Bien que le diagnostic d'hyperactivité (ou Trouble Déficitaire de l'Attention avec Hyperactivité, TDAH) ne puisse être posé avec certitude qu’à partir de 6 ans, il est possible d'observer chez un bébé de quelques mois des signes d'agitation qui peuvent susciter des interrogations chez les parents. Cet article vise à explorer les manifestations possibles de cette agitation chez les bébés, les facteurs pouvant y contribuer, et les pistes pour accompagner au mieux ces jeunes enfants.
Agitation chez le bébé : Signe d'hyperactivité précoce ?
Un bébé peut manifester de premiers signes dès ses premiers mois de vie. On a souvent tendance à nommer “hyperactif” un enfant turbulent, dont l’attention est difficile à capter et qui est toujours en mouvement. Au quotidien, un jeune enfant hyperactif a un comportement difficile à vivre pour son entourage. Objets cassés, cris, colères, course effrénée dans les couloirs : l’enfant est une vraie pile électrique et enchaîne les bêtises à vitesse grand V. Il est également doté d’une sensibilité exacerbée, ce qui favorise les crises de colère… Pas facile à vivre pour la famille, parents, comme frères et sœurs !
Il arrive qu’un bébé montre des premiers signes d’hyperactivité très tôt. À quelques mois seulement, votre bébé est très agité pour son âge et ses besoins semblent intenses : il enchaîne les colères, rencontre des difficultés pour s’endormir et semble doté d’une énergie sans limites. Il se peut aussi que ses premiers pas soient vite remplacés par des courses effrénées à travers la maison et qu’il se mette à tout escalader… au grand désespoir de ses parents ! Enfin, hyperactivité rime souvent avec hypersensibilité chez les jeunes enfants. Un bébé hyperactif vit généralement ses émotions de manière intense. Joie, colère, angoisse, excitation, frustration, sont amplifiées et vécues comme une tornade émotionnelle pour l’enfant. Néanmoins, des émotions intenses sont aussi normales dans le développement d’un enfant. Votre bébé a besoin de temps pour reconnaître et comprendre ses émotions.
Cependant, il est essentiel de nuancer cette notion d'hyperactivité chez le très jeune enfant. Rappelons par ailleurs qu’il est primordial qu’un bébé s’exprime par le mouvement, qu’il cherche à développer sa mobilité et qu’il déborde d’énergie ! Tous les bébés ainsi très actifs et éveillés ne deviennent pas tous des hyperactifs au sens du diagnostic chez le grand enfant. Mais, pour autant, quand on refait l’histoire d’un enfant hyperactif on apprend qu’il l’était déjà petit.
Les manifestations possibles de l'agitation chez le bébé
- Agitation motrice importante : Le principal symptôme d’hyperactivité chez bébé est une vive et constante agitation. Votre enfant ne tient pas en place, s’énerve vite, a besoin d’être tout le temps occupé et a du mal à rester concentré plus de 5 minutes.
- Difficultés de sommeil : Elle ne se pose jamais et dort très peu, autant la journée que la nuit. Elle ne pleure pas vraiment elle patiente dans son lit mais ne dort pas. La nuit elle se réveille 8 a 10 fois.
- Irritabilité et pleurs fréquents : Vous me parlez d’accouchement difficile, de pleurs incessants les 3 premiers mois.
- Difficulté à se concentrer sur une activité : Chez le bébé, cela se traduit souvent par une vive impatience en jouant, ce qui le stresse profondément et occasionne des colères.
- Hypersensibilité émotionnelle : C’est aussi un enfant très émotif, chez qui les sensations et la sensibilité semblent amplifiées. Les émotions, positives comme négatives, sont ressenties intensément.
Évidemment, chez un très jeune enfant, ces symptômes peuvent n’être que des étapes normales du développement, d’où la difficulté à diagnostiquer très tôt un éventuel TDAH.
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Les causes potentielles de l'agitation chez le bébé
L'agitation d'un bébé peut être liée à de nombreux et divers facteurs. Voici quelques pistes à explorer :
- Facteurs neurologiques : Son hyperactivité peut, ainsi, être due à certaines zones de son cerveau présentant un léger dysfonctionnement. Trouble neuropsychiatrique qui résulte d’un dysfonctionnement du cerveau.
- Lésions cérébrales : Il arrive aussi qu’une petite lésion cérébrale, à la suite d’un choc à la tête ou d’une opération par exemple, mène à l’hyperactivité.
