Un angiome chez un nourrisson peut être une source d'inquiétude pour les parents. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur les angiomes cérébraux et cutanés chez les nourrissons, en abordant leurs causes, leurs différents types, leurs symptômes et les options de traitement disponibles.
Qu'est-ce qu'un angiome en pédiatrie ?
Chez les nourrissons, un angiome se manifeste souvent par une tache colorée sur la peau, qui peut être rose, rouge ou violacée, et se présenter sous différentes formes. En pédiatrie, le terme "angiome" désigne une malformation bénigne des vaisseaux sanguins. Ces lésions ne sont ni douloureuses ni contagieuses et apparaissent le plus souvent dans les premières semaines de vie.
Même si leur apparence peut impressionner, ces taches sont généralement sans gravité et disparaissent d'elles-mêmes avec le temps. Cependant, certaines formes nécessitent un suivi ou un traitement spécifique.
L'angiome est dû à une croissance anormale des vaisseaux sanguins, qui se regroupent en surface ou en profondeur de la peau, formant une tache visible, parfois légèrement en relief. Il ne s'agit pas d'un grain de beauté ni d'une tumeur cancéreuse. L'angiome infantile est une affection bénigne qui concerne environ 5 à 10 % des nourrissons, selon les données de la Société française de dermatologie.
Tous les angiomes ne se ressemblent pas. Certains sont présents dès la naissance, d'autres apparaissent dans les premières semaines. Ils peuvent être plats ou en relief, petits ou plus étendus, localisés sur le visage, les membres ou le tronc. Leur apparence peut aussi évoluer dans le temps, ce qui peut parfois inquiéter les parents. C'est pourquoi une consultation pédiatrique est souvent recommandée pour poser un diagnostic précis.
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Causes des angiomes chez le bébé
Les parents s'interrogent souvent sur l'origine d'un angiome lorsqu'ils en découvrent un sur la peau de leur bébé. Malgré les progrès de la médecine, les causes exactes de ces taches vasculaires restent en grande partie inconnues. On sait cependant que certains facteurs peuvent favoriser leur apparition chez le nouveau-né. Il est important de rappeler qu'un angiome n'est pas héréditaire dans tous les cas, ni lié à une mauvaise hygiène de vie pendant la grossesse. Il s'agit d'un phénomène naturel, souvent sans gravité.
L'hypothèse la plus courante pour expliquer la formation d'un angiome est une prolifération excessive de cellules endothéliales, qui tapissent la paroi interne des vaisseaux sanguins. Lorsqu'elles se multiplient de manière désordonnée, elles créent un amas de petits vaisseaux qui forment une tache visible sur ou sous la peau. Cette prolifération n'est pas douloureuse pour l'enfant et peut se produire en surface, mais aussi plus profondément, modifiant ainsi l'aspect de l'angiome (plat, en relief, rouge vif ou bleu violacé).
Facteurs de risque identifiés
Certains bébés sont plus susceptibles de développer un angiome que d'autres. Des études ont mis en évidence plusieurs facteurs de risque :
- Un bébé prématuré
- Un faible poids de naissance
- Une grossesse multiple (jumeaux, triplés…)
- Une grossesse tardive
- Des antécédents familiaux
- L'hypertension artérielle pendant la grossesse
Ces éléments ne provoquent pas directement l'apparition d'un angiome, mais ils semblent augmenter les probabilités qu'il se développe chez le nourrisson.
Angiome : dangereux ou pas ?
La majorité des angiomes sont bénins. Ils ne font pas mal, ne provoquent pas de complications et finissent même par disparaître naturellement. Mais certains cas méritent une attention particulière, notamment en fonction de leur taille, de leur emplacement ou de leur évolution. Il est donc important de distinguer les formes sans gravité de celles qui nécessitent une surveillance médicale ou un traitement.
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Les angiomes les plus fréquents sont sans risque et restent un simple défaut esthétique, sans danger pour la santé. Ils ne gênent ni le développement de l'enfant ni son bien-être au quotidien. Ces angiomes, souvent appelés « fraises » en raison de leur couleur rouge vive, peuvent grossir au début, puis se stabiliser avant de régresser naturellement. Lorsqu'ils ne se situent pas près d'une zone sensible (yeux, bouche, voies respiratoires…), ils ne nécessitent souvent aucun soin particulier, juste un suivi régulier par le pédiatre.
