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Coqueluche : Symptômes, Prévention et Recommandations Actuelles

La coqueluche, bien que moins fréquente grâce à la vaccination, connaît une recrudescence en France depuis début 2024. Cette maladie respiratoire, particulièrement dangereuse pour les nourrissons, nécessite une vigilance accrue en matière de diagnostic, de prévention et de prise en charge.

Historique de la Vaccination en France

En France, le premier vaccin coquelucheux a été introduit en 1959 et la vaccination s’est généralisée à partir de 1966, grâce à son administration en association avec d’autres vaccins (diphtérie, tétanos et poliomyélite), entraînant ainsi une baisse de l’incidence de la maladie en France (de l’ordre de 5000 cas étaient rapportés chaque année avant l’introduction du vaccin contre 86 cas en 1985).

L'Enjeu Actuel : Protéger les Nourrissons

L’enjeu actuel est notamment d’éviter les cas de coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois, les plus à risque de coqueluche grave. La meilleure façon de diminuer le risque de coqueluche chez un jeune nourrisson qui n’est pas encore protégé par sa propre vaccination est de vacciner sa mère pendant la grossesse.

Diagnostic de la Coqueluche

Identification des Symptômes

La coqueluche se manifeste par une toux sans fièvre. Chez les nourrissons ou les personnes non immunisées, la toux est assez caractéristique avec généralement des quintes typiques insomniantes et émétisantes avec une reprise bruyante de l'inspiration, appelée le chant du coq. Chez les personnes immunisées, elle prend parfois, la forme d’une toux banale de plus de 7 jours sans cause évidente retrouvée.

Complications Possibles

La coqueluche peut entraîner des complications graves :

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  • Coqueluche maligne du nourrisson (< 3 mois)
  • Formes neurologiques chez les bébés (< 12 mois)
  • Chez les personnes fragiles

Contagiosité

Le malade est contagieux dès l’apparition de la toux et les 21 jours suivants, en l’absence de traitement.

Confirmation du Diagnostic par Examen Biologique

Pour confirmer qu'il s'agit bien de la coqueluche, une analyse PCR (sur prélèvement naso-pharyngé) doit être réalisée dès la suspicion clinique et au plus tard jusqu'à 21 jours après le début de la toux (examen remboursé selon certains critères).

Elle est recommandée dans les situations suivantes :

  • Nouveau nés et nourrissons de moins de 6 mois ou de plus de 6 mois non ou incomplètement vaccinés avec une toux quinteuse ou associée à des apnées.
  • Enfants, adolescents et adultes vaccinés présentant une toux supérieure à 7 jours sans cause évidente (y compris si le rappel vaccinal date de moins de 5 ans). Le remboursement de la Cpam sera possible que si le vaccin date de plus de 3 ans (Il ne sera pas possible si le vaccin date de moins de 3 ans)

La PCR n'est pas indiquée chez des personnes asymptomatiques contacts d'un cas. En période épidémique ou de tension sur les laboratoires, on peut ne pas réaliser de PCR chez une personne avec clinique évocatrice elle-même contact d’un cas confirmé microbiologiquement.

Lors de la survenue de cas groupés dans une collectivité (Ehpad, services hospitaliers), il ne faut tester que les 3 premiers cas et considérer les autres personnes symptomatiques comme des malades.

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La culture (sur prélèvement naso-pharyngé), réalisée uniquement par certains laboratoires hospitaliers et le Centre national de référence (CNR), sert à surveiller l'évolution des souches et l’apparition de souches résistantes aux macrolides. Cet examen est possible jusqu'au 14e jour de toux (examen remboursé).

Il est à noter que la sérologie, sans apport pour le diagnostic n'est plus remboursée par l'Assurance maladie.

