L'angoisse de séparation est une étape tout à fait normale et passagère dans le développement émotionnel du nourrisson. Elle se manifeste par des pleurs et de l'agitation lorsque le bébé est séparé de ses parents ou de la personne qui s'occupe principalement de lui. Cet article explore les causes de cette angoisse, son évolution et propose des solutions pour aider le bébé et les parents à traverser cette phase délicate.
Qu'est-ce que l'angoisse de séparation ?
L'angoisse de séparation chez le bébé se définit comme une période de transition où toute séparation avec les parents est vécue de manière excessive et définitive. Il s'agit d'une étape normale du développement qui s'étend sur plusieurs mois. Durant cette période, le bébé craint une forme d'abandon et exprime cette peur par des pleurs, des cris, et d'autres manifestations d'énervement.
Selon les spécialistes, l'angoisse de séparation marque la prise de conscience de l'existence propre du bébé en tant qu'individu, distinct du binôme fusionnel mère-enfant formé pendant la grossesse.
À quel âge apparaît la peur de l'abandon ?
La peur de l’abandon chez un bébé est une phase clé de son développement émotionnel. Elle survient généralement entre 8 et 10 mois, mais peut parfois débuter plus tôt, vers 4 mois ou 6 mois. À cet âge, le bébé commence à comprendre qu'il est une personne à part entière et à reconnaître les visages, faisant la différence entre ses parents et les inconnus. Cette angoisse est aussi liée à la peur de l'abandon : quand vous vous en allez, il a peur que vous ne reveniez pas ou que vous ayez disparu. Il n’a pas acquis ce qu’on appelle la « permanence de l’objet ».
Il n'existe pas de calendrier précis pour chaque enfant. Si elle apparaît souvent vers 8 mois, certains bébés peuvent la ressentir dès 4 ou 6 mois, ou plus tardivement, jusqu'à 18 mois. Si les crises d'angoisse persistent plus de 3 mois, il est conseillé d'en parler à un pédiatre.
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Combien de temps dure l’angoisse de la séparation ?
La peur de l’abandon chez un bébé est une étape quasi inévitable, même si son intensité et sa durée varient d’un enfant à l’autre : chez certains, elle dure quelques semaines, tandis que chez d’autres, elle s’étend sur plusieurs mois. Elle peut ensuite persister jusqu’à 18 mois, avant de s’atténuer progressivement.
Même si elle est éprouvante, cette phase est essentielle pour le développement de l'enfant. Elle signifie que son cerveau évolue et qu'il comprend qu'il a une existence propre. C'est un passage obligé vers un sentiment de sécurité durable, permettant à l'enfant d'apprendre à gérer les séparations et à développer un sentiment de sécurité intérieure.
Comment se manifeste l'angoisse de séparation ?
Concrètement, votre bébé se met à pleurer ou s’agite dès que vous quittez son champ de vision. Il ne fait pas encore la différence entre lui et l’adulte qui s’occupe de lui, formant une unité rassurante. Aux alentours de 8-10 mois, il prend conscience qu’il est un être distinct et que ses parents peuvent s’éloigner… mais il n’a aucune notion du temps ! Pour lui, si vous disparaissez de son champ de vision, vous cessez d’exister.
Les pleurs au moment de quitter votre enfant sont la première manifestation de l’angoisse de séparation. Cela survient dès qu’il ne vous voit plus, même si vous ne partez qu’un instant. Votre enfant arrête également de sourire à toutes les personnes qu’il rencontre et il semble avoir peur, pleurer ou s’agiter lorsque vous l’emmenez dans un nouvel endroit. L’angoisse de séparation chez les bébés se manifeste souvent la nuit ou au moment d’aller le coucher. Il peut être plus difficile de le mettre au lit.
Votre enfant ne s'exprimant pas encore, il faut rester attentif aux éléments de communication non verbale. Si votre enfant se met à pleurer à chaque fois que vous le quittez, il est probable qu'il traverse cette phase d'angoisses. Cet état le rend méfiant vis-à-vis de la nouveauté, et il peut se montrer froid ou sans sourire en présence d'inconnus.
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Il est important de vérifier que le bébé n'a pas faim, qu'il est propre et qu'il n'a pas de douleurs. Le stress et l'angoisse des parents face aux pleurs peuvent entraîner un manque de cohérence dans la volonté d'apaiser l'enfant. Les bébés sont très sensibles aux émotions des adultes, ce qui peut intensifier les pleurs.
Les réveils nocturnes liés à l'angoisse de la séparation
La peur de l’abandon chez un bébé ne disparaît pas une fois la nuit tombée, bien au contraire ! Lorsqu’il se réveille et ne vous voit pas, son cerveau lui envoie un signal d’alerte : où est maman/papa ? Va-t-il/elle revenir ? Cette angoisse de séparation peut donc perturber le sommeil de votre bébé.
