Le sommeil est un pilier fondamental du développement infantile, et les parents sont souvent confrontés à des défis lorsque leur bébé de 15 mois refuse de dormir le soir. Comprendre les causes potentielles de ce refus et mettre en œuvre des solutions adaptées est essentiel pour favoriser des nuits paisibles et un développement sain. Cet article explore en profondeur les raisons possibles derrière ce trouble du sommeil et propose des stratégies pratiques pour aider votre enfant à retrouver un sommeil réparateur.
Introduction : Le sommeil, un besoin vital pour bébé
Votre enfant dort entre 10 et 14 heures par jour et ne fait plus quune sieste en début daprès-midi. Son rythme est désormais bien établi. Ou presque ! Le sommeil joue un rôle crucial dans le développement physique et cognitif de votre bébé. Durant ses 2ème et 3ème années, votre enfant passe par de nombreuses étapes de développement qui lui demandent beaucoup d’énergie. Pour y arriver, il a besoin aussi de beaucoup de repos ! Les troubles du sommeil peuvent avoir un impact négatif sur son humeur, son comportement et sa capacité d'apprentissage. Il est donc primordial d'identifier les causes de ces troubles et de mettre en place des solutions adaptées.
I. Comprendre les habitudes de sommeil à 15 mois et l'angoisse de séparation
Le sommeil des enfants à 18 mois est essentiel pour leur développement, mais cette période peut être marquée par des habitudes spécifiques et l'angoisse de séparation. Comprendre ces aspects est crucial pour les parents qui cherchent à soutenir leur enfant pendant cette étape de croissance.
A. Habitudes de sommeil typiques à 15 mois
À l'âge de 18 mois, la plupart des enfants ont besoin d'environ onze heures et quart de sommeil ininterrompu la nuit, avec une sieste de deux heures et quart à deux heures et demie pendant la journée. Ils se contentent généralement d'une seule sieste à la mi-journée ou l'après-midi. Voici quelques bonnes habitudes à prendre pour éviter les difficultés. La meilleure façon d’aider votre enfant à bien dormir est d’instaurer des horaires réguliers de coucher à la sieste et le soir. N’attendez pas que votre enfant tombe d’épuisement pour le conduire au lit !
B. L’angoisse de séparation : une étape normale du développement
L'angoisse de séparation à 18 mois est une étape normale du développement. C'est le signe que votre enfant prend conscience de son environnement extérieur et distingue les visages familiers. Cette angoisse montre un bon niveau de développement psychologique affectif et intellectuel. Votre enfant comprend qu'il est une personne à part entière et que les parents sont distincts de sa personne. Cependant, cela peut également entraîner la peur d'être abandonné lorsque vous disparaissez de son champ de vision. Votre bébé a en effet l’âge de l’angoisse de séparation : elle a compris qu’elle ne fait plus partie de vous et redoute la séparation physique, craignant de ne plus vous retrouver au réveil.
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C. Manifestations de l'angoisse de séparation
Les réactions de l'angoisse de séparation peuvent varier selon les enfants. Certaines manifestations incluent : baisser timidement les yeux, se cacher derrière des objets, pleurer intensément, agripper le parent qui sort, chercher le parent absent, et montrer moins d'enthousiasme dans de nouveaux endroits. Le vécu de cette période est différent pour chaque enfant, et cela dépend de leur personnalité et de leur familiarité avec leur environnement.
II. Identifier et comprendre la régression du sommeil
Identifier une régression du sommeil chez votre enfant est crucial pour instaurer un sommeil paisible. Avant de conclure à une régression, il est important d'éliminer tout inconfort physique en consultant le pédiatre.
A. Comment reconnaître une régression du sommeil ?
Le terme "régression du sommeil" décrit une période pendant laquelle votre enfant, qui dormait normalement toute la nuit, commence soudainement à se réveiller fréquemment et peut éprouver des difficultés lors des sieste. Une phase de régression se produit de façon soudaine et sans aucune cause apparente, alors que votre enfant semblait avoir trouvé un rythme de sommeil plutôt stable. Cela ne veut pas forcément dire que votre bébé dormait parfaitement bien avant. On parle alors de régression du sommeil. Pour ma part, je n’aime malgré tout pas ce terme. Avec les enfants, les phases de développement sont nombreuses ! Le bébé et l’enfant traversent de nombreux changements au fil des âges. Je préfère parler de phases d’évolutions car le bébé n’est pas en train de « perdre » ou d’oublier quelque chose, il acquiert de nouvelles compétences ! Il concentre alors son énergie à cette acquisition en régressant sur d’autres. Et ce n’est qu’une période.
