L'interruption de grossesse, qu'elle soit volontaire (IVG) ou subie (fausse couche), est une expérience complexe tant sur le plan physique que psychologique. Cet article vise à informer sur les différentes procédures, leurs implications et les aspects à considérer.
IVG : Interruption Volontaire de Grossesse
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit en France, permettant à toute femme de décider d'interrompre sa grossesse. Il existe deux méthodes principales : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale.
IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse est possible jusqu'à la 5ème semaine de grossesse (soit 7 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en la prise de deux médicaments à des moments différents.
- Mifépristone (Mifégyne) : Ce premier comprimé, pris en présence d'un médecin ou d'une sage-femme, bloque la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Il provoque le décollement du placenta et la dilatation du col de l'utérus.
- Misoprostol : Pris 36 à 48 heures après la mifépristone, ce second médicament provoque des contractions utérines et favorise l'expulsion de l'œuf.
Des saignements et des douleurs, similaires à des règles mais plus intenses, sont à prévoir. Il est possible d'apercevoir l'embryon lors de l'expulsion, bien qu'il soit de très petite taille (environ 7 mm à 3 semaines) et mélangé à des caillots de sang et des tissus.
Rétractation en cours d'IVG médicamenteuse :
Il arrive que des femmes regrettent leur décision après avoir pris le premier comprimé de mifépristone. Bien qu'il ne soit pas toujours possible de contrer l'effet de la mifépristone, il est envisageable de tenter de le faire. Un médecin peut prescrire de la progestérone (UTROGESTAN) pour essayer de maintenir le placenta en place et permettre la poursuite de la grossesse. La mifépristone n'étant pas tératogène, elle n'entraîne pas de malformations sur l'embryon.
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IVG Chirurgicale (Avortement par Aspiration)
L'IVG chirurgicale, ou avortement par aspiration, peut être réalisée jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse. Elle consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine.
- Procédure : L'intervention se déroule à l'hôpital ou dans une clinique spécialisée, sous anesthésie locale ou générale. Après dilatation du col de l'utérus, une canule est insérée pour aspirer le contenu de l'utérus. Une échographie est ensuite réalisée pour vérifier que l'utérus est bien vide.
- Durée : L'intervention dure environ une dizaine de minutes.
- Suivi : La patiente peut généralement rentrer chez elle le jour même.
Risques de l'IVG chirurgicale :
Bien que rare, l'IVG chirurgicale comporte des risques :
- Risque anesthésique
- Perforation utérine (rare)
- Infection (rare, grâce aux conditions d'asepsie)
- Synéchie (adhérences cicatricielles dans l'utérus, pouvant rendre difficile la pose d'un stérilet ultérieurement)
Démarches pour une IVG
- Consultations médicales : Deux consultations médicales sont obligatoires avant de procéder à une IVG. La première permet de recevoir toutes les informations nécessaires et de proposer un entretien psycho-social. La seconde consultation permet de confirmer la demande d'avortement par écrit et de réaliser un examen gynécologique et une échographie.
- Délai de réflexion : Un délai de réflexion minimum de 8 jours est obligatoire entre la première et la deuxième consultation.
- Mineures : Les mineures doivent être accompagnées d'un représentant légal ou d'une personne majeure de leur choix. L'entretien psycho-social est obligatoire pour les mineures.
Fausse Couche
Une fausse couche est l'arrêt spontané d'une grossesse avant la 20e semaine d'aménorrhée.
Fausse Couche Spontanée
L'utérus expulse naturellement l'embryon.
Fausse Couche Silencieuse (Fausse Couche Retenue)
La grossesse s'arrête sans signes d'expulsion spontanée et immédiate de l'embryon. Le corps agit comme si la grossesse était encore en cours. Le diagnostic est souvent posé lors d'une échographie de routine.
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Causes possibles :
- Âge avancé de la mère
- Anémie gestationnelle
- Infection des voies urinaires
Gestion de la fausse couche silencieuse :
- Attente : Dans de nombreux cas, le corps expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après.
- Curetage : Si le corps n'expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être réalisé.
Curetage (Aspiration)
Le curetage, de plus en plus appelé "aspiration", est une intervention médicale qui consiste à retirer le contenu de l'utérus. Il peut être réalisé après une IVG ou une fausse couche, lorsque l'utérus n'a pas expulsé complètement l'embryon, le placenta ou d'autres débris. Le curetage peut également être utilisé pour réaliser un prélèvement de la muqueuse utérine (biopsie de l'endomètre) à des fins de diagnostic. Dans le cadre d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée), un curetage peut être réalisé afin de favoriser l'implantation de l'embryon dans l'endomètre.
Procédure
Le curetage se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Le médecin dilate le col de l'utérus avant d'y insérer une canule pour aspirer le contenu de l'utérus. Une échographie est ensuite faite pour vérifier que l'utérus est bien vide.
Risques du Curetage
Les risques sont très faibles après un curetage. Des saignements peuvent durer pendant une quinzaine de jours. Il est conseillé d'éviter les bains et les rapports sexuels pendant cette période. Si de la fièvre ou des douleurs apparaissent, il est important de consulter un médecin.
Stérilité : Aspirer le contenu de l'utérus ne rend absolument pas stérile, même si l'intervention est répétée.
Syndrome d'Asherman : Dans de rares cas, un curetage mal conduit peut entraîner des adhérences dans la cavité utérine (syndrome d'Asherman), pouvant rendre difficile la survenue d'une nouvelle grossesse.
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Grossesse Après un Curetage
Après un curetage bien réalisé, une nouvelle grossesse ne présente pas plus de risques qu'une grossesse classique. Il est important de prendre le temps de se remettre physiquement et psychologiquement avant de retenter une grossesse.
Échec d'Implantation Embryonnaire (FIV)
L'échec d'implantation embryonnaire est défini comme la non-réussite d'une grossesse viable après un traitement de FIV. Une étude approfondie est nécessaire pour identifier les causes possibles, impliquant une évaluation multidisciplinaire (gynécologues, endocrinologues, biologistes moléculaires, généticiens et embryologistes).
Facteurs possibles :
- Facteurs maternels :
- Anomalies utérines (adénomyose, anomalies anatomiques)
- Contractions utérines au moment du transfert embryonnaire
- Facteurs immunologiques et hématologiques
- Microbiome utérin
- Réceptivité endométriale
- Facteurs embryonnaires :
- Qualité de l'ovocyte et du spermatozoïde
- Conditions de culture en laboratoire
- Délicatesse de la manipulation embryonnaire
- Transfert embryonnaire
Solutions possibles :
- Échographie tridimensionnelle
- Études immunologiques
- Étude des contractions utérines
- Administration d'intralipides
- Étude IBgen RIF (panel de facteurs génétiques, immunologiques et hématologiques)
- Panels de séquençage massif (NGS)
- Application intra-utérine de plasma riche en plaquettes (PRP)
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