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Aptitudes Motrices Innées et Développement Infantile : Une Exploration de la Motricité du Fœtus au Jeune Enfant

Au cours des trois premières années de vie, l’enfant développe ses capacités motrices et psychologiques très rapidement. Ce développement est influencé par des aptitudes motrices innées et des réflexes archaïques, qui, combinés à l'exploration de l'environnement, permettent à l'enfant d'acquérir des compétences motrices de plus en plus complexes. Cet article explore en détail les étapes clés de ce développement, de la vie fœtale à l'âge de trois ans, en mettant l'accent sur l'importance des aptitudes motrices innées et de l'exploration active de l'environnement.

Les Fondations Innées : Réflexes Archaïques et Mouvements Fœtaux

Dès la naissance, le bébé est doté de réflexes dits archaïques. Il s’agit de mouvements automatiques involontaires qui apparaissent pendant la vie fœtale. Il tète, serre sa main très fort lorsqu’on pose un doigt dans sa paume, marche lorsqu’on le tient debout. Ces réflexes innés vont peu à peu disparaître pour laisser place à des réflexes plus volontaires vers l’âge de deux mois.

Dans les années 1980, on découvrait que « Le bébé est une personne », d'après le titre d'une série de trois émissions télévisées réalisées par Bernard Martino… Depuis, on a observé que le fœtus et le nouveau-né ont des capacités insoupçonnées. Le fœtus explore son environnement, agit de façon différente et peut-être intentionnelle selon le contexte, et perçoit et mémorise les sons et les odeurs. Quels que soient l'origine (innée ou acquise) et l'âge où se manifestent ces premiers mouvements et comportements d'exploration, ils jouent un rôle important dans le développement des aptitudes de l'enfant.

Les fœtus ébauchent leurs premiers mouvements à sept semaines de vie utérine, peu de temps après le début du développement cérébral. D'abord, il s'agit de mouvements indifférenciés de tout le corps, puis de mouvements indépendants des membres supérieurs, inférieurs et de la tête. Vers la 12e semaine in utero, la majorité des fœtus bougent leur bras droit plus que le gauche, et dès la 15e semaine, ils portent plus leur pouce ou leur poing droit à la bouche que le gauche. Les fœtus ayant davantage sucé leur pouce droit sont souvent droitiers (à l'âge de 12 ans), et ceux ayant sucé leur pouce gauche sont en général gauchers. Toutefois, le bébé utilise habilement ses mains bien avant la naissance ! Des observations récentes ont révélé que le fœtus contrôle déjà ses mouvements : par exemple, il approcherait plus lentement sa main des yeux - des cibles sensibles - que de la bouche et, quand il dirige son pouce vers sa bouche, il ouvre la bouche par anticipation.

Il existe une continuité entre la motricité du fœtus et celle du nouveau-né : même succion du pouce, mêmes gestes des bras, même pédalage des jambes, etc. Mais, à la naissance, le bébé passe d'un milieu aquatique à un milieu aérien, où la pesanteur modifie les gestes. Les nageurs savent combien les mouvements sont plus fluides dans l'eau que dans l'air. Les contraintes liées à la pesanteur s'observent dans les premiers mouvements, de bras par exemple, qu'un bébé dirige vers un objet ; à la naissance, il atteint rarement sa cible, et en général, le bébé doit être dans des conditions particulières pour qu'il puisse diriger correctement son bras vers un objet. Ainsi, la plupart des nouveau-nés ne parviennent pas à toucher les objets, non parce qu'ils sont incapables de diriger leurs gestes vers une cible, mais parce qu'ils ne contrôlent pas leur posture. D'ailleurs, le nouveau-né, comme le fœtus, déplace ses mains vers ses yeux avec plus de précaution que vers sa bouche.

