L'utilisation des huiles essentielles pendant la grossesse suscite de nombreuses interrogations. Bien que naturelles, ces substances actives nécessitent une prudence particulière en raison de leur potentiel impact sur la mère et le fœtus. Cet article vise à informer les femmes enceintes sur les dangers potentiels des huiles essentielles, les précautions à prendre et les alternatives possibles.
Huiles essentielles : qu'est-ce que c'est ?
Les huiles essentielles sont des extraits concentrés de plantes, obtenus par distillation de leurs parties odorantes (racines, fleurs, feuilles, fruits, graines, écorces). Elles contiennent de nombreux composés actifs et possèdent des propriétés variées : antiseptiques, bactéricides, antifongiques, calmantes, décongestionnantes, antispasmodiques. Utilisées avec précaution, elles peuvent être efficaces contre certains maux du quotidien.
Risques des huiles essentielles pendant la grossesse
Les huiles essentielles sont des substances très concentrées qui contiennent des actifs potentiellement dangereux pour la femme enceinte et son fœtus. Elles peuvent traverser la barrière placentaire et affecter le développement du bébé.
Premier trimestre : interdiction totale
Par mesure de précaution, l’usage des huiles essentielles est totalement interdit pendant les 3 premiers mois de grossesse. En effet, elles peuvent passer la barrière du placenta et donc se révéler dangereuses pour le fœtus en cours de formation et provoquer des fausses couches. Donc, AUCUNE huile essentielle ne doit être utilisée pendant le 1er trimestre de la grossesse, ce qui vaut également pour de nombreux médicaments, compléments alimentaires, etc.
Huiles essentielles interdites pendant toute la grossesse
Certaines huiles essentielles sont à éviter comme la peste depuis la conception jusqu'à la naissance de l’enfant. En effet, quelques-unes d’entre elles contiennent de la cétone, une molécule abortive susceptible de provoquer une fausse couche. Il est essentiel d’éviter qu’une telle molécule soit absorbée par le corps de la mère, afin que le corps organique et le bébé n’entrent pas en contact.
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Voici une liste (non exhaustive) des huiles essentielles les plus connues, totalement INTERDITES pendant TOUTE la durée de la grossesse et de l’allaitement :
- Menthe des champs
- Menthe poivrée
- Eucalyptus mentholé
- Absinthe
- Camphre
- Origan
- Persil
- Thuya
- Vétiver
- Aneth
- Romarin
- Cyprès
- Cèdre
- Palmarosa
- Clou de girofle
- Sauge
Il est cela dit préférable de bien intégrer l’ensemble des interdictions car toutes ces substances ne sont pas à saveur mentholée ou anisée, il ne s’agit que d’une astuce indicative.
Toutes les huiles contenant des cétones, substance neurotoxique pour le fœtus et pouvant causer des avortements spontanés, sont à bannir totalement pendant la grossesse. Parmi la longue liste des huiles essentielles à éviter absolument chez la femme enceinte ou allaitante (et chez les enfants de moins de 10 ans) : la sauge officinale, la menthe poivrée, l’eucalyptus globuleux, l’eucalyptus mentholé et le romarin CT camphre.
Risque de neurotoxicité
Les huiles essentielles contenant des cétones sont interdites durant la grossesse. Ces substances sont en effet potentiellement neurotoxiques et peuvent provoquer une fausse-couche. Une huile essentielle administrée à un sujet fragile (femme enceinte, allaitante), peut déclencher une réaction neurotoxique très rapidement. Ce risque existe aussi bien par voie cutanée, voie respiratoire que par voie interne. Le type de cétone doit également être pris en compte.
Le camphre (ou bornéone), est une molécule commune, présente dans l’huile essentielle de romarin, lavandes et lavandins, camphriers. Elle a des propriétés antalgique, myorelaxante et décongestionnante respiratoire mais c’est une cétone des plus neurotoxiques.
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Risque d'allergie
Certaines molécules aromatiques ont un potentiel allergisant. Le risque allergique est surtout présent par l’utilisation des huiles essentielles sur la peau. La réaction n’a jamais lieu au premier contact mais aux suivants. Ce n’est pas parce qu’une personne est allergique à une molécule aromatique d’origine synthétique, retrouvée dans les produits d’hygiène ou cosmétiques (par exemple le linalol qui parfume bon nombre de produits), qu’elle sera allergique à une huile essentielle qui contient cette même molécule. L’origine végétale et intégrale des huiles essentielles améliore souvent la tolérance. En cas d’allergie à une huile essentielle, le sujet peut réagir potentiellement à d’autres. Il peut effectivement y avoir des allergies à retardement.
