La douleur à l'angle colique gauche, une zone du gros intestin, peut être le symptôme de diverses affections, allant de troubles bénins à des pathologies plus graves. Cet article explore les causes possibles de cette douleur, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.
Anatomie du côlon et douleur
Le côlon, également appelé gros intestin, est la partie terminale de l'appareil digestif, située entre l'intestin grêle et l'anus. Il est responsable de la transformation des résidus alimentaires en matières fécales et de leur stockage avant l'expulsion. Le côlon est divisé en plusieurs segments : le côlon droit ou ascendant, le côlon transverse, le côlon gauche ou descendant et le côlon sigmoïde, ce dernier devant son nom à sa forme en "s".
La douleur est un symptôme subjectif qui peut être difficile à attribuer à un organe spécifique. Lorsqu'une personne ressent une douleur abdominale, il est essentiel de déterminer si elle provient de l'estomac, du pancréas, du côlon ou d'un autre organe. Les signes qui peuvent indiquer une origine colique de la douleur comprennent des troubles du transit associés (constipation, diarrhée), des ballonnements, un excès de gaz, une douleur localisée le long du cadre colique et un soulagement de la douleur après l'évacuation de gaz ou de selles. La douleur colique est rarement continue et stable.
Causes possibles de la douleur à l'angle colique gauche
Les douleurs au niveau du côlon peuvent avoir des origines variées, allant de conditions bénignes à des maladies graves.
Diverticulose et diverticulite
La diverticulose est une affection asymptomatique caractérisée par la présence de diverticules, des hernies de la muqueuse colique à travers la couche musculaire, dans le côlon. Cette condition est particulièrement fréquente dans les pays développés avec un mode de vie occidental, touchant environ 20 à 35 % de la population, et sa prévalence augmente avec l'âge. La diverticulose elle-même ne cause généralement pas de douleur.
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Cependant, lorsqu'un ou plusieurs diverticules s'enflamment ou s'infectent, on parle de diverticulite. La diverticulite est responsable habituellement d’un tableau associant douleur typiquement en fosse iliaque gauche avec défense, fièvre (38-39°C) et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements…). Biologiquement on note un syndrome inflammatoire biologique. La prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peut favoriser son apparition. La diverticulite non compliquée est définie au scanner par un stade Hinchey Ia.
Diagnostic de la diverticulite
Le scanner abdomino-pelvien est l'examen de première intention recommandé pour diagnostiquer la diverticulite aiguë sigmoïdienne et rechercher d'éventuelles complications. Une injection intraveineuse de produit de contraste est recommandée, sauf contre-indication. L'échographie abdominale n'est pas recommandée comme premier examen d'imagerie.
Traitement de la diverticulite
La majorité des diverticulites sont maintenant traitées à domicile avec des antalgiques seuls. En l'absence de comorbidité significative et/ou de contexte social défavorable, la réalisation de ce traitement est recommandée en ambulatoire. Dans cette situation, une surveillance clinique est recommandée. Une alimentation non restrictive est recommandée au cours du traitement de la diverticulite non perforée si elle est tolérée. L’hospitalisation est nécessaire si le patient est très douloureux, nauséeux ou avec des comorbidités / contexte social.
En cas de diverticulite compliquée, une antibiothérapie par voie intraveineuse est recommandée, associant amoxicilline-acide clavulanique et gentamicine, ou céfotaxime et métronidazole, ou ceftriaxone et métronidazole. En cas d’allergie prouvée, une association lévofloxacine, gentamicine et métronidazole est recommandée. En l’absence d’argument scientifique, la durée de l’antibiothérapie ne peut pas faire l’objet de recommandations.
Dans les péritonites Hinchey III et IV, en l’absence de données probantes, aucune recommandation ne peut être établie quant à la voie d’abord. Les indications de résection chirurgicale en urgence dans la diverticulite aiguë droite sont superposables à celles de la diverticulite sigmoïdienne.
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Il est recommandé de proposer une sigmoïdectomie élective en cas de symptômes persistants après une poussée (incluant la smoldering diverticulitis [diverticulite subintrante]) ou de récidives fréquentes impactant la qualité de vie. La résection doit emporter la zone siège de la ou des poussées inflammatoires. L’ensemble du côlon sigmoïde doit être réséqué de façon systématique. Ce traitement prophylactique de la récidive doit être envisagé : à distance de la poussée (2-3 mois) pour éviter une stomie en se plaçant à distance de l’inflammation de la poussée.
