L'appendicite est une affection courante qui peut toucher des personnes de tous âges, bien qu'elle soit plus fréquente chez les enfants et les adolescents. Elle se caractérise par une inflammation de l'appendice, un petit organe en forme de doigt situé au niveau de la jonction entre l'intestin grêle et le gros intestin. Bien que l'appendice n'ait pas de fonction connue chez l'homme, son inflammation peut entraîner de graves complications si elle n'est pas traitée rapidement.
Qu'est-ce que l'appendicite ?
L'appendicite est une inflammation de l'appendice, un petit organe en forme de doigt situé au niveau du cæcum, la première partie du côlon. L'appendice est constituée d’une muqueuse riche en tissus lymphoïdes qui renferment des germes anaérobies et aérobies peuplant les intestins. Bien que sa fonction exacte ne soit pas entièrement comprise, on pense qu'il joue un rôle dans le système immunitaire.
Causes de l'appendicite
Les causes exactes de l'appendicite ne sont pas toujours connues, mais elle est souvent liée à une obstruction de la lumière appendiculaire, c'est-à-dire de l'espace intérieur de l'appendice. Cette obstruction peut être causée par :
- Un bouchon de matières fécales (stercolithe) : C'est la cause la plus fréquente d'appendicite. Les matières fécales durcies peuvent bloquer l'ouverture de l'appendice, entraînant une accumulation de bactéries et une inflammation. Physiopathologie : l’origine est un obstacle endoluminal (stercolithe, ascaris..), pariétal (hyperplasie lymphoïde, tumeur) ou caecal, provoquant une pullulation microbienne, un infiltrat inflammatoire muqueux puis pan-pariétal.
- Une hyperplasie lymphoïde : Il s'agit d'un gonflement des ganglions lymphatiques dans la paroi de l'appendice, souvent causé par une infection virale ou bactérienne. Ce gonflement peut bloquer l'ouverture de l'appendice. une hyperplasie lymphoïde (c’est-à-dire le développement anormal de tissu par multiplication des cellules lymphocytaires.
- Un corps étranger : Dans de rares cas, un corps étranger, tel qu'un noyau de fruit ou une graine, peut obstruer l'appendice.
- Une tumeur : Une tumeur, bien que rare, peut également provoquer une obstruction appendiculaire.
Symptômes de l'appendicite
Les symptômes de l'appendicite peuvent varier d'une personne à l'autre, mais les signes les plus courants comprennent :
- Douleur abdominale : C'est le symptôme le plus caractéristique de l'appendicite. La douleur commence généralement autour du nombril, puis se déplace vers la fosse iliaque droite (la partie inférieure droite de l'abdomen). La douleur est vive et constante, et elle s'aggrave avec le mouvement, la toux ou la pression. La douleur abdominale est le symptôme principal de la crise d’appendicite. Elle peut débuter au niveau du sternum avant de migrer jusqu’en fosse iliaque droite. une douleur située dans le côté droit du bas du ventre. Cependant, elle démarre parfois au niveau du creux épigatrique c’est-à-dire entre les côtes. Elle est vive et augmente en intensité. Palpation abdominale- Douleur maximale au point de McBurney (union 1/3 externe - 2/3 internes de la ligne joignant l’épine iliaque droite à l’ombilic).
- Nausées et vomissements : Ces symptômes sont fréquents, surtout au début de l'appendicite. Vomissements, fièvre, diarrhées… Lors d'une crise d'appendicite, les douleurs débutent brutalement avant de s’accentuer au cours des premières 24 heures jusqu'à l'apparition d'une contracture de la paroi abdominale. Dans la moitié des cas, elles sont accompagnées de nausées, de vomissements et de diarrhées.
- Perte d'appétit : L'inflammation de l'appendice peut entraîner une perte d'appétit.
- Fièvre : Une fièvre légère (38 °C à 38,5 °C) est souvent présente.
- Constipation ou diarrhée : Certaines personnes peuvent souffrir de constipation, tandis que d'autres peuvent avoir la diarrhée.
- Sensibilité abdominale : La palpation de la fosse iliaque droite provoque une douleur intense et une contraction des muscles abdominaux (défense abdominale).
Variations des symptômes :
- Appendicite rétrocaecale : elle peut donner lieu à des douleurs lombaires.
- Sujet âgé : Chez le sujet âgé, les douleurs sont beaucoup moins marquées que chez l’adulte plus jeune.
- Femme enceinte : Chez la femme enceinte, passé le premier trimestre de la grossesse, les symptômes peuvent être différents d’une appendicite classique. Généralement, les douleurs sont situées au niveau de l’hypochondre droit (sous les côtes).
- Nourrisson : Chez le nourrisson, le tableau clinique est trompeur et la progression vers la péritonite est rapide.
Diagnostic de l'appendicite
Le diagnostic de l'appendicite repose sur un examen clinique approfondi et des examens complémentaires. En cas de suspicion d'appendicite, le médecin évaluait les douleurs et la fièvre chez les enfants de plus de trois ans et les adultes à risque d'être touché par l'inflammation. Il procédait également à une palpation du bas de l'abdomen afin de rechercher une éventuelle contracture. Les examens peuvent comprendre :
Lire aussi: Diagnostic de l'appendicite chez l'enfant
- Examen physique : Le médecin palpe l'abdomen pour rechercher une sensibilité, une douleur ou une défense musculaire. Palpation abdominale- Douleur maximale au point de McBurney (union 1/3 externe - 2/3 internes de la ligne joignant l’épine iliaque droite à l’ombilic).