Risque de photosensibilisation
Certaines huiles essentielles sont photosensibilisantes, il faudra donc éviter toute exposition solaire prolongée dans les 6 à 8 heures suivant la prise de l’huile essentielle. Des réactions érythémateuses susceptibles de favoriser la carcinogénèse et l’accélération de la mélanogénèse peuvent laisser des taches irréversibles.
Huiles essentielles autorisées après le 4ème mois
Une fois le 1er trimestre de grossesse révolu, il peut être tout à fait intéressant d’avoir recours à l’aromathérapie avec des huiles essentielles spécifiques, adaptées à cette période de vie et sans risque pour la maman et le fœtus en étant bien accompagnée. Passé le 4e mois de grossesse, une trentaine d’huiles essentielles sont autorisées, mais toujours de préférence par voie externe (en diffusion ou en massage - sauf sur le ventre et sur la poitrine). D’une manière générale, il est vivement recommandé de n’utiliser que des huiles de bonne qualité, certifiées biologiques, vendues en pharmacie, parapharmacie ou en magasin bio.
Un peu plus d’une trentaine peuvent être utilisées sans danger, parmi lesquelles les huiles de lavande, de basilic, de camomille, de cardamome, de citron, d’estragon, de géranium, de gingembre, d’orange, d’ylang-ylang, de patchouli, de marjolaine, de rose…
Certaines substances sont particulièrement indiquées pour lutter contre quelques-uns des désagréments liés à la grossesse. C’est typiquement le cas de l’huile de citron ou de l’huile de gingembre, très efficaces contre les nausées si celles-ci perdurent au-delà des trois premiers mois. Contre les nausées du premier trimestre, on peut employer sans danger l’huile essentielle de gingembre. Deux gouttes déposées le soir sur la taie d’oreiller permettront de prévenir les nausées matinales. Notez que l’huile essentielle de gingembre peut également s’avérer très utile contre la constipation, fréquente au cours de la grossesse. Toujours contre les nausées, un trouble notamment lié à une augmentation du niveau d’œstrogène, l’huile essentielle de citron peut quant à elle être utilisée par voie interne : trois fois par jour, on laisse fondre sous la langue une goutte mélangée avec un peu de miel par exemple.
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La femme enceinte peut utiliser plusieurs huiles essentielles pendant sa grossesse, sur avis de son médecin et en respectant certaines précautions d’usage. Elles contiennent des molécules inoffensives, et ne présentent aucun danger pour la grossesse. Huile essentielle de citron jaune, de mandarine, d’orange douce ou de bergamote, de petits-grains bigarade, de rose de Damas…
L’HE lavande vrai favorite le sommeil et la relaxation, et est aussi un anti-douleur et permet de relaxer les muscles en cas de tension (massages antidouleurs et relaxants). A utiliser par voie cutanée diluée à 1% d'huile essentielle bio dans une huile végétale.
Modes d'utilisation autorisés et déconseillés
Là encore, le mode d’utilisation des huiles essentielles pendant la grossesse sera à adapter. En règle générale, il convient d’être extrêmement vigilante avec l’usage des huiles essentielles mais d'autant plus pendant toute la durée de la grossesse.
Voies d'administration à privilégier
Pendant la grossesse les applications sur la peau et les olfactions sont les deux voies à privilégier. Pour bénéficier de la voie olfactive, il faudra privilégier la diffusion atmosphérique, mais aussi la respiration à l’intérieur des poignets d’une synergie d’huiles essentielles compatibles avec la grossesse et diluées à 10 ou 20%.
Elles peuvent être prises de différentes manières, en respectant toujours certaines précautions.
- Par voie respiratoire : il s’agit du mode d’utilisation le plus courant. Versées sur un oreiller ou un mouchoir (une ou deux gouttes seulement), les huiles essentielles peuvent être prises en inhalation « sèche ». Elles peuvent aussi être diffusées dans l’air ambiant, grâce à un diffuseur électrique (ou en versant quelques gouttes dans une coupelle d’eau posée sur un radiateur).
- En usage externe : les huiles essentielles peuvent également être appliquées sur la peau, en massage ou en friction (jamais sur les muqueuses et les yeux). Pour éviter les brûlures et les irritations, elles ne doivent pas être appliquées pures sur la peau : il faut d’abord les mélanger avec une huile végétale (huile d’amande douce ou de macadamia, par exemple).