Prévention de la récidive
Le risque de récidive de la diverticulite est d'environ 20% à 5 ans. Les facteurs prédisposant à une récidive sont la prise de corticoïdes, d'immunosuppresseurs ou d'AINS, ainsi que les formes compliquées (abcès). Il n’existe pas de traitement préventif de la récidive de la diverticulite (régime alimentaire, traitements antiseptiques, antibiotiques, probiotiques…).
Syndrome de l'intestin irritable (SII)
Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est une affection chronique courante qui affecte le gros intestin. Il se manifeste par des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz et des troubles du transit intestinal (constipation, diarrhée ou alternance des deux). Le SII est la première cause de douleurs coliques chroniques. Elle n'est pas liée à une allergie alimentaire, même si certains aliments peuvent déclencher des douleurs et Ce n'est pas relié à une éventuelle diverticulose.
Autres causes
D'autres causes possibles de douleurs à l'angle colique gauche incluent :
- Colite infectieuse : Inflammation du côlon due à une infection bactérienne, virale ou parasitaire.
- Colite ischémique : Inflammation du côlon due à un manque d'apport sanguin, souvent chez les patients tabagiques.
- Constipation : Difficulté à évacuer les selles, entraînant une accumulation de matières fécales dans le côlon.
- Lésions inflammatoires : Inflammation du côlon due à des maladies inflammatoires de l'intestin (MII) telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.
- Cancer du côlon : Tumeur maligne se développant dans le côlon.
- Appendicite : Bien que l'appendice soit situé du côté droit de l'abdomen, une inflammation sévère peut irradier vers le côté gauche.
- Occlusion intestinale : Blocage partiel ou total de l'intestin, empêchant le passage des matières fécales.
Quand consulter un médecin ?
Même si l'on pense qu'une douleur est d'origine colique, certains critères doivent inciter à consulter un médecin :
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- Saignements rectaux (même si l'on pense avoir des hémorroïdes).
- Perte de poids involontaire.
- Modifications récentes du transit intestinal.
- Douleurs récentes et inhabituelles sans cause évidente.
- Anémie.
- Fièvre.
- Vomissements violents.
Diagnostic
Le diagnostic de la cause de la douleur à l'angle colique gauche repose sur un examen clinique, des antécédents médicaux détaillés et des examens complémentaires.
Examen clinique
Le médecin procédera à un examen physique de l'abdomen pour identifier les zones sensibles, les masses ou les signes d'inflammation.
Examens complémentaires
Plusieurs examens peuvent être prescrits pour explorer le côlon et identifier la cause de la douleur :
- Coloscopie : Examen de référence pour visualiser la paroi du côlon à l'aide d'un tube souple équipé d'une caméra. Elle permet de faire des prélèvements (biopsies) et de retirer des lésions (polypes).
- Échographie abdominale : Examen d'imagerie qui permet de visualiser les organes et les ganglions de la région abdominale, mais ne visualise pas directement l'intestin. Elle permet d'éliminer d'autres diagnostics.
- Scanner abdominal : Examen d'imagerie qui fournit des images détaillées du côlon et des organes environnants.
- IRM abdominale : Examen d'imagerie qui utilise des champs magnétiques et des ondes radio pour créer des images du côlon et des organes environnants.
- Radiographies abdominales : Peuvent être réalisées aux urgences pour rechercher une occlusion intestinale.
Traitement
Le traitement de la douleur à l'angle colique gauche dépend de la cause sous-jacente.
- Traitement symptomatique : En dehors du traitement de la cause proprement dite, il est possible de traiter la douleur pour elle-même. On utilise selon les cas un antispasmodique, un antalgique non morphinique - comme le paracétamol.
- Régime FODMAP : Le régime FODMAP permet de soulager les douleurs dues au syndrome de l'intestin irritable, première cause de douleurs au côlon.
- Traitement de la diverticulite : Voir la section "Diverticulose et diverticulite" ci-dessus.
- Traitement des autres causes : Le traitement des autres causes de douleurs coliques dépend de la pathologie spécifique diagnostiquée (colite infectieuse, colite ischémique, cancer du côlon, etc.).
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