En cette fin novembre, une augmentation des infections pulmonaires est observée chez les enfants de moins de 15 ans, dépassant les niveaux des hivers précédents. Une surveillance spécifique est en place pour la bactérie mycoplasma pneumoniae. Les médecins sont en état d'alerte face à cette recrudescence.
L'augmentation des infections pulmonaires chez les enfants
Selon SOS Médecins, les infections pulmonaires sont en hausse, particulièrement chez les enfants. Bien que cette situation soit classique à l'approche de l'hiver, une alerte a été émise concernant une bactérie particulière, mycoplasma pneumoniae, qui affecte principalement les enfants de 6 à 15 ans.
Santé publique France a signalé une augmentation de 36 % des consultations pour pneumopathie auprès de SOS Médecins chez les moins de 15 ans pour la semaine du 13 au 19 novembre. Cette tendance s'inscrit dans une augmentation générale des infections chez les moins de 15 ans, incluant les pathologies ORL, la grippe, la bronchite et les suspicions de Covid-19.
Mycoplasma pneumoniae : une bactérie sous surveillance
Le pédiatre Andreas Werner, président de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), précise que l'infection à mycoplasme touche principalement les enfants entre 6 et 15 ans, et est plus rare chez les enfants de moins de 5-6 ans.
Le virologue Bruno Lina décrit ces infections comme des "pneumonies dites aiguës communautaires", c'est-à-dire qu'elles ne s'attrapent pas à l'hôpital, mais en ville. Les symptômes observés sont similaires à ceux d'une pneumonie classique : fièvre, toux, éternuements, maux de tête et, dans les cas plus graves, essoufflement. En cas d'essoufflement, il est impératif de se rendre à l'hôpital.
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Une particularité de ce type d'infection est son "délai d'incubation assez long, souvent deux semaines", selon Bruno Lina. Cependant, il se veut rassurant, soulignant que "toutes les formes de mycoplasma pneumoniae ne sont pas des formes graves" et que "la mortalité associée est faible". De plus, la maladie se soigne généralement bien avec des antibiotiques.
Les causes possibles de cette hausse
Bruno Lina estime que ce type de pneumopathie évolue par période, avec des cycles de circulation à l'échelon international d'environ tous les 5 ans. L'hiver 2023-2024 se situe dans les 5 années qui ont suivi la dernière épidémie de mycoplasma pneumoniae au niveau international. Il y a donc un risque de circulation plus importante de cette bactérie chez les 5-15 ans.
Andreas Werner et Bruno Lina suggèrent que la pandémie de Covid-19 pourrait également jouer un rôle dans ce retour en force des mycoplasmes. La période de pandémie a pu entraîner une "dette immunologique", avec une baisse du taux d'anticorps dans la population en raison de la diminution des infections.
Pneumonie : définition, causes et symptômes
La pneumonie est une inflammation des poumons, généralement causée par une infection virale ou bactérienne. Autrefois mortelle dans la moitié des cas, elle est aujourd'hui bien soignée grâce aux antibiotiques, bien que les pneumonies virales restent une cause importante de décès, en particulier chez les personnes âgées.
Lorsque les poumons sont infectés, les micro-organismes responsables se multiplient dans les alvéoles, les petits sacs microscopiques où le sang se charge en oxygène et élimine le dioxyde de carbone. Les alvéoles se remplissent de liquide inflammatoire ou de pus, ce qui entrave les échanges gazeux. On parle de "pneumonie lobaire" lorsque l'inflammation ne touche que les lobes pulmonaires.
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Le terme "pneumopathie" est employé lorsque l'inflammation pulmonaire entraîne des modifications durables des poumons. La pneumopathie peut être due à une infection, mais également à l'usage du tabac ou à des vapeurs irritantes.
On distingue plusieurs types de pneumonie :
- Pneumonie aiguë communautaire : l'infection survient hors du milieu hospitalier. C'est la forme la plus courante.
- Pneumonie nosocomiale : elle apparaît chez une personne hospitalisée depuis plus de 48 heures, souvent chez des patients sous ventilation respiratoire assistée. Ces pneumonies sont souvent dues à des micro-organismes résistants aux antibiotiques.
- Pneumonie d'aspiration : due à l'inhalation accidentelle de substances irritantes, comme des vomissements ou des aliments avalés de travers.