Observez attentivement les signes suivants :
- Une augmentation de l'appétit
- Des réveils nocturnes plus fréquents
- Des siestes plus courtes ou un refus total de dormir en journée
- Une augmentation de l'agitation et des pleurs
- Une réticence à être avec de nouvelles personnes ou à s'éloigner de papa et maman
Un exemple : vous couchez votre enfant comme tous les soirs, et il pleure, hurle, tend les bras, et l’endormissement parait impossible sans votre aide. Vous finissez par l’endormir en le berçant ou en restant à côté. Le tableau n’est pas toujours complet mais ce qui est sûr, c’est que votre enfant ne dort pas « comme d’habitude ».
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B. Durée et nature temporaire des régressions
La bonne nouvelle est que ces régressions sont généralement temporaires, durant entre deux et six semaines, avant que les habitudes de sommeil de votre enfant ne reviennent à la normale aussi subitement qu'elles ont changé.
- Si votre enfant dormait bien : durant cette période, il peut commencer à se réveiller fréquemment la nuit et avoir des problèmes de sieste. Un cadre rassurant et serein est essentiel pour l'accompagner.
- Si votre enfant avait déjà des troubles du sommeil : la "régression du sommeil" peut accentuer ces problèmes et les prolonger.
C. Les raisons des régressions du sommeil
Lorsque votre enfant fait une nouvelle acquisition ou réalise quelque chose de nouveau, son corps et son cerveau sont intensément sollicités, ce qui peut entraîner divers changements dans son comportement et son sommeil. Identifier la cause d’une régression se fait souvent une fois la régression passée ! L’apprentissage de la marche, une poussée dentaire, les débuts d’un mode de garde, une période d’angoisse de séparation. La cause reste parfois un mystère…mais le plus important est de voir son enfant retrouver un sommeil serein !
Vers 15/18 mois votre enfant acquiert notamment la marche et ressent davantage l’angoisse de la séparation. Cela peut entraîner une régression du sommeil. Son corps et son cerveau sont alors très stimulés, rendant difficile pour lui de se calmer, de dormir tranquillement, de jouer seul, voire d'avoir un appétit stable. Les régressions sont passagères !
D. La résistance au sommeil
À mesure que bébé s'éveille davantage au monde qui l'entoure, il développe des liens profonds avec ses parents et son environnement familier. Cela peut le pousser à résister au sommeil pour profiter pleinement des stimulations de son entourage.
III. Causes possibles du refus de dormir à 15 mois
Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un bébé de 15 mois refuse de dormir le soir.
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A. Facteurs liés au développement
- Acquisition de nouvelles compétences : Apprendre à marcher, à parler, à être propre… Durant ses 2ème et 3ème années, votre enfant passe par de nombreuses étapes de développement qui lui demandent beaucoup d’énergie. Ces acquisitions peuvent perturber son sommeil. L’apprentissage de la marche et le développement moteur font que l’enfant peut se retrouver debout dans son lit en pleine nuit sans réussir à se rendormir sans un petit coup de pouce. Idem pour les levers très matinaux, car quand on apprend à marcher on a hâte que la journée commence !
- Angoisse de séparation : Vers 18 mois, une deuxième angoisse de séparation a lieu. L’enfant peut paraître angoissé au moment du coucher, pleurer lors des séparations et rechercher constamment vos bras en journée.
- Développement du langage et des capacités cognitives : Développement du langage, phases de grandes évolutions cognitives, cet âge n’est pas de tout repos pour votre enfant !
B. Facteurs environnementaux et habitudes de sommeil
- Routine du coucher inconstante : La meilleure façon d’aider votre enfant à bien dormir est d’instaurer des horaires réguliers de coucher à la sieste et le soir.
- Environnement de sommeil inapproprié : La température de la chambre de votre enfant doit être de 19°C et son matelas doit être ferme. Aérez la pièce tous les jours.