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L'importance des Aptitudes Motrices Innées

Michel Le Métayer, kinésithérapeute, sous l’impulsion du professeur Tardieu, développa une méthode d’évaluation neuromotrice du jeune enfant en fonction de NEM (niveaux d’évaluation motrice) dont il proposa une définition. Il décrivit d’autres bases à la motricité du jeune enfant : ce sont les aptitudes motrices innées, non appelées à disparaître, qui constituent, elles aussi, un potentiel organisé à partir duquel le nourrisson peut construire sa motricité. L’étude de ces aptitudes innées a permis de mettre en évidence diverses fonctions qui servent de fondation à toute activité motrice : les fonctions posturales anti-gravitaires ; les fonctions locomotrices ; les fonctions cinétiques.

Développement Moteur de 1 à 4 Mois

Entre 1 et 4 mois A la naissance, le bébé possède des réflexes dits archaïques. Il s’agit de mouvements automatiques involontaires qui apparaissent pendant la vie fœtale. Il tète, serre sa main très fort lorsqu’on pose un doigt dans sa paume, marche lorsqu’on le tient debout. Ces reflexes innés vont peu à peu disparaître pour laisser place à des réflexes plus volontaires vers l’âge de deux mois. A cet âge, le tout-petit fait désormais de vrais sourires en réponse à l’adulte. Il tourne la tête pour suivre les objets et agite les mains et les jambes. Son corps se tonifie de plus en plus : les muscles de sa nuque et de son cou deviennent progressivement fermes. Lorsque vous le prenez dans les bras de façon horizontale, il est capable de tenir sa tête quelques instants. Vers 4 mois généralement, il tient sa tête pendant de longs moments. Posé sur le ventre, il sait aussi redresser sa nuque et ses épaules pour regarder ce qui l’entoure. Il est très curieux, il aime regarder tout ce qui se passe autour de lui. Parallèlement, il commencer à rouler sur le côté pour essayer de passer sur le dos ou sur le ventre.

Motricité Fine

L’enfant explore son corps dès la naissance. Ses mains le fascinent, il les regarde, joue avec elles, puis il va les porter à sa bouche, quelle découverte ! Il adore sucer ses doigts. Vers 3 mois, le bébé tend la main vers des objets et il est capable de secouer un jouet quelques secondes. Il apprend progressivement à bouger les doigts. Entre 2 et 4 mois, un bébé commence à faire fonctionner ses cordes vocales. Il gazouille, babille puis rit aux éclats.

Développement Moteur de 4 à 8 Mois

L’enfant coordonne de mieux en mieux ses mouvements, il adore donner des coup de pieds. Vers 5 mois, il se met certainement sur le ventre quand il est couché sur le dos, et vice versa. Sa tête tient droite sans soutien. Posé sur le ventre, il soulève sa tête et ses épaules en se tenant sur les mains et les bras. Allongé sur le dos, il lève les jambes en extension. Il est aussi capable de tourner la tête quand il entend un son. Dès l’âge de 6 mois, certains enfants se préparent à ramper ou à faire du quatre-pattes. Aux alentours 7 mois, le nourrisson tient assis seul sans aide, il se peut également qu’il soit capable de se relever en se tenant à un support.

Motricité Fine

Entre 4 et 8 mois, l’enfant apprend à se servir de ses mains et fait connaissance de son corps grâce à elles. Il découvre ses pieds, ses cheveux, ses organes génitaux. Il aime jouer avec ses orteils. A 5 mois, il réussit à saisir les objets qu’on lui tend, en resserrant ses doigts dessus. A ce stade, le tout-petit est en plein dans la phase « orale », il porte à sa bouche tout ce qu’il attrape. Il se sert de sa main comme d’une pince pour attraper les objets avec lesquels il veut jouer entre 5 et 7 mois. Il est de plus en plus sensible aux bruits qu’il entend et aux voix familières. A 7 mois, il tend désormais les bras pour qu’on le prenne.

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Développement Moteur de 8 à 12 Mois

A 8 mois, le bébé commence désormais vraiment à se déplacer : il rampe ou fait du quatre-pattes. A ce stade, certains enfants tiennent debout et avancent en s’accrochant aux meubles. Vers 10 mois, Il peut être capable de tenir seul debout quelques instants puis plus longtemps. Il utilise ses bras pour garder l’équilibre. La plupart des enfants marchent entre 10 et 18 mois.

