L'histoire de l'avortement en Espagne est marquée par des revirements législatifs, des influences religieuses profondes et des débats passionnés. Des avancées progressistes sous la Seconde République à l'interdiction stricte sous le régime franquiste, en passant par la dépénalisation progressive et les tentatives de restriction récentes, le droit à l'avortement reste un sujet de discorde majeur.
Les Premières Avancées et le Régime Franquiste
En 1931, l'Espagne a franchi une étape importante en matière de droits de l'homme lorsque la Constitution de la Seconde République a commencé à prendre en compte les femmes, en promouvant l'égalité entre les sexes et en accordant le droit de vote à tous les citoyens de plus de 23 ans. L'année suivante, le mariage civil et le divorce ont été reconnus, marquant ainsi une volonté de séparer l'État de l'Église. Ces deux points ont été d'une importance capitale pour l'évolution de la situation des femmes en Espagne, car dans ce pays où la religion catholique avait une très forte importance et influence, la culture et les lois privaient les femmes d'un bon nombre de libertés.
Sous la Seconde République, les femmes pouvaient participer à la vie active et politique. Cependant, cette tentative de démocratie n'a pas duré, un soulèvement militaire entraînant ce qui allait s'appeler la guerre civile, que les républicains, los rojos, allaient perdre face à Franco. C'est une dictature qui s'est installée à partir de 1939 et tous les droits civiques conquis durant la Seconde République ont été annulés et un rapprochement entre le pouvoir et l'Église a de nouveau eu lieu. Les femmes ont été particulièrement touchées par ces décisions. Pour les franquistes, la place de la femme est au foyer, à élever ses enfants et à aimer son mari, et non pas à travailler et à accomplir des tâches qui étaient considérées comme masculines. Toute une propagande allant dans ce sens a alors été lancée, qui a rendu la femme dépendante de l'homme.
La situation de la femme est plus ou moins redevenue ce qu'elle était en 1889, c'est-à-dire qu'elle s'est retrouvée sous la tutelle de l'homme. Elle lui devait obéissance, il était son représentant légal, et d'un point de vue pénal, l'adultère et l'insulte envers le mari étaient considérés comme des délits, ce qui n'était pas le cas lorsque c'était le mari qui trompait sa femme. Cependant, pour signifier à la femme qu'elle a un rôle à jouer pour l'État, l'idéologie franquiste a voulu lui montrer l'importance qu'il y a à reconstruire le pays et à ce que ce dernier soit uni. C'est donc naturellement qu'une politique nataliste s'est installée, encourageant les femmes à avoir des enfants pour la Patrie et à les élever de manière à ce qu'ils la servent bien. Dans ce but, il est même demandé à la Section Féminine d'encadrer les jeunes femmes pour s'assurer que leur éducation soit tournée de manière à ce qu'elles deviennent de bonnes patriotes, et donc de bonnes épouses et de bonnes mères. Ainsi, pour être une femme honnête, cette dernière doit se tourner vers la religion catholique, la soumission et l'abnégation.
« La mission assignée par Dieu à la femme, c’est la maternité dans son foyer. Tout ce qu’elle fera, tout ce que nous ferons pour elle, devra être subordonné à cet objectif. Pour ne pas inciter les femmes à aller contre cette soit-disant destinée, elles étaient laissées dans l’ignorance la plus totale en ce qui concerne l’information sexuelle. Cette dernière était déformée et falsifiée pour que les femmes donne une priorité à la maternité et à la famille. Pour encourager les femmes à avoir des enfants, des allocations familiales étaient données, et les familles nombreuses pouvaient recevoir des prix ou des médailles en récompense.
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Suivant cette logique de procréation, durant la dictature, les contraceptifs et le droit à l’avortement étaient interdits. Avant, vers la fin des années 20 et le début des années 30, la seule raison qui pouvait atténuer les circonstances pour une femme qui pratiquait l’avortement était le fait qu’elle désirait cacher ce qui s’appelait le « déshonneur de la famille ». En 1936, pour la première fois l’avortement avait été autorisé en Catalogne, mais dès que le franquisme va se retrouver au pouvoir, l’interruption volontaire de la grossesse va être interdite et sera sévèrement punie, que cela soit pour les femmes qui l’auraient pratiqué ou pour toute autre personne qui les aurait assistées. L’avortement n’était permis en aucun cas, même si la vie de la mère se trouvait en danger et même si le fœtus avait une malformation.