- Pneumonies opportunistes : observées chez les personnes immunodéprimées.
En France, la pneumonie aiguë communautaire de l'adulte touche entre 700 000 et un million de personnes chaque année, en particulier des personnes âgées.
Infections respiratoires chez l'enfant : bronchiolite et pneumonie
Les enfants et les nourrissons sont plus susceptibles de développer des infections respiratoires que les adultes en raison de leur système immunitaire immature et du développement incomplet de leur appareil respiratoire.
- Bronchiolite du nourrisson : une gêne respiratoire causée par une infection virale chez les nourrissons de moins de 12 mois. Elle commence par une rhinite puis se poursuit avec des signes respiratoires : toux, sifflements ou crépitants entendus à l’auscultation pouvant être associés à des signes de lutte respiratoire. Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) est le principal responsable.
- Pneumonies de l’enfant : elles peuvent être d’origine virale ou bactérienne, mais les pneumonies virales sont les plus courantes. Les pneumonies bactériennes sont plus redoutées car elles peuvent être sévères et compliquées. Les virus les plus courants sont le VRS et le virus de la grippe.
Les facteurs de risque favorisant les infections respiratoires chez l’enfant sont notamment le tabagisme passif (dès la grossesse) et la pollution de l’air. Le tabagisme passif est responsable d’une augmentation des cas d’asthme et d’une aggravation de l’asthme de l’enfant exposé.
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Signes d'alerte et traitements
Il existe plusieurs signes d’alerte d’une infection respiratoire chez l’enfant. Il est important de consulter un médecin si l'on observe que :
- Le bébé a un comportement inhabituel, est plus fatigué que d’habitude, geint de façon intermittente lorsque sa respiration est plus rapide.
- Sa fréquence respiratoire est augmentée : cela creuse son thorax (le tirage).
- Il boit moins bien : 3 repas consécutifs avec moins de 50 % des apports habituels (le bébé a du mal à manger car respirer lui demande trop d’effort).
- L'enfant présente une fièvre plus ou moins bien tolérée, une tachypnée (respiration très rapide) et des signes de lutte respiratoire.
Le traitement des infections respiratoires dépend de leur origine :
- Bronchiolite du nourrisson : le traitement consiste essentiellement à traiter les symptômes : laver le nez avec du sérum physiologique ou un mouche-bébé afin de les désencombrer, veiller à faire baisser la fièvre si elle est mal tolérée.
- Pneumonie : le traitement diffère selon que celle-ci soit virale ou bactérienne. Si la pneumonie est d’origine virale, le traitement consiste à faire baisser la fièvre, à administrer de l’oxygène si besoin en hospitalisant l’enfant. Si elle est bactérienne, un traitement antibiotique est nécessaire.
Pneumonie infantile : symptômes, diagnostic et traitement
La pneumonie désigne une infection respiratoire aiguë du tissu pulmonaire. Souvent associée aux personnes âgées, elle est pourtant la maladie infectieuse la plus meurtrière pour les enfants à l’échelle mondiale. Les agents responsables peuvent être des pneumocoques, l’hæmophilus influenzae (plus rare grâce à la vaccination obligatoire), ou des streptocoques.
Une radiographie pulmonaire peut être prescrite pour vérifier l'absence de foyer pulmonaire persistant.
Les infections respiratoires pullulent chez les enfants, surtout en collectivité (crèche, école). Elles se transmettent principalement par voie aérienne (postillons, éternuements, toux) ou par contact avec des surfaces contaminées.
Les rhinovirus déclenchent le rhume, une infection très fréquente, surtout en hiver, mais bénigne. Cependant, chez certains enfants, ces virus aggravent les troubles bronchiques, en particulier chez ceux souffrant d’asthme ou d’autres pathologies respiratoires. Plus agressif, le virus de la grippe provoque de fortes fièvres, des frissons et une grande fatigue.
Une infection virale initiale peut évoluer en surinfection bactérienne, conduisant à l’otite, la sinusite ou une pneumonie. De plus, certaines infections comme la coqueluche ou la grippe compliquée par une pneumonie exposent les jeunes enfants à des risques importants.