- Facteurs génétiques : Il semblerait, en outre, que certains facteurs génétiques entrent également en ligne de compte. Des facteurs génétiques jouent un rôle important dans le TDAH, il est d’ailleurs fréquent qu’un parent découvre qu’il est lui-même TDAH à l’occasion du diagnostic réalisé chez l’un de ses enfants.
- Allergies alimentaires : Par ailleurs, plusieurs études scientifiques démontrent un lien entre certains cas d’hyperactivité et des allergies alimentaires, notamment au gluten.
- Prématurité : La grande prématurité est également un facteur de risque pour ce trouble.
- Facteurs environnementaux : Le rôle des facteurs environnementaux est plus modeste et controversé.
- Troubles du sommeil : Les troubles du sommeil peuvent exacerber l'agitation chez les bébés.
- Environnement stimulant : Vous êtes trop « sur lui » peut-être comme beaucoup de parents pour un premier enfant …. que sais-je ?
Comment accompagner un bébé agité ?
Même s'il est impossible de poser un diagnostic de TDAH avant l'âge de 6 ans, il est important d'accompagner au mieux un bébé présentant des signes d'agitation. Voici quelques conseils :
- Consulter un professionnel de santé : Parlez-en à votre médecin afin que le diagnostic par un spécialiste du TDAH puisse se faire rapidement. Si vous suspectez que votre enfant souffre d'hyperactivité, consultez son médecin traitant afin qu’il vous oriente vers une prise en charge adaptée. Parlez-en au médecin traitant de votre enfant qui pourra évoquer le diagnostic de TDAH et vous adresser à un spécialiste ou un professionnel ayant acquis une compétence dans le diagnostic et la prise en charge de ce trouble. Il peut s'agir d'un médecin psychiatre, pédopsychiatre, pédiatre, neuro-pédiatre ou neurologue.
- Créer un environnement calme et sécurisant : Afin de favoriser le bien-être et l’épanouissement d’un enfant hyperactif, il est essentiel de mettre en place une routine stable et sécurisante. Cette dernière doit comprendre des horaires réguliers pour les repas, les siestes et les activités quotidiennes. Pour aider un enfant hyperactif à mieux gérer ses émotions et son agitation, il est recommandé de lui proposer un environnement calme, apaisant et bien structuré en réduisant un maximum les stimulations extérieures (notamment pendant les devoirs ou au moment du coucher). La chambre de l’enfant doit être aménagée de manière simple, sans trop de stimuli visuels ou sonores susceptibles de l’exciter davantage.
- Mettre en place une routine stable et prévisible : Votre enfant a besoin de repères. Proposez-lui également des jeux adaptés à son trouble de l’attention qui pourront stimuler sa concentration, sa mémoire ou favoriser la manipulation.
- Proposer des activités adaptées : Afin d’éviter un maximum l’énervement, pratiquez des jeux calmes avec lui pour l’apaiser.
- Être attentif aux besoins de l'enfant : En effet, il est primordial d'apprendre à reconnaître les besoins spécifiques de son bébé et d'ajuster son attitude en conséquence. En somme, il est essentiel d'apprendre à connaître et comprendre les besoins spécifiques d'un nourrisson hyperactif et/ou hypertonique.
- Favoriser l'expression des émotions : Le but est également de l’aider à accueillir ses émotions, souvent très fortes.
- Être à l'écoute de son propre état émotionnel : J’aurais donc bien envie de vous conseiller une prise en charge en psychomotricité ou en atelier psychologique parent-bébé pour travailler des moments communs calmes et réfléchir à ce que cette naissance difficile a laissé en vous comme trace anxieuse, à votre mode de vie à vous.
Adapter la communication
Comme l’enfant hyperactif a très peu de limites dans son comportement et qu’il déteste les règles, c’est à vous de l’aider à trouver ses limites. Pour cela, mettez en place une façon de communiquer simple et adaptée à son niveau de compréhension.
- Adressez-vous à lui avec des consignes simples et compréhensibles : en lui disant exactement ce que vous attendez de lui, vous l’aidez à établir des limites à son comportement. Par exemple, "arrête de courir" est une consigne moins complexe que “tiens-toi tranquille”.
- Préférez les tournures de phrases à l'affirmative qui vont droit au but : par exemple, “arrête de courir” est plus compréhensible que “veux-tu arrêter de courir”
- Évitez de lui donner plusieurs consignes à la fois ou des consignes trop vagues : il risque de ne pas se souvenir de tout, de se disperser dans ses tâches et de ne pas saisir tout ce qu’il est censé faire. Par exemple, “range ta chambre" implique plusieurs sous-tâches à exécuter qu’il risque de ne pas prendre en compte.