Attention Particulière aux Personnes Vulnérables

La coqueluche peut être particulièrement grave pour les personnes vulnérables qui se répartissent en deux groupes distincts relevant de recommandations particulières lorsqu’elles sont contact d’un cas :

  • Les personnes à haut risque de forme grave à savoir les nourrissons de moins de 6 mois quel que soit leurs antécédents de vaccination coqueluche pré et post-nataux et ceux de 6 à 11 mois dont la seconde dose de vaccination a été réalisée depuis moins de 14 jours.
  • Les personnes à risque de forme grave :
    • les personnes âgées de plus de 80 ans
    • les personnes immunodéprimées,
    • les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques : mucoviscidose, asthme mal contrôlé, bronchite chronique, etc.
    • les personnes en situation d'obésité.
  • Les femmes enceintes sont à prendre en charge selon les mêmes critères que les personnes à risque ci-dessus en cas de contact avec un malade de la coqueluche durant le 3ème trimestre de grossesse pour leur éviter de transmettre la coqueluche à leur nouveau-né en la déclenchant juste après leur accouchement.

Que Faire en Cas de Diagnostic de Coqueluche ?

Recommandations pour le Malade

Afin d'éviter toute transmission, il est préconisé d'instaurer, avant le 21e jour de toux :

  • une antibiothérapie curative : en première intention les macrolides et en 2e intention le Cotrimoxazole. A noter que cette antibiothérapie a une action sur la contagiosité mais peu sur la symptomatologie
  • une éviction de toute collectivité (y compris dans l’attente du résultat du test) pendant 3 à 5 jours selon l’antibiotique prescrit (et 3 semaines en cas d'absence de traitement).

Antibiotiques Recommandés pour Traiter une Coqueluche

AntibiotiqueEnfantAdulteFemme enceinteDurée de l'éviction
Azithromycine20 mg/kg/jour en une prise par jour (sans dépasser 500 mg/jour), pendant 3 jours500 mg/jour en une prise par jour, pendant 3 joursMême dosage que pour l'adulte, quelque soit le terme3 jours
Clarithromycine15 mg/kg/j en 2 prises (maximum 500 mg 2 fois par jour) pendant 7 jours500 à 1000 mg/jour en 2 prises pendant 7 joursMême dosage que pour l'adulte, quelque soit le terme5 jours
Cotrimoxazole6 mg/kg/jour de triméthoprime en 2 prises pendant 14 jours320 mg/jour de triméthoprime en 2 prises pendant 14 joursenvisageable au cours de la grossesse en associant une supplémentation en acide folique5 jours

Recommandations pour l'Entourage : Contacts Proches et Contacts Occasionnels

Lors d’un diagnostic de coqueluche, il faut également :

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  • Évaluer la protection des personnes considérées comme contacts

Le contact peut être de 3 types différents :

  • Les personnes considérées comme contacts domiciliaires, comme par exemple :
    • les personnes vivant sous le même toit : famille, colocataire, chambrée d'internat, etc.,
    • tous les enfants et personnels d'une section en crèche ou halte-garderie,
    • tous les enfants et personnes exposées au domicile des assistantes maternelles ou au sein de crèches familiales,
    • les personnes très proches du malade (ex. flirt).
  • Les personnes considérées comme contacts extra domiciliaires : toutes celles ayant eu un contact avec le cas en milieu clos pendant plus d'une heure en cumulé et sans masque (sans notion de distance ) par exemple,
    • en milieu scolaire : enfants et adultes partageant la même classe ;
    • en milieu professionnel : personnes partageant le même bureau ou travaillant dans la même équipe ;
    • amis et personnes partageant plusieurs fois par semaine les mêmes activités ;
  • Les soins exposant fortement aux sécrétions respiratoires ( intubation / kinésithérapie respiratoire…) réalisés sans masque à un patient atteint de la coqueluche : sans notion de durée

Signalement des Cas

La coqueluche n'est pas une maladie à déclaration obligatoire. Seuls les cas groupés de coqueluche au sein de collectivités (crèches, établissements scolaires, etc.) ou les cas isolés survenant dans des collectivités à risque (crèche, services maternité….) ou chez des personnes éloignées du système de soins doivent être signalés à l'ARS.