Voies d'administration à éviter
Ne jamais s’administrer l’huile par voie orale, et ce jusqu’à l’accouchement, ni sous la langue, ni diluée dans une boisson, ni sur un sucre. Les seuls modes d’assimilation permis sont les voies cutanées et olfactives. On se frictionne (mais jamais le ventre ni la poitrine), on inhale, mais rien ne passe par la bouche.
La voie orale est de préférence à éviter ou à ne garder qu'en cas de nécessité.
Précautions d'utilisation générales
- La concentration de la préparation d’aromathérapie doit être inférieure à 3 % en huile essentielle.
- A partir du 4 ème mois de grossesse et pendant l'allaitement l’usage thérapeutique des huiles essentielles peut être envisagé uniquement après avis médical auprès d’un médecin formé à l’aromathérapie.
- Des préparations plus concentrées en huiles essentielles (dosage supérieur à 3%) ou l’utilisation d’huiles essentielles pures (seulement avec les huiles essentielles autorisées à partir du 4ème mois) peuvent être envisagées.
- La voie d'administration doit de préférence se limiter à la voie cutanée et la durée d'utilisation doit être limitée dans le temps (cures de 1 à 7 jours) surtout et éviter la ceinture abdominale et les zones proches du bébé.
- Il est préférable d’éviter de respirer l’huile essentielle directement au flacon et les inhalations pour la femme enceinte. Cependant, il convient de faire attention en évitant les diffusions sur des périodes prolongées.
- Quelques règles de prudence sont à respecter à la lettre pour tenir maman et bébé hors de danger.
- Respecter les doses conseillées et les durées de protocole, et ne pas faire d’automédication.
Alternatives aux huiles essentielles
Pour les femmes désireuses de stopper toute thérapie par les huiles durant leur grossesse, nous proposons évidemment un large choix de produits développés sans elles. Certaines de nos gammes en sont dépourvues, et toutes celles qui en contiennent sont systématiquement associées à leur pendant « sans huile ».
La femme enceinte peut aussi avoir recours à d’autres substances naturelles pour soulager certains de ses maux : contenant une grande proposition d’eau, les hydrolats aromatiques sont une bonne alternative aux huiles essentielles. En effet, l’hydrolat aromatique est un produit issu de la distillation des plantes qui contient 98% d’eau environ. On les utilisera par voie cutanée ou voie orale à raison d’1 cuillère à café, 2 fois par jour, avec l’avis d’un professionnel de santé. Utilisées pures ou diluées, ces eaux distillées restent douces.
Huiles végétales et grossesse
Bien choisir son huile végétale
Vérifiez que l’huile végétale que vous achetez est obtenue par première pression à froid. Certaines huiles végétales de provenance douteuse ou bon marché peuvent être coupés avec des huiles moins chères comme les huiles estérifiées ou minérales qui de part leur transformation avec ajout de glycérine, d’alcool naturels ou d’origine pétrochimique perdent toute les propriétés bénéfiques des huiles végétales naturelles dont elles sont issues. Dans les huiles minérales ou estérifiées vous n’aurez pas les Omega 3 et autres acides gras essentiels, les vitamines et les antioxydants. Lisez bien les étiquettes, si vous voyez Caprylic Capric Triglyceride, Coco Caprylate, Caprate, Oleyl Erucate, Oleyl Linoleate ou Decyl Oleate vous avez affaire à une huile estérifiée ou minérale…
Huiles végétales contre les vergetures
Les huiles végétales sont-elles vraiment efficaces pour la prévention des vergetures ? La réponse est OUI. De nombreux essais cliniques et études ont démontrés l’action des huiles végétales sur l'apparition et l'atténuation des vergetures. L'huile parfaite contre les vergetures et les peaux sèches, elle hydrate la peau en profondeur. L'huile de Tamanu permet de soulager les jambes lourdes en fluidifiant la circulation sanguine, ainsi que les courbatures grâce à son action anti-inflammatoire. Elle est aussi un puissant cicatrisant qui permet d'éviter les vergetures.
Cas particulier de l'huile essentielle d'eucalyptus
L’huile essentielle (HE) d’eucalyptus radié a de nombreux bienfaits pour la santé : propriétés antibactériennes, antivirales et anti-inflammatoires. Plus généralement, l’HE d’eucalyptus radié agit positivement sur les déficiences immunitaires, les encombrements bronchiques (rhinopharyngite, sinusite, grippe, toux, rhume, angine…).
L'eucalyptus mentholé est interdite pendant toute la grossesse. Il devra éviter l’utilisation d’huiles essentielles contenant du 1,8 cinéole (eucalyptol).
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