Motricité Fine

Son habileté ne cesse de se renforcer. Il attrape les objets avec plus de précision et les passe d’une main à l’autre. Il aime jouer à « donner et prendre » avec d’autres personnes et à « coucou, caché ». Il adore aussi lâcher l’objet qu’il a dans la main et le regarder tomber par terre. Vers 9 mois, l’enfant exprime son envie de manger avec les mains et peut commencer à utiliser une cuillère, même s’il ne sait pas encore bien la manipuler. Il reconnaît son prénom et tourne sa tête quand il entend qu’on l’appelle. Il commence également vraiment à jouer aux alentours de un an. Il passe du temps à empiler des cubes, encastrer des formes.

Développement Moteur de 12 à 18 Mois

Vers l’âge de 1 an, il sait se tenir debout et peut faire ses premiers pas. Au début, il n’est pas très stable et marche avec les pieds bien écartés, il se cogne et tombe fréquemment. Il aime pousser, déplacer les choses (chariots, chaises). Il grimpe sur des meubles, mais ne sait pas toujours comment redescendre. Il peut monter un petit escalier sur les mains et les genoux. La marche bien acquise, vers 15, 16 mois, certains enfants commencent à courir et à monter les escaliers avec un peu d’aide. A 18 mois, théoriquement, le petit est de plus en plus stable dans sa marche et court certainement. Il sait se baisser pour ramasser des choses sans perdre l’équilibre.

Motricité Fine

A 12 mois, un enfant est capable de tenir quelque chose dans une main tout en se servant de l’autre. Il est de plus en plus adroit et attrape facilement des petits objets avec son index et son pouce. Entre 12 et 18 mois, il se concentre de plus en plus dans ses jeux et se perfectionne pour empiler les briques, les cubes. Il s’intéresse aussi aux puzzles et commence à utiliser un crayon. Il prend beaucoup de plaisir à retirer ses chaussettes. Il faudra attendre 18 mois pour qu’il commence vraiment à manger seul avec une cuillère.

Développement Moteur de 19 à 24 Mois

L’enfant acquiert de nouvelles capacités motrices. Il court, monte et descend les escaliers, sait sauter depuis une petite hauteur. Il est aussi capable de grimper sur un meuble et d’en redescendre. Il est capable de s’accroupir pour jouer et il adore danser quand il entend de la musique. Dès 18 mois, il peut aussi commencer à s’habiller tout seul. A 2 ans, le petit enfant sait marcher tout en transportant un gros jouet. C’est aussi vers cet âge-là qu’il est capable de taper dans le ballon avec son pied.

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Motricité Fine

Il devient de plus en plus précis dans ses gestes. Il est capable de tenir des choses différentes dans chaque main. Côté jeux, il ajuste les pièces du puzzle avec plus de précision. Il aime se balancer sur le cheval à bascule et jouer avec des instruments de musique.

Développement Moteur de 24 à 36 Mois

Il monte et descend parfaitement les escaliers, il sait de mieux en mieux sauter en décollant ses deux pieds du sol. Il adore les jeux d’extérieur, il court de plus en plus vite, ramasse, lance et tape dans un ballon. Il adore la trottinette. Et il s’habille presque tout seul. Son développement moteur est quasiment terminé. A 3 ans, certains enfants commencent à faire du tricycle.

Motricité Fine

Au cours de cette période, les compétences s’affinent. Il est de plus en plus adroit avec ses mains. Son dessin s’améliore, ses puzzles sont plus complexes, ses constructions plus élaborées. Entre 24 et 36 mois, l’enfant apprend à tourner les poignées, dévisser les couvercles, déballer des objets.