- Stimulation excessive avant le coucher : Éviter les écrans et les activités trop intenses dans l’heure qui précède le coucher, cela pourrait compliquer son endormissement. Avant 3 ans, votre bébé est trop petit pour regarder un écran. Les bébés qui sont placés devant un smartphone, une tablette, ou la télévision, dormiront moins que les autres et auront plus de mal à trouver le sommeil, comme l’affirment les conclusions de nombreuses études sur le sujet. Outre la stimulation du cerveau opérée par le contenu regardé, la lumière bleue de l’écran modifie son horloge interne circadienne, responsable des cycles de sommeil et d’éveil.
- Siestes inappropriées : Ne sautez pas la sieste en pensant que cela va faciliter le coucher du soir ! Des études ont montré que c’est inefficace, voire néfaste, car l’enfant accumule alors une dette de sommeil qui peut compliquer son endormissement le soir. Selon les pédiatres, une à deux heures de sommeil juste en début d’après-midi sont nécessaires jusqu’à l’âge de 4 voire 5 ans selon les enfants.
C. Facteurs émotionnels et psychologiques
- Anxiété et stress : Les parents peuvent traverser des périodes de stress, qui rejailliront inévitablement sur le sommeil de l’enfant. Dans ce cas, même si les problèmes ne peuvent disparaître d’un coup de baguette magique, n’hésitez pas à les verbaliser devant votre bébé, de façon rassurante et positive.
- Peurs et cauchemars : Certains enfants peuvent soudain exprimer des peurs au moment du coucher. Rien ne sert de s’énerver !
- Difficultés de séparation : Ces troubles sont le plus souvent dus à des difficultés de séparation au moment du coucher. Ils doivent être anticipés et rapidement corrigés car le risque est de tomber dans une relation conflictuelle et complexe au moment du coucher.
- Changements récents dans la vie de l'enfant : Quelque chose a-t-il changé dans la vie de votre enfant ? Tensions familiales, soucis de travail, changement de lit à la crèche, déménagement, angoisses des parents… sachez que votre enfant ressent tout, même ce que vous vous essayez de lui cacher… L’avez-vous laissé à la garde de quelqu’un d’autre, alors qu’elle dormait, et sans la prévenir ?
D. Facteurs médicaux
- Reflux gastro-œsophagien (RGO) : Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est très fréquemment évoqué chez les nourrissons de moins de six mois, mais les véritables RGO provoquant des troubles du sommeil sont certainement beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Le plus souvent, le RGO entraîne avant tout des régurgitations. Mais des douleurs peuvent parfois empêcher votre bébé de dormir.
- Allergie aux protéines de lait de vache (APLV) : L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peut également entraîner des troubles du sommeil, mais également des signes très variés comme des régurgitations, des signes respiratoires ou de l’eczéma.
- Otites : De manière ponctuelle, il y a plusieurs pourvoyeurs habituels de réveils nocturnes chez le petit enfant : les coliques, les poussées dentaires, et les otites L’otite est une inflammation de l’oreille qui nécessite d'être prise en charge par le médecin. La position allongée augmentant la pression dans l'oreille moyenne, les douleurs de l'otite sont exacerbées la nuit.
IV. Stratégies et solutions pour favoriser le sommeil
A. Établir une routine du coucher cohérente et apaisante
Une routine du coucher régulière aide votre enfant à se sentir en sécurité et à se préparer au sommeil.
- Heure du coucher fixe : La meilleure façon d’aider votre enfant à bien dormir est d’instaurer des horaires réguliers de coucher à la sieste et le soir.
- Activités relaxantes : Rituel du soir (histoire, berceuse et câlin), il s’endort tout seul dans sa chambre sans problème. Le rituel du coucher est un moment privilégié à ne pas rater afin d’aider votre bébé à s’apaiser.
- Lecture d'une histoire : Le soir, elle doit s’endormir dans son lit, dans sa chambre, seule, après le gros câlin et la berceuse du soir.
- Bain tiède :
- Massage doux :
B. Créer un environnement de sommeil optimal
- Chambre calme, sombre et fraîche : La température de la chambre de votre enfant doit être de 19°C et son matelas doit être ferme. Aérez la pièce tous les jours.
- Utilisation d'une veilleuse : Vous pouvez allumer deux mini-veilleuses de couleurs différentes dans deux points différents de la chambre au moment où vous quittez la chambre, le soir (un seul point lumineux ne suffit pas pour se repérer dans l’espace pendant la nuit).
