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Antécédents d'IVG et Risques liés à l'Accouchement : Une Analyse Approfondie

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe, entouré de nombreuses considérations éthiques, médicales et psychologiques. Cet article vise à explorer les antécédents d'IVG et les risques potentiels associés à des accouchements ultérieurs, en s'appuyant sur des études et des données factuelles. Il est important de noter que ce sujet est sensible et peut susciter des émotions fortes. L'objectif ici est de fournir une information objective et équilibrée.

Impact de l'IVG sur la Santé Reproductive

Les militants anti-avortement affirment souvent que l'IVG est néfaste pour la santé reproductive des femmes, pouvant entraîner des problèmes de stérilité et des difficultés à mener une grossesse à terme. Ils suggèrent que l'IVG par aspiration peut endommager les organes reproducteurs et augmenter le risque de grossesses extra-utérines, de fausses couches et d'accouchements prématurés. Cependant, ces assertions sont contredites par des études scientifiques rigoureuses.

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié un document en 2016 qui relève que l'IVG instrumentale n'est pas associée à une augmentation du risque d'infertilité ultérieure. De plus, le risque de décès lié à l'IVG en France est de l'ordre de moins de 1 femme pour 100 000, un chiffre largement inférieur au risque de décès lors d'un accouchement.

Risque de Naissance Prématurée et Faible Poids de Naissance

L'association entre un faible poids de naissance/prématurité et un antécédent d'avortement spontané ou non a été rapportée dans des études antérieures, mais ces études souffraient de biais potentiels et donnaient des résultats contradictoires. Une méta-analyse a révélé un risque accru de naissance prématurée chez les femmes ayant subi un avortement induit.

Une étude a conclu à un risque augmenté de 37% d'accoucher d'enfants prématurés après un avortement. Une autre étude a démontré qu'une femme qui a subi un avortement a un risque augmenté de 50% d'accoucher avant 33 semaines et de 70% d'accoucher avant 28 semaines. Le risque d'accoucher avant 37 semaines augmente de 35% lorsque la femme a subi plus de trois avortements. Par ailleurs, une autre étude démontre qu'une femme double son risque d'accoucher prématurément lorsqu'elle a subi deux avortements ; ce risque augmente de 800% lorsque la femme a subi au moins 4 avortements.

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Les mécanismes biologiques pouvant expliquer ces associations ne sont pas les mêmes selon qu'il s'agit d'avortements induits ou de fausses couches. Les fausses couches, quant à elles, peuvent provoquer également une incompétence cervicale, mais aussi être associées à des anomalies génétiques, immunologiques, infectieuses ou utérines.

Le Dr. Cyril Huissoud souligne que si l'avortement est chirurgical à 14 semaines, il faut dilater beaucoup plus le col, avec de potentielles conséquences pour les futures grossesses. Les potentielles faiblesses ou béances cervicales occasionnées par l'avortement pourraient conduire ultérieurement à des fausses couches tardives ou à des menaces d'accouchement prématuré.

Risques Psychologiques et Psychiatriques

Les conséquences de l'IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres : conséquences physiques, conséquences psychosomatiques et conséquences psychiques ou psychiatriques.

Des études ont montré que les femmes qui avortent ont un risque bien plus élevé de tomber en dépression que les femmes qui ont accouché (plus élevé de 53%), et le risque d'automutilation est plus élevé de 70% chez les femmes qui ont avorté, et ce sur une population de femmes qui n'avaient pas d'antécédents psychiatriques.

Les femmes ayant avorté présentent un risque d'être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l'accouchement ou l'avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé. Sans antécédents psychiatriques, les risques d'auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d'un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.

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Les troubles psychiques expérimentés par certaines femmes ayant avorté n'apparaissent pas toujours tout de suite, ils peuvent se manifester pour la première fois des années après. Qu'ils commencent immédiatement ou non, ces troubles peuvent évoluer vers l'indifférence de la dépression, ou vers une hypersensibilité au monde extérieur. L'avortement peut entraîner à long terme des sentiments de vide et de solitude, d'exclusion.

Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l'addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l'alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme.

Risque de Cancer du Sein

En ce qui concerne un risque de cancer du sein plus important pour les femmes ayant avorté que pour les femmes ayant mené une grossesse à terme, les études se contredisent. D'après une étude indienne de 2014, l'avortement affaiblit le tissu musculaire des seins, ce qui est une cause de sensibilité accrue aux cellules cancérigènes.

Cherline Louissaint explique que le risque de cancer du sein est corrélé avec la quantité d'œstrogènes sécrétés durant la vie. En 2005, le Collectif « 30 ans ça suffit ! » expliquait que l'augmentation des risques de cancer du sein liée à l'avortement était élevée surtout pour les femmes n'ayant jamais accouché d'un premier enfant.