L'Exploration Manuelle et la Coordination Bimanuelle

Au cours des deux ou trois premiers mois, les aptitudes manuelles du bébé changent peu. Il augmente surtout ses capacités d'attention visuelle. Cette période d'intense exploration de l'environnement permet au nourrisson de découvrir les « lois » physiques du monde, en particulier celles liées aux déplacements d'objets. Par exemple, on a examiné si les bébés comprennent qu'un objet en mouvement peut en faire bouger un autre après l'avoir touché, ou même qu'une balle qui roule ne peut pas traverser une paroi solide. Pour ce faire, les scientifiques utilisent notamment la méthode dite d'habituation : on montre un stimulus au bébé, et quand il se lasse, il le regarde moins longtemps. Certains chercheurs affirment qu'à l'âge de trois mois déjà, le bébé comprend ces phénomènes physiques ; d'autres, plus prudents, disent que le bébé réagit aux variations de scènes visuelles, ce qui n'implique pas nécessairement une compréhension des faits. Quelle que soit l'interprétation, on observe un décalage entre la « connaissance » du monde extérieur que le bébé semble montrer (par le regard) et celle qu'il utilise au même âge pour prendre, explorer et manipuler les objets qu'on met à sa disposition.

Mais l'action manuelle progresse rapidement à partir du troisième mois. Quand le bébé commence à diriger sa main vers des objets mis à sa portée, les premières approches sont indirectes et laborieuses. On a analysé ces mouvements. Lors d'une première phase dite balistique (sans correction de trajectoire), le bébé approche la main près de l'objet ; puis lors d'une deuxième phase, plus courte, il ajuste le mouvement sur l'objet. Chez l'adulte, le déplacement du bras est coordonné avec l'ouverture de la main et son orientation, qui sont adaptées aux caractéristiques physiques de l'objet. À partir de quatre ou cinq mois, le bébé touche et prend de mieux en mieux les objets à sa portée et fait rapidement des progrès. Au début, on lui met l'objet dans la main ou on le lui présente en le tenant longtemps pour qu'il puisse ouvrir et orienter sa main de façon adaptée à la forme et à la taille de l'objet. Dès l'âge de sept ou huit mois, le bébé peut même attraper un objet en mouvement. Plusieurs expériences ont étudié ses gestes face à un jouet qui était soit attaché au bout d'une perche entraînée par un moteur, soit collé sur un tableau à un aimant lui aussi commandé par un moteur. C'est ce que l'on nomme les conduites « moyens-buts » : le bébé doit trouver le moyen d'obtenir ce qu'il convoite, sans pouvoir l'attraper directement.

Utilisation d'Outils et Coordination des Mains

Les conduites « moyens-buts » les plus complexes concernent l'utilisation d'outils. Le premier « outil » du bébé est bien sûr son bras et sa main, qu'il apprend à contrôler, comme nous l'avons évoqué, en quelques mois. Mais le premier outil indépendant de son corps que le bébé utilise est la cuillère, suivie sans doute de la brosse à dents. Dans les deux cas, il s'agit d'outils que le bébé a amplement l'occasion de voir utilisés par son entourage avant de se confronter lui-même à leur maniement. Un autre outil parfois étudié est le bâton ou le râteau qui permettent à l'enfant d'approcher un jouet placé hors de portée. Nous avons réalisé une série d'expériences pour déterminer comment des enfants âgés de 12 à 24 mois utilisent un râteau. Nous avons constaté que les enfants ne comprennent pas la notion d'outil avant la fin de la deuxième année. En outre, leur montrer comment faire ne les aide pas avant l'âge de 18 mois. Toutefois, la démonstration était efficace avant cet âge quand l'expérimentateur indiquait son intention d'aller chercher le jouet avant de montrer l'exemple. Nous avons même constaté que les enfants réussissent spontanément quelques mois avant l'âge de 18 mois s'ils ont l'occasion d'observer des adultes utiliser un outil comparable en situation « naturelle », de façon répétée.