Solutions et conseils pour gérer l'angoisse de séparation
Heureusement, il existe de nombreuses stratégies pour aider votre bébé à traverser cette étape en douceur et atténuer son angoisse.
Instaurer des routines sécurisantes
Les rituels sont des repères essentiels pour les tout-petits. Ils leur permettent d’anticiper ce qui va se passer et de se sentir en sécurité. Afin d’atténuer la peur de l’abandon chez un bébé, vous pouvez :
- Mettre en place un rituel de départ : un bisou spécial, un au revoir à la fenêtre, un petit geste rassurant qu’il associera à votre retour.
- Lui expliquer où vous allez et quand vous reviendrez avec des repères concrets : « Je reviens après ta sieste » ou « Je serai là après le goûter ».
- Éviter de partir en douce pendant qu’il dort ou quand il ne regarde pas : il pourrait vivre cela comme un abandon et être encore plus inquiet la prochaine fois.
Renforcer la routine du coucher
Un rituel du soir prévisible et apaisant l’aidera à se sentir en sécurité (bain tiède, histoire, berceuse, câlin…). L’important, c’est que ces étapes soient répétées dans le même ordre chaque soir. Si l’angoisse de séparation se manifeste la nuit, essayez de rassurer votre bébé. Lisez-lui une histoire, donnez-lui la tétée ou le biberon, faites-lui des câlins et instaurez cela comme un petit rituel avant de dormir.
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Utiliser le jeu pour lui apprendre que vous revenez toujours
Le célèbre jeu du coucou-caché n’est pas qu’un simple passe-temps rigolo : il aide votre tout-petit à comprendre qu’une personne qui disparaît de son champ de vision ne disparaît pas pour toujours. Cachez-vous derrière un coussin, un rideau, ou jouez à vous cacher derrière une porte puis réapparaissez avec un grand sourire. Progressivement, il assimilera cette notion et sera plus serein lors des séparations. Le traditionnel jeu du « coucou-caché » (masquer son visage derrière ses mains avant de le faire réapparaître), lui permet d’apprendre que l'on peut se séparer en s'amusant, avec la certitude de se retrouver.
Introduire un objet transitionnel
Doudou, lange imprégné de votre odeur, veilleuse douce… Un repère rassurant peut l’aider à mieux gérer les moments où il ne vous voit pas. Ce sont également des alliés pour faire dormir un bébé dans son lit. Il peut aussi être conseillé de donner à votre petit bout un doudou, ou un objet qui a votre odeur, comme une écharpe, par exemple.
Valoriser son autonomie tout en restant un repère rassurant
Votre tout-petit a besoin de se sentir en confiance pour explorer le monde autour de lui. Pour atténuer la peur de l’abandon chez un bébé, encouragez-le à jouer seul tout en restant à proximité. Par exemple, installez-le avec ses jouets pendant que vous cuisinez ou lisez : il pourra s’éloigner progressivement de vous, tout en sachant que vous êtes là.
Rassurer sans intervenir systématiquement
Si votre tout-petit pleure en pleine nuit, attendez quelques instants avant d’intervenir. S’il continue, allez le voir, posez-lui la main sur lui, murmurez-lui quelques mots réconfortants… sans forcément le prendre dans les bras immédiatement.
Préparer la séparation en douceur (crèche, garderie)
Pour réduire l’angoisse de la séparation chez votre bébé avant de le laisser à la crèche ou à la garderie, faites une première visite des lieux avec lui, et présentez la personne qui va s’occuper de lui. La première fois que vous le laissez, restez quelques temps sur place avant de partir. Allongez progressivement la durée à la garderie. La première fois, laissez-le 1h, puis 2h, puis une demi-journée et enfin, la journée entière.
Familiarisation progressive : avant le grand jour, prévoyez des visites avec lui pour qu’il découvre la garderie en votre présence. Prenez le temps d’explorer les lieux ensemble et de rencontrer les éducateurs afin qu’il ne soit pas plongé dans l’inconnu dès la première journée. Des départs progressifs : laissez-le quelques heures seulement lors des premiers jours, puis allongez progressivement la durée de garde. Il pourra s’habituer à votre absence petit à petit et prendre ses repères en douceur. Un au revoir clair et sans prolonger le départ : lorsque vient le moment de partir, dites-lui au revoir avec un câlin, rassurez-le et quittez les lieux une fois qu’il est bien installé avec son éducatrice ou un jouet. Plus le départ traîne, plus il aura du mal à comprendre que vous devez partir rapidement les jours suivants. Respecter ses émotions au retour : ne soyez pas surpris si votre enfant vous ignore ou éclate en sanglots quand vous venez le chercher. Ces réactions sont normales, il peut être tiraillé entre la joie de vous retrouver et les émotions accumulées dans la journée.