La proximité constante des enfants en collectivité accélère la transmission des virus. Les tout-petits portent régulièrement leurs mains à la bouche, éternuent sans se couvrir et oublient de se laver les mains. De plus, les enfants transmettent les virus avant même que les premiers symptômes apparaissent. Leur système immunitaire, encore immature, tarde à réagir face aux infections.
Prévention des infections respiratoires chez l'enfant
Sans réduire le risque à 0% de développer une infection respiratoire, quelques conseils peuvent éviter aux enfants de tomber malades trop régulièrement :
- Le lavage des mains rigoureux avec du savon pendant 30 secondes.
- Ouvrir les fenêtres au moins deux fois par jour pour réduire la concentration des virus dans l’air.
- Les adultes malades doivent impérativement utiliser un masque lorsqu’ils interagissent avec les enfants.
- Apprendre aux enfants à tousser ou éternuer dans leur coude et à éviter de toucher leur visage.
- La vaccination contre la grippe est possible pour les enfants de plus de 6 mois qui présentent d’autres pathologies.
- Un enfant malade doit rester à la maison pour empêcher la propagation du virus.
Une fièvre supérieure à 38,5°C exige une surveillance attentive. Un enfant malade doit boire régulièrement pour éviter la déshydratation. Il faut laver le nez avec du sérum physiologique plusieurs fois par jour pour faciliter la respiration, notamment chez les nourrissons.
Une respiration difficile, un teint bleuâtre, une somnolence excessive ou un refus de s’alimenter nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Pneumonie chez le bébé : symptômes et prise en charge
La pneumonie est une inflammation de la poitrine qui peut rendre la respiration de votre bébé difficile ou douloureuse. Les sacs d’air dans les poumons, les alvéoles, sont touchées par l’inflammation et cela les empêche de bien remplir leur rôle, qui est de faire passer l’oxygène dans le sang. Dans les cas plus graves, les alvéoles peuvent être bloquées par les sécrétions produites par le corps de votre enfant pour combattre l’infection.
Il est important de savoir reconnaître les symptômes d’une pneumonie au plus tôt de façon à établir un diagnostic et à pouvoir soigner votre bébé le plus tôt possible. Appelez immédiatement votre professionnel de santé si vous pensez que votre bébé a une pneumonie ou qu’il en présente les symptômes. En voici quelques exemples :
- La toux, particulièrement si elle s’ajoute à l’un ou plusieurs des symptômes ci-dessous
- La fièvre
- Des sueurs, des frissonnements ou la peau rouge
- Une pâleur
- Une respiration rapide ou difficile
- Un creusement de la poitrine autour des côtes et du sternum en respirant
- Une respiration sifflante
- Une dilatation des narines
- Des pleurs plus fréquents que d’habitude
- Une perte d’appétit
- Une baisse d’énergie ou une mollesse
- Une douleur à la poitrine, particulièrement lors d’une toux ou d’une respiration profonde
- Les lèvres ou les ongles bleus (qui sont des signes d’une baisse du taux d’oxygène dans le sang).
La pneumonie est souvent provoquée par un virus ou une bactérie mais également dans des cas beaucoup plus rares par des champignons ou des parasites. La cause peut aussi être multiple : par exemple, le système immunitaire de votre enfant a pu être affaibli par un virus, ce qui a permis une infection bactérienne.
Les deux types de pneumonie les plus courants chez les bébés sont :
- La pneumonie virale. Il s’agit de la forme la plus fréquente de pneumonie chez les bébés. Elle se développe lorsqu’une infection virale des voies respiratoires supérieures (par exemple un rhume ou une grippe) migre plus bas dans la poitrine. Les symptômes d’une telle pneumonie apparaissent généralement petit à petit et sont parfois moins sévères que dans le cas d’une pneumonie bactérienne.
- La pneumonie bactérienne. Les infections pulmonaires peuvent aussi être provoquées par des bactéries. Les symptômes de ce type de pneumonie peuvent apparaître soudainement et commencent souvent par une poussée de fièvre et une respiration haletante.
Seul votre professionnel de santé sera en mesure de déterminer la cause de la pneumonie de votre bébé, c’est pourquoi il est essentiel de prendre rendez-vous dès que vous constatez l’apparition de symptômes.
La pneumonie est généralement diagnostiquée par un examen physique, mais en fonction des cas, des examens complémentaires comme une radio ou une analyse sanguine peuvent être prévus pour obtenir plus d’informations.