Localisations à risque
Un angiome n'est pas dangereux en soi, mais il peut le devenir selon son emplacement ou son comportement. Un angiome situé près des yeux, du nez, des organes génitaux ou dans la gorge peut gêner une fonction vitale comme la vision, la respiration ou l'alimentation. Il arrive aussi qu'un angiome s'ulcère, saigne ou devienne douloureux. Dans ce cas, une prise en charge rapide est nécessaire pour éviter les complications. Le médecin pourra proposer un traitement médical adapté, voire une intervention si besoin.
Dans de rares cas, un angiome peut aussi être associé à une maladie sous-jacente, comme le syndrome de Sturge-Weber. Ce type de pathologie reste exceptionnel, mais il justifie un avis spécialisé si l'angiome s'étend sur le visage ou touche les paupières.
Les différents types d'angiomes
Il existe différents types d'angiomes, chacun ayant ses propres caractéristiques. On distingue notamment :
- L'hémangiome infantile : auparavant communément appelé angiome tubéreux ou angiome fraise, en raison de son aspect. Il se présente sous la forme de tumeurs qui se manifestent quelques semaines après la naissance. C'est le type d'angiome le plus fréquemment rencontré chez les bébés, affectant environ 5 à 10 % des nourrissons, selon la Société française de dermatologie.
- L'angiome cutané : c'est un terme général qui désigne toute malformation vasculaire bénigne se manifestant sur la peau. Il englobe l'hémangiome infantile, mais aussi l'angiome plan, qui est une coloration cutanée congénitale, que l'on observe sur le visage et le cou.
- L'angiome veineux : il désigne une malformation vasculaire résultant d'une dilatation anormale des veines, des artères ou des capillaires. Il peut également faire référence à une malformation lymphatique (lymphangiome).
- Le cavernome (angiome caverneux ou angiome cérébral): Il s’agit d’une malformation des vaisseaux sanguins du cerveau, qui se dilatent et s’agglomèrent de façon anormale, sous la forme de petites cavités, ou cavernes (d’où leur nom). Concrètement, le cavernome prend plus ou moins la forme d’une mûre, et est constituée d’une multitude de petits vaisseaux enchevêtrés.
Sous-catégories d'hémangiomes
Les hémangiomes regroupent eux-mêmes 3 sous-catégories :
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- Les hémangiomes fraises : d'apparence lisse ou grenue, de couleur rouge vif, ils sont visibles à la surface de la peau.
- Les hémangiomes sous-cutanés : petits kystes de consistance ferme, que l'on sent sous la peau. Ils ont une teinte bleu violacé.
- Les hémangiomes mixtes : qui combinent les 2 premiers types.
L'hémangiome infantile est le type le plus courant chez les bébés. Il se manifeste souvent quelques semaines après la naissance, sous forme d'une petite tache rouge qui peut grossir rapidement. Cette forme d'angiome est liée à une prolifération anormale de vaisseaux sanguins. Elle est le plus souvent bénigne et régresse spontanément avec le temps. On l'appelle parfois « angiome fraise » en raison de sa couleur vive et de sa texture parfois bosselée.
On distingue plusieurs sous-types :
- Les hémangiomes superficiels, visibles à la surface de la peau, d'aspect rouge vif.
- Les hémangiomes sous-cutanés, plus profonds, avec une teinte bleutée.
- Les hémangiomes mixtes, qui associent les deux précédents.
Angiome cutané
Le terme angiome cutané regroupe toutes les malformations vasculaires bénignes visibles sur la peau. Cela inclut les hémangiomes, mais aussi d'autres formes comme les plans. Ces taches sont présentes dès la naissance ou apparaissent dans les premières semaines. Elles peuvent être discrètes ou très marquées et leur évolution dépend de leur nature. Certaines s'atténuent, d'autres persistent sans s'aggraver.
Angiome veineux
L'angiome veineux correspond à une dilatation anormale des veines, des capillaires ou parfois des vaisseaux lymphatiques. Il peut toucher la peau, mais aussi des zones plus profondes du corps. Ce type d'angiome est souvent de couleur bleu violacé. Il peut rester stable pendant des années ou s'étendre progressivement. Bien qu'il soit généralement indolore, il peut, dans certains cas, provoquer une gêne ou des complications s'il comprime des tissus voisins.
