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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) Médicamenteuse : Déroulement au Premier Mois

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour les femmes. En France, la loi autorise l'IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (SA). Parmi les méthodes disponibles, l'IVG médicamenteuse est une option courante, particulièrement durant le premier mois de grossesse. Cet article a pour but d'expliquer en détail le déroulement de l'IVG médicamenteuse au cours du premier mois de grossesse, en abordant les étapes clés, les médicaments utilisés, les effets secondaires potentiels, et l'importance du suivi médical.

Qu'est-ce que l'IVG Médicamenteuse ?

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à interrompre une grossesse non désirée par l'administration de médicaments, évitant ainsi une intervention chirurgicale. Cette méthode est privilégiée en début de grossesse, car elle est moins invasive et peut être réalisée en ambulatoire, c'est-à-dire au cabinet d'un médecin, dans un centre de santé, ou même à domicile sous certaines conditions.

Où et par qui l'IVG médicamenteuse est-elle pratiquée ?

L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.

Les Médicaments Utilisés

La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents. Deux médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse. Ces médicaments sont :

  1. Mifépristone (MYFEGINE) : Ce médicament interrompt le développement de la grossesse en bloquant l’action de l’hormone nécessaire à son maintien (la progestérone) et en favorisant les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Le mifépristone (parfois appelé RU 486) est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, au cours d’une consultation. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament. Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament.

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  2. Misoprostol (GYMISO) : Ce médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de la grossesse. La prise du misoprostol (un analogue de la prostaglandine) par voie orale, peut s’effectuer à l’hôpital ou à votre domicile. La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.

La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

Déroulement de l'IVG Médicamenteuse : Étape par Étape

1. Consultation Initiale et Information

Le temps d'information est le premier temps préalable à la réalisation de l'IVG et a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme : vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide1 ; vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ;doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

La première étape essentielle est une consultation avec un médecin ou une sage-femme. Cette consultation a plusieurs objectifs :

  • Confirmer la grossesse : Un test de grossesse est réalisé pour confirmer que la patiente est bien enceinte.
  • Déterminer l'âge gestationnel : Une échographie est souvent effectuée pour dater précisément la grossesse et s'assurer qu'elle est bien située dans l'utérus (afin d'exclure une grossesse extra-utérine). Cette échographie est obligatoire afin de déterminer le terme de la grossesse et vérifier que l’embryon se situe normalement à l’intérieur de l’utérus.
  • Informer sur les options : La patiente reçoit des informations détaillées sur les différentes méthodes d'IVG (médicamenteuse et chirurgicale) et leurs implications.
  • Évaluation médicale : Le médecin ou la sage-femme évalue l'état de santé général de la patiente, ses antécédents médicaux, et les éventuelles contre-indications à l'IVG médicamenteuse.
  • Conseil et soutien : Un entretien permet d'aborder les aspects psychologiques et sociaux de la décision, et d'orienter la patiente vers un soutien si nécessaire. Un accompagnement psycho-social peut être sollicité par la patiente (ou le couple) lorsque celle-ci hésite quant à son choix de recourir ou non à une IVG.

2. Consentement et Choix de la Méthode

Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Lors de votre consultation dans notre centre, vous devrez confirmer par écrit votre demande d’avortement. C’est aussi le moment au cours duquel vous choisirez, en concertation avec le professionnel de santé, la méthode d’avortement adaptée à votre cas.

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Après avoir reçu toutes les informations nécessaires, la patiente doit donner son consentement éclairé par écrit pour l'IVG. C'est également le moment de choisir la méthode d'avortement la plus adaptée à sa situation.

3. Administration de la Mifépristone

Le mifépristone est généralement administré en une seule prise par voie orale lors de la consultation médicale. Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Il provoque également des contractions utérines et ramollit le col de l'utérus.

Dès cette première étape, des saignements plus ou moins importants peuvent survenir, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament. Quelquefois, vous pouvez saigner comme des règles assez abondantes et vous sentir fatiguée sans que cela soit anormal.Dans 5% des cas, ce premier médicament peut provoquer seul l’avortement : les saignements sont alors plus abondants avec des douleurs ressemblant aux règles.

4. Administration du Misoprostol

La prise du second médicament : le misoprostol a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG.

Le misoprostol est pris par voie orale. Ce médicament provoque de fortes contractions utérines, entraînant l'expulsion de l'œuf.

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Après avoir pris 2 comprimés de Misoprostol, vous n’êtes pas obligée de rester allongée. Nous vous conseillons de prévoir de quoi vous occuper pendant ces quelques heures d’attente. Le plus souvent, l’avortement (l’expulsion de l’œuf) se produit dans les 2 à 4 heures après la prise des comprimés.

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol.

Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.

5. Gestion de la Douleur

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Si vous êtes hospitalisée, l’infirmière vous donnera des médicaments anti douleurs. Si vous êtes à la maison, le médecin vous aura donné une prescription de médicaments lors de la consultation. N’hésitez pas à les prendre, ils n’empêchent pas le déroulement de l’avortement.

6. Surveillance et Suivi Médical

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné.

La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.

La visite de contrôle 14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme : confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

7. Contraception Post-IVG

Le retour de la fertilité après une IVG, c’est immédiat ! La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.

Si vous êtes enceinte de moins de 15 semaines, vous pourrez, à la suite de cette intervention, vous faire poser un stérilet ou un implant.

Effets Secondaires et Complications Possibles

Comme toute procédure médicale, l'IVG médicamenteuse peut entraîner des effets secondaires et des complications, bien que ces derniers soient rares.

  • Saignements : Les saignements sont normaux et attendus. Ils peuvent durer de 10 à 20 jours et être plus abondants que des règles normales.
  • Douleurs : Des douleurs abdominales, semblables à des douleurs menstruelles, sont fréquentes. Elles sont dues aux contractions utérines et peuvent être soulagées par des antalgiques.
  • Effets indésirables : Nausées, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur peuvent survenir.
  • Complications rares : Hémorragie, infection, rétention de fragments placentaires, échec de l'IVG (nécessitant une aspiration).

Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Contre-indications

La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Aspects Psychologiques

L’IVG n’est jamais un acte anodin et aucune femme n’y recourt facilement. Elle peut être douloureuse, est toujours mal vécue sur le plan psychologique et ce même des années après.

Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

A la suite de l’interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le médecin ou la sage-femme vous proposera un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire.

Prise en Charge Financière

L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). L’IVG ne peut être prise en charge que si vous bénéficiez d’une couverture maladie (Régime général, CMU-C, AME, Protection maladie universelle).

IVG Chirurgicale

L’IVG chirurgicale (par aspiration - curetage) est une intervention chirurgicale qui dure une dizaine de minutes et se déroule dans un bloc opératoire sous anesthésie locale (seul le col est endormi) ou généralement lors d’une hospitalisation de jour.

Avortement instrumental (13 - 22 semaines). Si vous êtes enceinte de 13 semaines ou plus et que vous souhaitez avorter, nous aurons affaire à une « interruption de grossesse du deuxième trimestre ». L’avortement est alors réalisé à l’aide de quelques instruments médicaux. En principe, l’intervention se déroule sous sédation (profonde), sauf si votre santé ne le permet pas pour cause de maladie ou de surpoids important (IMC trop élevé).

Prévention des IVG

Comment pourrait-on prévenir certaines de ces IVG ? Il faut développer l’information des femmes à qui l’on ne parle pas assez de contraception.

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