Mais beaucoup de raisons poussaient les femmes à avorter clandestinement ; non seulement parce que, jusqu’en 1978, les contraceptifs étaient interdits et que les méthodes de contraception de fortunes connaissaient de nombreuses défaillances, mais aussi parce que les femmes étaient victimes de viols, étaient trop jeunes pour pouvoir élever un enfant, vivaient seules, avaient peur d’être rejetées par leur famille et par la société, que leur compagnon ne reste pas avec elles, ou bien qu’elles ne puissent garder leur emploi. Elles pouvaient également se retrouver dans l’impossibilité matérielle d’élever un enfant ou plus d’enfants qu’elles n’en avaient déjà.
Pratiquer un avortement clandestin comportait de gros risques sanitaires et se révélaient être très dangereux. Les méthodes pouvaient aller de l’utilisation de plantes ou de produits chimiques jusqu’à utiliser des sondes ou tout objet long et pointu tels des aiguilles à tricoter ou des cintres, en passant par l’ingurgitation d’une forte dose de médicaments ou bien se frapper le ventre, faire exprès de tomber ou pratiquer des sports éreintants et très physiques pour interrompre la grossesse. Toutes ces méthodes pouvaient entraîner de très grands risques pour la femme ; les conditions sanitaires n’étant jamais vraiment favorables (utilisation de matériel non stérile, mains sales…), les femmes pouvaient attraper des infections tel que le tétanos, par exemple. Les avortements pouvaient aussi se révéler être incomplets : si la personne l’effectuant ne connaissait pas bien l’anatomie de la femme, le fœtus pouvait être retiré sans que le placenta le soit, ce qui pouvait entraîner des saignements importants voire même des hémorragies. Elles courraient également le risque de se porter de graves blessures aux organes, comme des déchirures dans les parois de l’utérus ou toucher d’autres organes comme les trompes, les ovaires, les intestins ou la vessie. Parfois, un avortement clandestin pouvait entraîner la stérilité de la femme ou bien même sa mort.
Lorsqu’un avortement tournait mal, les femmes se voyaient dans l’obligation de recourir aux centres hospitaliers où les médecins pouvaient agir de deux manières différentes : soit ils fermaient les yeux sur la raison de leur venue, soit ils les dénonçaient devant les services de police. La crainte de cette dernière solution pouvait retenir les femmes à demander de l’aide. Dans les grandes villes, certains praticiens de cliniques ou hôpitaux consentaient à pratiquer l’avortement malgré l’interdiction, si la patiente qui le leur demandait acceptait d’y mettre le prix, qui en général était très élevé. Dans ce cas-là, il n’y avait que les femmes aisées qui pouvaient avoir recours à cette méthode. Les femmes ayant de l’argent pouvaient également partir dans d’autres pays où l’avortement était autorisé pour pouvoir le faire dans des conditions sécurisées. Ainsi, l’Angleterre a été le pays qui a accueillit le plus grand nombre de femmes espagnoles enceintes durant la dictature.
Les années passant, une évolution des mœurs commence à s’amorcer en Espagne, notamment dans les années 50, lorsque Franco change sa stratégie politique en ce qui concerne l’économie. C’est la fin de l’autarcie et il y a plus d’étrangers qui peuvent venir en voyage touristique dans le pays. Le mode de vie évolue ainsi que la mentalité, c’est une période où des mouvements de grèves apparaissent et dans lesquels les femmes commencent à participer. Elles reviennent un peu dans la vie publique et petit à petit elles sont un peu plus reconnues par la loi. Dans les années 60 et 70, juridiquement parlant, l’éducation primaire et secondaire devient égale pour les deux sexes, mais il est toujours mieux vu par la suite que la femme mariée s’occupe de son ménage plutôt que de travailler ; elle ne doit donc pas chercher à avoir une carrière après ses études. De plus, si elle doit se tourner vers un travail, il lui est conseillé de choisir un travail dit féminin comme, par exemple, être institutrice.
