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Arbre de Vie Placentaire : Bénéfices et Risques d'une Pratique Ancestrale

Le placenta, organe éphémère et essentiel, se forme après la fécondation et joue un rôle crucial pendant la grossesse. Il assure les échanges entre la mère et le fœtus, fournissant nutriments et oxygène tout en éliminant les déchets. Après la naissance, le placenta est expulsé, marquant la fin de son rôle biologique. Cependant, dans de nombreuses cultures à travers le monde, le placenta revêt une signification particulière, souvent considéré comme le jumeau spirituel du bébé ou un talisman protecteur. Cette perception a conduit à des pratiques ancestrales variées, allant de rituels élaborés à la consommation du placenta, une coutume connue sous le nom de placentophagie. Cet article explore les différentes facettes de l'arbre de vie placentaire, en examinant les bienfaits potentiels et les risques associés à la placentophagie, ainsi que les alternatives respectueuses pour honorer cet organe vital.

Rôle Biologique et Importance du Placenta

Le placenta est bien plus qu'un simple déchet biologique. Il est le lien vital entre la mère et le fœtus, assurant la survie et le développement de ce dernier pendant la gestation. En effet, tout au long de la grossesse, c'est le placenta - via le cordon ombilical - qui permet au fœtus de bien respirer et de se nourrir correctement. Le fœtus se nourrit ainsi via l'alimentation de sa mère, de la même façon qu’il respire grâce à l'air inspiré par cette dernière.

Le placenta a plusieurs fonctions essentielles :

  • Nutrition et respiration : Il permet les échanges de nutriments et d'oxygène entre la mère et le fœtus, assurant sa croissance et son développement.
  • Élimination des déchets : Il élimine les déchets métaboliques produits par le fœtus.
  • Protection : Le placenta permet de filtrer certaines substances mauvaises pour le fœtus, et de le protéger de certaines bactéries, parasites, maladies ou substances. Certaines, pas toutes. Le virus du sida ou l’hépatite B, par exemple, parviennent à franchir la barrière du placenta.
  • Production hormonale : Il produit des hormones essentielles au maintien de la grossesse, telles que l'œstrogène et la progestérone.

Une étude publiée en juillet dans la revue Cell Host & Microbe, a mis en évidence que l’induction des interférons de type III est entretenue par une spécificité des cellules placentaires fœtales : la transcription constante et en très grande quantité de certains ARN à partir d’une région dédiée du génome, située sur le chromosome 19 chez l’homme, sur le chromosome 2 chez la souris. Les auteurs ont pu préciser que ces ARN appartenaient à une classe particulière d’éléments mobiles du génome : des rétrotransposons.

La Placentophagie : Pratiques et Motivations

La placentophagie, ou l'ingestion du placenta après l'accouchement, est une pratique observée chez la plupart des mammifères, y compris certains primates non humains. Chez l'humain, cette coutume a des racines historiques et traditionnelles dans diverses cultures à travers le monde. Depuis les années 1970, une tendance croissante à la placentophagie s'est développée dans les pays industrialisés, notamment aux États-Unis, motivée par le désir d'un mode de vie naturel et d'une approche individuelle et autodéterminée de l'accouchement, associé à un intérêt pour les remèdes à base de placenta.

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La placentophagie humaine maternelle décrit la pratique consistant à ingérer son propre placenta après l’accouchement, ce qui se fait de différentes manières : soit un morceau de placenta cru est consommé immédiatement après la parturition, soit le tissu est chauffé, séché puis pulvérisé. L’encapsulation placentaire, par laquelle le placenta est transformé en capsules, est une pratique courante dans le monde anglo-américain.

Les motivations derrière la placentophagie sont variées :

  • Récupération post-partum : Le placenta est perçu comme une source de nutriments, de vitamines (en particulier B12), de minéraux (en particulier le fer) et d'hormones qui aideraient la mère à se remettre plus vite de l'accouchement et à lutter contre la fatigue.
  • Lactation : On pense que la consommation de placenta stimule la lactation et améliore la production de lait maternel.
  • Bien-être émotionnel : Certaines femmes espèrent que la placentophagie atténuera le "baby blues" et préviendra la dépression post-partum grâce aux hormones présentes dans le placenta, telles que la progestérone et l'ocytocine.
  • Effet antalgique : La placentophagie aurait également un effet antalgique chez les rats sous l’effet d’opioïdes placentaires.

Bénéfices Potentiels de la Placentophagie : Mythes et Réalités

Bien que la placentophagie soit de plus en plus populaire, les preuves scientifiques de ses bienfaits sont limitées et souvent contradictoires. Il est important de distinguer les croyances traditionnelles et les témoignages personnels des données issues de recherches rigoureuses.