- Assurez-vous que votre consigne est correctement comprise : demandez lui confirmation que votre demande a été comprise en cherchant son regard ou un stimulus physique. Par exemple, posez votre main sur son épaule pour attirer son attention et demandez-lui de vous expliquer ce qu’il doit faire.
Hyperactivité et TDAH chez l'enfant : Diagnostic et Prise en charge
L’hyperactivité, ou Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), est habituellement diagnostiquée vers 6 ou 7 ans. En France, le TDAH toucherait environ 4 % des enfants.
Le TDAH appartient à la catégorie des troubles du neurodéveloppement (TND). Il apparaît dans l’enfance et persiste souvent à l’âge adulte sous une forme plus ou moins atténuée. Il est caractérisé par des symptômes d’inattention et de distractibilité, accompagnés ou non d’hyperactivité et d’impulsivité, qui perturbent la scolarité, les relations sociales ou le climat familial.
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Les symptômes du TDAH chez l'enfant
L’hyperactivité, ou TDAH, peut se définir en 3 symptômes principaux :
- Un déficit de l’attention : incapacité de l’enfant à se concentrer, à accomplir une tâche qui demande de la concentration et de la réflexion, difficulté à aller jusqu’au bout d’un exercice ou à respecter des consignes, oublis fréquents.
- Une hyperactivité motrice : agitation, incapacité de l’enfant à tenir en place.
- De l’impulsivité : l’enfant n’arrive pas à attendre son tour, agit parfois brusquement, peut être agressif et ne supporte pas les frustrations.
Ces difficultés peuvent être remarquées par les parents à la maison, mais aussi à l’école, par le personnel enseignant. C’est le caractère excessif des réactions de l’enfant, la constance de ces comportements et le fait qu’ils durent dans le temps qui doivent alerter les parents et les emmener consulter un médecin spécialiste du TDAH.
Le diagnostic du TDAH
Le diagnostic de l’enfant hyperactif se réalise à partir d’un bilan complet de la vie de l’enfant et de ses comportements. Ce dernier pourra confirmer le diagnostic au travers d’une évaluation approfondie de l’enfant et de son milieu de vie. Il s'appuiera sur des critères comportementaux précis, des tests psychologiques, des tests neuropsychologiques et des échelles comportementales spécifiques.
Ce délicat diagnostic de l’hyperactivité repose sur des observations très précises. Généralement, le diagnostic définitif n’est pas posé avant plusieurs examens. Degré d’agitation, difficulté de concentration, inconscience des risques, hyperémotivité : autant de facteurs à analyser et à quantifier. La famille et les proches doivent remplir des questionnaires « types » afin d’aider à évaluer l’attitude de l’enfant.
La prise en charge du TDAH
Lorsque le diagnostic de l’hyperactivité a été confirmé par un professionnel de santé, il est recommandé de mettre en place un suivi régulier de l’enfant et de sa famille. Le suivi est organisé par le médecin traitant qui se coordonne avec d’autres professionnels de santé en fonction des besoins de l’enfant et de la sévérité des conséquences sur son quotidien. Les troubles associés au TDAH doivent également être pris en compte dans le traitement médicamenteux ou non.
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Si un traitement médicamenteux est parfois nécessaire à l’enfant, il est aussi recommandé d’entreprendre une thérapie comportementale avec un pédopsychiatre. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) donnent généralement de bons résultats chez l’enfant hyperactif. Au fil des séances, il apprend à canaliser son attention et à réfléchir avant de passer à l’action. Ses parents peuvent lui faire pratiquer en parallèle une activité sportive où il s’épanouira et évacuera son trop-plein d’énergie : cela peut apporter un vrai plus. Une activité créative et des temps de jeux calmes sont aussi à instaurer.
Il est également conseillé de soigner les éventuelles allergies (ou intolérances) alimentaires de l’enfant par un régime adapté. Enfin, il existe également des traitements médicamenteux contre l’hyperactivité, notamment à base de Ritaline®. Si cela calme bien l’enfant, les médicaments n’en restent pas moins des substances chimiques à utiliser avec discernement, car ils entraînent des effets indésirables non négligeables.
Hyperactivité : Mythes et réalités
Plusieurs idées reçues circulent au sujet de l'hyperactivité. Il est important de les démystifier :
- "L'hyperactivité est une fatalité" : Non, l'hyperactivité peut être gérée et les enfants peuvent s'épanouir pleinement.
- "L'hyperactivité est due à une mauvaise éducation" : Non, l'hyperactivité est un trouble neurologique.
- "Tous les enfants agités sont hyperactifs" : Non, l'agitation peut avoir d'autres causes.
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