Anne Lauvergeon, surnommée « Atomic Anne », a marqué le paysage industriel français. Son parcours exceptionnel, ses responsabilités à la tête d'Areva, et les controverses qui ont jalonné sa carrière suscitent de nombreuses interrogations. Cet article explore sa vie, son rôle dans l'industrie nucléaire, sa vie familiale et les affaires qui l'ont touchée.
Un parcours atypique et fulgurant
Anne Lauvergeon a suivi un parcours scolaire brillant, marqué par l'obtention de l'agrégation de physique à l'École normale supérieure. Elle débute sa carrière dans l'industrie lourde après avoir été ingénieure des Mines. Son ascension professionnelle la conduit à l'Élysée, où elle devient une collaboratrice clé de François Mitterrand. Elle occupe successivement les postes de chargée de mission pour l'économie internationale et le commerce extérieur, puis de secrétaire générale adjointe de la présidence. Cette expérience lui permet de tisser des liens étroits avec le président et de se familiariser avec les rouages du pouvoir.
En 1999, Anne Lauvergeon prend la direction de la Cogema, future Areva. Sous sa direction, le groupe se développe rapidement et devient un leader mondial du nucléaire. Elle restera à la tête d'Areva pendant une décennie, une période marquée par des succès mais aussi par des défis importants.
Anne Lauvergeon et sa famille
Anne Lauvergeon a épousé Olivier Fric en 2004. Le couple a deux enfants, une fille née en 2000 et un fils né en 2003. Anne Lauvergeon a eu ses enfants tardivement, une fille à 40 ans et un fils à 43 ans. Elle a confié avoir très bien vécu cette situation. Elle a mis en place sept crèches aux horaires flexibles chez Areva. Elle a souligné l'importance du soutien de son mari dans sa carrière. Olivier Fric s'occupait des enfants autant qu'elle.
L'affaire Uramin et ses répercussions
L'affaire Uramin est une controverse majeure qui a éclaboussé Anne Lauvergeon et Areva. Elle concerne le rachat en 2007 d'Uramin, une société minière canadienne détenant des mines d'uranium en Namibie et en Centrafrique, pour un montant jugé exorbitant. Cette acquisition s'est avérée désastreuse, entraînant des pertes colossales pour Areva et suscitant des interrogations sur les conditions de sa réalisation.
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Olivier Fric, le mari d'Anne Lauvergeon, s'est retrouvé au cœur de cette affaire. Il est soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans le recrutement de Daniel Wouters, le banquier belge qui a négocié le rachat d'Uramin pour le compte d'Areva.
On le suspecte, lui, d’avoir cherché à profiter des fonctions de celle dont il partageait l’intimité pour faire fructifier ses affaires. On lui reproche, à elle, de s’être laissée entraîner dans une opération hasardeuse par celui qui pouvait l’influencer sur l’oreiller. Le fait qu’il ait détenu des fonds non déclarés dans au moins une banque helvétique apparaît comme une circonstance aggravante.
Le scandale Uramin a eu des répercussions importantes sur la carrière d'Anne Lauvergeon. Elle a été limogée de son poste de présidente d'Areva en 2011, et son nom est désormais plus souvent associé à la rubrique judiciaire qu'aux pages économiques.
La vie après Areva
Depuis son départ d'Areva, Anne Lauvergeon a créé sa propre société de conseil, ALP. Elle a investi dans diverses entreprises et les aide à se développer. Elle a également siégé dans les conseils d'administration de plusieurs grandes entreprises, telles que Total, EADS et Rio Tinto.
Elle figure deux fois dans le classement des cent personnes les plus influentes dans le monde du Time.
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Malgré les difficultés rencontrées, Anne Lauvergeon reste une figure emblématique de l'industrie française. Son parcours, ses succès et ses échecs témoignent de la complexité du monde des affaires et des défis auxquels sont confrontées les femmes dirigeantes.
Anne Lauvergeon et François Mitterrand
Anne Lauvergeon avait promis à François Mitterrand de raconter un jour ses années auprès de lui à l'Elysée. C'est désormais chose faite. "Quand je suis partie de l’Elysée, j’avais 35 ans, lui 76 ans", se souvient Anne Lauvergeon. "Je pensais que l’amitié était quelque chose qui naissait entre des personnes d’un âge assez proche, devenir ami avec quelqu’un qui est à la fois président de la République et aussi votre patron, c’était très inattendu". "Il me manque parce que c’est quelqu’un avec qui on pouvait discuter de tout et qui s’intéressait en profondeur aux gens", affirme Anne Lauvergeon qui se demande ce que penserait aujourd'hui l'ancien président socialiste "de cet éclatement géopolitique, de cette Europe qui n’arrive plus à se construire, de cette France en proie à de nombreuses difficultés". "J’aimerais vraiment pouvoir discuter avec lui", poursuit la dirigeante d'entreprises.
Dans "La Promesse" (Grasset), Anne Lauvergeon relate notamment la lutte de François Mitterrand contre son cancer. "Je pense que chez lui, il y avait un très grand stoïcisme", décrit l'ancienne secrétaire générale adjointe de l’Elysée. "Il était dans la préférence de la souffrance. Il avait vu son père malade sans jamais se plaindre, il y avait aussi chez lui l’idée assez paysanne qu’il ne fallait pas abuser des médicaments".
La conseillère du président Mitterrand Anne Lauvergeon a confondu un jour sa jeune maîtresse avec sa fille cachée Mazarine Pingeot. La scène se déroule dans les couloirs de l’Elysée dans les années 90. Un jour, Anne Lauvergeon croise dans les couloirs de l’Elysée François Mitterrand en compagnie de la jeune femme avec laquelle il entretient une relation depuis plusieurs années et qui vient régulièrement au Château. Ils ont cinquante ans de différence d’âge d’où la méprise de la conseillère du chef de l’Etat. Elle lance en effet à la jeune étudiante qui l’accompagne ce jour-là : « Bravo pour Normal Sup ». Anne Lauvergeon est en effet convaincue que cette jeune fille brune est la fille cachée du président qui vient, a-t-elle appris, de réussir ce prestigieux concours. François Mitterrand n’a pas révélé sa double vie et l’existence d’Anne Pingeot et Mazarine à sa jeune maîtresse. Elle apprendra leur existence dans la presse. Pour l’heure le chef de l’Etat ne se démonte pas.
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