Les différents types de pneumonie peuvent devoir être traités différemment : c’est pour cela qu’il est essentiel que votre nouveau-né soit examiné le plus tôt possible. Dans la plupart des cas, la pneumonie peut être soignée à la maison, mais il peut arriver qu’une hospitalisation soit nécessaire.
Une pneumonie bactérienne est traitée par antibiotiques, tandis qu’une pneumonie virale se guérit en général toute seule en quelques jours sans besoin de traitement particulier (à l’exception de beaucoup de repos, de bien s’hydrater et de prendre des médicaments pour la fièvre si votre professionnel de santé vous en a prescrit).
Suivez toujours les recommandations de votre médecin lorsqu’il s’agit de donner des médicaments et des antibiotiques à votre enfant. N’arrêtez pas le traitement en avance juste parce qu’il a l’air d’aller mieux : continuez comme prescrit.
Si votre bébé a une pneumonie, évitez de lui administrer des médicaments contre la toux comme ceux qui contiennent de la codéine ou du dextrométhorphane. En effet, la toux a en réalité un effet bénéfique puisqu’elle aide votre bébé à expulser les liquides produits à cause de l’infection.
Assurez-vous que votre bébé se repose suffisamment et qu’il s’hydrate bien. Continuez à le surveiller et, si vous pensez que son état empire ou que l’infection se propage, reprenez rendez-vous.
Les symptômes montrant qu’une pneumonie empire peuvent être : une fièvre qui dure plusieurs jours, même sous antibiotiques, des difficultés respiratoires, des signes d’infection ailleurs sur le corps, comme par exemple la nuque raide, les articulations rouges ou gonflées ou des vomissements.
Le temps nécessaire au bon rétablissement de votre petit peut dépendre de nombreux facteurs, notamment le type de pneumonie qu’il a contractée et sa gravité. Avec un traitement adéquat, une pneumonie peut disparaître en deux semaines, bien qu’une toux puisse encore persister quelques semaines de plus. Dans les cas plus graves, le rétablissement de bébé à la suite d’une pneumonie peut être plus long.
La pneumonie en elle-même n’est généralement pas contagieuse. Cependant, les virus ou les bactéries qui l’ont causée peuvent se transmettre d’une personne à une autre. L’infection responsable de la pneumonie peut parfois se transmettre par la toux et les éternuements. Les microbes peuvent également se transmettre en partageant les verres ou les couverts.
Il est important de ne pas attribuer la pneumonie au froid ou à un manque de vêtements chauds. La véritable raison est que lorsqu’il commence à faire plus froid, de la fin de l’automne au début du printemps, les enfants sont souvent en intérieur et plus au contact les uns des autres, ce qui augmente le risque de propagation d’une infection.
Prévention de la pneumonie chez le bébé
Il n’est probablement pas possible de garantir que votre bébé n’ait pas de pneumonie, mais vous pouvez faire en sorte que ses chances d’en contracter une diminuent. Voici quelques idées pour que votre bébé évite la pneumonie :
- Vaccinez votre enfant contre les pneumocoques. Votre enfant peut être vacciné contre les bactéries appelées pneumocoques, qui sont la cause la plus fréquente des pneumonies. Le vaccin doit en général être administré avant l’âge de 1 an.
- Vérifiez que votre enfant soit vacciné contre les maladies infantiles à risques. De nombreuses maladies peuvent entraîner une pneumonie virale. Heureusement, il existe des vaccins pour la plupart d’entre elles : les différentes formes de grippe, la rougeole, la coqueluche et la varicelle. C’est pour cette raison qu’il est important d’être à jour dans ses vaccins.
- Protégez votre bébé des personnes malades. Tenez votre enfant éloigné de tout adulte ou bébé présentant des signes d’infection des voies respiratoires supérieures. Cela peut se traduire par un nez bouché ou qui coule, une toux ou un mal de gorge.
- Assurez-vous que les membres de votre famille et les personnes s’occupant du bébé se lavent souvent les mains. L’un des meilleurs moyens de diminuer le risque de pneumonie pour votre enfant est simplement de maintenir une bonne hygiène. Cela passe avant tout par un lavage fréquent des mains pour vous et toute la famille, car les gens ont tendance à se toucher très souvent les yeux, la bouche ou le nez sans même le remarquer.
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