Dès sa première année, le bébé apprend à contrôler ses deux mains. Les premières coordinations « bimanuelles » observées sont des gestes où les deux mains font plus ou moins la même chose, comme saisir un objet à deux mains. Ces prises d'objet apparaissent très tôt et leur fréquence dépend des progrès posturaux des bébés et de leur capacité à prendre en compte la taille des objets. Vers l'âge de 10 ou 11 mois, le bébé peut coordonner ses deux mains de façon complémentaire, une main servant de support de sorte que l'autre peut manipuler l'objet, comme nous tenons une orange dans une main pour l'éplucher de l'autre. Dans la plupart des cas, une préférence pour la main droite est observée dès les premières prises et manipulations d'objet, uni- ou bimanuelles. Cette préférence pour la main droite est moins marquée chez le bébé que chez l'adulte et les changements posturaux entraînent souvent des fluctuations dans l'expression de la préférence manuelle. Précisons aussi que la main est l'organe du toucher. Dès la naissance, le bébé est capable de différencier, rien qu'en les touchant, des objets de forme, de texture ou de poids distincts.

Locomotion et Marche : De la Vie Fœtale à l'Autonomie

Tout comme pour l'activité des bras et des mains, il existe une continuité entre la motricité du fœtus et les tendances posturales et locomotrices du nouveau-né. À la naissance, comme au cours des dernières semaines de la vie utérine, la tendance vers la droite s'exprime dans la posture adoptée, la tête étant plus souvent tournée à droite qu'à gauche. Cette posture, nommée réflexe tonique asymétrique du cou, a depuis longtemps été considérée comme l'origine de la « droiterie visuomanuelle ». Comme pour le suçage du pouce chez le fœtus, on a montré que les bébés préférant tourner leur tête à droite deviennent plutôt droitiers. En revanche, ce lien n'existe pas pour les bébés tournant plus souvent leur tête à gauche.

Comme nous l'avons évoqué, de nombreux mouvements du corps et des membres débutent avant la naissance. Au quatrième mois de gestation, les fœtus donnent déjà des coups de pied, et dès le sixième mois, ils produisent des mouvements des bras et des jambes qui ressemblent à des mouvements de marche à quatre pattes, bipède ou même de nage. Ces réactions s'observent aussi après la naissance sous forme de réflexes posturaux. À la naissance, les nouveau-nés donnent beaucoup de coups de pied. La présence de ces mouvements révèle que les bébés contrôlent leurs jambes bien plus tôt qu'on ne l'imaginait. Par exemple, dans certaines expériences (dites de renforcement où l'on récompense une action du bébé pour le motiver à l'apprendre), on synchronise les mouvements spontanés des jambes du bébé avec le déplacement d'un mobile placé au-dessus de son lit. En outre, les bébés gardent ces gestes en mémoire, même après une période d'activité sans renforcement (les mouvements de leurs jambes ne sont plus liés à ceux du mobile) : ils peuvent les reproduire dans le même contexte. Qui plus est, les bébés découvrent des angles de flexion de la jambe bien précis et les maintiennent si cela leur permet d'activer le mobile ! Comme pour le babillage moteur, les bébés apprennent les relations entre certains mouvements des jambes et l'activation du mobile par exploration motrice.

Mais ces âges moyens varient beaucoup. Et il y a de multiples styles d'acquisition de la mobilité ! Certains enfants ne marchent jamais à quatre pattes ou apprennent d'autres formes de locomotion : ils glissent sur le sol à plat ventre ou en position assise. Nous avons découvert que cette progression du contrôle postural et locomoteur dans la première année de vie du bébé interagit beaucoup avec le développement de la latéralité manuelle. En effet, quand le bébé apprend à saisir des objets, vers l'âge de trois ou quatre mois, il utilise souvent ses deux mains et ne privilégie plus la main droite. Quand il maîtrise la posture assise, cette tendance bimanuelle décline, mais pour un bon nombre de bébés, la préférence manuelle reste encore difficile à identifier. Lorsqu'il devient mobile, et selon la stratégie qu'il emploie pour se déplacer, le bébé peut réutiliser les deux mains ou les alterner pour saisir les objets.