Gérer vos propres émotions
Il est important de gérer vos propres émotions : les bébés sont très sensibles aux émotions de leurs parents. Rester calme, positif et confiant dans cette nouvelle étape peut aider à réduire l’anxiété de votre bébé. De plus, si vous-même avez de l’anxiété au moment de la séparation, le bébé peut le ressentir et son angoisse n’en sera que plus forte.
Communiquer avec votre bébé
Il est essentiel de communiquer avec votre bébé, même s’il est encore très jeune. Ses capacités de compréhension se développent rapidement, et vos paroles peuvent lui apporter un grand réconfort. Prenez le temps de lui expliquer la situation de manière simple et rassurante. Par exemple, vous pourriez dire : « Je dois reprendre mon travail. Pendant ce temps, tu resteras à la crèche/ chez l’assistante maternelle / avec papi et mamie, et on va bien s’occuper de toi. Je reviendrai te chercher en fin de journée. Utilisez un ton doux et apaisant, en accompagnant vos paroles de gestes tendres, comme le câlin ou le contact visuel. Cela lui montrera que même si vous êtes physiquement éloigné(e), votre lien reste fort et que vous êtes là pour lui.
Éviter de culpabiliser
Il ne s'agit pas ici de culpabiliser les parents. Cette situation est extrêmement fréquente et peu de couples (pour ne pas dire aucun) peuvent se targuer de n’avoir connu aucun bouleversement à ce moment là de leur existence.
Ne pas prolonger le moment du départ
Rassurez-le, restez positif mais ne vous éternisez pas. Ne prolongez pas le moment du départ. La première fois que vous le laissez, restez quelques temps sur place avant de partir.
Ne pas revenir sur ses pas
Si votre enfant pleure à votre départ, résistez à l’envie de revenir sur vos pas. Cela peut être difficile, mais revenir ne ferait que prolonger sa détresse. Il est préférable de partir avec assurance et confiance, pour lui permettre de s’adapter et de comprendre que vous reviendrez toujours le chercher. Ne pas revenir sur ses pas en le voyant pleurer : surtout pas !
Séparation des parents : comment accompagner son bébé ?
Une séparation parentale peut être un bouleversement pour votre bébé. Même s’il est encore tout petit, il perçoit les changements dans son environnement et ressent vos émotions. Son besoin fondamental ? La peur de l’abandon chez un bébé se manifeste aussi souvent lors de son départ en garderie.
Quand consulter un professionnel ?
Normalement, la durée de la période d’angoisse de séparation ne devrait pas excéder deux ou trois mois. Si l’angoisse de séparation persiste, n’hésitez pas à en parler au pédiatre de votre enfant pour recevoir des conseils et l’aider à traverser cette phase. Des psychiatres sont disponibles 7J/7 en vidéo.
Chacun évolue à son propre rythme, et il est tout à fait normal que certains enfants soient plus sensibles à la séparation que d’autres. Si vous notez un comportement excessif, anormal et une anxiété qui persiste longtemps (plusieurs semaines après la rentrée), il peut être nécessaire de consulter un pédopsychiatre. Il pourra chercher l’origine de cette anxiété, vous conseiller pour aider votre enfant, et parler à votre enfant pour qu’il apprenne à mieux gérer la séparation.
Si vous êtes parent ou coparent, vous pouvez trouver de l'aide autour de vous pour prendre soin de votre santé mentale et ainsi, vous préserver d'un burn-out.
L'anxiété parentale : une réalité fréquente mais taboue
L’anxiété touche tous les jeunes parents. Elle est normale mais peut devenir pathologique si elle persiste et entrave la vie quotidienne. En tant que parents en devenir, on se posera tout un tas de questions sur les changements organisationnels que va impliquer l’arrivée du bébé. On recevra aussi tous les commentaires extérieurs de nos proches, nos familles, nos amis, du personnel soignant partageant leurs expériences qui vont également modifier notre imaginaire. C’est là que vont se manifester les premières angoisses et manifestations d’anxiété.
Il est donc temps d’arrêter de minimiser le bouleversement que provoque l’arrivée de bébé dans un couple.
Comment s’installe l’anxiété ?
Tout d’abord, il y a l’anxiété pendant la grossesse. Elle touche généralement la femme qui vit un bouleversement hormonal incontrôlable. La maman en devenir se retrouve alors submergée de pensées qu’elle n’a pas l’habitude d’avoir et qu’elle ne comprend pas. Il y a également le stress que quelque chose arrive au bébé, que la grossesse n’aboutisse pas et qui peut impacter les deux parents.