- Bruit blanc :
C. Gérer l'angoisse de séparation
- Rassurer votre enfant : Parlez-lui de vos interrogations concernant son sommeil et rassurez-la. Le soir ou à la sieste, dites-lui que vous la couchez pour qu’elle se repose, qu’ainsi reposée elle pourra marcher encore plus vite et plus loin…, que vous restez à la maison, que vous allez vous aussi vous reposer et que vous serez là à son réveil.
- Objets transitionnels (doudou, couverture) : Elle a son doudou favori avec elle la nuit. L’investissement du doudou et des jeux dans sa chambre pourront aider votre enfant à dépasser cette phase en douceur.
- Jeux de séparation et de retrouvailles : En jouant à se séparer et surtout se retrouver ! Cachés-coucou, boîtes de permanences de l’objet, passer des bras de maman à papa (ou maman / maman - papa/papa), et investir le fameux doudou en journée !
D. Encourager l'autonomie au sommeil
- Coucher votre enfant éveillé :
- Laisser votre enfant s'endormir seul :
- Techniques de relaxation (respiration, visualisation) :
E. Adapter les siestes
- Respecter les besoins de sommeil de votre enfant :
- Éviter les siestes trop tardives :
- Maintenir une durée de sieste appropriée : Ne sautez pas la sieste en pensant que cela va faciliter le coucher du soir ! Des études ont montré que c’est inefficace, voire néfaste, car l’enfant accumule alors une dette de sommeil qui peut compliquer son endormissement le soir. Selon les pédiatres, une à deux heures de sommeil juste en début d’après-midi sont nécessaires jusqu’à l’âge de 4 voire 5 ans selon les enfants.
F. Communication et soutien émotionnel
- Parler à votre enfant de ses peurs :
- Valider ses émotions :
- Offrir un environnement familial stable et rassurant :
G. Consulter un professionnel de la santé
Si les troubles du sommeil persistent, il est important de consulter un pédiatre ou un spécialiste du sommeil pour exclure toute cause médicale sous-jacente et obtenir des conseils personnalisés.
V. Stratégies pour gérer l'angoisse de séparation pendant la régression du sommeil
La régression du sommeil chez les bébés peut être accompagnée d'une angoisse de séparation, une étape normale du développement qui survient généralement entre 8 mois et 18 mois.
A. Communiquez avec votre enfant
Votre bébé vit une étape importante, expliquez-lui que ces émotions sont normales : il a le droit se sentir contrarié ou de pleurer lorsque vous quittez la place. Rassurez-le en lui expliquant que vous allez toujours revenir le voir dans la pièce ou rentrer le chercher le soir. Utilisez des mots simples et compréhensibles pour lui: dites-lui plutôt que vous serez rentrés après le goûter, que papa va rentrer avant son bain. S’il pleure, rassurez-le et ne minimisez pas ses craintes.
B. Ne partez jamais sans le lui dire
Dites toujours au revoir à votre bébé avant de partir, même si cela provoque des pleurs. Cela l'aide à comprendre que vous partez temporairement et que vous reviendrez. En évitant les départs silencieux, vous renforcez son sentiment de sécurité et aidez à apaiser l'angoisse de séparation.
C. Préparez la séparation
Instaurez une période de transition avant de vous séparer de votre bébé. Prévenez-le à l'avance, rassurez-le autant que nécessaire et dites-lui au revoir de manière claire. En lui donnant cette préparation, il sera plus confiant car il saura à quoi s'attendre.
D. Permettre une interaction préalable avec la personne qui le garde
Lorsque quelqu'un d'autre doit garder votre bébé en votre absence, assurez-vous que cette personne a déjà établi un contact avec lui. Elle peut venir quelques minutes avant votre départ et mener des activités avec votre enfant pour le rassurer. Montrez-lui votre confiance en cette personne pour renforcer la sécurité ressentie par votre bébé.
E. Une exposition progressive au monde extérieur
Encouragez votre bébé à voir de nouvelles personnes régulièrement pour qu'il se sente plus confiant en présence d'inconnus. Cependant, ne le forcez pas à être pris dans les bras par quelqu'un s'il s'y oppose. Rassurez-le en cas d'anxiété et faites-le doucement s'habituer à son nouvel environnement.
F. Jouez à cache-cache
Jouez à cache-cache avec votre bébé pour l'aider à comprendre que vous continuez d'exister même lorsqu'il ne vous voit pas. Cela peut renforcer son sentiment de sécurité et réduire son angoisse de séparation.
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