Antibioprophylaxie pour les Contacts

Il faut prescrire une antibioprophylaxie, identique à la curative, aux contacts identifiés selon les modalités ci-dessous :

  • Dans les 21 jours qui suivent le contact à risque à tous les nourrissons dit à « haut risque » ;
  • Dans les 14 jours après le contact à risque et si le contact n’est pas protégé contre la coqueluche par un vaccin datant de plus d'une semaine et de 5 ans maximum ou par une de coqueluche survenue dans les 10 ans précédents :
    • Aux personnes à risque.
    • Aux femmes enceintes au 3ème trimestre de grossesse.
    • Aux personnes ayant des contacts avec des bébés à Haut risque et qui ne peuvent pas porter le masque en permanence en leur présence.

Information de l'Entourage

Demander au malade d’informer le plus rapidement possible son entourage Le malade doit également informer son cercle familial, social et professionnel (médecine du travail) et les collectivités fréquentées (crèche, école).

Ces contacts doivent consulter un médecin pour :

  • vérifier leur vaccination et la mettre à jour le cas échéant ;
  • évaluer la nécessité d’un traitement préventif
  • ou évaluer la nécessité d'un traitement curatif, en cas d'apparition de toux dans les 21 jours après le dernier contact.

Prévention : Vérification du Statut Vaccinal et Stratégies

La meilleure prévention contre la coqueluche est la vaccination. Aussi, nous vous recommandons de vérifier le statut vaccinal de vos patients à chaque consultation.

Primo-vaccination et Stratégie de Cocooning

Pour rappel, la vaccination contre la coqueluche repose sur trois stratégies :

  • La vaccination précoce et obligatoire des nourrissons : la vaccination contre la coqueluche est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018. Pour un schéma vaccinal complet, il faut 3 doses : une première injection à 2 mois, une autre à 4 mois, puis à 11 mois.
  • La vaccination des femmes enceintes dès le 2nd trimestre de grossesse : cette vaccination doit être réalisée à chaque grossesse.
  • En l’absence de vaccination de la mère en cours de grossesse, la vaccination est recommandée aux personnes susceptibles d’être en contact étroit avec le nourrisson durant les six premiers mois de sa vie (stratégie de cocooning) : parents, grands-parents, assistante maternelle, etc. (hors période de recrudescence de circulation de la maladie).

Tout le monde peut être concerné par la vaccination contre la coqueluche. elle permet aux femmes enceintes vaccinées pendant la grossesse de transmettre des anticorps à leur nourrisson. elle permet à l’entourage des nouveau-nés de diminuer le risque de transmission de la coqueluche aux nourrissons de moins de 6 mois, quand leurs mères n'ont pas été vaccinées pendant la grossesse.

Recommandations Générales

La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons, nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de 2 mois. La Haute Autorité de Santé a recommandé le 22 juillet 2024 que toute personne en contact proche avec un nouveau-né et/ou nourrisson de moins de 6 mois dans un cadre professionnel reçoive un rappel, si son dernier vaccin contre la coqueluche date de plus de 5 ans.

N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail.

Recommandations pour les Voyageurs

Le risque de contracter la coqueluche n’est pas plus important dans les autres pays du monde qu’en France. Rappel à 25 ans : 1 dose de vaccin combiné contenant le vaccin contre la coqueluche (sauf en cas de vaccination contre la coqueluche qui date de moins de 5 ans).

Efficacité et Prise en Charge du Vaccin

L’efficacité du vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson varie, selon les études, entre 85% et près de 100%. La durée de protection est estimée entre cinq et dix ans. Les rappels ultérieurs sont donc nécessaires.

Introduite en 1959, la vaccination contre la coqueluche s’est étendue en France en 1966 du fait de son association aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et poliomyélite. Les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont des vaccins inactivés. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination.

Le vaccin est pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.

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