- Analyses sanguines : Une numération formule sanguine (NFS) peut révéler une augmentation du nombre de globules blancs, signe d'infection. En cas de symptômes évocateurs, une première série d’examens est pratiquée : une bandelette urinaire, des examens sanguins (CRP, NFS et les taux de Bêta-HCG chez la femme en âge de procréer).
- Analyse d'urine : Une analyse d'urine peut aider à exclure une infection urinaire.
- Imagerie médicale :
- Échographie : L’échographie permet de déceler une augmentation du diamètre de l’appendice en cas d'inflammation. Cet examen permet également d’observer la présence d'un abcès ou d'un obstacle qui bouche cet organe. On peut aussi remarquer une infiltration de la graisse périappendiculaire, autrement dit un épaississement du tissu inflammé.
- Scanner abdominal : C'est l'examen d'imagerie le plus précis pour diagnostiquer l'appendicite. Si ces examens laissent place au doute, un scanner est généralement pratiqué.
Traitement de l'appendicite
Le traitement de l'appendicite est généralement chirurgical et consiste à retirer l'appendice enflammé (appendicectomie). C'est l'appendicectomie qui doit être pratiquée sans tarder une fois réunis les signes probants (fièvre aux alentours de 38 °C, réaction de défense abdominale, élévation des globules blancs à la numération globulaire) pour éviter une péritonite localisée ou généralisée. Il existe deux techniques chirurgicales principales :
- Appendicectomie ouverte (laparotomie) : Le chirurgien pratique une incision dans la fosse iliaque droite pour accéder à l'appendice et le retirer. La technique classique par laparotomie : sous anesthésie générale, le chirurgien pratique une incision horizontale de 1 cm à 1,5 cm, en bas du ventre à droite. Il sectionne les différentes couches (peau, graisse, aponévrose), traverse les muscles sans les couper jusqu'au péritoine (membrane recouvrant les intestins et l'intérieur du ventre) qu'il ouvre. La partie basse du cæcum est extériorisée. La base de l'appendice est ligaturée et ce dernier est sectionné et enlevé.
- Appendicectomie laparoscopique (cœlioscopie) : Le chirurgien pratique de petites incisions dans l'abdomen et insère une caméra et des instruments chirurgicaux pour retirer l'appendice. la cœlioscopie, moins invasive, qui est désormais privilégiée dans la majorité des cas de crise d’appendicite. La technique sous cœlioscopie : sous anesthésie générale, une incision est pratiquée au niveau de l'ombilic. On y introduit un tube de fibres optiques relié à une caméra pour visualiser sur un écran toute la cavité abdominale. Deux autres incisions très basses permettent de passer des micro-instruments pour opérer. Trois à quatre litres de gaz sont insufflés dans le ventre. L'appendice est retiré et ligaturé. Le gaz injecté est ensuite aspiré. Trois sutures sont effectuées.
Dans certains cas, si l'appendice n'est pas perforé et qu'il n'y a pas de signes de péritonite, un traitement antibiotique seul peut être envisagé. "Certains patients, après avoir été examinés par le chirurgien et avoir passé un scanner, peuvent être traités uniquement par antibiothérapie. En dehors de ce cas de figure, l'appendicite se traite en urgence par une opération chirurgicale appelée appendicectomie (on retire l'appendice).
Complications de l'appendicite
Si l'appendicite n'est pas traitée rapidement, elle peut entraîner de graves complications, notamment :
- Perforation de l'appendice : L'appendice peut se rompre et libérer des bactéries et du pus dans la cavité abdominale, entraînant une péritonite. Risque de perforation = 70-80% chez l’enfant, 30% chez le sujet âgé.
- Péritonite : C'est une infection grave de la paroi abdominale (péritoine) qui peut être mortelle si elle n'est pas traitée rapidement. La péritonite n'est pas obligatoirement consécutive à une crise d’appendicite. Mais sans l'opération chirurgicale, il existe de forts risques que l’appendicite évolue en péritonite qui se caractérise par une altération générale de l'état du patient. On distingue alors différents symptômes comme une température corporelle élevée et une grande fatigue. Un traitement chirurgical doit être réalisé en urgence pour réduire les risques de graves complications qui conduisent parfois au décès du patient. « Cependant, le nombre de décès associés à une péritonite reste très faible, car les soignants sont formés à repérer précocement ces situations d'urgence », rassure le Dr François Burté.
- Abcès appendiculaire : Un abcès peut se former autour de l'appendice, nécessitant un drainage chirurgical. La principale complication de l'appendicite est l'abcès appendiculaire. Lorsque l'appendicectomie n'est pas réalisée rapidement, l'appendice peut se suppurer et se rompre.
- Sepsis : Dans de rares cas, l'infection peut se propager dans tout le corps, entraînant un sepsis, une infection généralisée potentiellement mortelle.
Appendicite et Bouchon Muqueux
Bien que le terme "bouchon muqueux" soit plus souvent associé à la grossesse, il est pertinent de mentionner ici pour éviter toute confusion. Le bouchon muqueux est un amas de mucus qui obstrue le col de l'utérus pendant la grossesse, protégeant le bébé des infections. Il n'a aucun lien avec l'appendicite. Vous êtes enceinte et vous entendez parler du bouchon muqueux sans vraiment comprendre de quoi il s'agit ? Ce phénomène naturel intrigue souvent les futures mamans, surtout lorsqu'elles approchent du terme. Pourtant, le bouchon muqueux joue un rôle fondamental tout au long de votre grossesse en protégeant votre bébé des agressions extérieures.
Lire aussi: Appendicite ou ovulation?
Lire aussi: Tout savoir sur l'appendicite post-partum
tags: #appendicite #bouchon #muqueux #causes #symptômes