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À cette époque, la question de la sexualité reste donc la même. Pour les femmes, la chasteté est une libération et l’acte d’amour n’est là que pour la procréation. En 1974, par exemple, il existait encore des cours de préparation matrimoniale pour les jeunes femmes, durant lesquels la religion catholique voulait régler le déroulement de l’intimité amoureuse dans ses moindres détails. Au sein de la famille, la femme commence à avoir un peu plus de droits ; en 1958, en cas de séparation, la femme a le droit de garder ses biens et peut même avoir 50% des biens acquis lors du mariage, alors qu’avant tout revenait au mari, car la femme était considérée comme la responsable de la séparation. Si une veuve ayant des enfants d’un premier mariage se remarie, elle peut enfin garder l’autorité parentale. En 1970, le père n’a plus le droit de proposer ses enfants à l’adoption sans le consentement de la mère et deux ans plus tard, les jeune filles de moins de 25 ans peuvent quitter le domicile familial sans le consentement de leur père. C’est en 1975 que le mari n’est plus considéré comme le chef de famille et qu’il est stipulé que les époux se doivent mutuellement respect et assistance. Alors qu’en 1963 le droit qui permettait aux maris et pères de tuer leurs épouses ou filles ainsi que les hommes qu’ils surprendraient avec elles en flagrant délit d’adultère est enfin supprimé, c’est seulement en 1978 que l’adultère et le concubinage sont retirés de la liste des délits. C’est également en 1978, trois ans après la mort de Franco, que la vente des contraceptifs est dépénalisée.
La Dépénalisation de 1985 et la Loi de 2010
L'avortement, lui, n'est dépénalisé qu'en 1985, sous certaines conditions. L'article spécifiait ainsi que l'avortement pouvait être pratiqué en cas de viol (jusqu'à 12 semaines), de malformation du fœtus (jusqu'à 22 semaines), ou de risques importants pour la santé physique ou psychologique de la mère (sans limite de temps). Dans les deux derniers cas, l'avis d'un médecin était demandé. Quand au risque psychologique pour la mère, c'est un psychiatre du centre où se pratiquait l'avortement qui devait se prononcer.
C'est plus tard, en 2010, que l'accès au droit à avorter est facilité. José Luis Rodriguez Zapatero, ancien chef du gouvernement espagnol et fervent défenseur de l'avortement, accorde alors le droit aux femmes de mettre librement un terme à leur grossesse et ce jusqu'à la 14e semaine, (22 en cas de viol, malformation du fœtus ou mise en danger de la mère).
Tentatives de Restriction et Réactions
Cependant, l'abandon de la grossesse fait l'objet de nombreuses contestations dans le pays. Dès 2013, Mariano Rajoy alors président du gouvernement propose un projet de loi pour revenir aux conditions de 1985. Ce plan a été abandonné car faute de consensus, mais témoigne bien de la division espagnole sur la question.
En 2013, le gouvernement de Mariano Rajoy (Partido Popular) a présenté une réforme de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Elle avait pour objectif de restreindre la possibilité d'avorter librement au cours des premières semaines et rendait l'avortement encore plus difficile que la loi de 1985, puisqu'elle éliminait les malformations du fœtus des raisons valables pour avorter et exigeait le rapport de deux médecins, et non plus d'un, pour prouver les dangers de la grossesse pour la femme. Elle exigeait également que l'avortement en cas de viol ne puisse avoir lieu que lorsque la victime avait porté plainte.
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Le ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardón, a démissionné à la suite de l’abandon du texte de loi qui révisait la législation sur l’avortement. Fin septembre, le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy a finalement décidé d’abandonner le projet de loi relatif à la restriction du droit à l’avortement. Cinq jours plus tôt, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, avait déclaré : « le gouvernement a fait le plus d’efforts possible pour tenter de parvenir au meilleur consensus possible. Nous allons continuer à étudier les formules permettant de parvenir à un meilleur accord sur la réforme. De belles phrases pour cacher la réalité du camouflet infligé à son ministre de la Justice, l’ambitieux Alberto Ruiz Gallardón, qui a démissionné dans la foulée et annoncé son retrait de la vie politique après 30 ans passés dans les instances du Parti Populaire.