Certains arguments avancés en faveur de la placentophagie sont les suivants :

  • Apport nutritionnel : Le placenta contient des nutriments essentiels tels que le fer, des acides aminés et des vitamines B. Cependant, les femmes des pays industrialisés ont généralement accès à une alimentation variée et saine après l'accouchement, ce qui rend l'apport nutritionnel du placenta moins crucial.
  • Effets hormonaux : Le placenta contient des hormones telles que l'ocytocine, les œstrogènes et la progestérone. Cependant, la concentration de ces hormones dans le placenta varie considérablement, et il est incertain si elles sont biologiquement disponibles après l'ingestion orale. De plus, la protéolyse a lieu dans le tractus gastro-intestinal, ce qui a une influence sur la structure des hormones protéiques et, à son tour, sur leur disponibilité.
  • Amélioration de l'humeur et de l'énergie : Certaines études suggèrent que la consommation de placenta pourrait avoir un effet positif sur l'humeur et l'énergie des femmes après l'accouchement. Cependant, d'autres études n'ont pas confirmé ces résultats. Une étude n’a démontré aucun effet distinct sur le lien maternel, la fatigue et l’humeur post-partum après la consommation de tissu placentaire cuit à la vapeur et déshydraté.

Il est important de noter que de nombreuses études sur la placentophagie sont de petite taille, non contrôlées ou présentent des biais méthodologiques. Par conséquent, il est difficile de tirer des conclusions définitives sur les bénéfices réels de cette pratique.

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Risques Associés à la Placentophagie

Malgré les allégations de bienfaits, la placentophagie comporte des risques potentiels qui doivent être pris en compte :

  • Infections : Le placenta peut contenir des bactéries, des virus ou d'autres agents pathogènes qui peuvent être transmis à la mère ou au bébé lors de l'ingestion. Un seul cas publié par l’American Center for Disease Control décrit une infection tardive chez un nouveau-né atteint de streptocoques du groupe B (SGB). La mère avait consommé son propre placenta post-partum sous forme de capsules. Les streptocoques du groupe B ont été identifiés à la fois dans le tissu placentaire séché et dans le sang du nouveau-né, mais pas dans le lait maternel.
  • Toxicité : Le placenta agit comme un filtre pendant la grossesse, retenant certaines substances toxiques. L'ingestion du placenta pourrait donc exposer la mère à ces substances.
  • Contamination : Le tissu placentaire n’étant pas stérile, une contamination par des micro-organismes potentiellement pathogènes ne peut être exclue.
  • Manque de réglementation : Il n'existe pas de normes standardisées pour le traitement et la préparation du placenta destiné à la consommation, ce qui augmente le risque de contamination et de mauvaise qualité des produits.
  • Fausse information : La promotion de la placentophagie par des célébrités peut induire en erreur les femmes et les inciter à prendre des décisions non éclairées concernant leur santé.

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américain a mis en garde contre la placentophagie, soulignant que le processus d'encapsulation du placenta n'éradique pas en soi les agents pathogènes infectieux et que l'ingestion de capsules de placenta doit donc être évitée.

Alternatives Respectueuses au Placenta

Pour les parents qui souhaitent honorer le placenta sans recourir à la placentophagie, il existe plusieurs alternatives respectueuses et symboliques :

  • Enterrement du placenta : Cette pratique consiste à enterrer le placenta dans un endroit significatif, souvent accompagné de la plantation d'un arbre qui grandira avec l'enfant. Cela symbolise le lien entre l'enfant et la terre, ainsi que la continuité de la vie.
  • Empreinte placentaire : Il s'agit de créer une empreinte du placenta sur du papier aquarelle, en utilisant le sang comme encre naturelle. Le résultat donne une sorte d'arbre, un arbre de vie, celui de l'enfant.
  • Lotus birth : Cette pratique, d'origine hindouiste, consiste à ne pas couper le cordon reliant le bébé et le placenta au moment de la naissance. L'enfant reste attaché à son placenta jusqu'à ce que ce dernier se dessèche et tombe de lui-même, soit environ 3 à 10 jours après la naissance.
  • Don du placenta à la recherche : Dans certains pays, il est possible de donner son placenta à des fins de recherche médicale. Cela permet de contribuer à l'avancement des connaissances sur le placenta et ses applications thérapeutiques.
  • Fabrication de granulés homéopathiques : Certains parents gardent aussi parfois un petit morceau de placenta pour fabriquer des granulés homéopathiques, une pratique qui rejoint l'idée que le placenta contient des propriétés bénéfiques pour la santé de l'enfant. L’isothérapie placentaire consiste à transformer quelques grammes de votre placenta en granules homéopathiques. Interdite en France depuis janvier 1999, cette pratique est toutefois réalisable dans des laboratoires européens ou nord américains.

Aspects Légaux et Éthiques

La législation concernant la récupération du placenta varie selon les pays et les établissements. En France, la collecte de produits du corps humain (dont fait partie le placenta) est encadrée par la loi de bioéthique. Une circulaire du 31 août 2012 de la Direction générale de la Santé confirme l’impossibilité pour les parturientes de récupérer leur placenta. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés à des fins thérapeutiques et scientifiques, le placenta et le cordon sont des déchets opératoires qui doivent être incinérés.

Sur le plan éthique, la placentophagie soulève des questions concernant le consentement éclairé, la sécurité des consommateurs et la commercialisation de produits dérivés du placenta.

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