Mortalité Maternelle

Il est couramment considéré que la mortalité maternelle est plus forte dans les pays qui ont une législation restrictive concernant l'avortement, car cela aurait pour conséquence de pratiquer des avortements dans des conditions dangereuses du fait de son illégalité.

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Si le fait d'être enceinte suppose à lui seul d'augmenter les risques de décès, dans la première année, les risques sont augmentés de 80% pour les femmes qui ont choisi d'interrompre leur grossesse, en comparaison des femmes qui ont choisi de mener leur grossesse à leur terme. Ce risque est d'autant plus important que l'avortement intervient tardivement. Ainsi, comme il ressort d'une étude, une femme qui avorte dans les 20 semaines, a 35 fois plus de risques de mourir suite à l'avortement.

Les femmes qui avortent ont plus de risque de décéder de cause naturelle (60% de plus de risques), causé par le sida (2 fois plus contaminées), maladies cardiovasculaires et mentales (3 fois plus de risques). Par ailleurs, on observe que les femmes qui ont avorté sont plus susceptibles de mourir d'un accident mortel ou des suites de violences physiques.

Étude de Cas : Prescription Inappropriée de Cytotec®

Une patiente de 36 ans, mère de trois enfants et ayant des antécédents de fausse couche et d'IVG, consulte un médecin généraliste pour des céphalées et des épigastralgies en début de grossesse. Le médecin lui prescrit du Cytotec®, un médicament formellement contre-indiqué pendant la grossesse. Après avoir pris un comprimé, la patiente constate des saignements et consulte en urgence. L'échographie montre une grossesse évolutive, mais les saignements persistent. Finalement, la grossesse s'arrête et un curetage est réalisé.

L'expert chargé d'évaluer le cas a confirmé que la prescription de Cytotec® était totalement contre-indiquée pendant la grossesse et que les comprimés absorbés ont déclenché des douleurs pelviennes et des métrorragies. Bien que le lien causal entre la prescription et l'arrêt de la grossesse soit incertain, il est indéniable que la prise de Cytotec® a entraîné des complications.

Prise en Charge des Antécédents d'IVG

Les patientes présentant un avortement tardif ou un accouchement très prématuré dans leurs antécédents doivent bénéficier d'une prise en charge spécifique lors d'une grossesse ultérieure. Cette prise en charge doit rechercher une infection, une cause fœtale (aneuploïdie, syndrome polymalformatif, mort in utero) ou une pathologie de type vasculaire (pré-éclampsie, RCIU, mort in utero).

Plusieurs thérapeutiques préventives de la prématurité sont aujourd'hui proposées. Le cerclage ou le pessaire a pour but de mieux isoler la cavité utérine et leur efficacité a été validée chez les patientes où la mesure répétée de la longueur du col utérin par échographie endovaginale montre un col<25mm. La mise en évidence en début de grossesse d'une vaginose et son traitement par Dalacine® semble réduire significativement le risque de prématurité. Enfin, l'administration systématique de progestérone par voie intramusculaire ou vaginale en début de 2e trimestre a également fait la preuve de son efficacité dans plusieurs études randomisées.

Idées Reçues sur l'IVG

Il est important de démystifier certaines idées reçues sur l'IVG. Par exemple, l'idée que l'avortement génère des troubles psychiques est fausse. Le "syndrome post-avortement" est une invention d'un militant pro-life américain dépourvu de toute qualification médicales. Des études sérieuses ne démontrent aucune différence significative en matière de troubles psychiatriques entre les femmes ayant subi une IVG et celles n'en ayant jamais fait l'expérience.

De même, l'idée que l'avortement met en péril la fertilité des femmes est fausse. L'IVG instrumentale n'est pas associée à une augmentation du risque d'infertilité ultérieure. L'idée que l'IVG augmente le risque de cancer du sein est également fausse. Les études les plus récentes et rigoureuses n'ont montré aucune relation causale entre avortement et augmentation du risque de contracter un cancer du sein.

Enfin, il est faux de penser que l'IVG est pratiquée par des femmes qui n'utilisaient pas de moyens de contraception ou qu'elle est avant tout pratiquée par de très jeunes femmes. La majorité des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception, et dans 42 % des cas, cette contraception reposait sur une méthode médicale théoriquement très efficace. Seules 7 % des femmes ayant recours à l'IVG étaient âgées de 15 à 17 ans au moment de la procédure, quand 42 % étaient âgées de 25 à 40 ans.

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