Aujourd'hui, nous savons qu'à chaque étape du développement posturolocomoteur des bébés, la latéralité manuelle change et se réorganise en fonction de la façon dont ils utilisent leurs bras pour maintenir leur posture et se déplacer. Nous avons aussi montré que ce couplage des bras durant la marche et la saisie d'objets correspond à une réorganisation et à une coordination d'aires motrices cérébrales pendant cette période initiale d'apprentissage de la marche. Dès que le bébé maîtrise son équilibre bipède, le couplage des bras décline et la droiterie manuelle réapparaît.

Importance de l'Environnement et de la Rééducation Précoce

L’enchainement des étapes motrices doit se faire le plus naturellement possible. L’intégration progressive de ces réflexes archaïques est essentielle pour permettre l’émergence de mouvements volontaires et coordonnés. L’envie d’attraper le jouet est activée, le bébé sur le dos, regarde le jouet posé au sol à côté de lui, lève les jambes, et bascule sur le côté. Vers l’âge de 4 mois ½ et 5 ½ mois, le bébé commence à maîtriser l’art du retournement ventre au dos. La position sur le ventre joue un rôle essentiel dans le développement moteur de l’enfant. Rester et aimer être sur le ventre dépend de l’harmonie motrice entre les muscles fléchisseurs du tronc et les extenseurs du tronc. En passant du temps sur le ventre, le bébé s’entraine à relever la tête, puis à se retourner et, à se déplacer. Petit à petit, le bébé sur le ventre prend appuis sur les bras. D’abord, les appuis sont peu efficaces, car les mains se posent assez loin du tronc. Il approche les bras de plus en plus sous les épaules. Le bébé se lève sur les bras pour regarder de plus en plus loin et plus haut. Le bébé tourne la tête vers la droite, il va automatiquement faire une flexion du bras et de la jambe droite aussi. Le bras gauche et la jambe gauche sont en extension. Le bébé va pivoter (horloge) sur le ventre vers la droite pour chercher un jouet qui est posé vers ses pieds. Avec le sphinx, le bébé va pousser désormais sur les bras et, avec étonnement, il voit le jouet s’éloigner. La capacité à s’asseoir sans soutien représente une étape cruciale dans le développement moteur de l’enfant. La marche à quatre pattes représente une étape intermédiaire cruciale avant la marche autonome. Mais pour pouvoir se déplacer en 4 pattes, le bébé doit au préalable avoir développer la capacité de s’asseoir seul. La marche autonome est l’une des étapes les plus attendues et les plus célébrées du développement moteur de l’enfant. Cette compétence ouvre la voie à une exploration plus approfondie de l’environnement et à une indépendance accrue pour le bébé.

Dans les années 1950, le professeur Tardieu, à Bicêtre, avait montré que la prise en charge précoce d’enfants IMC rendait possible des progrès et un développement des capacités intellectuelles permettant une scolarisation auparavant considérée comme impensable. Selon M.Tardieu, l’infirmité motrice cérébrale (IMC) est liée à des lésions du cerveau survenant dans la période anténatale ou périnatale (de la conception à deux ans). Elle est la cause de handicaps moteurs se caractérisant à des degrés divers par des troubles de la posture et du mouvement. Les lésions cérébrales à l’origine du handicap sont stabilisées et ne provoquent pas d’altérations des facultés intellectuelles ce qui rend possible une scolarisation de ces enfants. Cette définition permettait une différenciation à l’époque avec les enfants ayant un retard mental associé à des troubles moteurs d’origine cérébrale (IMOC) qui, eux, sont considérés comme non scolarisables.

A partir de cette méthode, fut conçue une nouvelle approche de rééducation pour des enfants pour lesquels, auparavant, un diagnostic pessimiste était posé. Pour Michel Le Métayer, l’efficacité de la rééducation d’un enfant infirme moteur cérébral est accrue lorsque, tenant compte de ses difficultés spécifiques, celle-ci est intégrée dans les activités naturelles du jeune enfant, le jeu et les activités d’éveil, tout en respectant le plus possible son propre rythme. Le Métayer nommera cette nouvelle approche « l’éducation thérapeutique.

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