Anita Conti, née Caracotchian, a marqué l'histoire comme océanographe, aventurière des mers et écologiste avant l'heure. Son parcours exceptionnel, depuis son enfance jusqu'à ses premières explorations maritimes, a façonné la femme passionnée et engagée qu'elle est devenue.
Naissance et premiers voyages
Née à Ermont le 17 mai 1899, Anita Conti grandit dans une famille fortunée qui lui transmet le goût des voyages et de l'eau. "J'ai su nager avant de savoir marcher", aimait-elle à rappeler, témoignant de son lien précoce et profond avec le milieu marin. Ses parents, d'origine arménienne, l'emmènent à Istanbul, alors dans l'Empire Ottoman (l'actuelle Turquie), où elle découvre les splendeurs du Bosphore et de la Mer Noire. Cette expérience marque son imaginaire et renforce son attrait pour l'aventure.
La famille Conti s'installe ensuite sur l'île d'Oléron, où Anita passe une enfance paisible, naviguant sur un petit voilier avec son frère. Elle découvre le plaisir de la mer et les merveilles des livres, deux passions qui ne la quitteront jamais. Dès l'adolescence, elle s'embarque pour de courtes sorties sur les navires des pêcheurs locaux, aiguisant son sens de l'observation et sa curiosité pour le monde maritime.
De la reliure d'art à l'appel du large
À la fin de la Première Guerre mondiale, Anita Conti s'installe à Paris et devient une relieuse d'art reconnue. Son talent fascine des écrivains tels que Pierre Mac Orlan et Blaise Cendrars, qui apprécient la qualité de son travail et son sens esthétique. Elle se marie en 1927 avec un attaché d'ambassade, mais l'appel de la mer est plus fort.
Parallèlement à son activité de relieuse, Anita Conti continue de naviguer, de se documenter sur la faune et la flore marines et de publier des articles et reportages sur la pêche. Elle parcourt les mers, dénonce les piètres conditions sanitaires des parcs à huîtres et alerte sur la surexploitation des océans. "Nous sommes les gérants, fugacement passagers, de terres, d'airs et d'eaux qui devront nourrir les foules de l'avenir. En conséquence, il faut léguer un domaine correctement entretenu", affirmait-elle déjà à l'époque.
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L'engagement scientifique et les premières missions
En 1935, Anita Conti est engagée à l'Office scientifique et technique des pêches maritimes (OSTPM), l'ancêtre de l'Ifremer. Cette reconnaissance officielle lui offre la possibilité de vivre pleinement sa passion pour la mer et de contribuer à l'essor de l'océanographie, alors balbutiante. Elle participe au lancement du premier navire océanographique français, le Président-Théodore-Tissier, où elle est chargée d'observer les techniques de pêche, de tracer des cartes et d'étudier les fonds marins.
"Dès que je mets le pied à bord, je voltige. La vie est là", disait-elle. Elle "voltigera" donc inlassablement, de l'Islande à Terre-Neuve, de l'Écosse au Spitzberg, accumulant des connaissances précieuses sur les écosystèmes marins et les pratiques de pêche. En 1939, elle met ses compétences au service de la défense nationale en embarquant sur les dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord. Pendant cinq mois, elle utilise sa connaissance des courants pour aider les hommes chargés de désamorcer les mines magnétiques mouillées par les Allemands.
L'exploration des côtes africaines
Après la guerre, Anita Conti est chargée par le gouvernement d'Alger d'étudier les techniques de pêche traditionnelles du littoral ouest-africain. Elle prospecte les côtes de Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire pendant plus de dix ans, s'imprégnant des savoir-faire locaux et observant les richesses de la biodiversité marine. Elle crée en 1946 une pêcherie de requins en Guinée, à Conakry, et s'inspire des techniques nordiques pour améliorer les méthodes locales de fumage du poisson.
Son travail en Afrique est une expérience marquante, qu'elle relate dans son livre "Géants des mers chaudes" (1957). Elle y décrit la beauté des paysages, la diversité des cultures et la richesse des ressources marines, tout en alertant sur les dangers de la surexploitation et de la destruction des écosystèmes.
Terre-Neuve et la dénonciation de la surexploitation
En 1952, Anita Conti embarque sur le chalutier-saleur Bois-Rosé pour partager la dure vie des pêcheurs de Terre-Neuve. Elle filme et photographie les campagnes morutières dans le Grand Nord, témoignant des conditions de travail difficiles et des conséquences de la pêche intensive sur les populations de poissons. De cette expérience, elle tire son premier best-seller, "Racleurs d'océan" (1953), un récit poignant et engagé qui dénonce la surexploitation des ressources marines et appelle à une gestion plus durable des océans.
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Tout au long de sa carrière, Anita Conti s'efforce de sensibiliser le public et les décideurs à la fragilité des écosystèmes marins et à la nécessité de préserver la biodiversité. Elle fait campagne pour la réutilisation des "faux-poissons", c'est-à-dire des espèces habituellement rejetées à la mer, et encourage l'aquaculture comme alternative à la pêche intensive.
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