Autres formes d'angiomes
Il existe d'autres formes d'angiomes souvent appelées « taches de naissance », qui ont chacune leurs spécificités :
- L'angiome stellaire : il forme une petite tache rouge avec des vaisseaux qui rayonnent autour d'un point central, évoquant la forme d'une étoile. Il peut apparaître à tout âge et disparaît parfois spontanément.
- La tache de vin (ou nævus flammeus) : il s'agit d'un angiome plan, présent dès la naissance. De couleur rosée ou rouge, elle est totalement plane et peut s'étendre avec le temps. Elle reste visible à l'âge adulte si elle n'est pas traitée.
- La « morsure de cigogne » ou « baiser d'ange » : ce sont des marques rosées fréquentes chez les nourrissons, situées à la base du crâne, sur le front ou les paupières. Elles sont sans gravité et disparaissent souvent spontanément dans les premiers mois.
- Angiokératomes: Ils sont semblables à des taches rubis mais sont plus foncés (rouges foncés voire marron). Ils apparaissent généralement à partir de 60 ans sur les organes génitaux et sont bénins.
Traitement des angiomes chez le bébé
La nécessité de traiter un angiome dépend de son type, de sa localisation et de son évolution. La plupart des angiomes disparaissent d'eux-mêmes et ne nécessitent donc aucun traitement. Pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un angiome, il faut attendre 15 jours à 1 mois afin de déterminer sa nature. Puis il faut voir comment il évolue. Certains angiomes vont grossir, la couleur va s'intensifier la première année de vie, avant que son apparence se stabilise puis régresse jusqu'à disparaître. Cela peut prendre des années pour que cette tache parte complètement : de 2 à 12 ans. D'autres ne partiront pas en grandissant. C'est le cas des angiomes très étendus ou bien visibles dès la naissance. Un traitement est donc alors préférable pour votre enfant. De même, si l'angiome est gênant - qu'il est en relief et se situe sur la paupière - ou n'évolue pas et cause une gêne esthétique, une prise en charge rapide doit être envisagée.
Faire disparaître un angiome chez le bébé ne nécessite pas forcément d'intervention. Tout dépend du type d'angiome en question. Ainsi, on distingue l'hémangiome infantile, cas le plus fréquent chez les bébés, des angiomes présents à la naissance (fraise, plan, etc…).
L'hémangiome infantile disparaît spontanément au bout de quelques années, dans la majorité des cas. Il ne nécessite alors qu'une simple observation lors de la croissance de l'enfant. Il évolue en différentes phases :
- Pendant les 6 à 12 premiers mois, il croît rapidement.
- Puis il se stabilise.
- Il entame sa phase d'involution (régression) quand l'enfant est âgé de 1 à 5 ans. Sa couleur pâlit, son volume et son relief diminuent.
Selon la Société française de dermatologie, dans 70 % des hémangiomes, on observe une disparition complète et sans cicatrice à l'âge de 5/6 ans. Néanmoins, si l'évolution de l'angiome est problématique (proximité des yeux, du nez, de la bouche, des organes génitaux, des voies respiratoires), ou s'il est ulcéré et douloureux, alors un traitement médical est nécessaire.
Les autres types d'angiomes, dont le plan, ne s'estompent pas spontanément. Ils posent des problèmes esthétiques. Aussi, si la personne le souhaite, un traitement au laser vasculaire peut être envisagé.
Options de traitement
Plusieurs solutions existent pour faire disparaître un angiome :
- Le laser vasculaire : il est souvent utilisé pour les angiomes plans. Il permet d'atténuer la couleur et la visibilité de la tâche. Le traitement se fait en plusieurs séances, généralement entre 8 mois et un an pour de meilleurs résultats.
- Les médicaments : comme les bêta-bloquants (propranolol) ou les corticoïdes, peuvent être prescrits en cas d'angiome ulcéré ou situé sur une zone sensible (paupière, bouche, gorge…). Le propranolol est un bêtabloquant en sirop prescrit pour faire régresser les hémangiomes complexes chez le bébé à partir de 1 mois. Le traitement débute à l'hôpital puis est renouvelé par le pédiatre ou le dermatologue. Il nécessite une surveillance médicale spécifique. En deuxième intention, on a recours aux corticostéroïdes.