Un total de 118.359 IVG ont été enregistrées en Espagne en 2011, après 113.031 en 2010.
Ces derniers jours cependant, un certain réconfort a pu être trouvé en observant ce qu’il s’est passé par-delà les Pyrénées. Encore qu’il ne s’agisse pas d’une avancée sociale, simplement d’un non-recul. Mais quand même, il était bon de voir ces milliers de femmes et d’hommes exprimer leur joie dans le centre de Madrid, le 28 septembre, pour célébrer le retrait du projet de loi relatif à l’avortement.
Ce virage réactionnaire du gouvernement visait à s’attirer les bonnes grâces de la frange la plus extrême de l’électorat de droite ainsi que de l’Eglise catholique. Dans le cas de l’avortement, des sondages ont révélé que près de 80% des Espagnols ne souhaitaient pas toucher à la loi de 2010. En mai, les élections européennes ont été catastrophiques pour le parti au pouvoir. Bien qu’il soit arrivé en tête avec 26%, il a perdu 16 points par rapport à 2009 et 8 sièges d’eurodéputés. Il a dû faire face, comme le Parti socialiste d’ailleurs, à la montée de la « Gauche plurielle » et surtout du nouveau mouvement Podemos (Nous pouvons) créé quelques semaines avant à peine. Finalement, peut être que cet épisode aidera le Parti Populaire à évoluer idéologiquement pour ressembler à ses partenaires de la droite européenne, moins conservateurs et plus laïcs.
Mais en Espagne, il faut toujours être méfiant : dans le tumulte qui a suivi l’annonce du retrait du projet de loi, beaucoup ont ainsi oublié qu’une disposition était maintenue, celle visant à demander expressément l’accord des parents pour les mineures désirant se faire avorter. Et, plus grave encore, le Tribunal constitutionnel n’a toujours pas rendu sa décision à propos de la loi de 2010 ; s’il décidait de l’annuler, ce serait un retour à la loi de 1985.
La Montée de Vox et la Polémique Récente
Aujourd’hui, les dénommés « providas » luttent encore pour le faire interdire dans le pays. En effet 90% des espagnoles ayant voulu avorter se disent s’être senties harcelées et 66% menacées.
Une offensive du parti d'extrême droite Vox sur l'avortement, directement inspirée de la Hongrie de Viktor Orban, a mis la droite espagnole dans l'embarras et donne des arguments au gouvernement de gauche pour mobiliser en cette année électorale.
Le numéro deux de la région de Castille-et-León (centre), Juan García-Gallardo, a provoqué une intense polémique en annonçant que les médecins de la région allaient devoir proposer aux femmes souhaitant avorter d'"écouter les battements de coeur de leur enfant" et de voir "une vidéo" du foetus. Une mesure destinée à "favoriser la natalité et soutenir les familles", a affirmé ce membre de Vox, troisième force politique du pays ouvertement opposée à l'avortement. Cette proposition est calquée sur une pratique dans la Hongrie de Viktor Orban - grand allié du parti espagnol d'extrême droite - où depuis septembre les femmes enceintes souhaitant avorter doivent au préalable être confrontées aux "fonctions vitales" du foetus.
Dirigée par les conservateurs du Parti Populaire (PP), avec Vox comme allié minoritaire, la Castille-et-León est suivie de près par les observateurs alors que les sondages donnent en effet le PP vainqueur des élections nationales prévues fin 2023 mais dépendant du parti d'extrême droite pour obtenir une majorité et gouverner.
À gauche, le socialiste Pedro Sanchez s'est emparé du sujet pour tenter de mobiliser un électorat modéré potentiellement effrayé par l'offensive idéologique de Vox. Dans une allusion à peine voilée à la Castille-et-León, première région espagnole à compter l'extrême droite dans son exécutif depuis la fin de la dictature franquiste, il a mis en garde à Davos sur le danger que l'extrême droite arrive au pouvoir en Europe dans le cadre d'alliances avec la droite conservatrice.
