation est essentiellement composée de phoques, des animaux qu’il ne peut chasser que sur la banquise. Cela rend l’ours polaire directement dépendant du cycle biologique des espèces chassées, elles-mêmes fortement liées à la formation de la banquise (l’embâcle, en novembre) et à sa fonte (la débâcle, en juin). Par conséquent, l’ours polaire a dû s’adapter : il se nourrit un peu en hiver (lorsqu’il y a de la banquise), principalement au printemps (durant la saison de reproduction des phoques), tandis que l’été est une période de disette (absence de banquise et donc de phoques). L’été, l’ours polaire rejoint la terre ferme pour sillonner le littoral à la recherche de nourritures opportunistes (carcasses, œufs, oiseaux…) jusqu’à la prochaine formation de la banquise.
Reproduction et Cycle de Vie
Chez l’ours polaire, les mâles et les femelles atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de 4 ou de 5 ans. L’accouplement a lieu pendant les mois d’avril et de mai, lorsque les ours blancs chassent les phoques sur la banquise. La mère creuse sa tanière sur le versant sud de collines ou de vallées où les vents dominants du nord forment d’épais bancs de neige. La taille de l’abri varie, pouvant atteindre jusqu’à 2,40 m de largeur, 3,00 m de longueur et 1,20 m de hauteur.
Les naissances ont lieu entre la fin du mois de novembre et au début du mois de janvier, selon la latitude, après environ 6 mois de gestation. Dans la majorité des cas, une ourse polaire donne naissance à 1 ou 2 deux petits. Lorsque les conditions alimentaires ont été bonnes et que les femelles peuvent accumuler beaucoup de graisse avant de préparer leur tanière, on peut alors observer des portées composées de 3 petits. À la naissance, un ourson polaire ne mesure que 25 cm de longueur environ et pèse moins de 1 kg. Il a les yeux fermés et sa peau est recouverte de poils si fins que certaines descriptions antérieures indiquaient qu’ils étaient nus. L’ourson ne quittera la tanière que vers la fin du mois de février et la mi-mars. Les premières ballades ne se résument qu’à un petit dégourdissement des jambes et leur permet de s’habituer au froid polaire. Les jeunes oursons resteront près de leur mère pendant 2 ans puis elle les chassera. Dans la plupart des régions, les oursons restent avec leur mère durant deux ans et demi de telle sorte que les femelles ne peuvent habituellement avoir une nouvelle portée que tous les 3 ans. Ce rythme de reproduction très lent explique pourquoi les populations réduites prennent tant de temps à se rétablir.
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La première année d’indépendance est sans doute la période la plus difficile de la vie d’un ours blanc. Le taux de croissance est faible chez l’ours polaire : les femelles ne se reproduisent que tous les trois ans, et souvent seul un ourson survivra. Durant le premier hiver, beaucoup des oursons ayant survécu meurent. Passé les premiers mois de vie solitaire qui sont les plus durs, le jeune qui a survécu peut vivre jusqu’à une trentaine d’années. Mais d’autres facteurs de mortalité peuvent intervenir : le changement climatique, la pollution chimique et le développement de nouvelles activités économiques qui perturbent la vie des ours.
Changements Climatiques et Impacts sur la Vie de l’Ours Blanc
La fonte précoce de la banquise et sa formation de plus en plus tardive, liées aux bouleversements climatiques qui touchent l’Arctique, allongent les périodes de jeûne de l’ours polaire, réduisent son territoire de chasse et les privent de ressources alimentaires. Or l’ours polaire doit constituer des réserves de graisse importantes pour survivre pendant les périodes de disette. Tout leur rythme annuel est donc remis en cause par les effets du réchauffement climatique. La possibilité d'accumuler des réserves de graisse et de calories avant la période de disette estivale se réduit entrainant aussi une diminution du rythme des naissances et le nombre de petits par portée.
La disparition de la banquise réduit cependant leur territoire de chasse. Des ours en mauvaise santé peuvent présenter des taux de reproduction plus faibles - qui peuvent conduire à une raréfaction de l'espèce au niveau local. Des scientifiques ont démontré que la cause principale de mortalité chez les oursons était le manque de nourriture, et notamment un lait trop pauvre en graisse. Enfin la glace, moins épaisse, peut dériver au gré des vents et courants, emportant les ours en pleine mer.