- La chirurgie : elle est parfois envisagée, surtout si l'angiome a fortement distendu la peau. Elle vise à corriger les reliefs et à améliorer l'aspect esthétique.
- La radiochirurgie Cela consiste à appliquer une dose de rayons ciblés sur le cavernome de manière non invasive.
- La technologie laser (LITT) Elle permet de traiter des cavernomes non accessibles à une chirurgie standard. Elle consiste en l’insertion d’une sonde laser dans le cavernome à l’aide de techniques de précision (stéréotaxie). La procédure de destruction du cavernome se fait alors sous IRM. La lumière laser va permettre une montée en température du cavernome et sa destruction (thermoablation). Le contrôle en temps réel par IRM permet de détruire le cavernome sans endommager le cerveau sain alentour.
Chaque traitement dépend du type d'angiome, de son emplacement et de l'âge de l'enfant. Le pédiatre ou un dermatologue pédiatrique pourra évaluer la meilleure option.
Suivi médical
Quel que soit le type d'angiome, un suivi régulier avec le pédiatre est essentiel. Cela permet de surveiller l'évolution de la tache, d'identifier les éventuelles complications et de rassurer les parents. Si un traitement s'avère nécessaire, il sera toujours adapté à la situation de l'enfant.
Cavernomes cérébraux
Le cavernome est également appelé angiome cérébral. Il s’agit d’une malformation des vaisseaux sanguins du cerveau, qui se dilatent et s’agglomèrent de façon anormale, sous la forme de petites cavités, ou cavernes (d’où leur nom). Concrètement, le cavernome prend plus ou moins la forme d’une mûre, et est constituée d’une multitude de petits vaisseaux enchevêtrés. La taille d’un cavernome peut varier de quelques millimètres à plusieurs centimètres.
Complications et symptômes
La principale complication d’un cavernome est qu’il risque d'entraîner un saignement, lequel se produit, le plus souvent, à l’intérieur dudit angiome cérébral. Cependant les parois du cavernome sont fragiles et peuvent se rompre sous la pression. Le saignement se poursuit alors à l’extérieur et on assiste à une hémorragie cérébrale qui peut endommager les structures alentour. La fréquence de cette complication est estimée à 3% des cas par an. Quand il ne saigne pas, le cavernome peut également entraîner des troubles neurologiques. L’atteinte neurologique la plus fréquente est l’épilepsie. En effet, les cavernomes sont souvent situés dans des régions du cerveau qui provoquent de l’épilepsie. Dans une minorité de cas, cette épilepsie peut résister aux médicaments antiépileptiques. On parle alors d’”épilepsie pharmacorésistante”. Toutefois, seule une petite minorité des cavernomes (10%) provoque des troubles. La grande majorité des cavernomes reste silencieuse.
Le plus souvent, cette malformation ne provoque aucun symptôme. Quand le cavernome se manifeste, c’est généralement sous la forme de crises d’épilepsie, qui sont souvent récurrentes, fréquentes et parfois résistantes aux médicaments antiépileptiques. Il peut aussi être à l’origine de divers troubles neurologiques comme des maux de tête parfois violents, des vertiges, des troubles de la vision, de la parole, de la sensibilité ou de la motricité au niveau des membres. Ces manifestations varient selon la taille et la localisation du cavernome.
Diagnostic et traitement des cavernomes
Le médecin diagnostique la présence d’un ou plusieurs cavernomes en pratiquant une IRM cérébrale. Du fait de l’aspect très caractéristique du cavernome, le diagnostic ne présente pas de difficulté particulière.
La chirurgie est le seul traitement curatif des cavernomes. Mais comme l’intervention n’est pas anodine, le chirurgien n’intervient que si le cavernome provoque des saignements fréquents, s’il entraîne des crises d’épilepsies ou des troubles neurologiques, ou si sa taille a augmenté. Il faut également que le cavernome soit accessible, pour éviter tout risque de dommages dans le cerveau. Le but de l’intervention est de retirer totalement le cavernome. Elle est réalisée sous anesthésie générale. Lorsque la chirurgie d’exérèse du cavernome n’est pas envisageable, le chirurgien peut proposer un traitement par radiochirurgie.
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