A l’arrivée de bébé, il y a de nouvelles sources d’inquiétudes qui s’ajoutent à des mois de stress. Il y a la peur de mal faire, de ne pas parvenir à s’occuper correctement de l’enfant. Sous le poids de la fatigue, ces émotions sont exacerbées. La charge mentale augmente à mesure que les jours, les semaines et les mois passent que l’enfant évolue et que l’anxiété se transforme.
Les signes à repérer
- Une inquiétude constante et excessive
- Des pensées envahissantes, souvent dévalorisantes en boucle : « Et si je faisais mal ? », « Et s’il lui arrivait quelque chose ? », « Je ne vais jamais y arriver… »
- Incapacité à se rassurer malgré le conjoint et l’entourage « Et si ça ne se passait pas bien ? »
- Anticipation anxieuse de chaque moment du quotidien (peur de l’accouchement, de la nouvelle organisation familiale, angoisse des pleurs, des sorties, du coucher de l’enfant…
- Des symptômes physiques liés au stress
- Troubles du sommeil, même quand bébé dort : impossibilité de s’endormir, réveils nocturnes, cauchemars
- Tensions musculaires, maux de tête, palpitations
- Fatigue psychique qui ne s’explique pas uniquement par les nuits entrecoupée
- Une hypervigilance constante
- Surveillance excessive lors de la grossesse (besoins d’échographies, prise de sang multiples pour s’assurer du bon déroulement de la grossesse.) A l’arrivée de bébé, un besoin compulsif de tout contrôler (alimentation, température, développement…)
- Difficulté à déléguer ou à faire confiance à l’autre parent ou aux proches. Anxiété à l’idée de laisser bébé à quelqu’un d’autre, même pour quelques minutes.
- Une baisse de l’estime de soi comme parent
- Sentiment d’être incompétents, pas à la hauteur.
- Jugement sévère et culpabilité constante.
- Impression de ne jamais faire « assez bien » tellement l’objectif et l’idéalisation que l’on projette est haute
- Réseaux sociaux qui montrent une image parfaite de la parentalité et dans laquelle il est impossible de se reconnaitre. Chaque moment imprévisible est un nouvel échec.
- Repli sur soi
- La fatigue, l’anxiété et la baisse d’estime de soi vont faire que les parents vont perdre l’envie de voir leur entourage.
- La culpabilité et la honte vont faire que les parents n’oseront pas confier les difficultés qu’ils rencontrent et préfèreront « faire comme si tout allait bien, puisque tout va bien chez les autres ».
- La solitude va devenir de plus en plus prégnante favorisant le cercle vicieux de l’anxiété ce qui finira par impacter le couple de manière plus profonde encore
- Tensions dans le couple
- Le repli va alors se traduire dans le couple où la communication sera encore plus difficile
- La fatigue, l’irritabilité, l’impatience et le sentiment d’être incompris ne vont cesser de grandir.
- On verra une diminution du lien affectif et à terme de l’intimité
Les impacts sur le bébé
Les bébés sont des éponges à l’émotion des parents. Un climat émotionnel difficile dans les premiers mois de vie va s’enkyster chez l’enfant qui pourra développer de l’anxiété, une hypervigilance, être plus en demande de réassurance. Pas de fatalité, avec quelques ajustements, la situation peut s’améliorer.
Le stress des parents peut entrainer ou favoriser les troubles du sommeil de l’enfant. Cela peut aussi se ressentir dans l’alimentation (refus de s’alimenter le plus souvent) ou par des troubles de l’attachement (sentiment d’insécurité et anxiété de séparation qui persiste)
Pourquoi se faire accompagner ?
- Avant la naissance : pour anticiper, mieux se connaître en tant que futur parent, construire une vision commune. Travailler en amont aux projections parentales de chacun, accompagner le couple dans une meilleure communication par la compréhension de ce que vive l’un et l’autre des futures parents
- Après l’arrivée de bébé : Pour travailler sur l’anxiété des parents, apporter une aide organisationnelle. Donner des clés de compréhension à la gestion des émotions pour retrouver de l’équilibre et renforcer le lien parental et conjugal.
Ce que proposent nos programmes:
- Des séances en couple
- Des outils concrets (gestion du stress, relaxation, planification, communication bienveillante).
- Un accompagnement sur mesure selon vos besoins et votre rythme
- Un accompagnement pluridisciplinaire avec la TCC (Thérapie Cognitivo-comportementale) pour travailler sur l’anxiété, la psychanalyse pour étudier les projections de chacun, les mécanismes de défense en jeu, réfléchir à la communication dans le couple. Nous y additionnons l’hypnose et la sophrologie pour intégrer le calme et la sérénité au cours du programme.
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