L'Ours Polaire, une Espèce Vulnérable
L’Ours polaire est inscrit sur la liste rouge de l’UICN en tant qu’espèce vulnérable, avec 8 des 19 populations du monde en déclin. Aujourd’hui, l’ours polaire est principalement menacé par la perte de son habitat liée au changement climatique et à la fonte des glaces.
La Fonte des Glaces, une Menace pour l’Ours Polaire
En effet, le réchauffement climatique provoque la fonte des glaces, il y a donc moins de banquise, ce qui réduit le territoire de chasse de l’ours polaire. Autre conséquence du réchauffement climatique : la banquise se forme de plus en plus tardivement. Cela oblige l’ours polaire à patienter plus longtemps sur les côtes, puisant un peu plus dans ses réserves de graisses, en attendant la formation de son territoire de chasse. Ces conséquences du réchauffement climatique entrainent un phénomène de malnutrition chez l’ours polaire.
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La Pollution Chimique
Les polluants chimiques sont également une menace pour l’ours polaire. Atteignant les régions arctiques via les transports aériens et océaniques, les polluants se dégradent peu voire pas du tout dans l’environnement. Cela signifie qu’ils ne font que s’y accumuler dans la nature. Dans son organisme, l'ours polaire accumule des substances chimiques issues de nos activités industrielles et agricoles (telles que le mercure, le plomb, ou des polluants organiques persistants, les hydrocarbures, ou les pesticides). Concentrés par les différentes espèces tout au long de la chaîne alimentaire, les polluants s’accumulent dans la graisse de l’ours pouvant atteindre des doses très toxiques entrainant des anomalies congénitales. On note, par exemple, un dysfonctionnement du système endocrinien et le développement de maladies chroniques chez ces animaux. Emmagasinés par les différentes espèces tout au long de la chaîne alimentaire, les polluants comme le mercure s’accumulent dans la graisse de l’ours, pouvant causer chez lui des anomalies congénitales et détériorer son système nerveux. Les polluants organiques persistants (POP) comprennent un grand nombre de substances dangereuses. La plupart d'entre elles est officiellement interdite mais leur élimination du milieu est très lente et persistent pendant de nombreuses années.
Le Plastique
En plus de la pollution chimique, la pollution au plastique perturbe la biodiversité arctique dans sa totalité. On a retrouvé 17 formes du polymère, contenus dans des produits de la vie quotidienne, comme le vernis à ongles, les filtres à cigarettes, les peintures, les emballages ou les bouteilles, ont été détectés dans des échantillons d’eau arctique. Ces particules microscopiques peuvent flotter à la surface de l’eau ou même couler jusqu’à se déposer dans les profondeurs avec des conséquences graves sur la santé des animaux marins et notamment de l’ours, qui en absorbent en grande quantité.
Nuisances et Chasse
Le développement de nouvelles activités économiques comme l’exploitation de ressources naturelles (pétrole et gaz), la chasse à des fins commerciales encore maintenue dans certaines régions et un tourisme hivernal autour des tanières, zones de reproduction (au Canada) entraine une nuisance environnementale destructrice pour l’ours polaire mais aussi pour l’ensemble de l’écosystème arctique.
Conservation et Efforts de Protection
Face à ces menaces, de nombreux efforts sont déployés pour assurer la conservation de l'ours polaire.
- Recherche scientifique : Des programmes de recherche étudient l'écologie de l'ours blanc, notamment sa taille, ses taux de croissance et de reproduction, ses déplacements et sa contamination par des produits chimiques toxiques. Les chercheurs ont besoin de comprendre ce qui se passera pour l’espèce quand la banquise aura fondu. Pour y parvenir, les biologistes utilisent des colliers GPS aussi légers que compacts permettant de suivre les mouvements des ours en temps réel. Les ours polaires vivant dans un habitat reculé et difficile d'accès, recueillir des données de bonne qualité les concernant revient très cher.
- Collaboration internationale : La conservation de l'ours polaire nécessite une collaboration internationale. Un accord international sur la conservation de l'ours blanc a été signé en 1973 par cinq pays (le Canada, le Danemark, la Norvège, les États-Unis et l'ex-URSS).
- Actions de sensibilisation : Des organisations comme le WWF mènent des actions de sensibilisation pour informer le public sur les menaces qui pèsent sur l'ours polaire et encourager des comportements plus respectueux de l'environnement. Chacun d’entre nous peut se mobiliser et agir au côté du WWF pour faire face au plus grand défi de notre siècle. La sauvegarde des espèces et des espaces menacés ne se fera pas sans votre aide. Le WWF œuvre à la conservation des espèces menacées sur tous les continents.
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