"Nous devons éviter que ces forces politiques ne rentrent dans les institutions (…) car la menace est réelle, tout particulièrement dans les pays où les forces d'extrême droite ont le soutien de partis conservateurs traditionnels qui leur ouvrent les portes" du pouvoir, a-t-il affirmé. "Nous les combattrons avec la même détermination et la même conviction que celle des Ukrainiens face aux forces russes", a promis le Premier ministre espagnol, selon qui ces formations servent de relais d'influence à Vladimir Poutine.
Dans l'embarras, le PP a tenté de se démarquer de Vox en assurant que la proposition de son allié ne s'appliquerait pas et qu'elle n'avait pas été transmise aux médecins de la région. Par la voix du porte-parole du gouvernement régional de Castille-et-León, Carlos Fernández Carriedo, il a accusé Pedro Sanchez de "surjouer et de faire de la propagande". "Aucune pression ne sera mise sur une femme souhaitant interrompre volontairement sa grossesse, comme le prévoit la loi.
L'Avortement en Amérique Latine : Un Contexte Plus Large
Le droit à l’avortement reste encore très limité dans un bon nombre de pays hispanophones. L’interruption volontaire de grossesse en Espagne a connu de nombreux aléas, notamment du fait de la tradition catholique espagnole qui freine certains progrès sociaux comme le droit à l’IVG. Jusqu’en 1985, avorter est considéré comme un délit.
En Amérique latine, la vague verte progresse mais le recours à l’avortement reste interdit ou extrêmement limité dans de nombreux pays :
- Pays dans lesquels l’avortement est illégal : Salvador, Nicaragua, République Dominicaine, Honduras, Guatemala
- Pays dans lesquels l’avortement est légal : Cuba (1965), Uruguay (2012), Argentine (2020), Colombie (2022), Mexique (2023).
- Pays dans lesquels l’avortement est possible seulement en cas de viol, malformation fœtus ou danger pour la vie de la mère : Vénézuela, Pérou, Paraguay, Panama, Équateur, Costa Rica, Chili, Bolivie, Brésil.
Malgré ces avancées, on observe de nombreuses contestations voire régressions dans certains États où l’avortement est pourtant possible (libre ou limité). Dans la dernière proposition de constitution que les chiliens ont rejeté fin 2023, il y avait notamment un article visant à « protéger la vie de toute personne à naitre » approuvé par le conseil rédigeant la constitution (dominé par l’extrême droite). Autre exemple en Argentine : alors même que ce pays est vu comme l’initiateur de la récente vague verte, le nouveau président ultralibéral Javier Milei a assuré début mars que ceux qui avaient soutenu la dépénalisation de l’avortement en 2020 étaient « des assassins » et qu’avorter était « un meurtre ».
Dans d’autres États, où l’IVG est interdite, les sanctions s’alourdissent. Le Guatemala a par exemple voté une loi « pour la protection de la vie et de la famille » en 2022 qui punit de 10 ans de prison toute femme réalisant son propre avortement. Au Salvador, les peines peuvent s’élever jusqu’à 50 ans de prison.
La première raison est la religion. En effet, la plupart des latinoaméricains sont catholiques et évangéliques et l’Église condamne fermement l’avortement. Dans certains pays, les politiques gouvernementales et les établissements scolaires peuvent alors être influencés par les institutions religieuses et ainsi restreindre l’accès à l’éducation sexuelle. Deuxièmement, les sociétés latinoaméricaines sont encore très patriarcales et avorter entre souvent en contradiction avec une vision de la femme qui reste très archaïque.
Ainsi, malgré de beaux progrès réalisés depuis quelques années dans certains pays, la lutte pour la dépénalisation de l’avortement reste très complexe dans d’autres. Pourtant, chaque jour, 3 des 4 avortements réalisés en Amérique latine le sont de manière clandestine selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
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